Garance (pigment)

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L'infanterie française portait du rouge garance jusqu'à la Première Guerre mondiale.

La couleur garance est celle d'une teinture et pigment rouge, extraite de la garance, une plante de la famille des rubiacées. « La nuance des laques de garance naturelle, c'est-à-dire non calcinée, varie depuis le rose pâle jusqu'au rouge-sang intense ; les unes sont plus pourprées que les autres, suivant le mode de fabrication et la qualité des racines de garance employées[1] ». L'alizarine, substance colorante de la plante, a été synthétisée industriellement à la fin du XIXe siècle[2].

C'était la teinture des pantalons d'uniforme de l'infanterie française jusqu'au début de la Première Guerre mondiale, qui exposait les militaires aux tirs des soldats allemands, équipés eux de tenues de couleur neutre (Feldgrau). C'est surtout cette couleur qu'on associe en France au mot garance. Mais certains des manteaux rouges de l'armée britannique du XVIIe siècle au XIXe siècle ont été teints à la garance  ; les officiers seuls avaient des tenues écarlates teintes à la cochenille, bien plus coûteuse.

Composition[modifier | modifier le code]

Fils teints à la garance naturelle

La laque de garance véritable (Colour Index NR9), rouge carmin transparent très prisé à l'huile comme à l'aquarelle, est extrait des racines de la garance (Rubia tinctorium), cultivée en Europe depuis le XIIIe siècle. On en trouve dans la Vierge à l'enfant avec Saint Pierre et Saint Paul de Dirk Bouts en 1460[3].

Après avoir fait sécher et broyer (au moulin) les racines de la Rubia tinctorium, on obtient une pâte ou une poudre appelée la "garancine". On en fait une teinture et un pigment-laque par mordançage.

En 1752, l'impression avec une encre rouge de garance devint possible, grâce à l'invention d'un épaississant par Francis Dixon en Irlande. Cette couleur fut utilisée comme couleur primaire pour la quadrichromie mise au point en 1725 par Jacob Christoph Le Blon[4].

La laque d'alizarine (PR83) est la version synthétique de la laque de garance, découverte en 1869 par Graebe et Liebermann. Peu permanente, elle est toutefois encore proposée par les fabricants de couleurs pour artistes[5].

Aujourd'hui, des substituts (imitations) sont produits à partir de pigments de synthèse (PR171, PR177, PR179, PR187, PR264), plus solides, et dénommés variablement laque de garance (rose, foncé, cramoisie), rouge/rose de garance, alizarine cramoisie/cramoisi d'alizarine ou encore garance d'alizarine.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philip Ball (trad. Jacques Bonnet), Histoire vivante des couleurs : 5000 ans de peinture racontée par les pigments [« Bright Earth: The Invention of Colour »], Paris, Hazan,‎ 2010, p. 318-322
  • Jean Petit, Jacques Roire et Henri Valot, Encyclopédie de la peinture : formuler, fabriquer, appliquer, t. 2, Puteaux, EREC,‎ 2001, p. 341
  • Jacques Blockx, Compendium à l'usage des artistes peintres : Peinture à l'huile -- Matériaux -- Définition des couleurs fixes et conseils pratiques suivis d'une notice sur l'ambre dissous, Gand, L'auteur,‎ 1881 (lire en ligne), p. 50

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Blockx 1881, p. 50.
  2. Ball 2010, p. 319.
  3. Ball 2010, p. 145.
  4. Ball 2010, p. 302.
  5. Ball 2010, p. 318-322 ; Petit, Roire et Valot 2001, p. 341.