Bouloupari

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Bouloupari
Berepwari
L'église
L'église
Administration
Pays Drapeau de la France France
Collectivité Nouvelle-Calédonie
Province Province Sud
Aire coutumière Xaracuu
Maire
Mandat
Alain Lazare
2014-2020
Code postal 98812
Code commune 98802
Démographie
Population
municipale
3 005 hab. (2014)
Densité 3,5 hab./km2
Ethnie Kanak : 32,6 %
Européens : 30,7 %
Métis : 12,4 %
Wallisiens-Futuniens : 3,1 %
Asiatiques : 2,6 %
Tahitiens : 2,2 %
Ni-Vanuatu : 1,7 %
Autres : 12,5 %
2,2 %
Géographie
Coordonnées 21° 52′ 02″ S 166° 02′ 39″ E / -21.867153, 166.04418121° 52′ 02″ Sud 166° 02′ 39″ Est / -21.867153, 166.044181
Altitude Min. 0 m – Max. 1 441 m
Superficie 865,6 km2
Localisation

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Bouloupari
Berepwari

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Bouloupari
Berepwari

Bouloupari (Berepwari en xârâcùù) est une commune française de Nouvelle-Calédonie, située sur la côte ouest de la Grande Terre, en Province sud, sur la RT1.

La commune fait partie de l'aire coutumière Xaracuu.

Géographie[modifier | modifier le code]

Avec une superficie d’environ 91 000 hectares, Bouloupari est l’une des plus grandes communes de France juste derrière Roubaix, mais sa densité de population est faible : avec une population de 2 418 habitant, la densité n'est que de 2,8 habitants au km². Le point culminant de la commune est la zone dite "ouatom" qui atteint une altitude de 1441 mètres.

Les communes limitrophes sont :

Histoire[modifier | modifier le code]

1857-1881[modifier | modifier le code]

Le gouverneur Du Bouzet, qui reconnaît la région de la baie de St-Vincent lors d'une exploration à bord du Styx en octobre 1857, la déclare propice à la colonisation: "Il y a là et à Ouitoé beaucoup de terrains qui sont propres à la culture. Loin d'être occupés par les indigènes, le temps viendra où l'on pourra y placer des colons, mais nous devons rayonner d'abord autour de notre établissement [Port-de-France]" (Rapport du 23 octobre 1857, Archives d'outremer, ncl 42). Un des tout premier Européen à s'établir dans cette région est James Paddon qui, en 1857 place 200 têtes de bétail et 400 moutons sur l'île Ducos gardés par deux Chinois, et monte une laiterie pour fabriquer beurre et fromage.

À la fin des années 1860, la région de Bouloupari se peuple d'Européens, notamment d'éleveurs et de gérants de station anglo-saxons. Le 20 octobre 1867, un nommé Stuart demande un permis d'occupation pour un terrain non délimité de 500 ha dans la région de la Ouaménie à Bouloupari.

Puis, un négociant en vins néo-zélandais James Cruickshank, attiré par l'affairiste John Higginson, occupe à partir 22 octobre 1867, une surface de 800 ha non délimitée du périmètre de Bouloupari en bordure de la Oua Ya. Il fait recruter de jeunes néo-zélandais, dont James Walker et les frères John et Robert Henderson (tous les trois débarqués avec John Higginson le 19 octobre 1868 du Kenilworth en provenance d'Auckland), pour s'y installer. Les nommés Begg, Lewis, Robertson ont débarqué un mois auparavant le 18 septembre 1868 du Coëtlogon en provenance de Sydney également accompagnés de John Higginson pour s'installer eux aussi dans la région de Bouloupari, au point que l'on pourrait qualifier de "colonisation Cruickshank" cette première phase de colonisation. Avec l'installation de ces premiers colons, le périmètre de Bouloupari est délimité dès 1868 par le géomètre Jules Parquet, sans cependant prévoir de centre urbain.

Au début des années 1870, sur le périmètre voisin de la Ouaménie, le développement industriel de la région commence avec l'érection d'une usine sucrière (de 1870 à 1872) par Louis Nas de Tourris, mandataire d'un riche sucrier réunionnais Le Coat de Kervéguen. En avril 1870, Nas de Tourris demande un terrain de plus de 1000 hectares du périmètre de Ouaménie pour développer la culture de la canne. Dans ce contexte d'un développement agricole et industriel prometteur, naît l'idée de créer une ville sur la presqu'île de Bouraké. L'administration fait donc réserver un emplacement de 1180 ha pour la future "ville de Bouraké" (arrêté du 3 novembre 1871). Le choix de la presqu'île de Bouraké s'appuie surtout par sa position favorable de port de mer qui permet l'écoulement des produits de l'usine. En janvier 1873, l'administration fait même délimiter un petit centre agricole, la Oua Tchoué au nord de la concession de Nas de Tourris, soit 25 lots d'environ 10 ha pour être proposés à titre onéreux, aux immigrants débarqués à Nouméa le 8 janvier 1873 de l'Alceste. Aucun immigrant ne se présente ; le terrain n'est d'ailleurs d'aucune fertilité. Bouraké reste à l'état de projet car l'usine de la Ouaménie, comme toute l'industrie sucrière en Nouvelle-Calédonie souffre rapidement des aléas climatiques et des dégâts causés aux cultures par les sauterelles. À la veille de l'insurrection de 1878, la région reste sans centre urbain.

Ceci étant, le site du futur village de Bouloupari possède déjà avant l'insurrection, une gendarmerie, un bureau du télégraphe et un camp de transportés. Henri Rivière (1881) dans son ouvrage Souvenirs de la Nouvelle-Calédonie. L'insurrection canaque (page 172) le décrit ainsi : « Bouloupari est sur un plateau ou plutôt sur deux plateaux qui se rejoignent, au même niveau, par un chemin bordé d'arbres. Sur le premier plateau, du côté de Nouméa, est le poste proprement dit, la gendarmerie, le télégraphe, les magasins de vivres; sur l'autre, d'où l'on domine la route que nous avions suivie, est le camp des transportés...". L'Annuaire de 1872 indique deux commerçants patentés à Bouloupari : Mostini dont l'hôtel était situé après la Oua Ya au carrefour de la route vers Thio et Panormo dont le store devait se situer sur l'autre rive, non loin du camp de transportés.

Le 25 février 1876, un arrêté (n° 104) du gouverneur crée un bureau d'état-civil pour la circonscription de Boulouparis s'étendant sur un large périmètre entre Ouinané et la Ouaménie supérieure.

L'insurrection de 1878 précipite le mouvement (érection de trois forts militaires dès juillet-août 1878 à Bouloupari, haute Ouaménie et Kuen-Thio) et débouche sur l'édification du centre urbain de Bouloupari auprès du poste militaire. Le centre de Bouloupari est donc né de l'insurrection.

En effet, suite aux événements de juin 1878, le gouverneur Olry promet aux colons de la région, particulièrement éprouvés par les tragiques massacres du 26 juin 1878, de leur accorder un lot de terrain à titre gratuit et de faire délimiter un village (Conseil privé du 8 mars 1879) auprès du poste militaire. Un lotissement de 20 lots urbains de 27 ares chacun est préparé, et, le 15 décembre 1878, les lots (n° 3 à 12) sont tirés au sort entre une dizaine de colons. Douze premiers lots sont attribués à la date du 23 décembre 1878 d'après le plan du village dressé par le commandant supérieur de l'Arrondissement, L. Bagay. Il s'agit de colons déjà installés dans la région, notamment des éleveurs comme Walker, Bull, Chardar, Lewis, Vergès, Fricotté (gérant de station), Arthaud (en bas du col de Nassirah), Mostini (commerçant italien), Sairaison (ancien gendarme). Le plan du lotissement présenté par le directeur de l'Intérieur, L. Armand, est approuvé dans la séance du Conseil privé du 8 mars 1879 et par la même occasion, sept autres lots sont présentés.

Le 2 juillet 1879, le gouverneur Olry institue une Commission municipale pour le centre de Bouloupari (3 membres). La première Commission fonctionne du 6 août 1879 au 30 octobre 1881 avec Jean Chardar comme président et MM. Sairaison et Fricotté comme membres.

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1961 1967 Luc Blum    
1967 1971 Georges Creugnet    
1971 1977 Maurice Ollivier    
1977 1983 Georges Guerlain RPC puis RPCR  
1983 1995 Michel Magnier RPCR  
1995 en cours Alain Lazare RPCR puis Rassemblement-UMP  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1956 1963 1969 1976 1983 1989
483 635 846 925 1 139 1 456
1996 2004 2009 2014 - -
1 591 2 089 2 418 3 005 - -
(Source : Isee[1])


Tribus[modifier | modifier le code]

  • Aire coutumière Xaracuu sud
    • District Païta : Ouinané-Nétéa, Ouitchambo
    • Tribus indépendantes : Kouergoa, Nassirah Ya

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'école à Bouloupari
  • Sur le site de l'usine sucrière de la Ouaménie construite en 1872 se dresse encore une cheminée carré d'une vingtaine de mètres de hauteur ainsi que quelques murs et une chaudière en fonte à double bouilleur.
  • La région de la Ouaménie sur le site de Gilliès possède encore l'une des quinze maisons construites par les relégués en 1890 pour accueillir les 53 colons de la Société française de Colonisation venus de Montpon-Ménestérol en Dordogne sous la conduite d'Auguste Cook.
  • L'ancienne propriété Warnery sur la route de Thio, possède de très beaux vestiges d'habitation coloniale ainsi que ceux d'une fabrique. Elle fut à la fin du XIXe siècle rachetée par les frères Le Goupils, dont Marc, illustre professeur agrégé de Lettres au lycée Louis-le-Grand à Paris devenu l'espace de quelques années planteur de café en Nouvelle-Calédonie. Il est l'auteur d'un célèbre ouvrage critique de la colonisation Feillet: "Comment on cesse d'être colon" publié en 1902.
  • Sur la route du col de Nassirah on peut apercevoir sur la droite vers Thio, le seul vestige en pierre (casemate cubique) de l'ancien fort de Kuen-Thio construit au début de l'insurrection de 1878.
  • Tomo, avec son appontement et son église qui donne lieu à un pèlerinage annuel. La petite chapelle possède une statue de Saint-Thérèse de Lisieux offerte par une famille de colons nordistes, les Duflos de Lille, en remerciement du passage sain et sauf après tempête, à bord du Louqsor en 1926. Non loin du wharf se dressent les vestiges de l'ancienne brigade de gendarmerie à cheval et de l'ancien télégraphe de Tomo.
  • Deux magnifiques ponts en pierre de taille, construits par les transportés et achevés en 1887, enjambent la Oua Tchoué puis la Ouaménie sur la RT1.
  • Au lieu-dit Camp Brun vers La Foa, se trouvent les vestiges du terrible camp de redressement de l'Administration pénitentiaire destiné à mater les fortes têtes. Enfouis sous une épaisse végétation, il ne reste que les ruines des cellules et les puits.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • De Balade à la Ouaménie - Les essais de colonisation en Nouvelle-Calédonie de 1853 à 1893. Publication n° 67 (2012) de la SEHNC (2 volumes).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Évolution de la population entre 2004 et 2014, la population aux différents recensements, les populations légales 2014 sur le site de l'Institut de la statistique et des études économiques de Nouvelle-Calédonie.