Gaston Bouniols

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Gaston Bouniols
Fonctions
Sénateur français
Élection 29 juillet 1934
Groupe politique groupe de la Gauche démocratique radicale et radicale-socialiste
Prédécesseur Auguste Puis
Successeur Léopold Presseq
Président du conseil général de Tarn-et-Garonne
Prédécesseur Henri Pottevin
Successeur Roger Delthil
Maire de Molières
Prédécesseur Jean Linon
Successeur Victor Combelles
Biographie
Nom de naissance Marie Joseph Gaston Bouniols
Date de naissance
Lieu de naissance Montcuq
Date de décès (à 62 ans)
Lieu de décès Molières
Nature du décès Affection cardiaque
Nationalité français
Parti politique Radical indépendant (1925-1928)

Parti républicain, radical et radical socialiste (1928-1934)

Diplômé de Ecole libre des sciences politiques

Faculté de droit de l'université de Paris

Profession Avocat, haut-fonctionnaire et diplomate
Résidence Château d'Espanel, Molières

Gaston Bouniols, né le à Montcuq (Lot) et mort le à Molières (Tarn-et-Garonne), est un homme politique et diplomate français[1]. Il fut maire de Molières, président du conseil général de Tarn-et-Garonne de 1928 à 1934 et sénateur de ce département en 1934.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gaston Bouniols à Montcuq le 1er mars 1872 dans une famille originaire de Molières[2]. Son grand-père, Louis Bouniols, valet de pied de Jacques de Molières au château d'Espanel (commune de Molières), hérita de cette demeure après la mort sans descendant de son employeur en 1862[3]. Son père, Jean Louis Bouniols (25 juin 1839 - 5 juin 1895) mena une carrière de sous-préfet sous la IIIe République : successivement sous-préfet de Millau (du 16 au 30 janvier 1871), de Saint-Affrique (du 30 janvier au 13 mai 1871), de Florac (du 13 mai 1871 au 31 janvier 1874) puis sous-préfet de Lure (du 28 février au 25 mars 1882), de Saint-Pons (du 25 mars 1882 au 9 juillet 1890), de Lavaur (du 9 juillet 1890 au 5 mars 1895) et Figeac (du 5 mars au 5 juin 1895). Il meurt en fonction à ce dernier poste[4].

Gaston Bouniols fut ses études secondaires à Toulouse puis étudia le droit à la faculté de Paris et l'Ecole libre des sciences politiques avant de soutenir sa thèse de doctorat intitulée "Les rapports des communes et des fabriques, étude de droit, de jurisprudence et de législation" le 19 juin 1896. En 1898, il dirige le cabinet de Charles de Freycinet au ministère de la Guerre, puis il devient directeur du ministère du Commerce jusqu'en 1913 où il intègre le corps diplomatique. Il réside alors au 21 rue de Lübeck à Paris[5]. Nommé ministre plénipotentiaire auprès du Gouvernement serbe en 1913, il était en poste à Belgrade lorsqu'éclata la Première guerre mondiale et suivit le gouvernement serbe à Niš puis, après l'occupation de la ville par l'armée bulgare en octobre 1915, dans son exil au Monténégro et en Albanie. Depuis Paris, sa femme, Louise-Olga, est trésorière du "Comité des Dames Serbes de Paris", organisation caritative chargée de lever des fonds en France pour la Serbie[6]. Rentré en France, il fut nommé à la Commission des réparations et affecté à la répartition de la dette de l'Empire austro-hongrois, fonctions qu'il exerça jusqu'à son élection comme maire de Molières en 1925.

Lors des élections municipales de 1925, il est élu maire de Molières le 17 mai. Le 29 juillet de la même année, il est élu conseiller général du canton de Molières[7]. Battu à une élection législative partielle en Tarn-et-Garonne où il s'était présenté sous l'étiquette de radical indépendant en 1926, il fut nommé président du Conseil général le 24 octobre 1928, fonction qu'il exerça jusqu'à sa mort[8]. Il adhéra au parti radical-socialiste cette même année.

Compromis dans l'affaire Stavisky[9], le sénateur Auguste Puis démissionna[10] et Gaston Bouniols fut alors élu sénateur de Tarn-et-Garonne par 329 voix sur 417 votants, au premier tour de scrutin le 29 juillet 1934. Il ne siégea toutefois jamais puisqu'il mourut le 16 août suivant d'une attaque cardiaque dans son château de Molières[11], avant même que son élection ne fusse validée. Le président du Sénat Jules Jeanneney lui rendit hommage lors de la séance du 8 novembre 1934 : "Nous savions son passé laborieux, son talent, son caractère. Nous nous félicitions d'avoir à l'accueillir bientôt. Sa mort nous a peinés et nous cause grand regret". Ses obsèques furent célébrées le 18 août 1934 à Montauban.

Sa veuve, Louise-Olga, mourut quelques années plus tard dans son domicile parisien du 26 cours Albert-Ier le 10 novembre 1940[12]. Elle légua le château d'Espanel à Édouard Berthoud qui le vendit en 1968[3].

Décorations[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les rapports des communes et des fabriques, étude de droit, de jurisprudence et de législation : thèse pour le doctorat soutenue le 19 juin 1896 par M. Gaston Bouniols, Paris : A. Pedone, 1896, 234 pages.
  • A Propos des conseils de guerre, Paris : A. Pedone, 1907, 63 pages.
  • La Suppression des conseils de guerre, Paris : A. Pedone, 1907, 528 pages.
  • L'Abrogation de la loi Falloux, Paris : A. Pedone, 1907, 44 pages.
  • Les Précurseurs. Histoire de la Révolution de 1848, Paris : Delagrave, 1918, 448 pages.
  • Thiers au pouvoir (1871-1873): texte de ses lettres annoté et commenté par Gaston Bouniols, Paris : Delagrave, 1921, 358 pages.

Il publia également plusieurs articles sur les finances locales dans la Revue bleue[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Anciens sénateurs IIIème République : BOUNIOLS Gaston », sur www.senat.fr (consulté le )
  2. Philippe Delvit (dir.), Bicentenaire du département de Tarn-et-Garonne. Genèse, formation, permanence d'une trame administrative, Toulouse, Presses de l’Université des sciences sociales de Toulouse, , 517 p. (ISBN 978-2-915699-69-2, lire en ligne), p. 175
  3. a et b « Château d'Espanel », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le )
  4. Archives nationales, « Intérieur ; Direction du personnel. Dossiers des fonctionnaires de l'administration préfectorale ayant cessé leurs fonctions entre 1880 et 1950 », sur www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr, (consulté le )
  5. « Liste des membres de la Société », Revue d'Histoire du XIXe siècle - 1848, vol. 5, no 25,‎ , p. 412–419 (lire en ligne, consulté le )
  6. Journal du Lot, Jeudi 1er mars 1917, « Appel du Comité des Femmes Serbes de Paris », sur https://archives.lot.fr (consulté le )
  7. « Conseil Général de Tarn-et-Garonne - Accueil », sur www.archives82.fr (consulté le )
  8. « Montauban. En 198 ans, le conseil général a connu 36 présidences », sur ladepeche.fr (consulté le )
  9. Gisèle Berstein, Le Sénat sous la Troisième République. 1920-1940, Paris, Éditeur CNRS - Librairie Decitre, , 492 p. (ISBN 9782271079794)
  10. « Anciens sénateurs IIIème République : PUIS Auguste », sur www.senat.fr (consulté le )
  11. « Le Journal 17 août 1934 - (17-aug-1934) », sur RetroNews - Le site de presse de la BnF (consulté le )
  12. (en) The London Gazette, « The London Gazette, 2 October 1953 », sur https://www.thegazette.co.uk (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]