Fariba Adelkhah

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Fariba Adelkhah, née le à Téhéran, est une anthropologue franco-iranienne. Directrice de recherche à l'Institut d'études politiques de Paris, elle est arrêtée en Iran en , accusée d'espionnage, emprisonnée pendant plus d'un an puis libérée avec un bracelet électronique. Elle est à nouveau incarcérée à la prison d'Evin le [1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Née le à Téhéran, elle vient faire ses études universitaires en France en 1977[2], d'abord à l'Université Strasbourg II puis à l'École des hautes études en sciences sociales[3]. En 1990, elle soutient sa thèse intitulée Une approche anthropologique de l'Iran post-révolutionnaire. Le cas des femmes islamiques sous la direction de Jean-Pierre Digard[4].

Depuis 2004, elle est directrice de recherche au Centre de recherches internationales (CERI) de la Fondation nationale des sciences politiques (Institut d'études politiques de Paris). Elle est l'auteur de nombreuses publications sur l'Iran et l'Afghanistan[5] et membre du conseil scientifique de la revue Iranian Studies et de la Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée[6].

À côté de son activité académique, Fariba Adelkhah traduit en persan des poèmes français mystiques de la fin du Moyen-Âge et de la Renaissance[2].

Arrestation en Iran[modifier | modifier le code]

Le , des médias persanophones basés à l’étranger annoncent qu'elle a été arrêtée en Iran[7]. Cette arrestation est confirmée dès le [8]. Son arrestation remonterait au début du mois de juin, date à laquelle elle s'est connectée à son compte WhatsApp pour la dernière fois. Le site iranien de défense des droits de l'homme Gozaar (en) affirme qu'elle a été interpellée par les Gardiens de la révolution, la police idéologique iranienne, et qu'elle est détenue dans la prison d'Evin[5]. Elle serait soupçonnée d'espionnage, idée que ses collègues du CERI considèrent « absurde »[9],[10]. Le , pour protester contre son incarcération, elle commence une grève de la faim, avec une autre chercheuse également emprisonnée, l'Australienne Kylie Moore-Gilbert (en)[11]. Le , son avocat annonce l'abandon des poursuites pour espionnage et « atteinte à l’ordre public ». La chercheuse reste néanmoins poursuivie pour deux autres motifs : « propagande contre le système » et « complot contre la sûreté nationale »[12].

Roland Marchal arrêté en même temps que sa collègue et compagne, est libéré durant la pandémie de maladie à coronavirus de 2020 en Iran[13], à la faveur d'un échange de prisonniers[14].

Le , elle est condamnée à 5 ans de prison[15],[16],[17]. Le , sa peine est confirmée en appel[18]. Elle est détenue à Evin, la prison des prisonniers politiques, où elle partagerait sa cellule avec une quarantaine d’autres femmes, dont l'avocate iranienne Nasrin Sotoudeh[19].

En , après plus d'un an de détention, elle sort de prison avec un bracelet électronique et rejoint sa famille à Téhéran[14].

Le lui est décerné le prix Irène Joliot-Curie[20].

En janvier 2022 elle est réincarcérée à Téhéran[21].

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La Franco-Iranienne Fariba Adelkhah à nouveau incarcérée à Téhéran », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. a et b « Détention d’une chercheuse françaiseen Iran », sur http://fasopo.org, (consulté le )
  3. « Curriculum vitae », sur www.sciencespo.fr (consulté le )
  4. « Notice n°1990EHES0053 », sur theses.fr (consulté le )
  5. a et b « La chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah détenue en Iran », sur RFI, (consulté le )
  6. « Iran : ce que l'on sait de l'arrestation de la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah », sur Europe 1 (consulté le )
  7. « Une chercheuse franco-iranienne arrêtée en Iran », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. « L’Iran a bien arrêté l’anthropologue franco-iranienne Fariba Adelkhah », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. « Arrestation de Fariba Adelkhah : « L’hypothèse d’une activité d’espionnage est loufoque » », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le )
  10. « Une chercheuse franco-iranienne arrêtée par Téhéran », sur Libération.fr, (consulté le )
  11. « Deux chercheuses emprisonnées en Iran, dont la Française Fariba Adelkhah, commencent une grève de la faim », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  12. « L’Iran lève l’accusation d’espionnage contre la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  13. « Coronavirus : l’Iran, en pleine crise sanitaire et isolé diplomatiquement, libère Roland Marchal », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le ).
  14. a et b « La chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah libérée », sur Libération.fr (consulté le )
  15. « Iran : la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah condamnée à 5 ans de prison », sur https://www.francetvinfo.fr/, (consulté le )
  16. « La chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah condamnée à cinq ans de prison en Iran », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  17. Pierre Alonso, « De son arrestation à sa condamnation, une année kafkaïenne pour la chercheuse Fariba Adelkhah », sur Libération.fr, (consulté le )
  18. « Iran : la peine de la chercheuse franco-iranienne à 5 ans de prison confirmée », sur RTL.fr (consulté le )
  19. Pierre Alonso, « Iran : l'avocate et prisonnière politique Nasrin Sotoudeh entame une grève de la faim », sur Libération.fr, (consulté le )
  20. Agence France-Presse, « Iran: la franco-iranienne Fariba Adelkhah, « femme scientifique de l’année » », sur Mediapart (consulté le )
  21. « Iran : la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah de nouveau incarcérée à Téhéran », sur Franceinfo, (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]