New Shepard

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New Shepard
Booster du New Shepard après utilisation, en 2017.
Booster du New Shepard après utilisation, en 2017.
Données générales
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Constructeur Blue Origin
Premier vol 29 avril 2015
Statut actif
Lancements (échecs) 11 (0)
Étage(s) 1
Poussée au décollage 490 kN
Motorisation
Ergols LH2 / LOX
1er étage 1 x BE-3
Missions
Vol suborbital

New Shepard est une fusée réutilisable développée par la société Blue Origin pour effectuer des vols suborbitaux. Le lanceur décolle et atterrit verticalement. Le , la fusée a effectué un premier vol complet comprenant une ascension jusqu'à une altitude de 100 km. Le dernier vol à ce jour (soit le onzième) a eu lieu le 2 mai 2019. Dans le futur, la capsule, qui transportera entre autres des touristes spatiaux, effectuera ses atterrissages en douceur et à la verticale, et ce le plus proche du site de lancement[1].

Développement[modifier | modifier le code]

Le moteur BE-3 est testé sur banc d'essais.

Une version à échelle réduite, appelée Goddard, a effectué un premier vol, le . Après un premier vol en au cours duquel la fusée n'avait pu être récupérée[2], la fusée a effectué un vol parfait le 23 novembre de la même année [3] à 100,5 km d'altitude. Le , le même lanceur, avec entre autres des parachutes et allumeurs pyrotechniques neufs et des logiciels modifiés atteint 101,7 km avant d'atterrir.

L'appellation New Shepard fait référence à Alan Shepard premier astronaute américain à avoir effectué un vol dans l'espace. À l'époque, les États-Unis ne disposaient pas d'un lanceur assez puissant, et ce premier vol fut uniquement suborbital.

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Le New Shepard comprend une fusée mono étage et une capsule destinée à embarquer des passagers pour un vol suborbital.

Fusée[modifier | modifier le code]

La fusée mono étage est propulsée par un moteur-fusée BE-3 développé par Blue Origin pour cet usage. Ce moteur-fusée de 49 tonnes de poussée brûle un mélange d'oxygène et d'hydrogène liquide. La poussée peut être réduite à 8,9 tonnes : cette capacité est utilisée lorsque la fusée fortement allégée doit atterrir en douceur et de manière contrôlée sur le sol. Le décollage et l'atterrissage est vertical. Le corps de la fusée comprend des ailerons orientables à l'arrière pour stabiliser le vol au décollage et à l’atterrissage. La fusée comprend également au sommet un anneau : l'air qui circule entre l'anneau et le corps de la fusée permet de contrôler de manière passive la descente en modifiant le centre de pression aérodynamique. Quatre ailerons fixés sur cet anneau et déployés au début de la phase de descente contribuent également à cette stabilisation. Enfin, 8 aérofreins également fixés sur l'anneau se déploient pour réduire la vitesse de descente de la vitesse du son à la moitié de celle-ci. Un train d'atterrissage comprenant 4 pieds se déploie avant l'atterrissage. Le contrôle de l'appareil est effectué par des ordinateurs de bord, il n'y a pas de contrôle au sol. La fusée est inspirée du McDonnell Douglas DC-X[4].

Capsule[modifier | modifier le code]

Capsule de la fusée suborbitale New Shepard après un vol de test.

La capsule fixée au sommet de la fusée permet d'embarquer 6 passagers et a un volume habitable de 15 m3. Elle est également pourvue de 6 fenêtres d'environ 73 cm de largeur pour 108 cm de hauteur, faisant d'elles les plus grandes de l'histoire du vol spatial habité. Elle redescend sur le sol suspendue à 3 parachutes qui se déploient au cours de la descente. La capsule dispose d'un système de propulsion lui permettant, en cas de défaillance de la fusée, de se désolidariser de celle-ci et de s'élever suffisamment haut pour permettre le déploiement des parachutes et un atterrissage en douceur. Il s'agit d'un moteur à propergol solide de 32 tonnes de poussée fonctionnant durant 2 secondes[4].

Déroulement d'un vol[modifier | modifier le code]

Le New Shepard décolle depuis un site situé dans l'ouest du Texas et effectue une montée propulsée d'une durée d'environ 150 s qui lui permet d'atteindre une altitude de 40 km, les passagers expérimentant une accélération maximum de 3G. Arrivé à cette altitude, la vitesse du lanceur est d'environ Mach 3,7 (environ 1 km/s) et la propulsion est coupée, quelques secondes plus tard la capsule se désolidarise du premier étage. Sous l'effet de l'inertie, la capsule continue son ascension jusqu'à une altitude d'environ 100 km. Après avoir atteint son altitude maximale, la capsule amorce une descente non propulsée avec une décélération atteignant un maximum de 5G. Lorsque l'altitude n'est plus que d'environ 1,5 km, la fusée rallume son moteur-fusée qu'elle fait fonctionner une dizaine de secondes pour un atterrissage vertical en douceur à une vitesse de 9 km/h sur une zone prévue proche du pas de tir. La capsule atterrit à quelques kilomètre de son site de lancement sous trois parachutes principaux redondants. Elle dispose également de rétrofusées diminuant la vitesse résiduelle à un seuil acceptable lors du contact avec le sol sur le modèle du Soyouz russe. La durée totale d'un vol est environ d'une dizaine de minutes[5].

Historique des vols[modifier | modifier le code]

  • Premier vol d'essai le 5 mars 2005 (Charon)[6]
  • Deuxième vol d'essai le 13 novembre 2006, h 30 (Goddard)[7]
  • Troisième vol d'essai le 22 mars 2007 (Goddard)
  • Quatrième vol d'essai le 19 avril 2007 (Goddard)[8]
  • Cinquième vol d'essai le 6 mai 2011 (Module de Propulsion (PM2))[8]
  • Sixième vol d'essai le 24 août 2011 (PM2, échec et perte du véhicule)[9]
  • Essai d'évacuation d'urgence de la rampe de lancement le 19 octobre 2012[10]
  • New Shepard : premier vol d'essai de développement le 29 avril 2015 (West Texas)[11]
  • Succès historique du lancement et de l'atterrissage sur la rampe de lancement le 23 novembre 2015 (West Texas)[12].

Le vol du 23 novembre 2015 constitue une première historique. En effet, après que New Shepard, la capsule de Blue Origin, a atteint une altitude maximale de 100,5 kilomètres et une vitesse de Mach 3,72, ce qui signifie 3,72 fois la vitesse du son, soit environ 4 593 kilomètres par heure, la fusée n'est pas tombée au hasard vers la Terre mais a été guidée vers une piste d'atterrissage, où elle a relancé ses moteurs, effectué un bref survol en stationnaire au-dessus du sol et finalement atterri doucement sur la rampe d'atterrissage, en restant debout et intacte. Ce moyen de l'atterrissage en douceur de la fusée peut être utilisé pour pouvoir effectuer plus de vols. Ce qui d'après Blue Origin et d'autres sociétés telles que Space X devrait permettre de baisser significativement le coût des vols spatiaux[13].

  • Le 22 janvier 2016, Blue Origin réalise une nouvelle première historique en faisant revoler sa fusée pour une seconde fois jusque l'altitude de 101,676 km (West Texas). Comme lors du précédent vol du 23 novembre 2015, le lanceur a atterri. C'est la première fusée réutilisable de l'histoire des vols spatiaux[14].
  • Le 2 avril 2016, Blue Origin fait voler pour une troisième fois de suite le New Shepard[15].
  • Le 19 juin 2016, le New Shepard réussit un quatrième vol d'essai atterrissage inclus. Le tir est retransmit pour la première fois en direct. L’atterrissage de la capsule s'effectue intentionnellement avec seulement deux parachutes au lieu de trois[16].
  • Le 5 octobre 2016, le New Shepard réussit un cinquième vol d'essai. L'objet de ce vol était le test du processus d'éjection urgence de la capsule[17].

Le New Shepard 2, auteur de 5 vols avec les mêmes moteurs, laisse place au New Shepard 3, fin 2017[18].

  • 13 décembre 2017, le New Shepard 3 réussit son vol inaugural
  • Le 29 avril 2018, un second vol de cette même fusée a lieu. Une altitude de 106 km a été atteinte, et la capsule a ensuite effectué une descente avec parachute, avec succès. Le premier étage a également de nouveau été récupéré[19]. À ce stade Blue Origin fait encore un pas de plus vers les premiers vols habités, prévu fin 2018 ou début 2019.
  • Le 18 juillet 2018, un troisième vol de la New Shepard 3 est effectué. Ce test avait pour objectif de tester la procédure de secours en cas d'accident en vol. Pour ce faire, les moteurs d'éjection de la capsule ont été testés. Avec succès[20].
  • Le 23 janvier 2019, un quatrième tir de la New Shepard 3 est réalisé. Cette fois-ci Blue Origin transporte des expériences pour le compte de la NASA, ce qui en fait un premier vol commercial. La capsule et la fusée reviennent sur terre avec succès[21].
  • Le 2 mai 2019, la New Shepard 3 est tirée pour la cinquième fois. Elle embarque trois expériences scientifiques[22]. Ce tir est réalisé avec succès.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Blue Origin Makes Historic Rocket Landing », sur https://www.blueorigin.com, (consulté le 25 novembre 2015).
  2. (en) Chris Bergin, « Blue Origin’s New Shepard conducts maiden test flight », sur nasaspaceflight.com, .
  3. (en) Chris Bergin, « Blue Origin achieve latest milestone in reusable rocket aspirations », sur nasaspaceflight.com, .
  4. a et b (en) « Technology », sur Blue Origin (consulté le 24 novembre 2015).
  5. (en) « New Shepard », sur Blue Origin (consulté le 4 juillet 2018)
  6. (en) « Blue Origin Charon Test Vehicle | The Museum of Flight », sur www.museumofflight.org (consulté le 25 novembre 2015).
  7. (en) « Star-Telegram | 11/14/2006 | Private space firm launches 1st test rocket », (consulté le 25 novembre 2015).
  8. a et b (en) « Permitted Launches », sur www.faa.gov (consulté le 25 novembre 2015).
  9. (en) « Blue Origin has a bad day (and so do some of the media) « NewSpace Journal », sur www.newspacejournal.com (consulté le 25 novembre 2015).
  10. (en) « Blue Origin Conducts Successful Pad Escape Test », sur Blue Origin (consulté le 25 novembre 2015).
  11. (en) William Harwood, « Bezos’ Blue Origin completes first test flight of ‘New Shepard’ spacecraft | Spaceflight Now » (consulté le 25 novembre 2015).
  12. (en) Andy Pasztor, « Jeff Bezos’s Blue Origin Succeeds in Landing Spent Rocket Back on Earth », Wall Street Journal,‎ (ISSN 0099-9660, lire en ligne, consulté le 25 novembre 2015)
  13. (en) « Blue Origin Makes Historic Reusable Rocket Landing in Epic Test Flight », sur Space.com (consulté le 25 novembre 2015).
  14. « Blue Origin beats SpaceX to re-launching a reusable rocket », sur The Verge (consulté le 23 janvier 2016)
  15. « Weltraumfirma des Amazon-Chefs: Blue Origin gelingt dritte Raketenlandung », sur SPIEGEL ONLINE (consulté le 15 avril 2016)
  16. Futura-Sciences, « Le New Shepard de Blue Origin réussit un nouveau vol d'essai », sur Futura-Sciences (consulté le 21 juin 2016)
  17. L'Usine Nouvelle, « Tests réussis pour la fusée New Shepard de Blue Origin - L'Usine de l'Aéro », usinenouvelle.com/,‎ (lire en ligne, consulté le 1er novembre 2016)
  18. (en) Loren Grush, « After a year away from test flights, Blue Origin launches and lands its rocket again », The Verge,‎ (lire en ligne, consulté le 30 avril 2018)
  19. L'Usine Nouvelle, « [Vidéo] Blue Origin réussit un vol test en vue d'envoyer des touristes dans l'espace - L'Usine Aéro », usinenouvelle.com/,‎ (lire en ligne, consulté le 30 avril 2018)
  20. BFM BUSINESS, « Frédéric Simottel: Nouvel essai réussi pour la fusée New Shepard de Blue Origin, financée par Jeff Bezos – 19/07 », BFM BUSINESS (consulté le 19 juillet 2018)
  21. (en) « New Shepard Successfully Flies 8 NASA Research & Technology Payloads to Space », sur Blue Origin (consulté le 24 janvier 2019)
  22. (en) « New Shepard Mission NS-11 Updates », sur Blue Origin (consulté le 2 mai 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]