Dyab Abou Jahjah

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Dyab Abou Jahjah
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Dyab Abou Jahjah en 2008.

Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (46 ans)
Nationalité
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Militant politiqueVoir et modifier les données sur Wikidata
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Dyab Abou Jahjah, né à Hanin (Liban) le 24 juin 1971, est un militant politique belge d'origine libanaise, fondateur de la Ligue arabe européenne.

Jeunesse au Liban[modifier | modifier le code]

Son père, Khalil Abou Jahjah, est professeur à l'université libanaise de Saïda, spécialiste de la littérature arabe et titulaire de deux doctorats à l'université Saint-Joseph de Beyrouth. Il est musulman chiite. Sa mère, Nanette Younes, est une institutrice chrétienne maronite. Dyab Abou Jahjah est né au Liban sud, dans une ville proche de la frontière libano-israélienne. Après des études de droit à l'université de Saïda, Dyab Abou Jahjah s'engage dans un mouvement armé en lutte contre Israël, le Hezbollah[1].

Fondateur de la Ligue arabe européenne[modifier | modifier le code]

Abou Jahjah est arrivé clandestinement en Belgique où il a demandé et obtenu l’asile politique en invoquant des persécutions par le Hezbollah. Abou Jahjah a admis par la suite que cela n’avait jamais été le cas. Son mariage en 1994 (suivi d’un divorce dans la même année) a eu comme seul but d'obtenir la nationalité belge[2].

Il fonde une association politique nationaliste arabe, la Ligue arabe européenne, qui prend comme modèles les mouvements noirs américains du type Black Power des années 1960. Il est décrit dans un article du New York Times de 2003 comme « This is the man known as Belgium's Malcolm X »[3]. Dans une interview au magazine américain Time en 2002 il déclare qu'il n'est pas anti-américain, qu'en fait il admire les lois antidiscriminatoires en Amérique: « Les lois raciales d'Amérique sont plus avancées qu'ici. J'ai des membres de ma famille à Détroit et ils sont arabes-américains mais ils se sentent américains. Je ne me sens pas européen. L'Europe a besoin de rendre son concept de citoyenneté inclusif de toutes les cultures et religions. Je suis un musulman pratiquant mais je ne suis pas un monstre. Je ne suis pas un fondamentaliste. »[4].

Le Premier ministre belge Guy Verhofstadt déclare en 2002 sur base des informations dont il dispose, à la suite de manifestations qui ont dégénéré à Anvers après un crime raciste : « Cette organisation est un danger pour notre société surtout parce qu'il ne veut pas créer une cohabitation pacifique entre les communautés religieuses dans notre pays. Il est très clair que l'on cherche par des confrontations, des provocations à créer des troubles dans la vie des quartiers. »[5]. Cinq ans plus tard, Abou Jahjah et un autre responsable de la LAE sont condamnés à un an de prison pour incitation à des actes de violence, mais l'année suivante ils sont acquittés en appel[6],[7].

Le professeur de sociologie des religions Felice Dassetto, spécialiste de l'islam en Belgique, écrivait fin 2002: « on peut se demander si Abou Jahjah et ses amis ne sont pas de bons enfants de Flandre (qui parlent d'ailleurs correctement le français, comme pas mal de jeunes d'origine marocaine de Flandre). Ils sont enfants du nationalisme flamand, qu'il soit légitime et orthodoxe, ou qu'il soit illégitime comme celui du Vlaamse Blok. À ce nationalisme-là (légitime ou illégitime), ils en opposent un autre, arabe (ou arabo-musulman). À l'ethnisme flamand, un autre, arabe également. (...) à Borgerhout comme en Flandre, l'identité flamande aime aussi séparer, n'aime pas non plus ce café au lait qu'est la Belgique. Sa seule catégorie est la séparation, la différenciation, l'identification claire du lait et du café. Des jeunes flamands arabes prennent l'idée de la séparation à leur compte. Ils ne font que prendre au sérieux leur être flamand. (...) si Abou Jahjah est l'occasion de remettre sur le tapis la question des intégrations des immigrés, il y met aussi la question du nationalisme et du culturalisme comme catégorie fondatrice du politique »[8].

Initiateur de la liste RESIST et du Parti démocratique musulman[modifier | modifier le code]

L'AEL d'Abou Jahjah participe aux élections législatives fédérales de 2003 sur une liste RESIST, commune avec le Parti du travail de Belgique (PTB), une organisation marxiste-léniniste prochinoise, mais cette liste aboutit à un échec électoral (0,43 % dans la circonscription flamande au Sénat), même par comparaison aux scores habituels du PTB (0,62 % en 1999 pour la même circonscription). Aux élections régionales flamandes de 2004, l'AEL présente deux listes sous la dénomination Moslim Democratische Partij (MDP, Parti démocratique musulman) dans les circonscriptions d'Anvers et de Flandre-Orientale, elles obtiennent respectivement 0,27 % et 0,14 %.

Malgré ces résultats électoraux médiocres en juin 2004, le magazine américain Time le met encore en avant en février 2005 et en décembre 2005 comme un dirigeant politique musulman important[9]

Après-politique belge[modifier | modifier le code]

En juillet 2006, Dyab Abou Jahjah part au Liban pour y apporter son soutien durant la guerre l'opposant à Israël. En septembre 2013, il annonce son retour en Belgique[10].

Il a obtenu un MA en science politique à l'Université catholique de Louvain[11].

Retour en Belgique[modifier | modifier le code]

En septembre 2013 il rentre en Belgique en raison de la situation tendue au Liban. Certaines personnalités politiques s'émeuvent de son retour notamment André Gantman, président du groupe N-VA au conseil communal d’Anvers qui demanda à la ministre de la justice,  Annemie Turtelboom de procéder à son arrestation. Pour André Gantman, "Lors de son départ au Liban, Abou Jahjah avait indiqué qu’il comptait rejoindre le Hezbollah, une organisation terroriste. Abou Jahjah doit être arrêté afin d’être questionné sur ses activités au sein du Hezbollah. Je demande à la ministre de la Justice de faire usage de son droit d’injonction positive une fois qu’il foule le sol belge"[12].

À partir de janvier 2014 il écrit une colonne hebdomadaire dans le quotidien flamand de référence De Standaard. Il est considéré par l'hebdomadaire flamand Knack comme étant le quatrième Belge allochtone le plus influent.

Pour l'islamologue Montasser Alde'emeh, Dyab Abou Jajah est une mauvaise publicité pour tous les musulmans. Selon lui, Dyab Abou Jajah incite les jeunes musulmans à se victimiser ce qui nuit gravement à leur réussite[13].

En janvier 2017, Dyab Abou Jajah est licencié du journal De Standaard pour avoir estimé sur son blog qu’un attentat commis par un Palestinien contre un groupe de soldats israéliens, faisant quatre morts, ne pouvait être qualifié d’acte de terrorisme[14]. Trente intellectuels du Nord et du Sud du pays prennent alors sa défense dans une carte blanche publiée dans les journaux De Morgen[15] et La Libre Belgique[16].

En mars 2017, il lance un nouveau parti politique[17] à Bruxelles, visant à garantir une égalité radicale à tous les Bruxellois, quel que soit leur genre, leur classe sociale, ou leur appartenance ethnique ou religieuse.

Citations[modifier | modifier le code]

Extrait d'une tribune publiée en ligne le 7 novembre 2001 à propos du 11 septembre, intitulée "Notre dommage collatéral, et le leur" :

« La plupart d'entre nous [les Arabes, que nous vivions à l'étranger ou dans notre pays] - sauf un petit pourcentage d'exceptions qui confirment la règle - ont ressenti ce jour-là quelque chose qui ne peut être décrit comme de la joie ou de la bonne humeur, mais plutôt comme un sentiment de douce revanche. Nous avions tous - à part cette petite minorité - une position de « on ne récolte que ce qu'on sème ». Voir des gens sauter par les fenêtres du WTC était une vision très dérangeante pour nous tous, nous nous sommes tous sentis mal pour ça, et désolés pour ces gens. Ce sentiment de tristesse était également très présent à chaque fois qu'on essayait de penser à comment ça avait dû être pour les pauvres passagers de ces avions.». Mais il ajoute que « maintenant, deux mois après les événements de septembre, on voit les choses plus clairement. C'est terrible comment des criminels, par leur actes, créent le malheur de tellement de gens, gens de leur propre peuple et ennemis présumés. Comment la violence produit plus de violence, qui elle-même produit encore plus de violence[18]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marc Swyngedouw, « Dyab Abou Jahjah, au-delà des préjugés. Un personnage enfin dévoilé », Le Soir, 3 avril 2003
  2. An. H., « Le retour d’Abou Jahjah, défenseur des musulmans, intrigant agitateur », sur www.lalibre.be (consulté le 19 avril 2016)
  3. Marlise Simmons, « An Outspoken Arab in Europe: Demon or Hero? », New York Times, 1er mars 2003
  4. John Miller, « The Many Faces Of Islam », Time, 8 décembre 2002
  5. « « Compte-rendu du communiqué »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 26 mars 2015) », RTBF, 4 décembre 2002
  6. « Un an de prison pour les leaders de la LAE », Le Soir, 21 décembre 2007
  7. « Abou Jahjah acquitté par la cour d'appel », Le Soir, 20 octobre 2008
  8. Felice Dassetto, « Abou Jahjah, fils de Flandre », La Libre Belgique, 15 décembre 2002
  9. Vivienne Walt, « Life On The Front Lines », Time, 20 février 2005
  10. http://www.dhnet.be/actu/belgique/abou-jahjah-revient-en-belgique-5236bc7f3570b0befbe1ec17
  11. « Dyab Abou Jahjah, MA - Israeli-Palestinian Conflict - ProCon.org », sur israelipalestinian.procon.org
  12. « "Arrêter Abou Jahjah à son arrivée en Belgique" », sur flandreinfo.be (consulté le 19 avril 2016)
  13. KVE, « Montasser Alde'emeh: "Dyab Abou Jahjah is slechte reclame voor alle moslims" », sur HLN (consulté le 19 avril 2016)
  14. http://www.lalibre.be/culture/medias-tele/le-quotidien-de-standaard-ne-publiera-plus-la-chronique-du-sulfureux-abou-jahjah-5873af1ecd708a17d55ea479
  15. (nl) Collectif, « In onze ogen is het ontslag van Jahjah volkomen onterecht », De Morgen,‎ (lire en ligne)
  16. Collectif, « "Je suis Charlie": même pour le conflit israélo-palestinien?" », La Libre Belgique,‎ (lire en ligne)
  17. (nl) Bruno Struys, « Abou Jahjah komt met eigen partij », De Morgen,‎ (lire en ligne)
  18. Dyab Abou Jahjah, « Our Collateral damage, and theirs! », Media Monitors Network, (consulté le 27 mars 2009)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]