Le Matin des magiciens

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Le Matin des magiciens
Auteur Louis Pauwels et Jacques Bergier
Genre Essai
Éditeur Gallimard
Date de parution 1960
Pays d'origine Drapeau de la France France

Le Matin des magiciens est un livre de Louis Pauwels et Jacques Bergier publié en 1960 et se présentant comme une « introduction au réalisme fantastique ».

Présentation[modifier | modifier le code]

Cet ouvrage de plus de 500 pages dans son édition originale se présente comme un récit, « parfois légende et parfois exact », consacré à « des domaines de la connaissance à peine explorés »[1] « aux frontières de la science et de la tradition ». Son contenu aborde des thèmes aussi divers que l'alchimie, les sociétés secrètes, les civilisations disparues, les récurrences insolites, les religions et les sciences occultes ou l'ésotérisme. Il repose sur des témoignages anciens (comme les manuscrits de la mer Morte), des recherches et des livres d'auteurs reconnus ou méconnus[2], des articles de revues spécialisées et des ouvrages de science-fiction[3] ou de littérature fantastique[4]. Ce livre, véritable phénomène éditorial, vendu à un million d’exemplaires, a remis au goût du jour le réalisme fantastique, inspiré la revue Planète, et la collection L’Aventure mystérieuse, où Jacques Bergier publiera plusieurs ouvrages.

Principaux thèmes et organisation du livre[modifier | modifier le code]

Le thème central de ce livre repose sur l'idée qu'une quantité de connaissances scientifiques et techniques, dont certaines proviennent de civilisations extraterrestres, ont été tenues secrètes pendant les grandes périodes de l'histoire, et que l'homme est appelé à devenir un surhomme. Pour les auteurs, le fantastique n'est pas « l’apparition de l’impossible » mais « une manifestation des lois naturelles » quand elles ne sont pas « filtrées par le voile du sommeil intellectuel, par les habitudes, les préjugés, les conformismes »[5].

Le Matin des magiciens se compose de trois parties :

  • « Le futur antérieur », qui critique le « scientisme » du XIXe siècle et évoque l'idée d'une « société internationale et secrète, groupant des hommes intellectuellement très avancés », société qui se formerait d'elle-même, et aborde le thème des civilisations disparues et de l'alchimie.
  • « Quelques années dans l’ailleurs absolu », qui s'attache à démontrer les origines occultes du nazisme et la contribution de l'ésotérisme à des théories scientifiques, dans le but de donner un exemple d'application des méthodes du réalisme fantastique. Il évoque longuement les théories de la Terre creuse.
  • « L’homme, cet infini », consacrée aux capacités mentales de l'homme, à la parapsychologie, à la télépathie, à « l’esprit magique » et aux « mutants ».

Autour du livre[modifier | modifier le code]

Ce projet vient de la rencontre entre le journaliste et écrivain Louis Pauwels[6], et l'ingénieur chimiste Jacques Bergier, passionné par toutes sortes de mystères[7]. La mise en forme du livre nécessite cinq années, sur la base d'une volumineuse documentation[8]. L'objectif des auteurs est alors d'éveiller la curiosité du public : « Il y aura sans doute beaucoup de bêtises dans notre livre, répétons-le, mais il importe assez peu, si ce livre suscite quelques vocations et, dans une certaine mesure, prépare des voies plus larges à la recherche »[9].

Soutenus par certains, dont le sociologue Edgar Morin qui publie des articles favorables dans Le Monde, vitupérés par l’Union Rationaliste qui les attaque dans l'ouvrage collectif Le crépuscule des magiciens[10], les auteurs du Matin des magiciens poursuivent leur mouvement, qu'ils ont baptisé réalisme fantastique, avec la revue Planète.

Le Matin des magiciens, phénomène sociologique non négligeable, a remis la mode pour l'imaginaire, l'irrationnel et l'étrange, autrefois amenée par les Surréalistes.. Le groupe Martin Circus s'en inspire, en 1969, dans sa chanson Le Matin des magiciens[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Présentation de la première édition du livre.
  2. Comme l'anthropologue américain Loren Eiseley, le biologiste J. B. S. Haldane ou le paléontologue jésuite Teilhard de Chardin.
  3. Notamment John Bunchan, Howard P. Lovecraft et Arthur C. Clarke, dont la nouvelle Les neuf milliards de noms de Dieu sert d'illustration aux auteurs.
  4. Comme Jorge Luis Borges et même Maupassant
  5. Louis Pauwels et Jacques Bergier, Le Matin des magiciens, p.13
  6. qui vient alors de publier un ouvrage consacré à Gurdjieff
  7. et préfacier de la traduction française de l'ouvrage de Charles Hoy Fort, un écrivain américain qui enquêtait sur les phénomènes inexpliqués
  8. inventoriée en 2007 à la Bibliothèque nationale de France dans le Fonds Pauwels
  9. Louis Pauwels et Jacques Bergier, Le Matin des magiciens, p.199
  10. Notamment Yves Galifret avec d'autres auteurs Le crépuscule des Magiciens. Le réalisme fantastique contre la culture, éd. de l'Union Rationaliste, 1965
  11. Extrait d'une émission télévisée dans laquelle Martin Circus interprète la chanson (site de l'INA).

Articles connexes[modifier | modifier le code]