Franz Welser-Möst

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Franz Welser-Möst
Description de cette image, également commentée ci-après

Franz Welser-Möst, dirigeant l’Orchestre de Cleveland en 2008

Nom de naissance Franz Leopold Maria Möst
Naissance (54 ans)
Linz, Drapeau de l'Autriche Autriche
Activité principale Chef d’orchestre
Lieux d'activité Orchestre de Cleveland
Maîtres Balduin Sulzer (en)
Ascendants Dr Franz Möst
Conjoint Angelika
Récompenses

2003 : Chef d’orchestre de l’année (Musical America)

1996 : Grammophone Award du meilleur enregistrement symphonique avec le London Philharmonic Orchestra
Distinctions honorifiques 2003 : Docteur honoris causa de l’Université Case Western Reserve de Cleveland

Franz Welser-Möst est un chef d’orchestre autrichien, né le à Linz (Autriche). Il est actuellement directeur musical de l’Orchestre de Cleveland.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et famille[modifier | modifier le code]

Franz Leopold Maria Möst est né à Linz en Autriche ; il est le quatrième enfant d’une famille de médecins[1]. Après avoir fréquenté le lycée de Wels, il entre en 1974 au Musikgymnasium de Linz, où il étudie le violon et la composition avec le compositeur autrichien Balduin Sulzer (en)[2]. Il étudie également à Munich.

Deux événements déterminants[modifier | modifier le code]

Deux événements ont été déterminants pour la future carrière de Franz Welser-Möst. Le premier, un grave accident de voiture, survenu en 1978, qui lui laisse des séquelles notamment dans les terminaisons nerveuses de deux doigts, a marqué la fin de ses espoirs de devenir violoniste et le début de sa carrière de direction d’orchestre. Le second, l’intérêt que lui porte à la même période le baron Andreas von Bennigsen (de la famille de Hanovre) qui devient son mentor.

C’est sur la suggestion de ce dernier qu’il adopte en 1985 son nom d’artiste, Franz Welser-Möst, en hommage à la ville de Wels où il a grandi, près de Linz, où il est né[1].

De ses débuts comme chef d’orchestre au London Philharmonic Orchestra[modifier | modifier le code]

À 22 ans, il devient le chef principal de l’Orchestre des Jeunes Gustav Mahler (Gustav Mahler Jugendorchester). En 1985, il fait ses débuts au Festival de Salzbourg. Puis, à 26 ans, il devient chef de l’Orchestre symphonique de Norrköping en Suède et l’année suivante Chef principal du Musikkollegium de Winterthour en Suisse et en même temps assistant de Claudio Abbado à l’Opéra de Vienne.

Sa nomination en 1990 à la tête de l’Orchestre philharmonique de Londres pour succéder à Klaus Tennstedt, a été fraîchement accueillie, certains lui reprochant son manque d’expérience et la moindre réputation des orchestres qu’il avait jusqu’ici dirigés (Winterthour et Norrköping)[3]. À tel point qu’il a dû affronter pendant ces années à Londres divers critiques et quolibets (notamment un jeu de mots autour de son nom : « Frankly Worse-than-most[4] », littéralement : « Franchement pire que la plupart »). Lorsqu’il quitte Londres en 1996, un critique commente : « Il venait de nulle part, il ne va nulle part »[5]. Il est toujours connu à Londres sous ce surnom[4].

A l’Opéra de Zurich[modifier | modifier le code]

De 1995 à 2000, il est chef, puis chef principal de l’Opéra de Zurich (avant d’en devenir le Directeur Musical en 2005). Il dirige plus de 50 premières pendant ces années avec l’Opéra de Zurich. Plusieurs des œuvres qu’il y dirige ont fait l’objet d’enregistrements chez EMI (notamment Le Chevalier à la rose, La Bohème, Fierrabras, Don Giovanni et Peter Grimes). L’un des points d’orgue de son travail avec l’Opéra de Zurich a été le cycle complet du Ring de Wagner.

A l’Orchestre de Cleveland[modifier | modifier le code]

Lors de la saison 2002-2003, il devient directeur musical de l’Orchestre de Cleveland, pour un premier contrat de 5 ans, qui sera une première fois reconduit pour 5 nouvelles années, puis une deuxième fois jusqu’à la saison 2017-2018[6]. À Cleveland, il s’est à nouveau attiré les foudres des critiques, notamment de Donald Rosenberg, principal critique musical de la ville, en raison d’interprétations jugées inférieures à celles de son prédécesseur Christoph von Dohnányi, mais également en modifiant la composition de l’orchestre et son répertoire[5]. Franz Welser-Möst a engagé un partenariat avec les écoles de la ville pour promouvoir l’éducation musicale, puis avec les conservatoires et universités de l’Ohio[7]. Sous sa direction, l’Orchestre de Cleveland a inauguré une résidence bisannuelle au Musikverein de Vienne et une autre au Festival de Lucerne, une de trois semaines à Miami et une au Festival du Lincoln Center à New York à partir de juillet 2011. Parmi le répertoire de l’orchestre, il a réservé une place non négligeable à la création et à la musique contemporaine avec par exemple Olga Neuwirth, Matthias Pintscher, George Benjamin, Harrison Birtwistle, Marc-André Dalbavie et Thomas Ades, aboutissant à 13 créations mondiales et 13 créations américaines durant ses 8 premières saisons. Il a promu pour la première fois une femme comme soliste (une hautboïste).

A l’Opéra de Vienne[modifier | modifier le code]

Le 6 juin 2007, le gouvernement autrichien annonce le recrutement de Franz Welser-Möst comme Directeur musical de l’Opéra de Vienne à compter de la saison 2010-2011, aux côtés du nouveau directeur de l’Opéra, Dominique Meyer (de)[8]. La collaboration de Franz Welser-Möst avec l’Opéra de Vienne avait commencé dès 1987 lorsqu’il avait remplacé Claudio Abbado dans la direction de l’opéra de Rossini, L’Italienne à Alger, puis en 1997, lorsqu’il avait dirigé Tristan und Isolde de Richard Wagner. En juin 2010, il a dirigé le Philharmonique de Vienne lors de son traditionnel concert annuel au Château de Schönbrunn. Lors de sa prise de fonction à l’Opéra de Vienne en 2010, il dirige Tannhäuser de Wagner puis la première de Cardillac d’Hindemith. Suivent les premières des Noces de Figaro, de Don Giovanni de Mozart, puis Katja Kabanova, opéra de Janáček, qui s’inscrit dans un cycle Janáček prévu sur plusieurs années[9].

Dominique Meyer et Franz Welser-Möst ont tous deux participé à la renégociation de la convention collective de l’Opéra de Vienne, afin notamment d’augmenter le nombre de séances de répétition, de permettre un plus grand nombre de créations, d’éviter des successions de reprises, d’augmenter les rémunérations et de faciliter le recrutement de musiciens de grande qualité. Franz Welser-Möst a même menacé le gouvernement autrichien de son retrait s’il n’obtenait pas ce qu’il attendait[10],[11].

Le 1er janvier 2011, il a dirigé pour la première fois le Concert du Nouvel An à Vienne[12],[13], concert qu'il dirige à nouveau en 2013[14]. Franz Welser-Möst a également dirigé de nombreux autres orchestres, parmi lesquels l’Orchestre Philharmonique de Berlin, l’Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam, l’Orchestre de Philadelphie, l’Orchestre philharmonique de Los Angeles, l’Orchestre philharmonique de New York et l’Orchestre symphonique de Boston[15].

Le 5 septembre 2014, il annonce sa démission immédiate du poste de directeur musical[16].

Vie privée et engagements personnels[modifier | modifier le code]

En 1992, il se marie avec Angelika, l’ex-femme de son mentor, le baron Andreas von Bennigsen. Il vit avec sa femme au Liechtenstein, et dans sa maison au bord de l’Attersee[1]. Le handicap génétique et le décès précoce de sa sœur Veronika sont pour une part à l’origine de la participation de Franz Welser-Möst à des actions en faveur des handicapés en Autriche et aux États-Unis.

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

CD[modifier | modifier le code]

avec l’Orchestre philharmonique de Londres, chez EMI Classics[modifier | modifier le code]

Avec d’autres orchestres[modifier | modifier le code]

DVD[modifier | modifier le code]

Avec le Chœur et l’Orchestre de l’Opéra de Zurich[modifier | modifier le code]

Avec d'autres orchestres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Magazine ROTWEISSROT des Autrichiens de l’étranger, Der Auslandösterreicher des Jahres 2001 – Franz Welser-Möst, 2003, n°1
  2. Franz Welser-Möst, invité d’une émission de l’ORF – Consulté le 13-08-2011
  3. The New York Times, Arts, Nicholas Kenyon, 15 mars 1992 - Consulté le 31-07-2011
  4. a et b (en) The Telegraph, Ivan Hewett, 18 août 2005 - Consulté le 23-12-2012
  5. a et b Franz Welser-Möst – The conductor they love to hate, La Scena Musicale, Norman Lebrecht, 12 février 2004 – Consulté le 13-08-2011
  6. The New York Times, Cleveland Orchestra extends Music Director’s Contract, James R. Oestreich, 7 juin 2008 – Consulté le 13-08-2011
  7. Biographie de Franz Welser-Möst sur le site de l’Orchestre de Cleveland – Consulté le 13-08-2011
  8. Communiqué du Ministère autrichien de la Culture, 6 juin 2007 – Consulté le 13-08-2011
  9. Opéra de Vienne : l’ouverture de la saison, La Presse, Walter Weidringer, 6 septembre 2010 – Consulté le 13-08-2011
  10. Opéra de Vienne : Victoire de la négociation, Die Presse, Wilhelm Sinkowicz, 24 mars 2010 – Consulté le 13-08-2011
  11. Lust auf die Knochenmühle, Kultiversum – Consulté le 13-08-2011
  12. Compte rendu du Concert du Nouvel An 2011 à Vienne sur le site de l’ORF – Consulté le 13-08-2011
  13. Communiqué de l’AFP du 1er janvier 2011
  14. Concert du Nouvel An à Vienne : valses des Strauss, Verdi et Wagner
  15. Communiqué de l’AFP du 1er janvier 2010
  16. « Démission de Franz Welser-Möst, directeur musical de l'Opéra de Vienne », France Musique, 5 septembre 2014