Château des Ravalet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Château des Ravalet
Image illustrative de l’article Château des Ravalet
Le château des Ravalet.
Nom local Château de Tourlaville
Période ou style Renaissance
Type Château
Début construction 1562
Propriétaire actuel Ville de Cherbourg-en-Cotentin
Destination actuelle Lieu touristique
Protection Logo monument historique Classé MH (1996)[1]
Logo affichant deux demies silhouettes d'arbre Jardin remarquable[2]
Coordonnées 49° 37′ 47″ nord, 1° 34′ 00″ ouest[3]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Normandie
Région Normandie
Département Manche
Commune Cherbourg-en-Cotentin
Géolocalisation sur la carte : Manche
(Voir situation sur carte : Manche)
Château des Ravalet
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château des Ravalet

Le château des Ravalet, connu aussi sous le nom de château de Tourlaville, est une demeure, du XVIe siècle, remanié en 1859[4] par le vicomte de Tocqueville, qui se dresse sur la commune déléguée de Tourlaville dans le département de la Manche en région Normandie.

Le château, y compris les vestiges de l'ancienne tour, le parc comprenant notamment : les éléments de décor (la grotte, les deux arcades, vestiges des anciens communs, les deux vasques en fonte situées devant la serre), la serre, l'ancienne avenue d'accès, le système hydraulique (les douves bordant la cour d'honneur et les communs à l'ouest, l'étang au nord, le bassin rectangulaire à l'est, le bief d'amenée d'eau avec ses ouvrages, y compris l'étang des Costils situé en amont), l'ancienne turbine du château et les vestiges du moulin situés en contrebas devant l'entrée de la cour d'honneur du château font l'objet d'un classement au titre des Monuments historiques par arrêté du [1].

Localisation[modifier | modifier le code]

Le château des Ravalet est situé près de la rivière Trottebec, à 1 kilomètre au sud-sud-est de l'église de Tourlaville.

Historique[modifier | modifier le code]

Un château primitif aurait été fondé dès le VIIIe siècle[4]. Un peu plus tard une seconde forteresse lui succéda, à l'emplacement de laquelle fut construit le château actuel. Le château de style Renaissance en schiste bleu, construit entre 1562 et 1575, est aujourd'hui propriété de la ville de Cherbourg-en-Cotentin.

Le manoir médiéval appartenant au domaine royal, est vendu par François Ier en mal de finances dans les guerres qui l'oppose à Charles Quint et Henri VIII. C'est un certain Laguette, receveur des finances, qui en fait l'acquisition, et qui aurait pu lui échapper sans le recours de sa femme. En 1555[4], un contrôle fiscal révéla un trou de 236 305 livres dans sa comptabilité. Afin de conserver le domaine, sa femme donc, abandonna en échange, au roi Henri II, sa terre de Monceaux, en région parisienne. En 1557[4], un neveu de Jean Laguette cède le domaine à la duchesse Adrienne d'Estouteville.

Jean II de Ravalet, abbé d'Hambye, vicaire général de la cathédrale de Coutances, conseiller de la duchesse d'Estouteville, l'acquiert vers 1562 et devient ainsi seigneur de Tourlaville. Jean II de Ravalet et son frère Jacques de Ravalet, procureur du roi des Eaux et Forêts du Cotentin, font construire sur le manoir dont seules les ruines de l'ancien donjon demeure, un château Renaissance. En 1575[5], Jacques lègue le manoir à son fils, Jean III de Ravalet, à la suite de son mariage avec Madeleine Lavigne, dame d'Emondeville, donnant naissance à huit enfants, dont Julien, né en 1582[5], et Marguerite, née en 1586[5], mariée à Jean Lefèvre de Haupitois[Note 1], receveur des tailles à Valognes. Les amours incestueux de Julien et Marguerite de Ravalet, leur valurent d'être décapités en place de Grève, à Paris, le . Ils seront inhumés en l'église de Saint-Jean de Grève.

À la suite de graves problèmes financiers, le domaine est adjugé, en 1653[4], à Charles de Franquetot qui améliore l'aménagement intérieur avant de mourir assassiné sous les coups de son valet de chambre. Il passe ensuite de propriétaires en propriétaires, dont les Boudet de Crosville et les Fouquet de Réville, devenant une ferme en 1661. Hervé Clérel de Tocqueville, père d'Alexis de Tocqueville, en prend possession en 1777. Son petit-fils, René Clérel de Tocqueville, châtelain et maire de la commune, rénove alors le bâtiment, aménage le parc et les jardins (dont une grotte), et fait construire, en 1872[6], une grande serre. Mais il est contraint de le revendre en 1906.

Utilisé comme hôpital durant la Première Guerre mondiale, le château est inscrit à l'inventaire des monuments historiques en 1930. La ville de Cherbourg se porte acquéreur du domaine en 1935[6]. Il est occupé par l'armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale et les troupes américaines à la Libération.

Depuis 1960[6], le parc est ouvert au public, le château, lui, est ouvert à certaines périodes, notamment en été et lors des Journées du patrimoine.

Description[modifier | modifier le code]

Le château des Ravalet est caractéristique de la Renaissance cotentinoise, comme celui de Chanteloup. Il se présente sous la forme d'un bâtiment massif et carré, que cernent plusieurs tourelles. Deux niveaux de combles ont été ajoutés dans la seconde moitié du XIXe siècle.


Parc et jardins[modifier | modifier le code]

Alors qu'existait un parc Renaissance avec ses douves, le parc a été redessiné vers 1870 avec deux étangs et une grotte. Il est orné d'une serre construite entre 1872 et 1875 et de nombreuses plantes exotiques. Ce parc, acquis par la ville de Cherbourg est devenu jardin public en 1935. La tempête de 1987 a provoqué de gros dégâts. Le site, classé, est inscrit au pré-inventaire des jardins remarquables[2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Hébert et André Gervaise, Châteaux et Manoirs de la Manche, Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, (ISBN 978-2-847-06143-7), p. 146-148.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Hébert donne le nom de Jean Le Fauconnier.

Références[modifier | modifier le code]