François Chalais

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
François Chalais
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
François Charles BauerVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Conjoint
Autres informations
A travaillé pour

François-Charles Bauer, dit François Chalais, est un journaliste, grand reporter, puis pionnier dans le métier de chroniqueur de cinéma, né le à Strasbourg et mort le à Paris 8e.

Biographie[modifier | modifier le code]

François Chalais est le fils d'Émile Bauer, avocat, et de Lucienne Poussigue. Après ses études au lycée de Strasbourg et aux facultés de droit de Strasbourg, Bordeaux et Aix-en-Provence [1], il débute dans la presse en écrivant de 1942 à 1944 dans plusieurs journaux, dont Je suis partout (collaborationniste, comme la grande majorité de la presse autorisée à cette époque)[2],[3] et Combats, journal de la Milice française[4] (à la rubrique du cinéma[5]). Il entra ensuite, selon ses affirmations, dans la Résistance, avec pour activité de donner des informations sur les milieux collaborationnistes. De fait, il fut décoré de la médaille de la Résistance à la Libération puis rejoignit le groupe de presse Amaury, qui avait été lié au réseau « Thermopyles ». Il dirigea les pages culturelles de Carrefour entre 1944 et 1952, collaborant ponctuellement aux deux quotidiens du groupe, Le Parisien libéré en 1945, et L'Équipe de 1949 à 1950. Plus tard, il revint à la presse écrite : France-Soir de 1976 à 1986 et le Figaro Magazine de 1980 à 1987 ainsi que Cinémonde.

Il travaille pour la Radiodiffusion-télévision française dès 1947, comme grand reporter pour 5 colonnes à la une.

Le Manifeste des 121, titré « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie », est signé par des intellectuels, universitaires et artistes et publié le 6 septembre 1960. À l'Office de radiodiffusion-télévision française les signataires se voient interdire toute collaboration au sein d'un comité de réalisation, tout rôle, interview, citation d'auteur ou compte rendu d'ouvrage[6]. Frédéric Rossif et François Chalais décident d'interrompre la réalisation de leurs émissions Cinépanorama. François Chalais commente : « Il nous devient impossible de rendre compte de l'ensemble de l'actualité cinématographique. Si Marilyn Monroe vient à Paris, je ne pourrai même pas la présenter aux téléspectateurs car elle me parlera de son prochain film tiré d'une œuvre de Sartre[7]. » Le ministre de l'Information décide alors que François Chalais doit cesser tous rapports avec la R.T.F.[8] La solidarité des réalisateurs et producteurs obtient la levée de l'interdiction[9].

En 1962, Alain Delon qui est déjà une star du cinéma, honorant sa promesse de tourner dans le téléfilm dont il lui avait fait part du projet, tourne "Le Chien", l'histoire d'un homme qui en l'espace d'une nuit perd son chien et trouve l'amour. Il est diffusé le 10 mars 1962 sur l'unique chaîne de télévision française[10].

Il interviewe un pilote américain en , pendant la guerre du Viêt Nam, à l'occasion d'un de ses reportages pour l'émission Panorama intitulée Spécial Vietnam : le Nord vu par François Chalais — au cours duquel il a un entretien avec le Premier ministre du Nord-Vietnam, Pham Van Dong —[11]. L'interview a lieu avec son caméraman, Jean-Paul Janssen, et le pilote américain détenu dans une prison nord-vietnamienne, n'est autre que John McCain[12], qui deviendra plus tard sénateur et candidat républicain à l'élection présidentielle de 2008.

Chalais participe activement à la création du Festival de Cannes et à son essor, mondialement établi. Il le fait en magnifiant l'événement, à la façon d'un grand reporter de guerre avec toute sa dramaturgie, et en interviewant les gens qui allaient devenir les plus grands noms du cinéma (quand ce n'était pas déjà le cas), dans ses émissions de télévision Cinépanorama et Reflets de Cannes (souvent avec sa complice et première épouse France Roche). La singularité de ses entretiens (maintenant prisés parmi les archives connues) en a fait un modèle du genre ; en opérant sur un ton particulier facilement reconnaissable, avec une certaine rudesse, expérimentée sur le front, sans ambages, curieusement en même temps qu'un élan de camaraderie constant, propre à faire tomber le masque des starlettes et à lancer des conversations plus naturelles.

Il réalise deux films pour la télévision : Le Chien (1962) avec Alain Delon dans le rôle principal et L'Été en hiver (1964).

Il a écrit vingt ouvrages, dont dix-sept romans et trois livres de souvenirs, dont Les Chocolats de l'entr'acte (Carrère, 1989). Il a aussi écrit plusieurs scénarios et réalisé deux téléfilms.

En 1975, le prix de l’Académie française a récompensé son œuvre.

En 1983, au cours d'un débat organisé par Philippe Bouvard à Nice pour un colloque des journées mondiales de l’écrivain portant sur le thème « Publicité et littérature », il a une vive altercation avec l'écrivain pamphlétaire Jean-Edern Hallier, assis à la même tribune. Chalais accuse Hallier de « bidonnage » concernant un reportage sur le Cambodge et Hallier rétorque que Chalais avait écrit des articles pour le journal Je suis partout.

Après avoir été marié avec la journaliste et critique de cinéma France Roche, il épouse le 5 juin 1970 Thi Hoa N'Guyen[1]. Sa seconde épouse, connue sous le nom de Mei-Chen Lou, fait vivre sa mémoire grâce au prix François-Chalais remis chaque année à Cannes à un film voué aux valeurs du journalisme.

Un prix François-Chalais du Meilleur scénario est remis également chaque année au Festival du cinéma russe à Honfleur dont Chalais fut le président de la première édition à Honfleur en 1995[13].

Il meurt des suites d'une leucémie en 1996 et est inhumé au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine[14].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Autobiographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Tombe de François Chalais et de la mère de sa seconde épouse au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Who’s Who in France : dictionnaire biographique, Éditions Jacques Lafitte, .
  2. Pascal Ory : « François Chalais était bel et bien journaliste à Je suis partout, mais au service de la Résistance afin d'infiltrer les milieux collaborateurs » (Les Collaborateurs, p. 203).
  3. Pierre Assouline, L'Epuration des intellectuels, 1944-1945, Bruxelles, Editions Complexe, coll. « Mémoire du siècle » (no 44), , 175 p. (ISBN 978-2-8702-7353-1, OCLC 22777764), p. 119.
  4. Pascal Ory, Les Collaborateurs. Ne pas confondre Combats, journal officiel de la Milice française, et Combat, journal du mouvement de résistance du même nom.
  5. André Brissaud (préface de Robert Aron), La dernière année de Vichy (1943-1944), Librairie académique Perrin, Paris, 1965, 587 pages (ASIN B0014YAW8Q), p. 133.
  6. « Les signataires de la déclaration sur l'insoumission ne pourront faire l'objet d'aucune citation à la R.T.F. », Le Monde,‎
  7. « MM. Chalais et Rossif abandonnent Cinépanorama l'autorisation d'interviewer Simone Signoret leur étant refusée », Le Monde,‎
  8. « Nouvelles protestations à la suite des incidents de « Cinépanorama » à la Télévision », Le Monde,‎
  9. « L'interdit contre M. François Chalais est levé », Le Monde,‎
  10. Le téléfilm est diffusé le samedi 10 mars 1963 à partir de 21 h 15 (Télé 7 Jours n°103, semaine du 10 mars 1963).
  11. « Spécial Vietnam : le Nord vu par François Chalais » [vidéo], sur ina.fr, Panorama, ORTF, (consulté le 21 novembre 2013).
  12. « John McCain prisonnier au Vietnam » [vidéo], sur ina.fr, Panorama, ORTF, (consulté le 21 novembre 2013).
  13. francois-chalais.fr, « Prix du scénario à Honfleur » (consulté le 5 décembre 2015).
  14. Philippe Landru, « Neuilly-sur-Seine (92) : cimetière ancien visité en avril 1994 – 7e division – François Chalais », sur landrucimetieres.fr, Cimetières de France et d'ailleurs, (consulté le 14 février 2013).

Liens externes[modifier | modifier le code]