Antigénès (général)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Antigénès
Naissance v.380 av. J.-C.
Décès 316
Origine Royaume de Macédoine
Allégeance Perdiccas
Polyperchon
Grade Stratège des Argyraspides
Conflits Guerres des diadoques
Faits d'armes Bataille de Paraitacène
Bataille de Gabiène

Antigénès ou Antigène (en grec ancien Aντιγένης / Antigénès), né vers 380 av. J.-C., mort en 316, est un général de Philippe II et d'Alexandre le Grand. Il participe aux guerres des diadoques comme commandant des argyraspides en prêtant allégeance à Polyperchon contre Antigone le Borgne qui le fait exécuter à l'issue de la bataille de Gabiène.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière sous Philippe et Alexandre[modifier | modifier le code]

Sous le règne de Philippe II, Antigénès perd un œil durant le siège de Périnthe en 340 av. J.-C., alors que la cité offre une résistance acharnée à l'armée macédonienne. Il participe à l'expédition d'Alexandre le Grand en Asie comme membre des hypaspistes. Il est mentionné pour la première fois à la bataille de l'Hydaspe en 326[1]. Durant la retraite d'Inde, il se joint à Cratère avec lequel il traverse l'Arachosie. C'est à ce moment-là que les hypaspistes vétérans deviennent les argyraspides, ou « boucliers d'argent », et qu'il en aurait peut-être pris le commandement avec Teutamos.

Il semble avoir participé à la sédition d'Opis en 324, à l'issue de laquelle 10 000 vétérans sont autorités à rentrer en Macédoine. Il accompagne les troupes en compagnie de Cratère et Polyperchon[2]. C'est en Cilicie que les vétérans, alors en répression contre les Pisidiens, apprennent la mort du roi survenue en juin 323.

Durant la guerre des diadoques[modifier | modifier le code]

A l'été 322 av. J.-C., la plus grande partie du corps des vétérans, sous les ordres de Cratère et Polyperchon, part en Grèce pour venir en aide à Antipater engagé dans la guerre lamiaque. Antigénès reste lui en Cilicie avec les 3 000 Argyraspides, sa mission étant de surveiller le trésor royal de la forteresse de Cyinda. C'est plus probablement à ce moment qu'il aurait obtenu le commandement des « Boucliers d'argent » avec Teutamos pour adjoint.

En 321, il se joint à Perdiccas, chiliarque de l'empire, dans la lutte contre Ptolémée. Mais après l'échec de la traversée du Nil, il assassine Perdiccas avec Peithon et Séleucos[3]. Lors des accords de Triparadisos, il est récompensé de sa « trahison » en héritant de la satrapie de Susiane, où il ne reste qu'une année, avant de retourner en Cilicie à la tête des argyraspides protéger le trésor royal. En 319, Polyperchon qui a succédé à Antipater à la régence de Macédoine, ordonne à Eumène de Cardia, de prendre possession du trésor et à Antigénès de se joindre à lui dans lutte contre Antigone le Borgne. Antigénès aurait, par prudence, dissuadé Teutamos de suivre les recommandations de Ptolémée visant à comploter contre Eumène[4]. Antigénès n'aurait consenti à se rallier à Eumène après que celui-ci lui ait assuré qu'Alexandre lui serait apparu en rêve pour lui confier le commandement de l'armée royale. On peut également supposer que l'instauration du culte d'Alexandre est un moyen pour Eumène (qui est Grec et non Macédonien) de faire accepter son autorité par Antigénès et les Argyraspides[5].

Durant la bataille de Paraitacène, en 317, Antigènes, à la tête des « boucliers d'argent », parvient à sauver Eumène de la défaite en battant la phalange d'Antigone. Par la suite, la satrapie de Susiane est attaquée par ses anciens complices, Peithon et Séleucos [6]. À la bataille de Gabiène, en 316, les argyraspides sont placés au centre du dispositif avec pour mission de marcher contre la phalange adverse, car celle-ci aurait eu l'impression de combattre leurs propres pères. Pour autant, Eumène est vaincu après la défection de Peucestas qui quitte le champ de bataille avec sa cavalerie. Eumène est livré par les argyraspides à Antigone car celui-ci a capturé leur train de bagages et leurs familles. Malgré cette trahison, Antigénès est brûlé vif, tandis que Teutamos est vraisemblablement aussi exécuté[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arrien, Inde, 5, 16, 3.
  2. Justin, XII, 12, 8.
  3. Diodore, XVIII, 39, 6. Arrien, Histoire de la Succession d'Alexandre, 35.
  4. Diodore, XVIII, 59, 62. Plutarque, Eumène, 13
  5. Diodore, XVIII, 59, 3 ; Plutarque, Vie d'Eumène, 13.
  6. Plutarque, Vie d'Eumène, 16.
  7. Diodore, XIX, 44, 1.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources antiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) W.Heckel, The Marshals of Alexander’s Empire, London and New York, 1992.