Bertène Juminer

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Bertène Juminer
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Bertène Juminer, né le à Cayenne (Guyane) et mort le à Trois-Rivières (Guadeloupe)[1], est un médecin, recteur et écrivain antillo-guyanais.

Son père est guyanais et sa mère guadeloupéenne. Un lycée de Saint-Laurent-du-Maroni porte le nom de Bertène-Juminer[2].

Médecin[modifier | modifier le code]

Bertène Juminer fait ses études secondaires au lycée Carnot de Pointe-à-Pitre[3]. Il poursuit des études médicales en métropole à la Faculté de médecine de Montpellier où il devient assistant au laboratoire de parasitologie l'un des élèves du professeur Hervé Harant qui renforce sa vocation pour cette discipline confidentielle en France métropolitaine, mais si importante pour les pays tropicaux où il envisage de faire carrière. Il est reçu à l'agrégation de l'enseignement supérieur dans la section parasitologie médicale en 1966.

Juminer entre en fonction d'abord à Saint-Laurent du Maroni, la deuxième ville de Guyane (de 1956 à 1958), puis il part en Tunisie où il exerce les fonctions de médecin biologiste à l'Institut Pasteur de Tunis de 1958 à 1966. Sur le plan de la recherche, il s'intéresse aux dermatophytes et publie plusieurs articles dans la Revue de l'Institut Pasteur de Tunis. Après avoir été reçu au concours de l'agrégation, il est nommé professeur agrégé à la Faculté de médecine de Dakar au Sénégal où il enseigne jusqu'en 1973 en tant que coopérant français et réalise des enquêtes sur la bilharziose urinaire et sur la filariose lymphatique, entre autres [4]. Après six ans de coopération, il est affecté à la Faculté de médecine de l'Université Jules Verne, à Amiens, en France métropolitaine, comme professeur de parasitologie. Il y enseigne jusqu'en 1982, date de sa nomination comme recteur de l'Académie des Antilles et de la Guyane. Après son mandat de recteur, il demande et obtient à la fin des années 1980 sa mutation à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe pour organiser la toute nouvelle UFR de médecine de l'Université des Antilles et de la Guyane aux côtés de son ami le Docteur Hyacinthe Bastaraud, premier doyen de cette jeune Faculté. Il y crée le service de parasitologie avec son ancien élève de Dakar, le docteur Christian Raccurt, qu'il fait venir de Bordeaux en 1990 où il était maître de conférences des universités, praticien hospitalier à l'UFR des sciences de la Santé de l'Université Bordeaux 2. Ensemble, ils développent des études sur l'angiostrongylose abdominale, parasite originaire d'Asie et d'introduction récente aux Antilles. Il termine sa carrière de professeur des universités, praticien hospitalier à la classe exceptionnelle.

En Guadeloupe, il est élu vice-président du Conseil Économique et Social Régional de la Guadeloupe, et il cumule les fonctions de président du Conseil d'Administration de la Société Immobilière de l'île et préside le Conseil Scientifique de l'Observatoire Régional de la Santé en Guyane française.

Bertène Juminer collabore avec l'UNESCO et est chargé en tant que président de "l'Association de gestion et d'animation".

Officier de la Légion d'honneur le 7 avril 1995, il a été promu au grade de commandeur de la Légion d'honneur le 29 mars 2002.

Militant[modifier | modifier le code]

Comme d'autres écrivains antillais, guyanais et haïtiens, il se bat pour la reconnaissance de la langue créole.

Avec Christiane Taubira, Bertène Juminer condamne vivement l'esclavage comme crime contre l'humanité. Il introduit la notion de « réparations » au colloque organisé à Paris le 21 mai 2001 par le Comité Devoir de mémoire, intitulé : Esclavages et réparations.

Il milite également pour une autonomie des Antilles et de la Guyane par rapport à la métropole et pour le rapprochement des Antillais et des Guyanais. Il signe, avec Patrick Chamoiseau, Édouard Glissant et Gérard Delver, le Manifeste pour refonder les DOM paru dans Le Monde en janvier 2000.

Écrivain[modifier | modifier le code]

Son expérience de médecin révèle à Juminer la hiérarchie coloniale. Il constate partout la division entre colons et colonisés, ainsi que celle entre les colonisés français de première et seconde zone.

Son roman autobiographique, Les bâtards, s'inspire de ses propres déboires en France. Il situe son roman dans le Paris des années 1930, dans lequel il décrit l'étudiant guyanais. Juminer radiographie la condition d'exil et d'étiolement des Antillais et des Guyanais en métropole, puisant dans sa propre expérience.

En 1981, il reçoit le Prix littéraire des Caraïbes.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Bâtards. Préface par Aimé Césaire. Paris: Présence Africaine, 1961, Rééditions 1977.
  • Au Seuil d'un nouveau cri. Paris: Présence Africaine, 1963, Rééditions 1978.
  • La Revanche de Bozambo. Paris: Présence Africaine, 1968, Rééditions 2000.
  • Les Héritiers de la presqu'île. Paris: Présence Africaine, 1979. (Prix littéraire des Caraïbes 1981)
  • La Fraction de seconde. Paris: Éditions Caribéennes, 1990.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lilyan Kesteloot, « Bertène Juminer », dans Anthologie négro-africaine. Histoire et textes de 1918 à nos jours, EDICEF, Vanves, 2001 (nouvelle éd.), p. 405-407
  • Marcelline Nnomo, « Bertène Juminer », dans Christiane Chaulet Achour, avec la collaboration de Corinne Blanchaud [sous la dir. de], Dictionnaire des écrivains francophones classiques : Afrique subsaharienne, Caraïbe, Maghreb, Machrek, Océan Indien, Éd. H. Champion, Paris, 2010, p. 221-224 (ISBN 978-2-7453-2126-8)
  • Georges Othily, Bertène Juminer : une vie, un destin, l'Harmattan, Paris, 2007, 267 p. + pl. (ISBN 978-2-296-03834-9)

Liens externes[modifier | modifier le code]