Dietrich Eckart

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Dietrich Eckart
Dietrich Eckart by Karl Bauer.jpg

Dietrich Eckart, portrait par Karl Bauer (en).

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Parti politique

Dietrich Eckart, né à Neumarkt, près de Nuremberg, le et mort à Berchtesgaden le , est un activiste politique allemand, l'un des premiers membres clés du Parti ouvrier allemand (DAP) et l'un des participants au Putsch de la brasserie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dietrich Eckart à la fin du XIXe siècle.

Eckart est le fils d’un notaire et juriste. Sa mère meurt alors qu’il atteint l'âge de dix ans. En 1895, son père meurt à son tour en le laissant avec une fortune considérable qu'Eckart a tôt fait de dilapider.

Il commence à étudier la médecine à Munich, mais abandonne ses études en 1891 pour exercer les activités de poète, auteur dramatique et journaliste. Il s'installe alors à Berlin en 1899, où il écrit plusieurs pièces de théâtre, souvent autobiographiques. Toutefois, bien qu’il soit devenu le protégé du comte Georg von Hülsen-Haeseler, directeur artistique du théâtre royal de Prusse, il ne parvient pas à obtenir de succès en tant qu’auteur dramatique.

Le , Eckart est impliqué dans le Putsch de la brasserie. Il est arrêté et emprisonné à la forteresse de Landsberg avec Hitler et d’autres officiels du parti, mais relâché peu après pour des raisons de santé. Il décède le à Berchtesgaden d’une attaque cardiaque causée par sa dépendance à la morphine. Il est enterré dans le vieux cimetière de Berchtesgaden, non loin de la sépulture d’un autre membre du parti nazi, Hans Lammers.

Dietrich Eckart, homme politique[modifier | modifier le code]

Entre 1918 et 1920, Eckart est le responsable de publication du périodique antisémite Auf gut Deutsch, qu’il publie en collaboration avec Alfred Rosenberg et Gottfried Feder. Féroce critique de la République de Weimar, il s’oppose farouchement au traité de Versailles qu’il considère comme une trahison: dans ce cadre, il prête foi à la Dolchstoßlegende (la légende du coup de poignard dans le dos), selon laquelle les sociaux-démocrates et les Juifs sont rendus responsable de la défaite du Reich à l'issue de la Première Guerre mondiale.

Fondateur du DAP[modifier | modifier le code]

En 1919, Eckart participe avec Gottfried Feder et Anton Drexler à la fondation du Deutsche Arbeiterpartei (Parti ouvrier allemand), plus tard renommé Nationalsozialistische deutsche Arbeiterpartei (NSDAP). Premier éditeur du journal du NSDAP, le Völkischer Beobachter, il écrit également les paroles du Deutschland erwache (« Allemagne, réveille-toi »), qui devient l’hymne du parti nazi.

Rencontre avec Hitler[modifier | modifier le code]

Eckart rencontre Adolf Hitler à l’occasion d’un discours tenu devant les membres du parti le [1]. Eckart exerce une influence considérable sur Hitler dans les années qui suivent et on pense généralement qu’il est à l'origine des théories du parti nazi. Peu d’autres personnes ont eu autant d’influence sur Hitler au cours de sa vie.[réf. nécessaire]

Ce fut Eckart qui présenta Alfred Rosenberg à Hitler. Par l’intermédiaire de Rosenberg, Hitler découvre les ouvrages de Houston Stewart Chamberlain, dont Rosenberg tire son inspiration. Rosenberg est alors le responsable du Münchener Beobachter, première version du Völkischer Beobachter et initialement détenu par la Société de Thulé[réf. nécessaire]. C’est dans les pages du Münchener Beobachter que Rosenberg publie en Allemand le Protocole des Sages de Sion.

Entre 1920 et 1923, Eckart et Rosenberg travaillent sans relâche au service d’Hitler et du parti.

En vue de réunir des fonds au profit du journal du parti, Eckart présente Hitler à des cercles influents qui soutiennent rapidement de leurs fonds le parti national-socialiste. Alors qu’il séjourne dans la maison d’un riche industriel à Berlin, Hitler reçoit des cours de rhétorique donnés par un professeur d’art dramatique[réf. nécessaire].

Un théoricien du racisme[modifier | modifier le code]

Il se rapproche des idées de Guido von List par le biais de l'un de ses principaux collaborateurs Ernst Lauterer[2].

Plus tard, il développe une théorie d’un homme d’un génie supérieur, basée sur les écrits de Lanz von Liebenfels ; il se voit lui-même dans la tradition d’Arthur Schopenhauer et Angelus Silesius. Il se montre également fasciné par les croyances des Mayas. Il apprécie les œuvres de Henrik Ibsen et s’identifie fortement au personnage de Peer Gynt, mais n’éprouve cependant jamais beaucoup de sympathie pour la méthode scientifique.

Dans les années 1930, selon Jean-Paul Demoule, ses textes et considérations apparaissent encore comme parmi les principaux piliers de la doctrine nazie, notamment par ses développements sur les origines des Allemands[3].

Dietrich Eckart dans la mémoire du nazisme[modifier | modifier le code]

Le second tome de Mein Kampf s'achève par une vibrante dédicace de Hitler à Eckart.

« Et je veux ranger parmi eux[N 1], comme un des meilleurs, l'homme qui a consacré sa vie à réveiller son peuple, notre peuple, par la poésie et par la pensée, et finalement par l'action : Dietrich Eckart »

— Adolf Hitler, Mein Kampf, p. 685

Plus tard, Hitler fait renommer la Waldbühne à Berlin la Dietrich-Eckart-Bühne, lors de son ouverture pour les Jeux olympiques d'été de 1936.

Avant de mourir, il aurait dit : « Suivez Hitler. Il dansera, mais c'est moi qui ai écrit la musique. Nous avons ouvert ses yeux, et lui avons donné les moyens de communiquer avec Eux. Ne me pleurez pas : j'aurai influencé l'histoire plus qu'aucun autre Allemand[4] ».

En 1925, l’ouvrage inachevé d’Eckart, Der Bolschewismus von Moses bis Lenin: Zwiegespräch zwischen Hitler und mir (Le Bolchevisme de Moïse à Lénine : Dialogue entre Hitler et moi) fut publié à titre posthume, bien qu’on ait démontré par la suite[5] que les dialogues étaient inventés et qu'Eckart était le seul auteur de l’ouvrage.

En 1960, les écrivains Louis Pauwels et Jacques Bergier évoquent Dietrich Eckart dans Le Matin des magiciens, un essai se présentant comme un récit romancé, « parfois légende et parfois exact. » Les deux auteurs dépeignent l'activiste comme un personnage simultanément affilié à la société du Vril et la société Thulé. Or, l'archéologue et préhistorien Jean-Paul Demoule souligne les « erreurs ou approximations historiques » consistant à accréditer l'existence de la fictive société du Vril ou le rôle soi-disant prépondérant tenu par la réelle Thule-Gesellschaft[6]. De surcroît, l'historien britannique Nicholas Goodrick-Clarke réfute l'appartenance de Dietrich Eckart à la société Thulé, simple légende répandue par la littérature à sensation engendrée par le succès du Matin des magiciens durant les années 1960 et 1970. Ainsi, le fondateur du Parti ouvrier allemand aurait, en tout et pour tout, tenu une seule conférence en tant qu'invité à la société Thulé de Munich, le 30 mai 1919[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Eux désignent ici les putschistes tombés le , considérés comme des héros

Références[modifier | modifier le code]

  1. Demoule 2014, p. 189.
  2. Demoule 2014, p. 94.
  3. Demoule 2014, p. 192.
  4. rapporté par Hitler et l'ordre noir, André Brissaud, page 53.
  5. Plewnia 1970
  6. Demoule 2014, p. 276.
  7. (de) Nicholas Goodrick-Clarke, Die okkulten Wurzeln des Nationalsozialismus. Graz 1997, p. 132.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]