Ponceau (couleur)

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Fleur de coquelicot (Papaver rhoeas)

Ponceau est un nom de couleur qui indique la teinte rouge vif foncé de la fleur du coquelicot, dérivé au XVIIe siècle de poncel (XIIe siècle) ou ponceau, autre nom du coquelicot en ancien français[1]. Le terme ponceau dans son sens de rouge foncé, est noté à la fin du XVIIe siècle par Furetière, qui illustre le nom de couleur par une référence à la mode : « Le ruban le plus cher est le ruban ponceau, teint en couleur de feu[2]. ».

Rouge coquelicot peut être considéré comme un synonyme plus récent, moins littéraire. L'un et l'autre s'emploient principalement dans le contexte de la mode et de la décoration. Coquelicot coexiste avec Ponceau dès 1787 dans le livre de commandes de M.me Éloffe, couturière[3]. Les deux termes ne se trouvent jamais dans la même note, et on ne peut savoir s'il s'agit de deux noms pour la même couleur, ou de deux couleurs différentes. Soixante ans plus tard, Chevreul note que le Coquelicot sur soie de M. Guignon est rouge-orangé et non rouge[4].

Ponceau est le nom commercial de plusieurs colorants azoïques, brevetés en 1878 par la maison Meister, Lucius et Brüning[5]. À la même époque, une autre teinture, ou peut-être la même, par une autre firme, est proposée sous le nom de coquelicot[6]. Ces colorants sont suivis d'une certaine quantité d'autres adaptés à divers usages (RC). Ces teintures, et quelque temps après, des pigments azoïques, ont remplacé, de façon beaucoup moins coûteuse, le rouge de cochenille pour la teinture des textiles (PRV).

La nuance du rouge ponceau est celle de l'écarlate de cochenille ; cependant, on peut distinguer dans les ponceaux plusieurs nuances, y compris celle de la fleur. La couleur de soie ponceau teinte à la cochenille s'avivait avec un virage à l'eau acidulée[7]. Au XIXe siècle, Chevreul a entrepris de repérer les couleurs entre elles et par rapport aux raies de Fraunhofer. Il cote le rouge ponceau type 1 rouge 10 ton[8]. Mais le Ponceau de l’Instruction générale sur la teinture des laines de 1671 donne, selon lui, plutôt 3 rouge et 4 rouge 10 ton[9] ; le 4 rouge est aussi la nuance de la soie ponceau de Guinon[10].

Canson propose un papier mi-teintes 506 coquelicot qui tire plus sur l'orange que son 505 rouge vif[11]. Chez Letraset le 093 coquelicot est carminé. En décoration, on trouve 506 coquelicot[12].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Dauthenay, Répertoire de couleurs pour aider à la détermination des couleurs des fleurs, des feuillages et des fruits : publié par la Société française des chrysanthémistes et René Oberthür ; avec la collaboration principale de Henri Dauthenay, et celle de MM. Julien Mouillefert, C. Harman Payne, Max Leichtlin, N. Severi et Miguel Cortès, vol. 1, Paris, Librairie horticole,‎ 1905 (lire en ligne), p. 84
  • Jean Petit, Jacques Roire et Henri Valot, Encyclopédie de la peinture : formuler, fabriquer, appliquer, t. 1, Puteaux, EREC,‎ 1999, p. 294

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Trésor de la langue française.
  2. Antoine Furetière, Dictionnaire universel, t. 2, La Haye, Leers,‎ 1701 (lire en ligne), s.n. « Ponceau ».
  3. Gustave-Armand-Henri de Reiset et Madame Éloffe, Modes et usages au temps de Marie-Antoinette : Livre-journal de Mme Éloffe, marchande de modes, couturière lingère ordinaire de la Reine et des dames de sa cour, Paris, Firmin-Didot,‎ 1885 (lire en ligne), p. 174, 191, &c.
  4. Chevreul 1861, p. 145.
  5. Adolphe Kopp, « Naphtaline (couleurs de) », dans Ad. Wurtz, Supplément au Dictionnaire de chimie pure et appliquée,‎ 1892-1908 (lire en ligne), p. 1049 ; Colour Index PR9, PR17 « Poppy Red ».
  6. Johann Rudolf von Wagner, Nouveau traité de chimie industrielle, Paris,‎ 1879 (lire en ligne), p. 583.
  7. Claude Viel, « Colorants naturels et teintures du XVIIe siècle à la naissance des colorants de synthèse », Revue d'histoire de la pharmacie, vol. 93, no 347,‎ 2005, p. 327-348 (lire en ligne) ; aussi Wagner 1879, p. 631.
  8. Michel-Eugène Chevreul, « Moyen de nommer et de définir les couleurs », Mémoires de l'Académie des sciences de l'Institut de France, t. 33,‎ 1861, p. 120 (lire en ligne) 1 rouge touche à la raie C à 656 nm, on peut évaluer sa longueur d'onde dominante à 653,3 nm ; la pureté colorimétrique maximale qui peut se convertir en couleur sRGB est 58 %, le ton 10 correspond à une clarté moyenne, aussi la couleur est-elle calculée pour une clarté CIE Lab de 50%. Voir aussi Furetière 1701, p. s.n. « Rouge ».
  9. Chevreul 1861, p. 120.
  10. Chevreul 1861, p. 142.
  11. « nuancier mi-teintes », sur idec.free.fr.
  12. « Nuancier de peintures, coquelicot », sur v33.fr