Gerty Archimède

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Gerty Archimède
Fonctions
Députée de Guadeloupe
Gouvernement IVe République
Groupe politique PCF
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 71 ans)
Résidence Guadeloupe

Gerty Archimède (Gerty, Marie, Bernadette Archimède) est une femme politique française, née le à Morne-à-l'Eau (Guadeloupe), décédée à Basse-Terre (Guadeloupe) le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Aînée d'une famille de cinq enfants, Gerty est la fille de Justin Archimède, qui fut élu maire de Morne-à-l'Eau en 1912[1]. Avocate guadeloupéenne, elle fut la première femme inscrite au barreau de la Guadeloupe en 1939[2].

Elle mène une active carrière politique. En 1945, elle est élue conseillère générale sur la liste d’entente prolétarienne social-communiste avant d'être élue députée de la Guadeloupe, membre du groupe du PCF du au [3] et d'être avec Eugénie Éboué-Tell l'une des deux premières femmes députées de Guadeloupe. En 1948, elle adhère au Parti communiste français, qui la désigne pour le représenter dans de nombreuses conférences à travers le monde.

À l'Assemblée nationale, elle est membre de la Commission de la justice et de la législation et de la Commission des territoires d'outre-mer, et nommée juge-suppléant à la Haute cour de justice.

En 1947, elle est rapporteure pour la commission de la justice et de la législation sur le projet de loi tendant à permettre aux femmes l'accession à diverses professions d'auxiliaire de justice.

Elle dépose par ailleurs différentes propositions de résolution sur le taux du franc Antilles-Guyane, sur les mesures pour la reconstruction des quartiers incendiés de Pointe-à-Pitre (1948 et 1951), ainsi que des propositions de loi pour l'amnistie des délits politiques dans les départements d'outre-mer, pour le maintien dans les lieux des locataires ou occupants des locaux d'habitation, ou relatives à l'alignement des salaires des départements d'outre-mer sur ceux de la région parisienne[3].

En 1952, elle réintègre le barreau de la Guadeloupe, puis est élue en 1953 adjointe au maire de Basse-Terre, Élie Chaufrein, tout en continuant ses activités d’avocate, avant de le remplacer en 1956[2].

Militante féministe, elle crée en Guadeloupe une fédération de l'Union des Femmes Françaises (proche du PCF) pour soutenir ses efforts pour obtenir l'application de la sécurité sociale et du droit à la retraite pour les femmes de Guadeloupe. Elle contribue activement à la transformation de la fédération UFF en Union des Femmes guadeloupéennes.

En 1969, la militante américaine Angela Davis et plusieurs de ses camarades font escale en Guadeloupe, de retour d'une conférence à Cuba, afin de rejoindre Porto Rico. Des livres offerts par les Cubains à destination de Porto Rico ainsi que les passeports de certains membres de la délégation sont confisqués par la douane française. Par le biais du capitaine du bateau et de Cubains vivant en Guadeloupe, la délégation rentre alors en contact avec Gerty Archimede, qui les aide, dans les jours suivants, à négocier avec les douaniers, la police et les juges sur l'île. Dans son autobiographie, Angela Davis relate cet épisode et la décrit ainsi : « Maître Archimède était une grande femme à la peau sombre, aux yeux vifs et au courage indomptable. Je n’oublierai jamais notre première rencontre. J’ai senti que j’étais en présence d’une très grande dame. Pas un instant je ne doutai qu’elle allait nous sortir de notre mauvaise posture. Mais j’étais tellement impressionnée par sa personnalité, le respect qu’elle attirait à elle en tant que communiste, même de la part des colonialistes que, pendant un certain temps, notre problème me parut secondaire. Si je n’avais écouté que mes désirs, je serais restée sur l’île pour tout apprendre de cette femme »[4].

Hommages[modifier | modifier le code]

Un bronze en sa mémoire a été inauguré le sur le boulevard maritime de Basse-Terre[5]. La rue Gerty-Archimède dans le XIIe arrondissement de Paris porte son nom depuis 2006, à la suite d'un vœu des élus communistes parisiens[6]. Le 27 janvier 2007, Ségolène Royal lui rend hommage lors de sa campagne électorale.

Le Musée Gerty-Archimède est installé dans une maison autrefois habitée par la personnalité guadeloupéenne ; situé au 27 de la rue Maurice Marie-Claire à Basse-Terre, il porte le label Maisons des Illustres depuis 2012[7].

Le , lors de la cérémonie d'inauguration d'un nouvel amphithéâtre à l'UAG de Saint-Claude, le jury divulgue les résultats après un référendum en annonçant que Gerty Archimède sera la personnalité antillaise qui donnera son nom à l'édifice.

Il existe également une place portant son nom à Morne-à-l'Eau où l'on peut trouver un buste en bronze d'elle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Justin Archimède : une part d'histoire mornalienne, France Antilles, 28 novembre 2012
  2. a et b Biographie de Gerty Archimède sur le site du collège Campenon (Guadeloupe)
  3. a et b Assemblée nationale - Base de données historique sur les anciens députés
  4. Davis, Angela., Autobiographie., Albin Michel, (ISBN 2226001735 et 9782226001733, OCLC 417409268, lire en ligne)
  5. Photo de la statue
  6. Note des élus communistes du Parti Communiste Français du 5 octobre 2006
  7. La Maison Gerty-Archimède labellisée « Maison des illustres », France-Antilles, 13 novembre 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]