Poudre sans fumée

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Poudre sans fumée d'origine finlandaise

La poudre sans fumée est le terme appliqué à un ensemble de propergols utilisés dans les armes à feu et en artillerie qui produisent des quantités négligeables de fumée, au contraire de la poudre noire qu'elle remplace. Le terme « sans fumée » signifie que les produits de combustion sont essentiellement gazeux, au contraire de la poudre à canon qui produit environ 55 % de matières solides (principalement du carbonate de potassium, sulfate de potassium et sulfure de potassium)[1]. Bien que les produits de combustion de la poudre sans fumée comprennent peu de fumée[2], les armes d'artillerie en produisent suffisamment à chaque tir pour être détectable par une personne.

Le terme « sans fumée » a été appliqué aux poudres à base de nitrocellulose, mais aussi au picrate mélangé aux oxydants nitrate, chlorate ou dichromate vers la fin du XIXe siècle, avant que les avantages de la nitrocellulose ne l'impose[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

La poudre sans fumée a été inventée en 1884 par l'ingénieur principal Paul Vieille au Laboratoire central des poudres et salpêtres à Paris. Initialement désignée « Poudre V », elle est re-baptisée « Poudre B » (B pour « blanche ») puis modifiée en « poudre BF » en 1887 et enfin « Poudre BN3F » avant la Première Guerre mondiale. Au contraire des poudres en usage à cette époque, elle laisse très peu de résidus de combustion et ne produit pas de fumée pendant le tir. De surcroît, elle est trois fois plus puissante, à poids égal, que la poudre noire, alors appelée « poudre N » (N pour « noire »).

Alfred Nobel suit en 1887 avec la ballistite, mélange à parties égales de nitroglycérine et de nitrocellulose. De la ballistite de Nobel est dérivée la cordite inventée en Grande-Bretagne et qui a été également largement utilisée pour l'armement portatif et l'artillerie.

Toutes les poudres sans fumée modernes, utilisées dans le chargement de munitions très diverses, sont dérivées des poudres inventées par Paul Vieille en 1884 puis modifiées par Alfred Nobel en 1887.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Julian S. Hatcher et Al Barr, Handloading, Hennage Lithograph Company, , p. 34
  2. (en) A. P. Fairfield (CDR USN), Naval Ordnance, Lord Baltimore Press, , p. 44
  3. (en) Philip B. Sharpe, Complete Guide to Handloading, Funk & Wagnalls, , p. 146-149

Articles connexes[modifier | modifier le code]