Château de Paluel

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Château de Paluel
Image illustrative de l’article Château de Paluel
Le château en 2012
Type Chateau fort
Début construction XVe siècle
Propriétaire actuel Privé
Destination actuelle Ruine
Protection Logo monument historique Inscrit MH (1927)
Coordonnées 44° 52′ 39″ nord, 1° 17′ 13″ est
Pays Drapeau de la France France
Ancienne province Aquitaine
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Dordogne
Commune Saint-Vincent-le-Paluel
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Château de Paluel
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Château de Paluel
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Château de Paluel
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Château de Paluel

Le château de Paluel est un édifice du XVe siècle situé à Saint-Vincent-le-Paluel, dans le Périgord noir, dans le sud-est du département de la Dordogne. Situé sur un promontoire dominant le ruisseau Énéa, à deux kilomètres en aval du bourg, il est inscrit depuis 1927 à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château de Paluel vers la fin du XIXe siècle, sur une carte postale.

Au milieu du XVe siècle, un bâtard de la famille de Gimel hérita de la seigneurie de Paluel. Il est à l'origine ainsi que ses descendants de la construction du château[1]

En 1600, le château passe à la famille de Durfort. Il est acheté plus tard en 1701 par Antoine d'Aymeric alors que le château est abandonné depuis près d'un siècle. Ses descendants le possèdent encore au début du XIXe siècle [1].

Au début du XXe siècle, le prince de Croÿ, achète le château de Paluel ainsi que le château de Commarque, entièrement en ruine, pour s'en servir comme carrière de pierres pour rénover Paluel[2]. À l'époque, « sans protection étatique ce genre de dérive était tout à fait possible[2] ».

Par arrêté du , le château est inscrit à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques[3].

Dans les années 1930, le prince de Croÿ autorise la Cagoule, un groupe terroriste d'extrême droite, à entreposer un stock d'armes dans les souterrains du château[4].

Lors la Seconde Guerre mondiale, en 1942, quand les Allemands envahissent la zone libre (la partie de la France située au sud de la ligne de démarcation, jusqu'alors inoccupée par les forces allemandes) pour occuper l'intégralité du territoire français, le prince, s'inquiétant de cet arsenal, se rend auprès du juge de Sarlat pour avouer l'existence du stock d'armes[4]. Les armes, « transférées dans le tribunal, finiront par servir la Résistance »[4].

L'édifice reste en bon état jusqu'à la fin de guerre. Il est incendié en juin 1944 par la division SS Das Reich de retour d'Oradour-sur-Glane. Alors qu'elle s'apprête à monter vers le front de Normandie elle rencontre, au bas du château, un résistant armé et l'abat. Une stèle au bas du château commémore cet évènement[5]. En ruine, il n'est jamais restauré[6] et la végétation prend alors le dessus.

En 1968, le château sert de cadre au tournage du film Le Tatoué de Denys de La Patellière, avec Louis de Funès jouant le rôle d'un marchand d'art et Jean Gabin, celui d'un comte et châtelain désargenté[7] qui en échange de son tatouage de Modigliani demande la rénovation du château.

En 1980, le cadavre d'un trafiquant de drogue bordelais est retrouvé au fond du puits[7].

La demeure — du moins ses ruines — appartient ensuite au professeur Jean Lassner, pionnier de l'anesthésie[7]. À sa mort en juillet 2007 à Saint-Vincent-le-Paluel, ses quatre enfants mettent en vente la propriété. En 2010, le site est complètement nettoyé par Kevin Cartledge, le nouveau propriétaire britannique : le château retrouve une vue plus dégagée autour de lui et devient susceptible de servir de base pour une restauration[8]. Toutefois, le propriétaire n'arrive plus à payer ses dettes et met le château aux enchères en septembre 2017. Sa mise à prix est de 250 000 euros[7]. L’association « Adopte un château », qui œuvre pour la restauration du patrimoine en péril, se fixe pour objectif de collecter la somme de 500 000 euros pour racheter et rénover l’édifice, en réunissant 10 000 donateurs qui deviendraient copropriétaires[9],[10]. Cependant, la somme réunie est insuffisante et le , lors de la vente aux enchères à Bergerac, le château est finalement adjugé à Étienne Cluzel, un restaurateur de 31 ans originaire de la Dordogne, pour la somme de 853 000 euros[11]. Une société luxembourgeoise a surenchéri de 10 % lors du délai légal de dix jours qui a suivi la vente[12]. Le , le juge de l'exécution de Bergerac a estimé cette surenchère irrecevable[13].

Architecture[modifier | modifier le code]

En 1927, année de son inscription, la description du château de Paluel par les monuments historiques est la suivante :

« Le château se compose d'un corps de logis flanqué de deux tours d'angle de part et d'autre de la tour d'escalier placée au centre du logis. Derrière ce bâtiment, et relié à lui par un étroit passage, un donjon rectangulaire du XIIe siècle complète l'ensemble. Des mâchicoulis couronnent les tours et le corps de logis. Le donjon a conservé ses mâchicoulis de bois avec remplissage de torchis. Le château est entouré d'une enceinte de courtines[3]. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean de Foville, Auguste Le Sourd, Les châteaux de France, 1913, page 115.
  2. a et b Léa Deltreuil, « Valorisation touristique et développement durable : le cas du château de Commarque » [PDF], Héritage culturel et muséologie, sur www.dumas.ccsd.cnrs.fr,  : « Le site de Commarque, placé dans une région peu habitée et marécageuse est rapidement tombé dans l’oubli après l’abandon des lieux. Racheté au début du XXe siècle, il a malheureusement servi de carrière de pierre pour la rénovation d’un autre château : le château de Paluel près de Sarlat. Le propriétaire de l’époque, Mr … s’est servi des pierres de Commarque pour rénover son propre château. Sans protection étatique, ce genre de dérive était tout à fait possible et Commarque a été dépouillé au profit d’un autre site. »
  3. a et b « Château de Paluel », notice no PA00082908, base Mérimée, ministère français de la Culture, consulté le 21 mai 2016.
  4. a b et c Jean Christophe Grellety, « Lorsque l'extrême droite préparait la chute de la République », sur Vox Populi, (consulté le ) :

    « En Périgord, dans le château de Saint-Vincent-le-Paluel, brûlé en 44 par les Allemands, les Cagoulards avaient entreposé, avec l’accord du prince de Croÿ, dans le souterrain du château, un stock très important d’armes. En 42, lorsque les Allemands passent la ligne de démarcation et envahissent la zone sud, le prince s’inquiète du sort de ces armes. Il va voir le juge à Sarlat et lui avoue qu’il possède cet arsenal. En fait, ces armes, transférées dans le tribunal, finiront par servir la Résistance ! »

  5. [1]
  6. « Sauvez le château du Tatoué ! », sur www.historia.fr (consulté le )
  7. a b c et d Antoine Balandra, « Dordogne : le château du film "Le Tatoué" mis aux enchères », France Bleu,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. Pierre-Henry Muller, « Le château de Saint-Vincent-le-Paluel », sur boreally, (consulté le ).
  9. Adrien Gicquiau, « À vendre, magnifique château dans le Périgord pour 50 euros », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  10. Elsa Provenzano, « Avec un don de 50 euros, devenez propriétaire d’un château en Dordogne où a joué de Funès : L’association Adopte un château a lancé une campagne de financement participatif qui rendra les contributeurs propriétaires d’une part du château de Paluel, dans le but de sauver cet édifice du XVe siècle… », 20 minutes,‎ (lire en ligne).
  11. Clément Pougeoise, « Adjugé ! Le château de Paluel en Dordogne vendu 853 000 euros, mais pas adopté », sur sudouest.fr, le 21 septembre 2017.
  12. Émilien Gomez, « Paluel luxembourgeois ? », Sud Ouest édition Dordogne, 7 octobre 2017, p. 14.
  13. Grégoire Morizet, « Paluel reste en France », Sud Ouest édition Dordogne, 22 décembre 2017, p. 15.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]