Pseudo-Callisthène

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Pseudo-Callisthène est un auteur inconnu égyptien ou grec d'Égypte qui dut vivre à Alexandrie au IIe siècle ou IIIe siècle. Les historiographes l'ont appelé Pseudo-Callisthène parce qu'il voulait se faire passer pour Callisthène, le contemporain et biographe d'Alexandre le Grand dont furent perdues les chroniques. Cet auteur inconnu vécut cinq siècles après le héros dont il prétend raconter les exploits.

Son œuvre, intitulée Roman d'Alexandre, sensiblement fabulatrice, ne suit que de très loin l'histoire du conquérant macédonien mais elle contient presque tous les épisodes que l'on retrouve chez la plupart des historiens grecs et romains ayant entrepris ce récit, entre -200 et 300. De cette version du Pseudo-Callisthène dérivent la plupart des Légendes, Vies, Romans, Histoires ou Exploits d'Alexandre le Grand qui se multiplieront, à partir du Ve siècle[1].

L'appellation Roman d'Alexandre date du Moyen Âge. On regroupe sous ce titre toutes les versions issues du texte grec d'origine. On distingue parmi elles deux traditions :

  • Une branche orientale représentée par
  • Une branche occidentale dont le développement n'est pas moindre
    • Une versions en latin de Julius Valerius Alexander Polemius, Res gestae Alexandri Macedonis (début du IVe siècle)
    • Une versions en latin de Leo Archipresbyter, Historia de preliis Alexandri Macedonis (Xe siècle)
    • Des versions en langue vulgaire, en France, Allemagne, Espagne, Italie...

C'est au XIIe siècle qu'est diffusée en France une adaptation en langue romane d'une des versions latines de ce récit. C'est d'une de ces versions, attribuée à Alexandre de Bernay et écrite en vers de douze syllabes que vient le nom d'alexandrin[3].

Selon une hypothèse[4] qui ne fait pas l'unanimité parmi les théologiens musulmans[5], le Coran dans la Sourate XVIII (La caverne)[6], reprendrait le récit du voyage d’Alexandre, dénommé Dhû-l-Qarnayn (le Bicornu), au pays où le soleil se lève et la construction du « mur d'airain » destiné à contenir les assauts de Gog et Magog[7].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Lacarrière, La légende d'Alexandre, Folio n°3654, 2000, (ISBN 978-2070-417216), p. 31.
  2. cf. article Shâh Nâmeh.
  3. Aline Tallet-Bonvalot, Le roman d'Alexandre, GF-Flammarion n°788, 1994, (ISBN 978-2080-707888), p.19
  4. article « Dhu l-Quarnayn » in M. Ali Amir-Moezzi (dir.) Dictionnaire du Coran, op. cité.
  5. Plusieurs théologiens et historiens musulmans — dont As-Suhayliy (XIIIe siècle), Ibn Taymiyyah (XIVe siècle) et Al-Maqrîziy (XVe siècle) — réfutent l'idée selon laquelle Dhû-l-Qarnayn serait Alexandre, et font remonter le personnage coranique à l'époque d'Ibrahim (Abraham). Certains érudits islamiques contemporains penchent plutôt pour l'identifier avec d'autres personnages comme Cyrus le Grand.
  6. versets 83 à 98, cf. lien externe.
  7. "Gog et Magog sont donnés comme deux peuples distincts et non comme un roi (Gog) et son peuple (Magog)", Jacqueline Chabbi, Le Coran décrypté, Fayard

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Janick Auberger, Historiens d'Alexandre, Belles lettres, 2001, (ISBN 978-2251-742007)
  • Plutarque, Vies Parallèles, Bouquins, 2001, (ISBN 978-2221-093931), p. 94-149 ;
  • Jacques Lacarrière, La légende d'Alexandre, Folio n°3654, 2000, (ISBN 978-2070-417216)
  • Aline Tallet-Bonvalot, Le roman d'Alexandre, GF-Flammarion n°788, 1994, (ISBN 978-2080-707888)
  • Daniel de Smet, article « Dhu l-Quarnayn » in M. Ali Amir-Moezzi (dir.) Dictionnaire du Coran, éd. Robert Laffont, 2007, p. 218-221.
  • Tabari, La Chronique, Histoire des prophètes et des rois, Volume II, De Salomon à la chute des Sassanides, Actes Sud/Sindbad, 2001, (ISBN 978-2742-733170), Histoire de Dsoul-Qarnaïn et construction du mur de Yâdjoud et Mâddjoudj, p. 78-81.
  • Philippe Di Folco, Les grandes impostures littéraires, 2006 : art. "Alexandre le Grand"
  • (en) E. A. W. Budge, The History of Alexander the Great, being the Syriac version of the Pseudo-Callisthenes, Cambridge, The University Press, 1889.

Lien externe[modifier | modifier le code]