Georgette Ciselet

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Georgette Ciselet
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Sénatrice
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Georgette Hélène Marie Ciselet, née le dans la ville d’Anvers et morte le à Braine-l'Alleud, est une femme politique belge libérale[1]. Elle est associée à « la lutte féministe pour l’égalité professionnelle et intellectuelle.»[2]

Biographie[modifier | modifier le code]

Études / Formation[modifier | modifier le code]

Georgette Ciselet suit d’abord un enseignement à domicile. Par la suite, elle vient à Bruxelles où elle a comme préceptrices deux étudiantes de l’ULB qui lui dispensent quelques heures de cours par semaine. Elle entre à l’université en 1919. Elle commence par deux années de philosophie et lettres et se réoriente ensuite vers le droit[3].

En , elle rencontre l’épouse de Paul Hymans avec qui elle cofonde la « Maison des Étudiantes.»[4]

Après avoir passé le jury central, elle décroche, avec grande distinction, son doctorat en droit de l’ULB, le [5]. Elle réalise son stage auprès de Maître Louis Braffort[1], de 1923 à 1926[2]. Début , elle s’inscrit à l’ordre des avocats.[1]

En 1928[3], elle réalise deux stages « dans des firmes londoniennes de sollicitors », l’un chez MM. Burn et Berridge, et l’autre chez MM. Baker et Baker[5].

Vie privée[1][modifier | modifier le code]

Georgette Ciselet est la cadette d’une fratrie de quatre enfants. Elle est issue d’une famille bourgeoise industrielle. Ses parents sont Joseph Ciselet et Louise Wetzel.

En 1929, elle épouse l'avocat et écrivain Henry Soumagne, qui décède le des suites d’un accident. Elle décède des suites d’une opération le à l’hôpital Braine-l'Alleud. Son corps repose au cimetière de Baisy-Thy[3].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Sa carrière professionnelle tourne autour de 3 points centraux : sa carrière juridique, sa lutte féministe et sa carrière politique[1].

Georgette Ciselet prête le serment d'avocat le 1er octobre 1923. C'est la quatrième femme à prêter ce serment. Elle est affilée au parti libéral depuis 1925. Elle rejoint la fédération des femmes universitaires. Le , elle s’inscrit auprès de la Cour d’appel de Bruxelles[2]. Elle y exerce jusqu’en 1963 en tant qu’« avocate honoraire»[1].

En 1940, elle fait partie du comité de rédaction du Journal des tribunaux.[1]

Elle est, de 1945 à 1963, présidente de la Fédération Nationale des Femmes Libérales[1]. Lorsque le parti de la Liberté et du Progrès est né, Georgette préside la transformation officielle de la fédération, rebaptisée en Fédération Nationale des Femmes du Parti de la Liberté et du Progrès, le [4].

Par cooptation, Georgette Ciselet devient la première femme à faire partie des membres du Sénat en 1946[1]. De 1946 à 1961, elle est secrétaire de la commission sénatorial de la Justice. En , candidate dans l’arrondissement de Bruxelles, elle obtient un total de 4.131 électeurs et électrices, et siège à nouveau au Sénat mais cette fois-ci en tant qu’élue directe[4]. Elle exerce la fonction de secrétaire du Sénat entre 1953 et 1954. Elle prend la présidence du groupe libéral en 1954. Entre 1958 et 1961, elle est à nouveau cooptée[1].

En siégeant au Sénat, elle est à l’initiative de nombreuses propositions de loi relative aux droits et devoirs des époux, à l’accès des femmes à la magistrature (loi adoptée le ) et puis au notariat (loi adoptée le 1er mars 1950)[5]. En , pour ce qui concerne les modifications des obligations et devoirs des époux, Georgette Ciselet est nommée vice-présidente du groupe de travail « Régimes et statuts matrimoniaux », constitué par le ministre de la justice Monsieur Struye[6].

Elle porte un certain intérêt aux modifications du contrat de mariage en vue d’« instituer comme régime matrimonial légal, le régime des biens matrimoniaux», réalisées le [4]. Il en sera de même en ce qui concerne « le sort des enfants adultérins (loi du ) et en ce qui concerne le délai de viduité imposé aux femmes en cas de remariage (loi du ).»[5]

En , elle fait partie « des membres du Comité de Patronage de la Souscription Nationale d’Hommage au Prince Charles, de Belgique, ancien régent du royaume.»[4]

De 1954 à 1961, elle est d’abord secrétaire des travaux de la commission de la santé publique et de la famille, et en devient par la suite présidente[1]. Elle siège également « en tant que membre dans la Commission du Travail et de la Prévoyance sociale.»[4]

La vice-présidence du Conseil Supérieur de la famille lui est confiée ainsi que la présidence de la commission juridique de celui-ci[1].

Sa carrière politique prend fin en 1961, puisqu’elle n’est ni réélue ni cooptée. Cependant, elle garde tout de même la vice-présidence de l’Institut d’Étude économique et sociale des classes moyennes[1].

Elle exerce dès lors son métier d’avocat[1]. Elle est nommée Conseiller d’État en septembre 1963 par le roi, c'est la première fois qu’une femme occupe une si haute fonction[3]. Elle restera en fonction jusqu’en 1972, date de sa retraite[4].

Engagements politiques[modifier | modifier le code]

Son idéologie politique se rapproche d’un féminisme laïque. Motivée par des convictions féministes, elle deviendra l’une des rédactrices du « Bulletin trimestriel » du groupement belge pour l’Affranchissement de la Femme. Elle accède ensuite au Conseil national des femmes belges (CNFB)[1]. C'est par ailleurs de son initiative que ce dernier institue une commission, "Formation civique et politique", dans le but d’étudier «les meilleurs moyens «d’intéresser les femmes belges à leurs droits et devoirs de citoyennes et comment les faire participer davantage à la vie civique et politique du pays.»[7] Elle sera par la suite Présidente de la commission politique de ce conseil national et la représentante de la Fédération Nationale Femme Libéral[1].

En 1931, elle devient rédactrice et endosse le rôle de secrétaire et d’administratrice de la revue de groupe « Égalité », anciennement connu sous le nom de « Groupement belge pour l’Affranchissement de la Femme.»[1] Georgette Ciselet est pour le suffrage intégral des femmes, à l’image de tous les membres qui composent ce groupement[7].

Elle rejoint la Commission du travail féminin afin d’étudier le traitement des femmes dans les activités commerciales et industrielles en 1935[1].

Elle occupe un siège au Bureau de la Fédération nationale des femmes libérales et en préside la commission juridique. Après la Seconde Guerre mondiale, elle prendra la présidence de la fédération[1]. Dans ce cadre, elle émet des réserves au retour du roi Léopold III et soutient le Prince Baudouin pour qu’il prenne le pouvoir et s’installe sur le trône de Belgique[4].

Elle devient conseillère juridique dans le groupement social féminin libéral créé en 1937, nommé « Solidarité»[1]. Georgette Ciselet est également une membre active de « La Porte Ouverte »[8], « mouvement féministe qui défend l’égalité complète des femmes et des hommes»[9]. Elle est également « membre de la Croix bleue de Belgique et la fondatrice du Service Social Inter-Sana comme de la Ligue Esthétique Belge»[4].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Georgette Ciselet a écrit la chronique, « La femme de nulle part et d’ailleurs » pour l’hebdomadaire pluraliste bruxellois, le « Rouge et noir[8]

En 1930, elle publie l’ouvrage « La femme, ses droits, ses devoirs et ses revendications. Esquisse de la situation de la femme en Belgique et à l’étranger. ». L’objectif de celui-ci est de faire prendre conscience aux femmes de leur droits et leurs devoirs politiques et juridiques. En 1932, elle commente, dans un ouvrage, la loi du , en montrant le paradoxe qui existe entre la mission que le législateur s’est fixé de rendre la femme plus autonome et les lois qui persistent à la soumettre sous l’autorité de son mari. Elle prendra la place de présidente dans la commission d’étude concernant cette proposition de loi[1].

Elle est également co-directrice de l’ouvrage « Les novelles : corpus juris belgici : droits intellectuels » avec Léon Hennebicq et J. Wathelet[10].

Georgette Ciselet a écrit des verbos dont un au sujet des « Contrats de mariage », publié dans les « Pandectes » en 1935 et un autre sur le « Mariage », publié dans les « Novelles » en 1938. Elle demeure membre du comité de direction scientifique des Novelles de 1931 jusqu’à sa mort[3].

Elle a également rédigé un article pour la Revue du travail au sujet des positions du Groupement belge de la porte ouverte (GBPO) à l’égard du travail féminin[7].

Plan international[modifier | modifier le code]

En 1946, Georgette Ciselet fait partie des membres de l’Union des femmes coloniales et du CNFB. Elle participe à la délégation belge auprès de l’ECOSOC en 1952-1953[1]. Elle surveille de près les travaux relatifs à l’élaboration de la Convention sur la nationalité de la femme mariée, de la Convention sur le mariage et de celle sur les droits politiques de la femme, le [5]. Elle se rend à l’étranger pour différentes missions : tout d’abord, elle partira pour la Chine, en 1954, et ensuite pour la Mongolie. Durant l’été de 1956, elle arpente le Congo belge[1]. Après ce voyage, elle dénonce la situation désastreuse des femmes africaines. En , elle se joint au congrès traitant de l’émancipation de la femme africaine organisé par l’ONU à Addis-Abeba[5].

Georgette Ciselet prend part à la délégation belge, à l’assemblée générale des Nations- Unies, entre 1954 et 1959[1]. « Elle préside en 1955 la sixième conférence des Nations unies sur la coopération technique. » Elle est envoyée comme déléguée, par la Belgique, à la Commission de l’ONU sur la condition de la femme, en 1956 et en 1957[1].

Georgette Ciselet préside « la troisième commission (sociale) de l’assemblée générale des Nations-Unies, qui adopte la déclaration des droits de l’enfant». En 1961, elle est choisie pour faire partie de la délégation belge au Dixième Congrès de l’Internationale libérale. Dans les années 1950, elle est membre de la délégation belge au Comité international pour les Intellectuels réfugiés[1].

Distinctions honorifiques[modifier | modifier le code]

Georgette Ciselet a reçu différents titres honorifiques. Tout d’abord, elle est nommée présidente d’honneur du GBPO, en 1948[3]. Elle est élevée, en 1954, au rang de chevalier ; puis, en 1961, à celui d’officier de l’Ordre de Léopold[5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Devos, «  Défendre le travail féminin. Le Groupement belge de la Porte Ouverte 1930-1940», Sextant, Revue du groupe interdisciplinaire d’Études sur les Femmes, no 5, 1996.
  • Éliane Gubin et Leen Van Molle, Femmes et politique en Belgique, Bruxelles, Racine, 1998.
  • Éliane Gubin, Catherine Jacques et Valérie Piette, « L’accès des femmes aux professions juridiques : quelques réflexions à partir du notariat », Sextant, Revue du Groupe interdisciplinaire d’Études sur les Femmes, no 4, 1995.
  • Éliane Gubin, Dictionnaire des femmes belges XIXe et XXe siècles, Bruxelles, Racine, 2006.
  • Hauwel, A., Louise de Craene-Van Duuren (1875-1938), Georgette Ciselet (1900-1983) : deux féministes, Bruxelles, Édition groupement belge de la porte ouverte, 2000.
  • Hennebicq, L., Wathelet, M., Ciselet, G., Les novelles : corpus juris belgici : droits intellectuels, Bruxelles, Larcier, 1936.
  • Catherine Jacques, Les féministes belges et les luttes pour l’égalité politique et économique 1914-1968, Bruxelles, Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts, 2013.
  • Catherine Jacques, « Georgette Ciselet », Nouvelle biographie nationale, vol. 8, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 2005.
  • Porte ouverte (en ligne) porteouverte.be (page consultée le 10/12/2018)
  • Tordoir, J., « Georgette Ciselet », Femmes, travail salaire liberté, Mons, Éditions du Mundaneum, 2000,s.p.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y et z Jacques, C.,« Georgette Ciselet », Nouvelle biographie nationale, vol. 8, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 2005.
  2. a b et c Gubin, E., Jacques, C. et Piette, V., « L’accès des femmes aux professions juridiques : quelques réflexions à partir du notariat », Sextant, Revue du Groupe interdisciplinaire d’Études sur les Femmes, no 4, 1995,
  3. a b c d e et f Hauwel, A., Louise de Craene-Van Duuren (1875-1938), Georgette Ciselet (1900-1983) : deux féministes, Bruxelles, Édition groupement belge de la porte ouverte, 2000.
  4. a b c d e f g h et i Tordoir, J., « Georgette Ciselet », Femmes, travail salaire liberté, Mons, Éditions du Mundaneum, 2000.
  5. a b c d e f et g Gubin, E., Dictionnaire des femmes belges XIXe et XXe siècles, Bruxelles, Racine, 2006.
  6. Gubin, E. et Van Molle, L., Femmes et politique en Belgique, Bruxelles, Racine, 1998.
  7. a b et c Jacques, C., Les féministes belges et les luttes pour l’égalité politique et économique 1914-1968, Bruxelles, Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts, 2013.
  8. a et b Devos, A., «  Défendre le travail féminin. Le Groupement belge de la Porte Ouverte 1930-1940», Sextant, Revue du groupe interdisciplinaire d’Études sur les Femmes, no 5, 1996.
  9. « Porte Ouverte » (consulté en (page consultée le 10/12/2018))
  10. Hennebicq, L., Wathelet, M., Ciselet, G., Les novelles : corpus juris belgici : droits intellectuels, Bruxelles, Larcier, 1936.