Hôtel des Roches Noires

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Hôtel des Roches Noires
Trouville-sur-Mer Roches Noires01.JPG

L'Hôtel en 2010

Présentation
Type
Destination initiale
Destination actuelle
Appartements privés
Style
Architecte
Matériau
Briques rouge et ocre
Construction
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Division administrative
Commune
Adresse
Coordonnées
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L'hôtel des Roches Noires est un ancien palace de style Second Empire de 1866, construit sur les plages de la Manche de la station balnéaire de Trouville-sur-Mer, dans le Calvados en Normandie. Surnommé à ses débuts « le roi de la côte normande »[1], le bâtiment est inscrit à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques le 11 août 2000, et le hall d'entrée est classé aux monuments historiques le 29 mai 2001[2]. Il est célèbre pour avoir été lieu de villégiature des célèbres écrivains Marcel Proust (1871-1922) et Marguerite Duras (1914-1996).

Historique[modifier | modifier le code]

Cet hôtel est le second grand hôtel de luxe édifié sur cette partie de la côte normande. Construit par l'architecte Alphonse-Nicolas Crépinet, avec à l'origine 75 chambres, puis 300 chambres en 1913, et éclairées à l'électricité depuis 1904, il est inauguré le 15 juillet 1866.

Considéré à l'époque comme le plus pittoresque, le plus original des grands palaces, et un des plus modernes et confortables, il devient un des hauts lieux de villégiature à la mode de la haute société occidentale du Second Empire, de la Belle Époque, et des années folles. Grands bourgeois et aristocrates français côtoient alors sur la côte normande, milliardaires américains, aristocrates russes, industriels allemands, ou financiers anglais...

L'hôtel est mis en vente aux enchères le 3 août 1903[3].

Il est en partie rénové en 1924 et transformé par l'architecte Robert Mallet-Stevens qui en fait une vitrine française vis-à-vis de l'étranger et redécore entièrement le grand hall d'entrée. Il a conservé de cette époque son hall aux lignes strictes et sobres, sa véranda et son garage.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il est réquisitionné en 1939 par les forces armées françaises comme hôpital complémentaire, puis il est occupé par l'armée allemande.

Le palace cesse son activité hôtelière en 1959, et est mis en vente sous forme d'appartements privés. Marguerite Duras acquiert alors l'appartement n° 105 en 1963, où elle réside tous les étés, jusqu'à sa disparition en 1996.

Artistes et résidents[modifier | modifier le code]

  • Charles Gir (1883-1941) est l'auteur des trois frises artistiques d'ornement du hall de l'hôtel.

Gustave Flaubert[modifier | modifier le code]

Gustave Flaubert (1821-1880) est âgé de 15 ans, lorsqu'il tombe éperdument amoureux sans retour, sur cette plage durant l'été 1836, d'Élisa Schlésinger, alors âgée de 26 ans, qui deviendra l'amour imaginaire fantasmé et l'égérie sentimentale platonique de toute sa vie. Il décrit cette passion dans ses romans Mémoires d'un fou et L'Éducation sentimentale ...

Marguerite Duras[modifier | modifier le code]

Marguerite Duras (1914-1996) après avoir découvert et être tombée amoureuse passionnée à l'âge de 18 ans de Trouville-sur-Mer, lors d'un séjour de 1932 avec un cousin, elle acquiert en 1963 l'appartement n° 105 (séjour, minuscule cuisine et deux chambres) de l'ancien palace. Elle y passe tous ses étés de 1963 à 1994, avant sa disparition en 1996. Devenue personnalité locale très accessible et appréciée, elle fait de longues promenades sur la plage de l'hôtel, et dîne presque tous les soirs à sa table réservée n° 309 de la brasserie Le Central, où elle prend des notes sur sa nappe et aime manger des huîtres (lieux et table encore visités à ce jour par les touristes et admirateurs).

Elle trouve là une source d'inspiration inépuisable pour rédiger son œuvre littéraire et cite régulièrement « Regarder la mer, c'est regarder le tout », « Je ne connais personne qui dès la première visite ne rêve d'y revenir », et « J'aimerais qu'on m'appelle Marguerite Duras de Trouville »[4]... Elle fait référence à ces lieux dans ses œuvres Le Ravissement de Lol V. Stein de 1964, L'Amant de 1984, et Emily L. de 1987. Elle y pose également le décor de trois de ses films : La Femme du Gange de 1974, Le Camion de 1977...

Entre 1980 et 1994, la photographe Hélène Bamberger vient régulièrement y réaliser la série de photos Marguerite Duras de Trouville. Depuis 2001, l'association Marguerite-Duras remet tous les ans le prix Marguerite-Duras à Trouville-sur-Mer.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 1974 : Tourisme et villégiature sur la côte normande, thèse d’État, par Daniel Clary, Caen
  • 1983 : La Vie quotidienne sur les plages normandes du Second Empire aux années folles, par Gabriel Désert, Hachette
  • 1994 : Monet en Normandie, peinture et sites balnéaires, 1867-1886, par Robert Louis Herbert, Flammarion, Paris
  • 2000 : Les Roches noires : Trouville-sur-Mer, Les Cahiers du temps, 127 p, par Emmanuelle Gallo

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gabriel Désert, La Vie quotidienne sur les plages normandes du Second Empire aux années folles, Paris, Hachette, 1983.
  2. Notice no PA14000023, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  3. Le Journal de Rouen, 14 juillet 1903, p.6.
  4. Roland Godefroy, «Appelez-moi Marguerite Duras de Trouville », Ouest-France, 3 août 1992

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Voir aussi[modifier | modifier le code]