Peire Vidal

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Peire Vidal
BnF ms. 12473 fol. 27 - Peire Vidal (1).jpg
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Peire Vidal (Fin XIIe siècle - début du XIIIe siècle - on perd sa trace vers 1205) est un troubadour de langue occitane originaire du Languedoc.

Fils d’une famille aisée de Toulouse, ce troubadour est à la fois un poète de l’amour et un homme public : options politiques et amours tumultueuses sont étroitement liées.

Esprit libre et indépendant, il s’instaure en conseiller des suzerains, et son franc parler lui vaut quelques revers du destin.

Son œuvre à l’esthétique travaillée et présente, émouvante, légère, nous conserve l’image d’un amoureux éternel mais à chaque fois passionné et sincère ; elle amorce aussi une nouvelle forme de l’art des troubadours.

Il est à Malte vers 1204-1205[1] à la cour du comte de Malte, le corsaire Enrico Pescatore[2],[3] qu'il célèbre dans ses poèmes[4].

Grand amateur de femmes, il est, et sera toute sa vie, pourchassé par des maris jaloux, qui ont de solides raisons de l’être. Un chevalier de Saint Gilles lui fait même couper un bout de la langue pour le punir d’avoir eu l’outrecuidance de se vanter, publiquement, d’être l’amant de sa femme. Cette affaire faisant grand bruit en Provence, le troubadour toulousain part pour la Grèce. Il y épouse une très jolie fille qu’il croit être la nièce de l’empereur de Constantinople et, fort de cette conviction, il dépense une fortune à armer une flotte destinée à conquérir son « empire en attente d’héritage ». Il est ainsi, Peire Vidal ! Méprisant les avares, il dépense sans compter… l’argent de ses protecteurs. Avec sa femme, pendant leur équipée grecque, ils voient grand en tout. Pourquoi ne se donneraient-ils pas des titres impériaux ? Ils se les donnent. A son retour en France, il se brouille avec Raymond V qui lui interdit l’entrée dans Toulouse. Leur désaccord va durer pendant quelques années au cours desquelles ils vont se battre à coups de mots. Mais la profonde amitié n’est pas atteinte et les beaux jours reviennent. Lorsque Raymond V meurt en 1194, Peire Vidal, en signe de deuil, s’habille de noir, fait couper les oreilles et la crinière de ses chevaux et oblige ses serviteurs à se laisser pousser barbe et ongles. Lors d’un séjour en Provence, le turbulent troubadour vit un grand amour qui fait scandale avec la belle Vierna, vraisemblablement fille d’Arles. Tous les poèmes du « grand fol » nous content ses amours et ses voyages mouvementés. L’une de ses œuvres retrace ce qui semble bien être la plus extraordinaire de ses aventures. Il y chante ses liens avec la fille du comte de Pennautier… Amours furtives de la séduisante Orbria avec le poète qui la rejoint vêtu d’une peau de loup… Chassé et battu par les bergers trompés par son déguisement, il est porté, un jour, à demi mort chez sa belle, la « louve de Pennautier » comme elle fut surnommée.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Peire Vidal fut le premier troubadour à avoir fait l'objet d'une édition critique de ses œuvres par Karl Bartsch en 1857.

  • Les poésies de Peire Vidal, éditées par Joseph Anglade, Librairie Honoré Champion éditeur, (les classiques du Moyen Âge) Paris, 1913
  • Le Loup amoureux (poèmes de Peire Vidal) traduction de Francis Combes, Fédérop, coll. "Troubadours", Gardonne, 2014

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Graziani, Antoine-Marie Histoire de Gênes, Librairie Fayard 2009, (ISBN 978-2-213-64726-5) en ligne sur Google Livre
  2. Houben, Hubert Enrico, conte di Malta in Encyclopédie Treccani, en italien
  3. Camille Chabaneau Les biographies des troubadours en langue provençale
  4. (it) Joseph M. Brincat, « Le Poesie “Maltesi” di Peire Vidal (1204-5) », Malta Historica, vol. 7, no 1,‎ , p. 65-89 (lire en ligne)