Callisthène

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Callisthène est un historien grec né à Olynthe vers 360 av. J.-C. Il reçut l'enseignement d'Aristote, son oncle, lorsque celui-ci forma son école à Assos en Asie mineure.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le neveu d'Aristote, qui le forme en même temps qu'Alexandre le Grand et Théophraste, dont il devient l'ami. Ce dernier lui déidera, quelques années plus tard, son Callisthène. Platon mourut en -348/–347 ; de retour après son exil d’Athènes, Aristote alla rejoindre Hermias à Assos en 347 av. J.-C.. Il s’y créa, pendant trois ans, une sorte de succursale de l'Académie, avec vraisemblablement la présence de Théophraste, Callisthène et Nélée de Scepsis [1]
Callisthène accompagne Alexandre le Grand lors de sa campagne d'Asie en tant qu'historiographe, campagne dont il tire un ouvrage Récit de la campagne d'Alexandre. Il est aussi l'auteur d'une Histoire de la Grèce de -387 à -357 et d'une Chronique de la guerre de Phocide. Vers 335 av. J.-C., il suivit Alexandre dans ses expéditions et envoya à Aristote des observations astronomiques trouvées à Babylone et remontant à plus de deux mille ans. Il explore, lors du passage de l'expédition en Égypte, la région de haut-Nil et en fait un compte rendu à Alexandre.

De mœurs sévères, il blâma les excès auxquels se livrait Alexandre, refusa de reconnaître sa divinité, et même eut le malheur de lui déplaire par quelques railleries. Il paraît que Callisthène encourut la disgrâce d'Alexandre parce qu'il témoignait de la répugnance à se rendre à des dîners où l'on buvait trop ; qu'un jour même, une certaine coupe, appelée coupe d'Alexandre, et d'une dimension énorme, étant venue à son tour jusqu'à lui, Callisthène la repoussa, s'écriant « qu'il ne voulait pas boire en Alexandre, pour avoir ensuite besoin d'Asclépios ». En -327, Callisthène adresse une protestation officielle au roi quand celui-ci cherche à imposer à ses officiers grecs et macédoniens de se prosterner devant lui selon les règles de l'étiquette perse. Si Alexandre comprend qu'il doit renoncer à ce cérémonial, il ne le pardonne pas à Callisthène qui est jeté en prison puis accusé de complicité dans la conspiration des Pages (Cadets) et exécuté.

Avant son départ pour l'Asie, il avait composé une Histoire grecque et une Histoire de la Guerre sacrée dont il ne reste rien. Il avait commencé en Asie une Histoire d'Alexandre dont on a quelques fragments, repris dans la collection Didot, à la suite d'Arrien. Néanmoins, la substance de son œuvre se retrouve dans une Vie d'Alexandre (fragmentaire) rédigée par un certain Amyntianus, auteur du IIIe siècle. En outre, il existe, sous le nom du Pseudo-Callisthène, une forme de roman de la vie d'Alexandre qui n'est donc pas de lui, mais qui garde trace de son travail historique (imprimé également dans la collection Didot).

Accusé d'impiété par le politicien Agonidès avant l'accusation portée par Sophocle pour avoir déclaré que « La vie est gouvernée par la fortune, non la sagesse » issue du Callisthène, le peuple d'Athènes estimait Théophraste à un point tel que son accusateur vit ce peuple se retourner contre lui ; devant l'Aréopage, il ne parvint pourtant pas à se défendre et demeura coi. La phrase de Théophraste sur la fortune dans son Callisthène fait référence au principe métaphysique de la tyché, nécessité transcendantale qui oriente les évènements dans le sens d’une finalité prédéterminée[2]

Source partielle[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Callisthène » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Battistini (dir.) et Pascal Charvet (dir.), Alexandre le Grand, Histoire et dictionnaire, Paris, Laffont, coll. « Bouquins »,‎ 2004 (ISBN 222109784X), s. v. Callisthène d'Olynthe, 608-610.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jaeger 1997, p. 115
  2. Édouard Will, Claude Mossé, Paul Goukowsky, Le Monde grec et l'Orient, Le IVe siècle et l'époque hellénistique, PUF., 1975, p. 606.

Liens externes[modifier | modifier le code]