Hans Kammler

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Hans Kammler
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Hans Kammler en 1932.
Nom de naissance Hans Friedrich Karl Franz Kammler
Naissance
Stettin (Prusse, Empire allemand)
Décès (incertain, à 43 ans)
Nationalité Allemand
Pays de résidence Allemagne
Profession
Activité principale
Administration au service du régime nazi
Distinctions
Croix de Chevaliers de la Croix du mérite de guerre,
Croix de fer

Compléments

Le Dr Ing. Hans Friedrich Karl Franz Kammler ( ?) est un ingénieur civil, administrateur et général allemand des SS ayant atteint le grade d'Obergruppenführer. Il fut notamment responsable du programme des missiles V2, vers la fin de la guerre. Les circonstances de sa mort restent nébuleuses et contradictoires.

Un jeune ingénieur[modifier | modifier le code]

Kammler naît à Stettin, en Allemagne (maintenant Szczecin, Pologne).

Durant la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Il fait son service militaire obligatoire de 1917 à 1919 dans le corps franc Rossbach, une unité d'ingénieurs mobile. Il n'a pas été confronté aux combats et son unité est démobilisée en 1919 à la suite du traité de Versailles.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Entre 1919 et 1923, il étudie l'ingénierie civile à l'université de Munich et fait un stage à Danzig. Il obtient son doctorat en 1929.

Kammler rejoint le parti nazi le 1er mars 1932 à la suite d'un discours d'Hitler. Lorsque les nazis parviennent au pouvoir en 1933, il occupe plusieurs fonctions administratives dont celle de chef au ministère du département de l'aviation, lui permettant de gravir les échelons rapidement.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

industriel SS[modifier | modifier le code]

En 1943, il participe à la mise en place du programme destiné à la mise en production des fusées V1 et V2; il est ainsi nommé du Conseil d'administration de la société Mittelwerke GmbH, chargée de la construction de ces armes nouvelles[1].

De plus, à partir du printemps 1944, il participe à la mise en œuvre du Jägerstab, désignant à la fois un programme de production aéronautique destiné au renforcement des moyens aériens du Reich et le bureau chargé de sa mise en œuvre[2].

Responsable de la construction de la SS[modifier | modifier le code]

Directeur du bureau chargé de la construction au sein de l'institut économique de la SS, il remet en décembre 1941 à ses supérieurs une planification pour la reconstruction des territoires conquis, une fois la guerre finie[3].

Personnalité importante du bureau économique de la SS, il dirige le bureau C du WVHA,l'office économique de la SS : il coordonne ainsi l'activité de 56 officiers et 210 sous-officiers, tous membres de la SS[4]. Il prend ainsi en charge la construction des camps de concentration et d'extermination à partir du mois de septembre 1941, à la suite d'une réunion avec Himmler[5]. Responsable de la construction au sein de l'office économique de la SS, il organise des brigades, constituées de deux régiments chacune, pour la maîtrise d'ouvrage des bâtiments de la SS. Ces brigades sont destinées à ériger les bâtiments : en leur sein, il envisage une spécialisation, la divisant en trois équipes, chargées d'un aspect de la construction : les fondations, la construction proprement dite et les équipements[6]. L'aspect pharaonique des projets de construction de la SS le pousse à faire appel à de la main d’œuvre carcérale pour en compléter les effectifs, avec l'accord de Himmler[N 1],[7].

Ayant visité le camp en février 1942, Kammler détermine la place du crématorium de Birkenau[8]. Il coordonne ainsi les travaux de construction d'Auschwitz, puis de Birkenau, participant à l'élaboration du cahier des charges pour la mise en place des chambres à gaz[9], notamment par ses objections techniques[10].

Membre du Conseil d'administration de la société Mittelwerke, il coordonne la construction des tunnels de Dora-Mittelbau, faisant respecter des cadences infernales, responsables de la mort de nombreux détenus[11].

Cependant, cette autorité est rapidement remise en cause, dès sa nomination, par d'autres proches de Himmler. Ainsi, responsables de la construction, il doit s'imposer face aux responsables locaux de la SS, notamment dans la district de Lublin, confié à Odilo Globocnik ; il est ainsi écarté de la construction des points d'appui SS dans la région, mais conserve le contrôle de la construction du camp d'extermination de Majdanek[12]; puis il parvient à s'immiscer dans la gestion du district, en mettant en place un office de la construction compétent dans le district de Lublin[13].

Acteur de la mise en œuvre des projets orientaux[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Generalplan Ost.

Au tournant de l'année 1941, son service nouvellement créé devient un acteur essentiel de la planification coloniale dans l'Est de l'Europe[14].

Ainsi, entre le 10 février 1942 et le mois de juillet 1943, il propose divers mémoranda en vue de la reconstruction de l'Europe de l'Est[15]. Au cours de cette période, il travaille en collaboration avec Konrad Meyer-Hetling envoyant , avec qui il entretient alors des relations cordiales : celui-ci lui adresse fréquemment ses chiffrages afin que Kammler les précise. Cette collaboration contribue à modifier l'approche des plans de réorganisation de l'Est de l'Europe : Kammler lui donne une forte dimension technocratique[16].

Disparition[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Grades[modifier | modifier le code]

Médailles[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cet appel à la main d’œuvre concentrationnaire entre rapidement en contradiction avec l'ordre d'extermination édicté par Himmler après l'assassinat de Heydrich.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Tooze 2012, p. 593.
  2. Tooze 2012, p. 602.
  3. Ingrao 2016, p. 57.
  4. Ingrao 2016, p. 95.
  5. Breitman 2005, p. 244.
  6. Ingrao 2016, p. 241.
  7. Ingrao 2016, p. 242.
  8. Browning 2007, p. 899.
  9. Breitman 2005, p. 249.
  10. Browning 2007, p. 899, note 1.
  11. Tooze 2012, p. 594.
  12. Ingrao 2016, p. 238.
  13. Ingrao 2016, p. 239.
  14. Ingrao 2016, p. 72.
  15. Ingrao 2016, p. 90.
  16. Ingrao 2016, p. 235.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Richard Breitman, Himmler et la solution finale : L'architecte du génocide, Paris, Calmann-Lévy, (ISBN 978-2-7021-4020-8). 
  • Christopher R. Browning, Les origines de la Solution finale : L'évolution de la politique antijuive des nazis septembre 1939 - mars 1942, Paris, Les Belles Lettres, , 1023 p. (ISBN 978-2-251-38086-5). 
  • Christian Ingrao, Croire et détruire : Les intellectuels dans la machine de guerre SS, Paris, Fayard, coll. « Pluriel », , 704 p. (ISBN 978-2818501689). 
  • Christian Ingrao, La promesse de l'Est : Espérance nazie et génocide. 1939-1943, Paris, Seuil, , 464 p. (ISBN 978-2-02-133296-4)
  • Peter Longerich, Himmler : L'éclosion quotidienne d'un monstre ordinaire [« Heinrich Himmler. Biographie »], Paris, Héloise d'Ormesson, , 917 p. (ISBN 978-2-35087-137-0). 
  • Adam Tooze, Le salaire de la destruction : Formation et ruine de l'économie nazie, Paris, , 806 p. (ISBN 978-2-251-38116-9). 

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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