Chronologie de la phytopathologie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Chronologie de la phytopathologie


Origines[modifier | modifier le code]

  • vers le Xe siècle av. J.-C. : le Vriksha Ayurveda, attribué à Surapala mais non daté, est l'un des premiers ouvrages en sanscrit traitant, entre autres, de maladies des plantes et des moyens de protéger les cultures contre les maladies internes et externes des végétaux[1].
  • vers 800 av. J.-C. : le poète grec de l'Antiquité, Homère, rapporte l'utilisation du soufre contre les maladies des plantes, notamment par la fumigation.
  • 960-1279 : en Chine, sous la dynastie Song, des pivoines arbustives aux fleurs de couleur vert clair, du type « yao jaune », étaient très appréciées et présentées chaque année à la cour impériale. Ces plantes moins vigoureuses, ne produisant pas de graines, étaient en fait affectées par un phytoplasme qui ne sera identifié que huit siècles plus tard[3].

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

  • 1637 : l'Anglais, Richard Remnant, signale dans ses écrits l'efficacité contre le charbon ou carie du blé du trempage des semences dans la saumure[4].

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Mathieu Tillet, Dissertation sur la cause qui corrompt et noircit les grains de blé dans les épis, et sur les moyens de prévenir ces accidens - 1755.
  • 1729 : dans son ouvrage Nova plantarum genera, Pier Antonio Micheli botaniste et mycologue italien, décrit plusieurs nouveaux genres de champignons et illustre leur structures reproductives. Il démontre que les champignons croissent à partir de leur spores, mais il rencontre le scepticisme des savants de l'époque qui croyaient encore à la génération spontanée[9].

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

  • 1807 : Isaac-Bénédict Prévost, botaniste autodidacte français, né à Genève, montre que la poudre noire qui remplit les grains de blé affectés par la carie est constituée des spores du champignon et que ces spores sont à l'origine de la maladie. Il propose de traiter les grains de blé avec du sulfate de cuivre[12]. Il fut le premier à démontrer la pathogénicité d'un micro-organisme[13].
  • 1817 : l'agronome italien, Filippo Re, est le dernier, dans son Saggio teorico-pratico sulle malattie delle piante, à classer les maladies des plantes sans tenir compte des organismes causaux[14].
  • 1886 : Adolf Mayer, biochimiste allemand publie une étude (Über die Mosaikkrankheit des Tabaks) dans laquelle il décrit la maladie qu'il nomme « mosaïque du tabac » et démontre qu'on peut transmettre cette maladie en utilisant comme inoculum la sève de plantes affectées[21].
  • 1888 : Christian Jensen, pharmacien et botaniste danois, montre l'efficacité du traitement par l'eau chaude pour prévenir le charbon (carie) des céréales[22].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

  • 1905-1920 : Erwin Frank Smith, phytopathologue américain, qui a consacré sa carrière à l'étude des maladies bactériennes des plantes, publie son ouvrage en quatre volumes, Bacteria in relation to plant diseases[24].
  • 1914 ; fondation de la Société de pathologie végétale et d'entomologie agricole de France à Paris[27].
  • 1949 : Georges Viennot-Bourgin publie Les champignons parasites des plantes cultivées, ouvrage de référence des phytopathologues francophones.
  • 1959 : introduction par Stern, Smith, van den Bosch et Hagen de l'expression « lutte intégrée » (Integrated Pest Management) pour décrire un concept associant la lutte biologique et la lutte chimique antiparasitaire, de façon à minimiser les perturbations de la diversité biologique[33].
  • 1959 : découverte par Hein L. Klopping (DuPont) du premier fongicide systémique, à action préventive et curative, le bénomyl (commercialisé dès 1970 aux États-Unis sous le nom de Benlate en poudre mouillable, et retiré du marché en 2001)[34].

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) D.P. Agrawal, « Surapala's Vrikshayurveda: an Introduction », The Infinity Foundation (consulté le 5 novembre 2014).
  2. (en) Holger B. Deising, « Plant Relationships », dans Karl Esser, The Mycota: A Comprehensive Treatise on Fungi as Experimental Systems for Basic and Applied Research, t. 5, Springer Science & Business Media, , 420 p. (ISBN 9783540874072), p. 70.
  3. a et b (en) Karl Maramorosch, « Historical reminiscences of phytoplasma discovery  », Bulletin of Insectology, vol. 64 (Supplement): S5-S8,‎ (ISSN 1721-8861, lire en ligne).
  4. (en) Indu Sharma, Disease Resistance in Wheat, t. 1, CAB International, coll. « CABI plant protection series », , 322 p. (ISBN 9781845938185), p. 221.
  5. (en) P.D. Sharma, Plant Pathology, Rastogi Publications, , 469 p. (ISBN 9788171337002), p. 11.
  6. (en) « Anthonie van Leeuwenhoek (Engels) », Scholieren.com (consulté le 5 novembre 2014).
  7. Joseph Tournefort. Observations sur les maladies des plantes. Mémoires de mathématique et de physique de l'Académie royale des sciences, Académie royale des sciences, 1705.
  8. Joseph Tournefort, « Observations sur les maladies des plantes », sur Archive ouverte HAL, Académie royale des sciences, (consulté le 30 octobre 2014).
  9. (en) Frank N. Egerton, Roots of Ecology: Antiquity to Haeckel, University of California Press, , 288 p. (ISBN 9780520953635), p. 106-107.
  10. (en) « Anguina tritici », Nemaplex, Université de Californie (consulté le 30 octobre 2014).
  11. « Mathieu Tillet (1714-1791) », Université de technologie de Compiègne (UTC) (consulté le 30 octobre 2014).
  12. Bénédict Prévost, Mémoire sur la cause immédiate de la carie ou charbon des blés, et de plusieurs autres maladies des plantes, et sur les préservatifs de la carie, Paris, Chez Bernard, , 80 p..
  13. (en) Geoffrey Clough Ainsworth, Introduction to the History of Mycology, Cambridge University Press, , 359 p. (ISBN 9780521210133), p. 147-148.
  14. (en) A.V.S.S. Sambamurty, A Textbook of Plant Pathology, I.K. International Pvt. Ltd., , 416 p. (ISBN 978-8188237609), p. 2.
  15. (fr) Louis René Tulasne, « Mémoire sur l'ergot des Glumacées », Annales des sciences, troisième série,, vol. XX,‎ , p. 5-56 (lire en ligne).
  16. (en) André Drenth, « Molecular genetic evidence for a new sexually reproducing population of Phytophthora infestans in Europe », Landbouwuniversiteit te Wageningen (Université agronomique de Wageningen) (consulté le 30 octobre 2014).
  17. (en) « cabbage club root (Plasmodiophora brassicae) », sur Plantwise Knowledge Bank, PlantWise.
  18. (en) « Thomas Jonathan Burrill. April 25, 1839-April 14, 1916 », Transactions of the American Microscopical Society, vol. 35, no 4,‎ (lire en ligne).
  19. (en) « Koch's Postulates--Then and Now », Microbe magazine, American Society for Microbiology (consulté le 30 octobre 2014).
  20. « Une découverte fortuite : la bouillie bordelaise », sur Archéologie du vin, Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap)) (consulté le 30 octobre 2014).
  21. (en) Milton Zaitlin, « The Discovery of the Causal Agent of the Tobacco Mosaic Disease », APS, (consulté le 11 novembre 2014).
  22. (en) « Preliminary Report on Smut in Oats », Kansas State Agricultural College, (consulté le 5 novembre 14).
  23. (fr) Lecoq, H., « Découverte du premier virus, le virus de la mosaïque du tabac : 1892 ou 1898 ? », Comptes Rendus de l’Académie des Sciences - Séries III - Sciences de la Vie, vol. 324, no 10,‎ , p. 929-933 (DOI 10.1016/S0764-4469(01)01368-3, résumé).
  24. (en) C. Lee Campbell, « Erwin Frink Smith - Pioneer plant pathologist », Annual Review of Phytopathology, vol. 21,‎ , p. 21-27 (lire en ligne).
  25. (en) « Milestones & Major Events During Evolution of APS (1908-1918)  », American Phytopathological Society (APS) (consulté le 30 octobre 2014).
  26. (en) E. Melville DuPorte, « Notes on the endophytic protozoa with a list of some canadian host plants, and account of four apparently new forms », The Journal of Parasitology, vol. 11, no 4,‎ , p. 183-194 (lire en ligne).
  27. « Société de pathologie végétale et d'entomologie agricole de France », Comité des travaux historiques et scientifiques (Cths) (consulté en 331 octobre 2014).
  28. (en) « Microbial Antagonists », Soil And Health Library (Australie) (consulté le 2 novembre 2014).
  29. (en) R. james Cook, « Biological Control of Plant Pathogens: Theory to Application », Phytopathology, vol. 1,‎ , p. 25-29 (lire en ligne).
  30. « [[Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes|OEPP]]// Portrait d’une Organisation Internationale », OEPP (consulté le 2 novembre 2014).
  31. (en) P. Andret-Link, C. Laporte, L. Valat, C. Ritzenthaler, G. Demangeat, E. Vigne, V. Laval, P. Pfeiffer, C. Stussi-Garaud et M. Fuchs, « grapevine fanleaf virus: still a major threat to the grapevine industry », Journal of Plant Pathology, vol. 86, no 3,‎ , p. 183-195 (lire en ligne).
  32. (en) William Fry, « Plant diseases that changed the world - Phytophthora infestans : the plant (and R gene) destroyer », Molecular Plant Pathology, Blackwell Publishing Ltd, vol. 9, no 3,‎ , p. 385–402 (DOI 10.1111/J.1364-3703.2007.00465.X, lire en ligne).
  33. (en) « Does the General Public Relate to the Term "Integrated Pest Management"? », Journal of Extension (consulté le 2 novembre 2014).
  34. (en) « 1970 Benlate Fungicide », DuPont (consulté le 2 novembre 2014).
  35. (en) « History of the International Society for Plant Pathology (ISPP) », International Society for Plant Pathology (ISPP), (consulté le 30 octobre 2014).
  36. (en) N. Nejat, G. Vadamalai et M. Dickinson, « Spiroplasma citri: A Wide Host Range Phytopathogen », Plant Pathology Journal, vol. 10,‎ , p. 46-56 (DOI 10.3923/ppj.2011.46.56, lire en ligne).
  37. (en) H. Lewin Devasahayam, Illustrated Plant Pathology, New India Publishing, , 486 p. (ISBN 9789380235080), p. 9.
  38. (en) Roy van Driesche, Mark Hoddle, Ted Center, Control of Pests and Weeds by Natural Enemies: An Introduction to Biological Control, John Wiley & Sons, , 484 p. (ISBN 9781444300413), p. 6162.
  39. (en) A.J. Simpson et al., « The genome sequence of the plant pathogen Xylella fastidiosa - The Xylella fastidiosa Consortium of the Organization for Nucleotide Sequencing and Analysis », Nature, vol. 406, no 6792,‎ , p. 151-159 (lire en ligne).
  40. (en) « Whitehead Completes, Posts Rice Fungus Genome », Institute for Agriculture and Trade Policy (IATP), (consulté le 30 octobre 2014).
  41. Ralph A. Dean et al., « The genome sequence of the rice blast fungus Magnaporthe grisea », Nature, vol. 434,‎ , p. 980-986 (DOI 10.1038/nature03449, résumé).
  42. (en) Kenro Oshima1, Shigeyuki Kakizawa, Hisashi Nishigawa, Hee-Young Jung, Wei Wei, Shiho Suzuki, Ryo Arashida, Daisuke Nakata, Shin-ichi Miyata, Masashi Ugaki et Shigetou Namba, « Reductive evolution suggested from the complete genome sequence of a plant-pathogenic phytoplasma », Nature Genetics, vol. 36,‎ , p. 27-29 (DOI 10.1038/ng1277, lire en ligne).
  43. (en) Charles H. Opperman, David M. Bird, Valerie M. Williamson, Dan S. Rokhsar, Mark Burke, Jonathan Cohn, John Cromer, Steve Diener, Jim Gajan, Steve Graham, T. D. Houfek, Qingli Liu, Therese Mitros, Jennifer Schaff, Reenah Schaffer, Elizabeth Scholl, Bryon R. Sosinski, Varghese P. Thomas et Eric Windhama, « Sequence and genetic map of Meloidogyne hapla: A compact nematode genome for plant parasitism », Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, vol. 105, no 39,‎ , p. 14802–14807 (DOI 10.1073/pnas.0805946105, lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

(en) Geoffrey Clough Ainsworth, Introduction to the History of Plant Pathology, Cambridge University Press, , 315 p. (ISBN 9780521230322).*

Liens externes[modifier | modifier le code]