Forges de Varenne

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Forges de Varenne
Champsecret-forges-de-varenne01.JPG
Les cheminées de l'affinerie
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VarenneVoir et modifier les données sur Wikidata
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Le site des forges de Varenne, situé sur la commune de Champsecret, dans le département français de l'Orne, est l'établissement normand le plus représentatif du procédé wallon (indirect) et l'un des mieux conservés d'Europe. Il est classé monument historique en 1987[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Cheminée de la chaufferie.

La forge, dont certains éléments sont attestés dès 1586 et 1614, est acquise par Louis Berryer en 1671. Le haut fourneau est construit en 1767 par Chanconel. Diverses modifications sont effectuées en 1806 et 1844 avant que les forges ne ferment en 1866. Avant la Révolution française, l'établissement dépendait de la seigneurie de La Ferrière[2].

Pour l'essentiel, le fer qu'on y fabriquait, dit « cassant à froid », était, comme au Moyen Âge, vendu sur le marché de Domfront. Les artisans de Tinchebray, Chanu, Lonlay-l'Abbaye, la Chapelle-Biche, Yvrandes et Beauchêne le transformaient en fer à cheval, en serrures et en clous[3].

L'énergie est apportée par deux bassins de retenue, l'un pour la fenderie et l'autre pour la forge et le fourneau. Les lourdes pièces de fonte étaient transformées dans l'affinerie. Dans le magasin à fer, on entreposait les barres avant qu'elles ne soient traitées à la fenderie, ainsi que les bottes de verges qui sortaient de cet atelier[4]. Dans la fenderie, on procédait au réchauffage des barres de fer martelées à l'affinerie avant de les découper et les aplatir. Le fer en verges était destiné à être transformé en clous.

Un logement ouvrier près de l'affinerie est le seul vestige d'un ensemble plus important qui s'alignait en bordure du chemin menant à la chapelle des forgerons, avec les statues de saint Éloi, patron des forgerons, et de sainte Anne, patronne des mineurs[5]. Un moulin et le château complètent le site.

Les maîtres de forges[modifier | modifier le code]

Jean Pierre sieur de la Croix (1614-1628), Georges Boullay, sieur de la Bissonière (1620-1625), Zacharie Chouet, sieur de Courteilles (1633-1634), Martin De La Touche, sieur de la Gaudinière (1638-1640), François Alexandre, sieur de la Rivière (1664-1678), Michel Alexandre (1678-1708), Lefrère de Beauval (1631), François Poisson et Louis Lebon (1735), Jean-Baptite Alexandre (1748), Jean Jacques Goblin (1755-1764), Charles François Du Bosquier (1772-1776), François Collet De Saint-James (1776-1778), François Gabriel Collet De Saint-James (1781-1790).

En 1790, une société composée de Charles Dumesnil Dubuisson (de la Lande-Patry), Denis et Gilles Chancerel (de Chanu et Tinchebray), Pierre Calais et ses frères (de Condé-sur-Noireau) loue pour 9 ans et 40 000 Livres par an, les forges de Halouze et Varenne au Comte de Flers. Les Chancerel sont issus d'une longue dynastie de marchands-fabricants de Chanu. Gilles Chancerel est le premier président du tribunal de commerce de Tinchebray, créé pendant la Révolution ; ses descendants continuent à briller dans les mêmes activités, au premier rang, tout au long du XIXe siècle.

En 1798, deux associés, Jean Baptiste Delaroche, négociant à Caen et Jean-Gilles Delarue, homme de loi et notaire public de Clinchamps, louent au citoyen Ango, à Caen deux grosses forges (Halouze et Varenne), trois fermes, fourneaux et fenderies, neuf coupes de bois pour 40 000 Livres par an[6].

En 1799, M. Morin puis, en 1804, M. Bogeard.

Propriétaires-exploitants[modifier | modifier le code]

Jean Sigismond Ehrenreich de Redern Bernsdorf, diplomate franco-prussien, achète les forges de Varennes et de Champsecret, Cossé et Bagnoles en 1806 ; il fait reconstruire les forges de Varennes et Cossé[7].

Pierre Jean Joly de Tillière (1814), Schnetz et Thirion (1818), Thiron (exploitant: Lhermenant, 1836), René Catois (1848-1853), Pierre Niaux (1853), Pierre Niaux et Eugène Cabrol (1855)[8].

La production de fer cesse en 1850. Pierre Niaux, filateur, demande, en 1854, l'autorisation d'installer une filature de coton, mais le projet n'a vraisemblablement pas de suite[5].

Patrimoine industriel[modifier | modifier le code]

Les forges de Varennes font l'objet d'un important dossier dans l'inventaire général du Patrimoine industriel de Basse-Normandie - Patrimoine industriel de l'Orne [1], Dossier[9]

Depuis 2003), l'association Le Savoir et le Fer (chargée de promouvoir le patrimoine minier) organise des visites guidées de la forge de Varenne.

En 2018, le site est inscrit sur la liste du Loto du patrimoine et a bénéficié d'une aide de la Mission Bern de 17 000 € [10].

Mobilier[modifier | modifier le code]

Le , divers éléments de la forge sont classés au titre des monuments historiques[11],[1].

Du site est issu un mobilier, classés au titre des objets des monuments historiques, le [12]. En tout, une trentaine de lots sont protégés, parmi lesquels une collection d'objets métallurgiques de la forge[13], un chaudron[14], et des balances[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Forges de Varennes », notice no PA00110771, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Beloste et Lecherbonnier 1991, p. 232
  3. Lefèvre et Lecherbonnier 2003, p. 16
  4. Lefèvre et Lecherbonnier 2003, p. 18, 22, 26, 28, 29
  5. a et b Beloste et Lecherbonnier 1991, p. 233
  6. Dornic, p. 58-59
  7. Dornic, p. 59-60
  8. Lefèvre et Lecherbonnier 2003
  9. « Usine de fabrication de métaux Sainte Anne », sur Ministère de la culture (consulté le 14 mars 2019).
  10. https://soutenir.fondation-patrimoine.org/projects/forges-de-varennes-fr?_ga=2.56143656.2067289593.1583257097-1190243308.1583257097
  11. La fiche Mérimée précise : « Haut fourneau, forge, fenderie, façades et toitures des deux halles à charbon et de la maison ouvrière, chapelle des forgerons en totalité, système hydraulique comprenant la retenue de la fenderie, les deux retenues des forges avec leurs vannes, les canaux d'amenée souterrains, le canal de fuite »
  12. « Recensement des objets mobiliers de Champsecret », base Palissy, ministère français de la Culture
  13. « collections métallurgiques de la forge (matériel professionnel, balance, chaudron, cloche, 2 corbeilles, poids ?, revêtement de sol, tamis ?, 19 pinces de forge) », notice no PM61000916, base Palissy, ministère français de la Culture
  14. « chaudron », notice no PM61000840, base Palissy, ministère français de la Culture
  15. « balance à peser le fer », notice no PM61000819, base Palissy, ministère français de la Culture

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]