Halles aux draps (Ypres)

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Halles aux draps d'Ypres
Lakenhalle
De Lakenhal met het Belfort, Ieper.jpg
Présentation
Type
Beffroi, musée militaire, cloth hall (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Construction
1200-1304
(reconstruction de 1933 à 1967)
Destination initiale
Statut patrimonial
Site web
Géographie
Pays
Région
Province
Commune
Localisation
Coordonnées
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Les Halles aux draps d'Ypres (Lakenhalle van Ieper en néerlandais) sont un des plus grands bâtiments civils de style gothique en Europe, qui domine la Grand-Place d'Ypres, dans la province de Flandre occidentale en Belgique. Le bâtiment d'origine fut construit entre 1200 et 1304[1]. Il a été reconstruit à l'identique entre 1933 à 1967 après avoir été détruit durant la Première Guerre mondiale.

Les halles aux draps étaient utilisées comme lieu de commerce des produits de l'industrie du drap. Dans chaque ouverture de porte au rez-de-chaussée se vendait du drap, tandis que l'étage supérieur sous les hautes toitures était un espace de stockage de la matière première et du drap, qui permettait un contrôle fiscal et normatif de la production et du commerce par la ville. Ypres était renommée au Moyen Âge pour son drap de qualité qui était exporté dans l'Europe entière. Le beffroi quant à lui était le symbole de l'autonomie communale, on y conservait précieusement les chartes de la commune, ainsi que les archives et le trésor. Il servait aussi de tour de garde. Les cloches permettaient d'organiser et synchroniser l'activité de la cité.

Actuellement les Halles aux draps sont inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO (Beffrois de Belgique et de France). La plus grande partie du bâtiment abrite le musée In Flanders Fields consacré à la Première Guerre mondiale.

Description[modifier | modifier le code]

Le beffroi est commencé en 1200, tandis que les halles sont commencées en 1230. La majorité des bâtiments est construite d'un seul jet dans le milieu du XIIIe siècle[2]. En 1304 l'ensemble est achevé. L'édifice dans sa globalité présente donc un style très homogène, dans la plus pure architecture gothique du XIIIe siècle, fruit d'un seul projet. C'est l'un des plus anciens monuments civils urbains au nord des Alpes, et également l'un des plus vastes en Europe. Le déclin de la ville aux périodes suivantes a préservé l'homogénéité du bâtiment originel, très bien conservé jusqu'à la Première Guerre mondiale, car il n'a jamais nécessité d'agrandissement ou de modification importante par la suite, ni de reconstruction dans un autre style.

Les ailes du bâtiment sont organisées autour de deux cours intérieures étroites et forment un vaste quadrilatère irrégulier en longueur. Le long côté nord-ouest qui fait face à la cathédrale Saint-Martin est légèrement brisé en deux pans formant un angle rentrant. La façade sud-est qui donne sur la Grand-Place s'étend sur pas moins de 125 mètres de longueur. Très ordonnée et rythmée, cette façade parfaitement droite et symétrique est composée de 48 travées. Elle est dominée en son centre par l'imposant beffroi de la ville, d'une hauteur de 70 mètres, avec un dragon doré à son sommet.

Les cinq angles externes formés par l'ensemble des halles (les quatre coins principaux, et l'angle légèrement rentrant du côté de la cathédrale) sont marqués par de saisissantes tourelles d'angle sur encorbellements, en forme d'immenses pinacles élancés qui paraissent suspendus dans le vide, elles sont surmontées de flèches gothiques en pierre avec de multiples crochets. Ces tourelles sont identiques aux quatre tourelles d'angle qui couronnent le haut du beffroi, avec les mêmes dimensions.

L'élévation des halles est composée de trois niveaux de hauteurs inégales séparés par des cordons, dont l'horizontalité contraste avec la verticalité du beffroi. Le troisième niveau est le plus haut, avec des baies doubles en ogives qui sont alternativement vitrées et aveugles. Les remplages des baies vitrées ont trois trèfles à trois lobes alors que ceux des baies aveugles en ont qu'un à quatre lobes. Les baies aveugles sont en fait des niches qui abritaient des statues représentant les comtes et comtesses de Flandre (deux statues par baie), mais seules les niches au niveau du beffroi ont été ornées à nouveau de statues après la guerre. Le tout est surmonté d'un parapet crénelé, délicatement orné de fines arcatures gothiques et de trèfles, qui forme une longue frise ininterrompue, et qui souligne la base des gigantesques toitures. Les façades des autres ailes des halles sont composées des mêmes travées, avec une élévation et une décoration identiques, visibles sur la façade sud-ouest. Cependant la longue façade nord-ouest qui regarde la cathédrale est légèrement différente, car les deux niveaux inférieurs y sont réunis en un seul qui forme un rez-de-chaussé plus élevé, mais le niveau supérieur avec ses grandes baies et le parapet y sont identiques à ceux des autres façades.

La courte façade nord-est vers la Grand-Place est flanquée et cachée par un bâtiment mitoyen de style Renaissance tardive flamande (présentant encore des éléments gothiques et déjà des aspects baroques), avec des pignons à volutes. C'est le Nieuwerck (littéralement « nouvel ouvrage ») construit en 1619, et qui abrite l'hôtel de ville.

Destruction et reconstruction[modifier | modifier le code]

Le bâtiment fut entièrement détruit durant la Première Guerre mondiale et reconstruit après le conflit. Après de longs débats et des querelles d'amateurs et d'experts, les architectes, parmi lesquels Jules Coomans, optèrent pour une restitution fidèle et rigoureuse du bâtiment à partir des relevés effectués avant et pendant la guerre. La reconstruction de la cathédrale Saint-Martin située à l'arrière venait d'être achevée lorsqu'on entreprit la reconstruction des halles. Les halles actuelles sont donc une réplique exacte du bâtiment médiéval tel qu'il subsistait avant la guerre. Des parties du monument d'origine sont encore visibles au bas des halles et à la base du beffroi. La plupart des éléments réutilisables retrouvés dans les ruines et les gravats ont été réintégrés au monument et ont servi de modèle pour les éléments manquants. Les travaux de reconstruction prirent fin en 1967.

Le carillon[modifier | modifier le code]

Le beffroi abrite un carillon de 49 cloches qui totalisent 11,892 tonnes de bronze. Son fonctionnement est automatique, il joue toutes les heures la mélodie de la chanson Het Iepers Tuindaglied. La moitié de la mélodie est jouée pour la demi-heure, et une version plus courte encore est jouée pour le premier et le troisième quarts d'heure.

Galerie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. https://web.archive.org/web/20060513092554/http://www.trabel.com/ieper/ieper-clothhall.htm
  2. Guide d'architecture de la métropole lilloise (Lille Métropole-Courtrai-Tournai-Ypres), éditions Le Passage, 2009, (ISBN 978-2-84742-128-6), pages 92-93.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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