Diaspora tunisienne

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Diaspora tunisienne
Description de l'image Coat of arms of Tunisia.svg.

Populations significatives par région
Drapeau de la France France 728 094[1]
Drapeau de l'Italie Italie 197 160[1]
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 94 536[1]
Drapeau de la Libye Libye 68 952[1]
Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis 39 238[1]
Drapeau de la Belgique Belgique et Drapeau du Luxembourg Luxembourg 28 809[1]
Drapeau du Canada Canada 27 427[1]
Drapeau de l'Algérie Algérie 21 420[1]
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite 21 086[1]
Drapeau de la Suisse Suisse 18 847 (dont 7 488 non-binationaux en 2015)[1],[2]
Drapeau du Qatar Qatar 17 750[1]
Drapeau des États-Unis États-Unis 16 654[1]
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni et Drapeau de l'Irlande Irlande 10 444[1]
Autres
Langues Arabe
Arabe tunisien
Chelha
Hébreu
Religions Islam
Judaïsme
Christianisme

La diaspora tunisienne regroupe la population d'origine tunisienne vivant à l'extérieur du pays. Elle est la conséquence directe du fort taux d'émigration que connaît la Tunisie depuis son indépendance en 1956.

Dans les années 1960 et 1970, la conjoncture économique favorable que connaît la France contribue à amplifier le phénomène. Le début des années 1980 voit un véritable essor de la communauté tunisienne dans ce pays en raison des régularisations (plus de 22 000 cas)[3].

Population[modifier | modifier le code]

En 2014, le nombre de Tunisiens résidant à l'étranger est évalué à 1 282 371 personnes dont une majorité en Europe[1]. Néanmoins, ces chiffres officiels semblent être sous-estimés en raison de l'inadéquation des bases des immatriculations consulaires à des fins statistiques[4]. Ainsi, il n'est pas rare de trouver un identifiant unique pour les membres d'une même famille ou des doublons. Parmi les ressortissants faiblement immatriculés figurent la troisième génération en France (dont on estime qu'une personne sur dix ne serait pas immatriculée) et les enfants de parents mixtes. Les sans-papiers (très nombreux en Italie par exemple) n'ont pas droit non plus à l'immatriculation.

728 094 sont installés en France[5] — l'une des plus importantes communautés étrangères du pays — et bénéficient pour les deux-tiers de la double nationalité. Ils se concentrent essentiellement dans les grandes villes (40 % à Paris, 12 % à Lyon et 8 % à Marseille mais aussi à Nice, Bordeaux, Toulouse, Strasbourg ou Lille). Sonia Mabrouk explique ce phénomène de regroupement par l'origine urbaine des migrants tunisiens (régions de Tunis et du littoral) mais aussi par la nature des différentes vagues de migrants. Ainsi, les années 1970 voient surtout l'arrivée de migrants provenant du sud de la Tunisie. Ceux-ci s'installent dans la vallée du Rhône et à Paris, qui regroupent alors la plupart des opportunités d'emplois, et créent des réseaux avec leurs régions d'origine, utilisés ensuite par d'autres migrants. Selon l'Insee, 1,4 % des enfants nés en 2011 en France métropolitaine, soit 11 466 sur 792 996, ont un père né en Tunisie, avec la plus forte proportion dans les départements des Alpes-Maritimes (8,6 %), du Var (4,5 %), de Seine-Saint-Denis (3,9 %), du Rhône (3,7 %), du Val-de-Marne (3,4 %), et des Bouches-du-Rhône (2,4 %)[6].

Pays Total (2014)
Europe
1 122 067
Drapeau de la France France 728 094
Drapeau de l'Italie Italie 197 160
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 94 536
Drapeau de la Belgique Belgique et Drapeau du Luxembourg Luxembourg 28 809
Drapeau de la Suisse Suisse 18 847
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni et Drapeau de l'Irlande Irlande 10 444
Drapeau de la Suède Suède 9 474
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 9 231
Drapeau de l'Autriche Autriche, Drapeau de la Croatie Croatie, Drapeau de la Slovaquie Slovaquie et Drapeau de la Slovénie Slovénie 7 921
Drapeau de l'Espagne Espagne 3 722
Drapeau de la Russie Russie et Drapeau de l'Ukraine Ukraine 1 851
Drapeau de la Norvège Norvège 1 803
Drapeau de la Roumanie Roumanie 1 555
Drapeau du Danemark Denmark 1 420
Drapeau de la Pologne Pologne 1 340
Drapeau de la Finlande Finlande 1 219
Drapeau de la Tchéquie Tchéquie 1 125
Drapeau de la Grèce Grèce 981
Drapeau de la Hongrie Hongrie 437
Drapeau de la Turquie Turquie 417
Afrique du Nord et Moyen-Orient
110 385
Drapeau de la Libye Libye 68 952
Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis 39 238
Drapeau de l'Algérie Algérie 21 420
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite 21 086
Drapeau du Qatar Qatar 17 750
Drapeau d'Oman Oman 5 693
Drapeau du Maroc Maroc 4 570
Drapeau du Koweït Koweït 3 500
Drapeau de l'Égypte Égypte 3 413
Drapeau de la Syrie Syrie 1 723
Drapeau de Bahreïn Bahreïn 1 605
Drapeau du Liban Liban 1 323
Drapeau de la Jordanie Jordan 950
Amérique du Nord
44 195
Drapeau du Canada Canada 27 427
Drapeau des États-Unis États-Unis 16 654
Afrique subsaharienne
3 359
Drapeau de la Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire 642
Drapeau du Sénégal Sénégal 640
Drapeau du Gabon Gabon 352
Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud 349
Asie-Pacifique
3 652
Drapeau du Japon Japon 778
Drapeau de l'Australie Australie 514
Drapeau de l'Indonésie Indonésie, Drapeau de la Malaisie Malaisie, Drapeau de Singapour Singapour, Drapeau de la Thaïlande Thaïlande et Drapeau des Philippines Philippines 497
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 279
Total 1 282 371
Source : Leaders[1]

Profils[modifier | modifier le code]

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Des statistiques de l'Office des Tunisiens à l'étranger font état de plus de 128 000 familles tunisiennes en Europe avec une concentration en France et en Allemagne. Les jeunes Tunisiens à l'étranger, qui sont âgés de moins de 16 ans, représentent 25 % de la communauté tunisienne à l'étranger[7]. Il s'agit donc d'un rajeunissement de l'émigration tunisienne qui en est actuellement à sa troisième génération. Les femmes représentent à peu près 26 % de l'ensemble de la communauté[7]. En France, leur pourcentage est estimé à 38,2 %. La part des Tunisiens qui ont plus de 60 ans est d'environ 7 %.

À l'origine, la plupart des Tunisiens en Europe travaillaient dans des secteurs nécessitant un niveau de qualification moyen voire faible. En effet, les migrants des années 1960 et 1970 étaient peu scolarisés (paysans ou ouvriers pour la plupart)[3].

Désormais, la plupart des Tunisiens installés en France travaillent dans le secteur des services (hôtellerie, restauration ou commerce de proximité) ou à la tête de petites entreprises. En 2008, la Tunisie devient le premier pays maghrébin à signer un accord de gestion concertée des flux migratoires sous l'impulsion du président Nicolas Sarkozy : il prévoit notamment un accès facilité pour près de 9 000 étudiants tunisiens inscrits dans des établissements français[3] mais aussi des cartes de séjours pour près de 500 personnes hautement qualifiées afin qu'elles puissent acquérir une expérience en France durant une période maximum de six ans[3]. Dans le monde arabe, la population tunisienne se constitue d'une majorité de personnes bien voire très qualifiées car les ouvriers et les personnes moyennement qualifiées proviennent pour la plupart des pays asiatiques, comme l'Inde, le Pakistan ou l'Afghanistan.

Compétences tunisiennes à l'étranger (2011)
Spécialité Total
Enseignement et recherche scientifique 2 083
Architecture 1 938
Médecine et pharmacie 893
Informatique 380
Avocat 89
Hommes d’affaires 1 105
Autres spécialités 1 860
Total 8 348
Pays Nombre de compétences
Europe 4 193
Amérique, Canada et Brésil 1 609
Pays arabes 1 226
Afrique 136
Asie 68
Australie 11
Total 7 243
Sources : Office des Tunisiens à l'étranger[8]

Investissements[modifier | modifier le code]

L'apport des Tunisiens à l'étranger englobe l'ensemble des projets qu'ils financent directement ou indirectement en Tunisie. Selon l'Office des Tunisiens à l'étranger, leur nombre, pour la période allant de 1987 à 2004, s'élèverait à 8 845, pour un investissement global de l'ordre de 321 millions de dinars, générant 39 381 emplois, principalement tourné vers les services (64 %) et l'industrie (26 %)[9] :

  • 5 649 projets en matière de services mobilisant 140,1 millions de dinars et générant 17 397 emplois ;
  • 2 423 projets dans le secteur industriel avec 133,7 millions d'investissements et 20 513 emplois ;
  • 773 projets dans le secteur agricole pour un volume d'investissement de 47,2 millions de dinars et 1 471 emplois.

Selon l'Office des Tunisiens à l'étranger, les transferts des Tunisiens à l'étranger atteignent une moyenne annuelle de 1,1 milliard de dinars, dont 76 % sous forme de transferts monétaires, ce qui constitue la quatrième source de devises du pays et représente 5 % du PIB et 23 % de l'épargne nationale[9]. Mais, bien que ces transferts augmentent de 8,9 % par an, l'apport en matière d'investissements ne cesse de diminuer depuis 1996 et le nombre de projets créés par les Tunisiens à l'étranger a tendance à stagner[9].

Liens avec la Tunisie[modifier | modifier le code]

En Tunisie, des cours d'enseignement de l'arabe sont organisés pendant les vacances d'été pour les enfants tunisiens résidant à l'étranger[10].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l m n et o « Ces Tunisiens dans le monde: Qui sont-ils ? Où résident-ils ? », sur leaders.com.tn, (consulté le 30 juin 2020).
  2. « Population résidante permanente étrangère selon la nationalité », sur bfs.admin.ch (consulté le 18 février 2018).
  3. a b c et d Sonia Mabrouk, « Un diplôme pour visa », sur jeuneafrique.com, (consulté le 18 février 2018).
  4. « Combien sommes-nous ? »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur tunisiensdumonde.com, , p. 10.
  5. (ar) « Manuel des statistiques sociales 2014 » [PDF], sur social.gov.tn (consulté le 28 octobre 2018).
  6. « Enfants nés vivants suivant le pays de naissance du père par département et région de domicile de la mère »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) [xls], sur insee.fr.
  7. a et b Sonia Mabrouk, « Les Tunisiens dans le monde », sur jeuneafrique.com, (consulté le 18 février 2018).
  8. « Répartition des compétences tunisiennes à l’étranger par spécialité » [PDF], sur ote.nat.tn (consulté le 18 février 2018).
  9. a b et c Abou Sarra, « Les transferts des Tunisiens à l’étranger : Une manne pas assez exploitée », sur webmanagercenter.com.tn, (consulté le 18 février 2018).
  10. « Apprentissage de la langue arabe pour les enfants tunisiens à l'étranger », sur ote.nat.tn (consulté le 1er juin 2020).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]