Bernard de Ventadour

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Bernard de Ventadour (Bernat de Ventadorn)
Description de cette image, également commentée ci-après

Bernard de Ventadour, enluminure du XIIIe siècle

Nom de naissance Bernard de Ventadour (Bernart de Ventadorn)
Naissance v 1125
Ventadour
Décès v 1195
Abbaye de Dalon
Activité principale
Troubadour puis moine
Auteur
Langue d’écriture occitan
Genres
Tenson, canso, partimen, descort, alba, sirventès,

Bernard de Ventadour (en ancien occitan Bernat de Ventadorn), né vers 1125 à Ventadour, mort vers 1200 à l'Abbaye de Dalon étant moine. Il est l'un des plus célèbres troubadours.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa vie romancée, tirée des vidas écrites un demi-siècle plus tard par Uc de Saint-Circ, le dit fils d'un homme d'armes et d'une boulangère du château de Ventadour en Corrèze. Une lecture plus fine de ces vidas, et de la Satire de Peire d'Alvernhe qui les a inspirées, laisse entendre qu'il ne fut peut-être pas d'origine si modeste, mais le bâtard du grand seigneur - Ebles II de Ventadour ou de Guillaume IX d'Aquitaine lui-même. William Padden l'assimile à un Bernart, membre de la lignée des Ventadour, qui mourut abbé de Saint-Martin de Tulle. Quoi qu'il en soit de ses origines, il semble bien qu'il devint le disciple de son seigneur, le vicomte Ebles II Lo Cantador qui l'instruisit dans l'art de la composition lyrique dite trobar. Il aurait composé ses premiers chants pour la femme du fils de ce seigneur, la Vicomtesse de Ventadour, Marguerite de Turenne, ce qui lui valut d'être chassé du château par le Vicomte Ebles II, jaloux qui de plus répudia son épouse. Ses pas le menèrent à Montluçon puis à Toulouse.

Il fut ensuite accueilli à la cour d'Aliénor d'Aquitaine, Duchesse d'Aquitaine et de Gascogne, dont il devint amoureux. En 1152 devenue l'épouse du roi Henri II Plantagenet, duc de Normandie et comte d'Anjou, elle suivit son mari en Angleterre peut-être accompagnée par Bernart de Ventadour qui aurait assisté au couronnement du Roi d'Angleterre en 1154. Il revint en France et dépité, passa au service de Raymond V de Toulouse puis on le trouva à Narbonne et, selon sa vida, il finit par rejoindre l'ordre de l'abbaye de Dalon après la mort du comte de Toulouse en 1194. Il y achève sa vie en ayant abandonné la création de chansons et renoncé aux plaisirs du siècle.

Ses 45 chansons dont 20 traduites - cansons en occitan - riches et limpides, nourries de sentiments personnels, font allusion aux personnages historiques : le « Reis Engles », le Roi d'Angleterre, le « Seigneur de Beaucaire » ou « Raynard V », le comte de Toulouse. On le considère comme l'un des meilleurs musiciens de son temps et parmi les plus grands poètes de l'amour en langue d'oc.

Extrait[modifier | modifier le code]

Lo tems vai e ven e vire

Per jorns, per mes e per ans,

Et eu, las no.n sai que dire,

C'ades es us mos talans.

Ades es us e no.s muda,

C'una.n volh e.n ai volguda,

Don anc non aic jauzimen.

Pois ela no.n pert lo rire,

E me.n ven e dols e dans,

C'a tal joc m'a faih assire

Don ai lo peyor dos tans,

- C'aitals amors es perduda

Qu'es d'una part mantenguda -

Tro que fai acordamen…

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Moshé Lazar, Chansons d'amour de Bernart de Ventadorn, Carrefour Ventadour, 2001 (ISBN 2-9516848-0-0)
  • Carl Appel, Introduction à Bernart de Ventadorn, Carrefour Ventadour, 1990, (ISBN 2-9516848-3-5)
  • Léon Billet, Bernard de Ventadour, troubadour du XIIe siècle : promoteur de l'amour courtois : sa vie, ses chansons d'amour, Tulle, Orfeuil, 1974
  • Marguerite-Marie Ippolito, Bernard de Ventadour : troubadour limousin du XIIe siècle : prince de l’amour et de la poésie romane, Paris, L’Harmattan, 2001 (ISBN 2-7475-0017-9)
  • Luc de Goustine, Fou d'amour, chansons de Bernard de Ventadour, Gardonne, éditions fédérop, 2016, (ISBN 978-2-85792-229-2)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]