Guarana

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Paullinia cupana

Le guarana (Paullinia cupana) est un arbuste de la famille des Sapindacées originaire de l'Amazonie brésilienne.

La plante est connue par les Européens depuis le XVIIIe siècle, découverte attribuée au médecin allemand Christian-François Paullini. Sa graine contient une forte concentration de caféine qui en fait la plante connue contenant le plus haut taux de caféine au monde. La graine décortiquées puis réduite en poudre est consommée pour ses propriétés stimulantes soit directement, soit diluée dans de l'eau ou du jus de fruit. Cette poudre est aujourd'hui classée additif alimentaire et complément alimentaire dans certains pays (États-Unis par exemple). Son goût est âpre, rappelant celui de la terre, mais avec une saveur caractéristique. Le fruit de couleur rouge laisse apparaître, lorsqu'il est mûr, une chair blanche ainsi que les graines.

Au Brésil, le guarana est cultivé dans les États de l'Amazonas (où il pousse à l'état sauvage), du Mato-Grosso et de Bahia. Dans l'Amazonas, près de la municipalité de Maués, les Amérindiens de la nation Sateré-Mawé continuent de transmettre des légendes sur l'origine de la plante dont ils furent les premiers à découvrir les propriétés.

Une forme de soda, très populaire au Brésil, appelée uniformément guarana, est produite à partir d'extraits de la plante. Au Portugal, ainsi qu'en Allemagne et en Suisse, une telle boisson – initialement exportée – est commercialisée depuis les années 1990

Usages[modifier | modifier le code]

Le guarana est une plante très appréciée en phytothérapie comme

  • stimulant, Cet effet serait dû à la caféine. Des souris de laboratoire ayant reçu dans leur boisson 0,3 mg/ml de guarana se montrent significativement plus résistantes au test de stress par nage forcée (après 100 et 200 jours de traitement, et les auteur notent que cet effet n'a pas été obtenu avec une concentration 10 fois plus élevée (3,0 mg/ml) ni avec une suspension de ginseng (5,0 mg/ml= ni avec une solution de caféine à 0,1 mg/ml.
  • améliorant la mémoire : Des test d'évitement ou de mémorisation d'un chemin labyrinthique ont conclu à une amélioration de la mémoire chez la souris et légère le rat[1], Des animaux traités durant 23 mois ont vécu aussi longtemps que les témoins, ce qui laisse penser que ce produit n'est pas ou faiblement toxique[1]. Il se montre capable chez la souris ou le rat de laboratoire « de partiellement inverser l'effet amnésique de la scopolamine, avec une légère amélioration de mémorisation d'un chemin dans un labyrinthe (tests Lashley III) pour un traitement/ingestion à 0,3 mg/ml mais avec absence d'effet pour une tâche d'évitement actif chez le rat, même après 20 jours d'administration du guarana »[1].
  • améliorant la concentration et le calcul mental probablement pas grâce à la caféine (car mis en évidence à des doses faibles[2]) et donc probablement grâce à d'autres substances alcaloïdes et peut-être à des composés polyphénoliques[3](catéchines[3], épicatéchines[4] qui pourraient agir sur les facultés intellectuelles, notamment d'autres xanthines telles que la théobromine[2],[5],[6],[1].
  • antioxydant : R Mattei R & al/ en 1987 ont trouvé une capacité antioxydante in vitro et in vivo (même à relativement faibles doses (1,2 pg/ml), le guarana inhibe le processus de péroxydation lipidique[7] (réduite de 62.5% par un extrait à conentrationde 2 μg/ml[4]).
  • antibactérien et fongicide avec alors un effet in vitro plus important contre Aspergillus Niger, Trichoderma viride, Penicillium cyclopium ; Escherichia coli, Pseudomonas fluorescens et Bacillus cereus en extrait alcoolique qu'en solution dans l'eau (dans tous ces cas)[4]. Un effet a également été constaté sur d'autres microbes (Pseudomonas aeruginosa, Proteus mirabilis et Proteus vulgaris, à des doses de 16 à 128 μg/ml[8]

Description[modifier | modifier le code]

Infrutescence

Caractère psychotrope[modifier | modifier le code]

La graine contient beaucoup de caféine (plus de 4,5 g pour 100 g) – parfois appelée guaranine pour des raisons publicitaires –, mais aussi d'autres alcaloïdes comme la théophylline (0,4 g) et la théobromine (0,005 g).

C'est donc un psychotrope stimulant, aussi utilisé en médecine traditionnelle chez les indigènes d'Amérique du Sud pour guérir de nombreux maux (tonique, antidiarrhéique, antinévralgique)[9].
Il serait aussi bénéfique en complément de régimes amincissants.

Il était employé en phytothérapie à l'époque précolombienne pour guérir de nombreux maux, par diverses tribus (Andira, Sateré-Mawé) de la branche Tupi-Guarani. Pour le consommer, les Amérindiens pilent les graines torréfiées et décortiquées avec un peu d'eau pour obtenir une pâte qui est ensuite malaxée et roulée pour former un bâton. Ce bâton est placé au-dessus d'un feu pendant plusieurs mois afin d'en assurer la conservation. Il est ensuite râpé dans une calebasse avec une langue séchée de pirarucu (poisson géant du fleuve Amazone). On y ajoute de l’eau pour en faire le çapo, boisson traditionnelle des Sateré-Mawé. Certains attribuent des vertus aphrodisiaques au guaraná, ses graines contenant des substances tonico-nervines qui agissent sur les centres nerveux encéphaliques, en provoquant une stimulation érogène.

Éléments présents dans la graine[modifier | modifier le code]

La graine contient différents alcaloïdes et des précurseurs tels que l'adénine, la caféine, la guanine, l'hypoxanthine, la théophylline, la théobromine, la xanthine.
Elle contient également d'autres éléments : mucilages, pectine, tanins, acides aminés, acides gras essentiels, sels minéraux (calcium, potassium, phosphore, fer, cuivre, zinc, magnésium), oligo-éléments (sélénium, germanium, strontium) et vitamines (A, E, B1, B3 et PP).

Préparation[modifier | modifier le code]

La capsule du Guarana est triloculicide : à maturité, l’écorce rougeâtre du fruit se rompt selon trois fentes longitudinales, laissant apparaître trois graines rondes noires partiellement entourées d'un arille charnu blanc. Cette apparence serait à l'origine de plusieurs de ses noms vernaculaires amérindiens signifiant « Œil ».

On sépare tout d’abord le fruit de son écorce pulpeuse. Puis on sèche le fruit en plein air pendant 6 jours et 6 nuits.
Les baies séchées sont alors pilées dans un mortier avec un peu d’eau.
La pâte est alors roulée à la main pour obtenir comme des petits pâtons de pain de Guarana.

Ces pâtons seront fumés pendant 40 jours. Le pâton fumé pourra être alors conservé pendant plusieurs années.

Boisson[modifier | modifier le code]

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On appelle également Guarana[10] une boisson sucrée gazeuse, ambrée, produite à partir des graines de la plante. Cette boisson, principalement fabriquée et vendue au Brésil et en Allemagne (Kicos), est très appréciée comme rafraîchissement. Elle est conditionnée en boîtes métalliques de 350 ml, et en bouteilles de 500 ml à 2,5 l (Allemagne : bouteilles de 700 ml). Il existe quatre marques principales fabriquant cette boisson : Antarctica, qui produit la grande majorité du soda au guarana vendu au Brésil, Sarandi, dans le Sud du pays (marques brésiliennes), Guaranito, de la coopérative de commerce équitable Cercle des travailleurs chrétiens au Brésil, et distribuée en France par le réseau Artisans du Monde, et Kuat (marque appartenant à Coca-Cola). On la trouve aussi en Suisse sous le nom de Guaraná Antarctica, distribuée à la Coop. Une boisson du même nom est aussi présente en Serbie et est commercialisée par Knjaz Miloš Aranđelovac et également en Nouvelle-Zélande est vendue une autre boisson locale de ce nom.

Aujourd'hui, de nombreuses boissons (souvent du type smart drink) contiennent du guaraná pour ses propriétés énergisantes, telles que des sodas, jus de fruits, boissons « énergisantes » (FAB de Forever Living Products, Long Horn, Dark Dog, Guru, Truc de fou ou Burn So WOW et Red Bull), et même des bières (Vores Øl, Desperados Red, Bière Sedania, Bière Propaganda, Kick de Molson, Shok de Labatt et la Bière française Timbó qui est la seule à intégrer le guarana cueilli par les Indiens Sateré-Mawé).

Des analyses faites en laboratoires, publiées en 1997 ont montré que plusieurs produits commercialisés contenaient des doses de guarana moindres qu'annoncé ou n'en contenait pas du tout[3]

Biodiversité[modifier | modifier le code]

Pour sauvegarder et encourager la culture du guarana natif (Warana, ou Guarana des Terres d'origine) par les Sateré-Mawé (pt), les producteurs du Presidio[11] se sont groupés en coopérative sous l'égide du Conselho Geral da Tribo Sateré Mawé  (CGTSM), organe représentatif des Indiens Sateré-Mawé.

Toxicologie[modifier | modifier le code]

Une étude a cherché à déterminer les seuils d'effets comportementaux et éventuellement toxiques (aigus et chroniques) chez le rat et la souris, d'éventuels effets sur le poids de l'animal, son activité motrice, son taux de mortalité (avec examen histopathologique des viscères) tout en comparant ces seuils et effets à ceux produits par le ginseng (Panax ginseng)[7].
Même à doses élevées (jusqu'à 1000 à 2000 mg/kg (i.p. et p.o.) et prolongées, le guarana n'a pas montré d'importantes modifications dans les paramètres de dépistage toxicologique (les animaux traités n'ont pas maigris, ont vécu aussi longtemps que les témoins, et n'ont pas montré de signes histopathologique de toxicité au niveau du cœur, des poumons, de l'estomac, du petit et gros intestin, du foie, du pancréas, des reins, de la vessie et de la rate[7].
L'activité motrice des animaux traités n'est pas modifiée, et le guarana n'a pas modifié l'effet hypnotique du pentobarbital[7]. Alors que le Ginseng (250-1000 mg/kg i.p.) a lui inhibé l'activité motrice, et causé un hérissement des poils et un abaissement involontaire des paupières (ptosis)[7].

Note[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Espinola EB, Dias RF, Mattei R, Carlini EA. Pharmacological activity of Guarana (Paullinia cupana Mart.) in laboratory animals. J Ethnopharmacol. 1997 Feb;55(3):223-9 (résumé.
  2. a et b Kennedy DO, Haskell CF, Wesnes KA, Scholey AB (2004)Improved cognitive performance in human volunteers following administration of guarana (Paullinia cupana) extract: comparison and interaction with Panax ginseng. Pharmacol Biochem Behav. 2004 Nov;79(3):401-11 (résumé).
  3. a, b et c Carlson M & Thompson R.D (1997) Liquid chromatographic determination of methylxanthines and catechins in herbal preparations containing guarana. Journal of AOAC International, 81(4), 691-701 (résumé).
  4. a, b et c Majhenič, L., Škerget, M., & Knez, Ž. (2007). Antioxidant and antimicrobial activity of guarana seed extracts. Food Chemistry, 104(3), 1258-1268.
  5. Christopher Hobbs L.Ac., A.H.G. (1996) Guarana—A Stimulating Beverage http://www.christopherhobbs.com/website/library/articles/article_files/guarana_01.html.
  6. Campos AR, Barros AI, Albuquerque FA, M Leal LK, Rao VS (2005) Acute effects of guarana (Paullinia cupana Mart.) on mouse behaviour in forced swimming and open field tests. Phytother Res. 2005 May;19(5):441-3.
  7. a, b, c, d et e Mattei R, Dias R.F, Espınola E.B, Carlini E.A & Barros S.B.M (1998) Guarana (Paullinia cupana): toxic behavioral effects in laboratory animals and antioxidant activity in vitro. Journal of ethnopharmacology, 60(2), 111-116. (résumé)
  8. Adriana Basile, Lydia Ferrara, Marisa Del Pezzo, Guido Mele, Sergio Sorbo, Paola Bassi, Domenico Montesano (2005) Antibacterial and antioxidant activities of ethanol extract from Paullinia cupana Mart. ; Journal of Ethnopharmacology, Vol 102, Issue 1, 31 Octobre 2005, Pages 32–36
  9. Denis Richard, Jean-Louis Senon, Marc Valleur, Dictionnaire des drogues et des dépendances, Larousse, (ISBN 2-03-505431-1)
  10. http://www.arara.fr/BBGUARANA.html
  11. Site de la Fondation Slow Food pour la biodiversité

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Carlson M & Thompson R.D (1997) Liquid chromatographic determination of methylxanthines and catechins in herbal preparations containing guarana. Journal of AOAC International, 81(4), 691-701 (résumé).
  • Beaufort B & Wolf S (année ?) , Le Guarana, trésor des Indiens Sateré Mawé – Mythes fondateurs, biodiversité et commerce équitable, éditions Yves Michel. Le warana (nom ancestral du guarana) est une Sentinelle Slow Food.
  • Espinola E.B, Dias R.F, Mattei R & Carlini E.A (1997) Pharmacological activity of Guarana (Paullinia cupana Mart.) in laboratory animals. Journal of ethnopharmacology, 55(3), 223-229.
  • Gosset-Deslongchamps Robert (1885), Étude expérimentale sur les effets physiologiques du guarana et de la guaranine, 47 p., A. Davy, Paris,

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • Les héritiers du guarana (2006), film documentaire de 52 minutes qui présente les enjeux environnementaux et socio-économiques de la production de guarana en Amazonie brésilienne. Réalisation : Rémi Denecheau. Production : RDV Productions.