Lilyan Kesteloot

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Lilyan Kesteloot
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 87 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
Université Sorbonne-Nouvelle
Université libre de Bruxelles (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Chercheuse, сollecteur de contesVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour

Lilyan Kesteloot – ou Lilyan Fongang[1] Kesteloot – née à Ixelles le et décédée à Paris le [2],[3], est une chercheuse belge spécialiste des littératures négro-africaines francophones, un domaine dans lequel elle peut être considérée comme une pionnière.

Professeur à l'université Cheikh-Anta-Diop (UCAD), puis directrice de recherches à l'Institut fondamental d'Afrique noire (IFAN - fondé en 1936 par Théodore Monod), elle se partage pendant de nombreuses années entre Dakar et Paris où elle est chargée de cours à l'Université Paris Sorbonne (Paris IV).

Biographie[modifier | modifier le code]

Lilyan Kesteloot a vécu au Congo belge avant d'entreprendre des études universitaires à l'Université catholique de Louvain. Après une licence en philologie romane à Louvain en 1955 avec un mémoire sur l’œuvre de Georges Bernanos, elle soutient en 1961 à l'Université libre de Bruxelles une thèse de doctorat intitulée Les écrivains noirs de langue française : naissance d'une littérature[4], publiée en 1963 et régulièrement rééditée depuis lors[5].

En 1962, elle publie une anthologie de textes littéraires et politiques d'Aimé Césaire[6], suivie en 1965 par une anthologie de poésie camerounaise[7].

Sa réflexion s'élargit avec Négritude et situation coloniale, un essai paru en 1968[8]. Au fil des ans, à la suite de ses rencontres avec les griots dépositaires des traditions orales en Afrique de l'Ouest, elle a constitué au départ de nombreux enregistrements une sonothèque qui participe à la sauvegarde du patrimoine littéraire africain et est à la source de recherches actuelles.

Elle commence sa carrière comme professeure à L’École normale supérieure de Yaoundé, où elle participe à la fondation de la revue Abbia, puis enseigne au Mali et ensuite en Côte d’Ivoire et enfin en 1971 au Sénégal à l'invitation de Senghor pour travailler comme directrice de recherche à l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN), au sein de l’Université Cheikh-Anta-Diop. Proche de Senghor, de Césaire et d’Amadou Hampâté Bâ, elle anime un vaste réseau mêlant créateurs, chercheurs, griots et simples amateurs, autour de la négritude et de la littérature négro-africaine[5],[9].

En 1975, à l'Université Paris 3, elle soutient, sur un ensemble de travaux, une thèse d'État de Lettres en 11 volumes, sous le titre Études sur la littérature africaine francophone et traditionnelle[10].

En 1983, en collaboration avec Chérif Mbodj, elle édite Contes et mythes wolof[11]. Un second volume, Du Tieddo au Talibé : contes et mythes wolof, paraît en 1989[12].

En 2001, Lilyan Kesteloot publie une Histoire de la littérature négro-africaine, mise à jour en 2004[13].

En 2006, elle publie Césaire et Senghor. Un pont sur l'Atlantique[14].

En 2009, en collaboration avec Bassirou Dieng, elle édite un choix d'extraits d'épopées africaines commentés, Les épopées d'Afrique noire[15]. La même année paraît son Introduction aux religions d'Afrique[16].

Lilyan Kesteloot est l'auteure de nombreux autres ouvrages spécialisés sur la littérature africaine ; elle participe régulièrement en tant que spécialiste à des conférences sur le sujet. Elle est membre du jury du Prix Étiophile.

Elle décède le à Paris[2].

Elle est l'arrière-petite-nièce des frères Liévin (1850-1888) et Joseph (1855-1882) Van de Velde, et la petite-nièce de Raphaël Stroobant (1868-1895), qui étaient des "pionniers"- explorateurs (belges) du Congo.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Du nom de son second époux, Siméon Fongang, professeur-fondateur en 1986 du Laboratoire de physique de l'atmosphère et de l'océan au sein de l'École supérieure polytechnique - université Cheikh-Anta-Diop à Dakar, mort le 7 janvier 2000. Elle épousa en premières noces Marc Lagneau, philosophe et professeur à l'université catholique de Louvain, disparu prématurément.
  2. a et b « Décès de l'universitaire Lilyan Kesteloot », sur BBC Afrique, (consulté le )
  3. « matchID - Moteur de recherche des personnes décédées », sur deces.matchid.io (consulté le )
  4. Publiée en 1963 par l'Institut de Sociologie de l'Université libre de Bruxelles, 340 p. (ISBN 2-8004-0052-8) [1]
  5. a et b Abdourahman Waberi, « La négritude n’aurait pas connu un tel éclat sans Lilyan Kesteloot », lemonde.fr, (consulté le )
  6. Aimé Césaire : choix de textes, bibliographie, portraits, fac-similés (présentation par Lilyan Kesteloot), Seghers, Paris, 1962, 207 p. (ISBN 2-232-10864-3) [2]
  7. Neuf poètes camerounais : anthologie, Éditions Abbia, Clé, Yaoundé, 1965, 112 p. [3]
  8. Négritude et situation coloniale, Clé, Yaoundé, 1968, 93 p
  9. « Lilyan Kesteloot, professeur et chercheur à l'IFAN : "Les librairies africaines sont dans une situation pitoyable" », in Le Soleil, 15 juillet 2002 [4]
  10. Études sur la littérature africaine francophone et traditionnelle, Université Paris 3, 1975, 11 vol. [5]
  11. Contes et mythes wolof, Nouvelles éditions africaines, 1983, 232 p. (ISBN 2-7236-0908-1) [6]
  12. Du Tieddo au Talibé : contes et mythes wolof, Présence africaine, Agence de coopération culturelle et technique, Paris ; Institut fondamental d' Afrique noire, Dakar, 1989, 204 p. (ISBN 2-7087-0528-8) [7]
  13. Histoire de la littérature négro-africaine, Karthala, AUF, 2004 (mise à jour), 386 p. (ISBN 2-84586-112-5) [8]
  14. L'Harmattan, Paris, (ISBN 2-296-01000-8)
  15. Les épopées d'Afrique noire, Karthala, Unesco, 2009, 626 p. (ISBN 978-2-8111-0210-4)
  16. Introduction aux religions d'Afrique, Alfabarre, Paris, 2009, 147 p. (ISBN 978-2-35759-005-2) [9]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]