Diaspora vietnamienne

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La diaspora vietnamienne représente environ 4 millions de personne selon les dernières données de la république sociale du Vietnam. L’expression « Les Vietnamiens résidant à l’étranger » (người Việt Nam định cư ở nước ngoài) est plus représentative pour décrire la diaspora vietnamienne. Elle est également utilisée dans l’article 3 de la Loi sur la nationalité de la République Socialiste du Vietnam[1] en 2009. Il faut mentionner l’autre appellation, Việt Kiều, qui désigne les Vietnamiens qui vivent à l’extérieur de leur pays, a une connotation plutôt négative, car elle fait référence aux exilés politiques qui étaient contre le régime communiste.

Historique[modifier | modifier le code]

Avant 1975, la diaspora vietnamienne se retrouve localisée en Thaïlande, au Cambodge et au Laos, et représente environ 150 000 personnes[2]. Le groupe de réfugié en Thaïlande se compose par des catholiques vietnamiens au début du XVIIIe siècle et leur nombre s’accroit à partir de 1945 avec des groupes de la résistance qui supporte les communistes de Hô Chi Minh. Ils utilisent la Thaïlande comme endroit stratégique pour combattre les colonisateurs français. Les réfugiés au Cambodge et au Laos sont un regroupement de fonctionnaires envoyés par les colonisateurs français qui a pour but de gérer l’administration de l’Union indochinoise.

À part la région de l’Asie du Sud-Est, seule la France compte un grand nombre de contingent vietnamien qui représente environ 30 000 personnes. Ce nombre s’explique par la mobilisation des Vietnamiens envoyés en France pour soutenir les alliés dans la Première Guerre mondiale.

Après la chute de Saigon en 1975, la répartition des Vietnamiens à l’étranger va se multiplier vers d’autres nations. Les causes sont dues à plusieurs facteurs dont : l’excès d’autorité exercer par le Parti communiste vietnamien, la situation économique faible et le déclenchement d’une guerre avec le Cambodge et d’une guerre frontalière avec la Chine en 1979[3]. C’est seulement dans le milieu des années 1990 que le flux d’émigration se dissipe. 

Le début du nationalisme transnational[modifier | modifier le code]

Après la réunification du Viêt Nam en 1976, les Việt Kiều sont considérés des ennemis de la République Communiste Vietnamienne car selon les dirigeants, fuir le pays après la victoire du communisme est un acte de trahison envers sa patrie. Cette mise à l’écart va perdurer pendant 10 années (1976 – 1986) et ce n’est qu’au 4e congrès du Parti Communiste Vietnamien que Hoàng Bích Sơn, le président du Comité central des Việt Kiều affirme dans son discours ‘la communauté vietnamienne de l’étranger fait partie intégrante du peuple vietnamien[4]. La politique du renouveau (đổi mới) engage le Parti communiste à renouer ses liens avec les Vietnamiens à l’étranger.

La concrétisation de l’Union nationale[modifier | modifier le code]

Le décret gouvernemental no 74-CP[5] en 1994, habilite le Comité central des Việt Kiều et lui donne plus de responsabilités sur des projets en lien avec le message de l’Union nationale et de la politique de rapprochement. En 2004, le Bureau politique (politburo) du Parti communiste vietnamien promulgue sa vision et sa mission dans sa directive no 36-NQ/TW[6] qui véhicule le texte suivant ‘Tout Vietnamien, quelles que soient son origine ethnique, religieuse, familiale, sociale et la raison de son expatriation, s’il désire apporter sa contribution à la réalisation de l’objectif ci-dessus, est bienvenu dans le bloc de la Grande Union nationale’[7]. Cette affirmation démontre l’importance qu’accorde le Parti Communiste de mobiliser les Vietnamiens de l’étranger, et peu importe les raisons de leur départ.

Retour de personnage symbolique[modifier | modifier le code]

En 2004, on assiste à un retour de Nguyễn Cao Kỳ[8], vice-président du Sud-Vietnam (1967-1971), une figure symbolique durant l’époque du mouvement anticommuniste, suivi du moine bouddhiste Thich Nhat Hanh[9] en 2005 au Vietnam. Ce dernier était interdit de remettre les pieds au Vietnam depuis son départ en 1966 à cause de ses critiques envers le gouvernement communiste sur les droits de l’homme. La permission accordée par le Parti communiste pour ces deux personnages de revenir dans leur pays natal démontre l’ouverture et la tolérance à l’égard de la politique de rapprochement. 

Loi sur la nationalité[modifier | modifier le code]

Avant 2008, la loi vietnamienne ne reconnaît qu’une seule citoyenneté et n’autorise pas la double citoyenneté. La nouvelle loi sur la nationalité de 2009 permet la possession de deux citoyennetés, mais sous réserve de certaines conditions[10]. De plus, cette loi accorde l’accès à la propriété pour les Vietnamiens de l’étranger.

La diaspora vietnamienne dans le développement économique du Vietnam[modifier | modifier le code]

En 2015, le Vietnam se classe au 11e rang[11] des pays qui reçoit le plus de transfert de fonds en provenance des communautés vietnamiennes à l’étranger. Ce montant s’élève à 12,3 milliards de dollars américains. Même si au début des années 1990, les transferts de fonds représentent un montant négligeable, le Parti communiste comprend l’importance des remises monétaires qui permettent aux familles des ressortissants à l’étranger d’améliorer leur condition de vie et qui contribuent directement à l’économie du Vietnam par la consommation des biens et de services.

Entre 1993 et 2014, le Vietnam a reçu un montant total de 96,66 milliards de dollars américains, avec une moyenne de 4,4 milliards de dollars américains par année sur les transferts de fonds[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Hệ thống thông tin VBQPPL Tiếng anh », sur www.moj.gov.vn (consulté le 27 mai 2017)
  2. Chiffre retenu par les statistiques officielles de Hanoi citées par Nguyên Ngoc Ha, op. cit. p. 14. Les statistiques de la Croix rouge française et de l’O.F.P.R.A. (Office français de protection des réfugiés et apatrides)
  3. Stephane Dovert et Benoît de Tréglodé, Viêt Nam contemporain, Paris, IRASEC, Institut de Recherche sur l'Asie du Sud Est Contemporaine, , 570 p., p. XIX - XX
  4. Extrait du discours du camarade Hoang Bich Son, représentant de la section des Relations internationales du Parti, no 11856, 23 décembre 1986.
  5. (vi) « Hệ thống pháp luật Việt Nam », sur hethongphapluatvietnam.com/
  6. (en) « Resolution no 36 », sur lamdong.gov.vn
  7. Christophe Vigne, Mobiliser les Vietnamiens de l'étranger, Thaïlande, IRASEC, Institut de Recherche sur l'Asie du Sud-Est Contemporain, , 98 p., p. 20
  8. (en) « Return To Saigon »
  9. (en) « Monk leads thousands praying for Vietnam war dead »
  10. (vi) « THE GOVERNMENT DECREE »
  11. (en) « MIGRATION AND REMITTANCES FACTBOOK 2016 THIRD EDITION », sur siteresources.worldbank.org
  12. (en) « HCM City remittances hit 4.4 billion USD », sur http://en.hanoi.vietnamplus.vn

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Christophe Vigne, Mobiliser les Vietnamiens de l'Étranger : Enjeux, stratégies et effets d'un nationalisme transnational, IRASEC, 2012, 98 p. (ISBN 9786167571102)
  • Stéphane Dovert et Benoît de Tréglodé, Viêt Nam contemporain, IRASEC, 2004, 570 p. (ISBN 2846540454)