Guido von List

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Guido von List

Guido List, dit Guido von List, est né le à Vienne et est mort le à Berlin. Il était occultiste, théoricien de l'armanisme intégral (forme d'aryanisme), auteur d'ouvrages romanesques sur fond de néopaganisme germanique, et à l'origine de l'ésotérisme nazi, cher à Himmler. L'historien Ian Kershaw fait de lui le premier à conférer à la croix gammée la dimension de symbole aryen. De plus, l'alphabet arministe, dont il est le concepteur, a été utilisé pour les symboles du nazisme. Enfin, par son racisme à la base de sa réflexion[N 1], sa pensée constitue l'un des socles de la pensée raciale nazie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et jeunesse[modifier | modifier le code]

Né à Vienne le 5 octobre 1848, Guido Karl Anton List est issu d'une famille de négociants aisés, installés depuis peu dans la capitale autrichienne[1]. Ses parents lui donnent une bonne éducation, lui permettant de s'adonner à la peinture et au dessin[1].

Cependant, à cette filiation viennoise, il ajoute une ascendance mystique : en effet, il se prétend le dernier descendant réincarné du clergé aryen armaniste[2].

Mariage[modifier | modifier le code]

Son père décédé, List épouse Hélène Forster-Peters.

Rapidement le couple vit dans la gène, de petites rentes agrémentées des revenus tirés de la vente d'articles aux journaux[3].

Décès[modifier | modifier le code]

Bénéficiant d'une certaine influence dans les milieux völkisch, il meurt le 17 mai 1919 à Berlin, le Völkischer Beobachter est alors le premier journal du Reich à annoncer sa mort[4].

Idées[modifier | modifier le code]

Religiosité[modifier | modifier le code]

Élevé dans la religion catholique, il se convertit au protestantisme, par nationalisme[5], avant de se tourner vers le wotanisme en 1862, à la suite d'une visite dans les catacombes de la cathédrale de Vienne[6].

Rapidement, il affirme sa foi dans les cultes germaniques[7], perçus au travers de prismes antisémites, nordicites et antilibéraux[8]; ainsi, en 1875, lors d'une excursion avec des amis à proximité des ruines de Carnuntum, il leur fait célébrer, à leur insu, le 1500ème anniversaire d'une défaite romaine face à des tribus germaniques[7].

Il puise son inspiration mystique dans les idées de Max Ferdinand Sebaldt von Werth, partisan d'une religion germanique originelle, basée à la fois sur des bacchanales et sur un eugénisme strictement appliqué[2], ainsi que dans la religiosité développée par la société théosophique[8]. Selon List, cette antique religion, germanique, a été transmise par une chaîne d'initiés secrets, comptant dans leur rang le Christ, des kabbalistes, des templiers, des chevaliers Rose-Croix, Karl Georg Zschaetzsch et lui-même[9].

Liens avec la nature[modifier | modifier le code]

Dans les articles qu'il fait publier à partir de 1879, il exprime son enthousiasme pour les paysages de la région de Vienne, fournissant une grille de lecture des éléments de toponymie marquée par le paganisme[10].

Nationalisme autrichien[modifier | modifier le code]

Membre de la société d'alpinisme, il est amené à fréquenter des alpinistes allemands, la société d'alpinisme recrutant ses membres dans l'ensemble de la Confédération Germanique et ayant refusé de se scinder après la paix de Prague[10].

De plus, sa vision de la bataille du Carnuntum, en 375, au cours de laquelle une coalition de Quades et de Marcomans défait la légion romaine, lui attire les sympathies des milieux nationalistes autrichiens; dans son roman Carnuntum, publié en 1888, il attribue aux tribus gerlaniques installées sur le territoire autrichien un rôle majeur dans le processus qui aboutit au sac de Rome de 410[11].

Diffusion[modifier | modifier le code]

Proche des milieux pangermanistes autrichiens, il dispose rapidement d'une tribune dans le journal Ostdeutsche Rundschau, confiée par le député pangermaniste autrichien, Karl Wolf[12].

Cette diffusion permet à ses idées de rencontrer un lectorat important dans la Vienne du début du XXe siècle. Ainsi, en 1919, un proche de List, Ernst Lauterer, travaille étroitement avec Dietrich Eckart, un des fondateurs du NSDAP[13]; de plus, dès 1920, Hitler, dans son discours programmatique du 13 août, reprend une partie non négligeable de ses idées[14]. Enfin, sa pensée connaît une importante publicité dans les milieux völkisch, puis, par le biais d'anciens SS, ses idées restent vivaces dans les milieux d'extrême-droite[15].

Dans les années 1960, son nom, oublié, resurgit, cité par Louis Pauwels, dans son ouvrage Le matin des magiciens, cette citation ne constituant nullement une surprise pour Jean-Paul Demoule, plaçant List et Pauwels dans une même tradition occultiste raciste[13].

cercles[modifier | modifier le code]

Guido von List a rapidement tenu à faire partager ses idées. Il a donc créé plusieurs sociétés, destinées à regrouper les nationalistes partageant ses thèses.

La société Guido von List[modifier | modifier le code]

La Société Guido von List, créée en 1908, est parfois confondue avec de la Société Thulé, dont il aurait aussi été membre.

Parmi ses membres, on peut citer Karl Heise, figure majeure à Zurich du culte mystico-végétarien Mazdaznan[I 1].

L' Armanenenorden[modifier | modifier le code]

Peu de temps après avoir créé cette première société, il crée, en 1911[13], un ordre, celui des Armanes. Cet ordre devient rapidement une secte[4].

Cette société tire son nom à la fois d'un alphabet runique de 18 runes[4] et d'une tribu germanique, les Hermiones[2]. Cette création, l'alphabet armaniste, est considérée comme fantaisiste[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il confère aux Aryens une supériorité sur les autres peuples.

Liens internet[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Goodrick-Clarke 2010, p. 72.
  2. a, b et c Demoule 2015, p. 93.
  3. Goodrick-Clarke 2010, p. 75.
  4. a, b, c et d François 2015, p. 35.
  5. François 2015, p. 34.
  6. Goodrick-Clarke 2010, p. 73.
  7. a et b Goodrick-Clarke 2010, p. 74.
  8. a et b François 2014, p. 192.
  9. Demoule 2015, p. 187.
  10. a et b Goodrick-Clarke 2010, p. 76.
  11. Goodrick-Clarke 2010, p. 77.
  12. Goodrick-Clarke 2010, p. 79.
  13. a, b et c Demoule 2015, p. 94.
  14. Chapoutot 2008, p. 28.
  15. François 2014, p. 193.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Œuvres de Guido von List[modifier | modifier le code]

  • Le secret des runes
  • L'ésotérisme de la religion des germains
  • Le passage du wotanisme au christianisme
  • Les rites des germano-aryens
  • Paysages mythologiques allemands

Articles de Guido von List[modifier | modifier le code]

  • Le Crépuscule des Dieux
  • La Toussaint et le culte pré-chrétien des morts du peuple allemand
  • la mythologie allemande à travers le calendrier

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]