Diaspora algérienne

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La diaspora algérienne regroupe la population d'origine ou de nationalité algérienne vivant à l'extérieur du pays. Bien présente avant mais, elle est la conséquence directe du fort taux d'émigration que connaît l'Algérie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945 et la liberté donnée par l'administration coloniale française aux Algériens de s'installer en France métropolitaine à partir de 1947 parce qu'ils ont combattu pour la liberté de la France.

Dans les années 1960 et 1970, la conjoncture économique favorable que connaît la France contribue à amplifier le phénomène.

Démographie[modifier | modifier le code]

Selon Gilles Pison, en 2000, le nombre total des migrants algériens (c'est-à-dire nés en Algérie et vivant à l'extérieur du pays) dans le monde est estimé à plus de 2 millions d’individus, soit une proportion de 6,8 % par rapport à la population du pays[1].

Selon l'Aida, l'Association internationale de la diaspora algérienne à l’étranger, créée à Londres en 2012, les Algériens ou personnes d'origine algérienne vivant à l’étranger en 2012 seraient au nombre de 6 millions[2].

France[modifier | modifier le code]

Il est compliqué de connaître véritablement le chiffre exact de la population algérienne de France puisque la loi française interdit de considérer les citoyens en fonction de critères comme la couleur de la peau, la religion ou « l’ethnie », terme qui fait déjà en lui-même débat[3].

Bernard Godard et Sylvie Taussig estiment que le nombre d’Algériens de nationalité ou d’origine en 2008 est à plus d'un 1,5 million de personnes en France, soit la communauté musulmane la plus importante et la plus ancienne dans le pays[4].

Les estimations en France se basent généralement sur les données officielles de l'Insee qui considère comme immigré ou personne issue de l'immigration uniquement les « personnes nées étrangères à l’étranger » ou descendants de ces personnes[5]. En 2012, selon cet institut, les immigrés algériens et leurs enfants (au moins un parent né en Algérie) étaient 1 713 000 en 2008[5].

Selon Gilbert Meynier, spécialiste de l'histoire de l'Algérie sous la domination française, et Tahar Khalfoune, le nombre de résidents d'origine algérienne en France en 2012 peut être estimé à 4 millions, dont 2 millions de bi-nationaux[6].

Pour Séverine Labat, politologue, chercheur au CNRS/CADIS, et auteur d’un livre en 2010 sur les binationaux franco-algériens La France réinventée. Les nouveaux bi-nationaux franco-algériens, « Même si le chiffre de 4 millions de Franco-Algériens doit être manié avec prudence, il signale l'ampleur du phénomène »[7],[8].

L'étude la plus récente à ce jour, effectuée par Michèle Tribalat en 2015[9], estime à environ 2,5 millions le nombre de personnes d'origine algérienne sur trois générations en 2011 selon la répartition suivante[10] :

Pays d'origine

(milliers)

Immigrés

(tous âges confondus)

1re génération née en France

(tous âges confondus)

2e génération née en France

(moins de 60 ans uniquement)

Total
Algérie 737 1 170 563 2 470

Note : pour la 2e génération née en France, seules les personnes âgées de moins de 60 ans sont prises en compte.

Par ailleurs, selon cette même étude de Michèle Tribalat, les personnes d'origine algérienne sur trois générations représentent 4,6 % de la population française des moins de 60 ans en 2011[9]. Cette estimation exclut les rapatriés européens et juifs, par définition français de naissance[11],[12].

Selon l'Insee, 4,0 % des enfants nés en 2011 en France métropolitaine, soit 30 426 sur 758 344, ont un père né en Algérie, avec la plus forte proportion dans les départements des Seine-Saint-Denis (10,5 %), Bouches-du-Rhône (9,5 %), Rhône (8,3 %), Val-de-Marne (8,0 %), Territoire de Belfort (7,3 %), Val-d'Oise (6,4 %), Haute-Garonne (6,3 %), Hauts-de-Seine (6,2 %), Loire (6,1 %), Haute-Vienne (5,5 %), Essonne (5,3 %), Paris (5,1 %), Nord (5,0 %), Pyrénées-Orientales (4,7 %), Haut-Rhin (4,7 %), Isère (4,6 %), Yvelines (4,4 %), Seine-et-Marne (4,1 %), Moselle (4,1 %), Gard (4,0 %), Alpes-Maritimes (3,7 %), Hérault (3,7 %), Drôme (3,7 %)[13].

Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

Selon l'Aida, l'Association internationale de la diaspora algérienne à l’étranger, les Algériens ou personnes d'origine algérienne seraient entre 120 000 et 140 000 en Amérique du Nord (110 000 au Canada, 30 000 aux États-Unis et 2 000 au Mexique). Entre 2001 à 2004, 15 739 Algériens ont ainsi émigré au Canada et, depuis cinq ans, l’Algérie se place au premier rang africain en matière de nombre d’émigrés qui choisissent le Canada[2].

On estime que plus de 80 % de la diaspora algérienne installée en Amérique du Nord (États-Unis et Canada) est composée de hauts diplômés, selon le sociologue Hocine Khalfaoui. Fateh Ouazzani, président de Reage (Réseau des Algériens diplômés des grandes écoles et universités françaises), recensait en 2013 entre 300 000 et 400 000 cadres et entrepreneurs algériens ou d’origine algérienne en France et en Europe[14].

Autres pays[modifier | modifier le code]

La France et l'Amérique du Nord ne sont pas les seules destinations des Algériens. Ils sont aussi très nombreux en Espagne, au Royaume-Uni, et en Italie.

Chiffres[modifier | modifier le code]

Drapeau de la France France : 2 000 000-5 000 000[15],[16]

Drapeau de l'Espagne Espagne : 64 000[17]-300 000[16],[15]

Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni : 250 000[15],[16]

Drapeau du Canada Canada : 110 000[16]-160 000[15]

Drapeau de l'Italie Italie : 50 000[16]-100 000[18]

Drapeau des États-Unis États-Unis : 30 000[16]

Drapeau d’Israël Israël : 46 477[19]

Drapeau de l'Allemagne Allemagne : 22 000[16]

Drapeau de la Suisse Suisse : 13 000[16]

Drapeau de la Tunisie Tunisie : 12 000[16]

Drapeau du Maroc Maroc : 11 284[16]

Drapeau de la Belgique Belgique : 9 944[20]

Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas : 8,338[21]

Drapeau du Mexique Mexique : 2 000[16]

Drapeau de l'Égypte Égypte : 2 000[16]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gilles Pison, Atlas de la population mondiale. Faut-il craindre la croissance démographique et le vieillissement ?, Paris, Autrement (Editions), coll. « Atlas/Monde », , 80 p. (ISBN 978-2-7467-1259-1), p. 57
  2. a et b « AIDA - Algerian International Diaspora Association », sur aida-association.org (consulté le 12 février 2017)
  3. Samuel Laurent, « L’interminable débat français sur les « statistiques ethniques » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 12 février 2017)
  4. « 5 millions de musulmans en France », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le 12 février 2017)
  5. a et b Fiches thématiques - Population immigrée - Immigrés - Insee Références - Édition 2012, Insee 2012
  6. Gilbert Meynier, Après l'indépendance: les relations tumultueuses entre l'Algérie et la France in Abderrahmane Bouchène (dir.), Jean-Pierre Peyroulou (dir.), Ouanassa Siari Tengour (dir.), Sylvie Thénault et al. (postface Gilbert Meynieret Tahar Khalfoune), Histoire de l'Algérie à la période coloniale : 1830-1962, Paris Alger, la Découverte Éd. Barzakh, , 717 p. (ISBN 978-2-7071-7326-3, OCLC 913045855), p. 682
  7. « La France réinventée. Les nouveaux bi-nationaux franco-algériens »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  8. « La binationalité au banc des accusés », Slate Afrique,‎ (lire en ligne, consulté le 12 février 2017)
  9. a et b Michèle Tribalat, « Une estimation des populations d’origine étrangère en France en 2011 », Espace populations sociétés, 2015/1-2, en ligne
  10. Tableau 2 pour les immigrés et la 1re génération née en France et tableau 5 pour la 2e génération née en France
  11. Michèle Tribalat, « Une estimation des populations d'origine étrangère en France en 1999 », Population, vol. 59, no 1,‎ , p. 51–81 (ISSN 0032-4663, lire en ligne, consulté le 12 février 2017)
  12. Michèle Tribalat, « Mariages « mixtes » et immigration en France », Espace populations sociétés. Space populations societies, nos 2009/2,‎ , p. 203–214 (ISSN 0755-7809, DOI 10.4000/eps.3657, lire en ligne, consulté le 12 février 2017)
  13. Enfants nés vivants suivant le pays de naissance du père par département et région de domicile de la mère en 2015, Insee 2015
  14. « La diaspora algérienne, un atout exceptionnel inexploité - Algérie Focus », Algérie Focus,‎ (lire en ligne, consulté le 12 février 2017)
  15. a b c et d http://ecomnewsmed.com/article/1123/portrait-de-la-diaspora-algerienne-et-de-ses-forces/
  16. a b c d e f g h i j k et l « AIDA - Algerian International Diaspora Association », sur aida-association.org (consulté le 11 mars 2019)
  17. Selma Kasmi, « Les Algériens premiers clients du marché immobilier d'Alicante ( Espagne ) en 2014 », sur www.maghrebemergent.com (consulté le 1er octobre 2016)
  18. Algeriens en Italie (en)
  19. « Selon un rapport de l'ONU, 46.477 Algériens auraient émigré en Israël ! », sur Le Matin d'Algérie (consulté le 11 mars 2019)
  20. (nl-BE) Joram Nijs, « OVERZICHT. België telt 1,25 miljoen buitenlanders », sur Het Nieuwsblad (consulté le 11 mars 2019)
  21. « CBS StatLine - Bevolking; generatie, geslacht, leeftijd en migratieachtergrond, 1 januari », sur statline.cbs.nl (consulté le 11 mars 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]