Les Droits de l'homme (1898)

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Les Droits de l'homme
Image illustrative de l'article Les Droits de l'homme (1898)
Une du premier numéro daté du 9 janvier 1898.

Pays France
Langue Français
Périodicité Quotidien
Genre Presse politique
Prix au numéro 5 centimes
Date de fondation 1898
Date du dernier numéro 1900
Ville d’édition Paris

Rédacteur en chef Henri Deloncle
ISSN 1776-0488

Les Droits de l'homme est un journal français de tendance dreyfusarde ayant paru entre 1898 et 1900.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Droits de l'homme a été lancé en 1898 pour soutenir la cause dreyfusarde. Probablement financé par les défenseurs du capitaine par l'intermédiaire de Bernard Lazare[1], le journal a pour fondateur et premier rédacteur en chef Henri Deloncle, journaliste républicain et libre-penseur, frère du député François Deloncle. Ses bureaux sont d'abord installés au no 8 du boulevard Montmartre puis, à partir du mois de juillet 1898, au no 142 de la rue Montmartre[2].

Le titre du journal fait référence à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et reprend celui d'une feuille républicaine ayant paru à l'époque de la lutte contre l'Ordre moral. Le premier numéro, daté du 9 janvier, expose le programme du journal. Deloncle y déclare ce quotidien, « d’aucune secte, sauf de la République », ouvert à tous les républicains mais fermé aux « démagogues » tels que Rochefort et Drumont ainsi qu'aux réactionnaires cléricaux[3]. La devise du journal, « Ordre et progrès par la Révolution Française », exprime une tendance progressiste teintée de positivisme.

Sa ligne éditoriale dreyfusarde (il est avec L'Aurore et Le Siècle le relai des protestations pour la révision du procès Dreyfus[4]) lui vaut d'être attaqué par ceux qui s'opposent à la révision du procès du capitaine et d'être présenté par eux comme vendu au « Syndicat » dreyfusard[5]. Parallèlement à sa défense de Dreyfus et de Zola, le journal condamne régulièrement l'antisémitisme, auquel Henri Dagan consacre une série d'interviews et de témoignages de personnalités à partir du mois de mars 1898[6]. Tirant en moyenne à 19 000 exemplaire[7], volontiers violent – ce qui ne sera pas sans poser de problèmes à certains dreyfusards[8] –, il était, ainsi que le dira Jean Ajalbert, un « “corsaire” » : « Nous faisions la “guerre de course” sur un voilier de fortune, entre les bâtiments de haut bord, comme l’Aurore où commandait Clemenceau. »[9]

Le dernier numéro du journal paraît le 17 mars 1900, mais sa numérotation est reprise en 1901 par Les Droits de l'homme de Paris puis en 1910 par un autre journal homonyme.

Collaborateurs[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bertrand Joly, Histoire politique de l'affaire Dreyfus, Paris, Fayard, 2014, p. 272.
  2. Les Droits de l'homme, 2 juillet 1898, p. 1.
  3. Henri Deloncle, « Programme », Les Droits de l'homme, 9 janvier 1898, p. 1.
  4. Philippe Oriol, L'Histoire de l'affaire Dreyfus de 1894 à nos jours, Paris, Les belles Lettres, 2014, p. 590-594
  5. Louis-Numa Baragnon (fils), « Après le Jugement », Gil Blas, 13 janvier 1898, p. 1.
  6. Intitulée Enquête sur l'antisémitisme et parue en volume chez Stock en 1899.
  7. AN 473 AP/15.
  8. Philippe Oriol, L'Histoire de l'affaire Dreyfus de 1894 à nos jours, op. cit., p. 604-605
  9. Les Mystère de l’académie Goncourt, Paris, J. Ferenczi et fils éditeurs, 1929, p. 179.
  10. Catherine Coquio, Mécislas Golberg, passant de la pensée, 1869-1907: une anthropologie politique et poétique au début du siècle, Paris, Maisonneuve et Larose, 1994, p. 463.

Liens externes[modifier | modifier le code]