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Base d'aéronautique navale de Lann-Bihoué

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Base Aéronavale de Lann-Bihoué
Image illustrative de l’article Base d'aéronautique navale de Lann-Bihoué
Blason 2024 de la BAN de Lann-Bihoué
Image illustrative de l’article Base d'aéronautique navale de Lann-Bihoué
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Ville Ploemeur (Lorient)
Coordonnées 47° 45′ 39″ nord, 3° 26′ 23″ ouest
Altitude 49 m (160 ft)
Informations aéronautiques
Code IATA LRT
Code OACI LFRH
Nom cartographique L. LANN BIHOUE
Type d'aéroport mixte (militaire et civil)
Gestionnaire Marine nationale
Pistes
Direction Longueur Surface
07/25 2 403 m (7 884 ft) revêtue
02/20 1 670 m (5 479 ft) revêtue
Géolocalisation sur la carte : arrondissement de Lorient
(Voir situation sur carte : arrondissement de Lorient)
LRT
Géolocalisation sur la carte : Morbihan
(Voir situation sur carte : Morbihan)
LRT
Géolocalisation sur la carte : Bretagne (région administrative)
(Voir situation sur carte : Bretagne (région administrative))
LRT
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
LRT

La base d'aéronautique navale de Lann-Bihoué (ou BAN Lann-Bihoué) est une base d'aéronautique navale de la Marine nationale française[1], située sur les communes de Ploemeur, Gestel et Quéven, à km à l'ouest de Lorient (Morbihan) et qui accueille également l'aéroport civil de Lorient - Bretagne Sud (code IATA : LRT  code OACI : LFRH), une Brigade de Surveillance Aéromaritime des Douanes (BSAM) et à proximité immédiate, l'hélistation de la Sécurité civile de Lorient (Dragon 56).

Elle est la deuxième plus grande base aérienne militaire de France et la plus grande base aéronavale d'Europe[2],[3].

Elle accueille cinq Flottilles de l'aviation navale : la Flottille 4F, la Flottille 21F, la Flottille 23F, la Flottille 24F et la Flottille 28F[4].

Elle accueille également à des fins d'entrainement et de préparation à l'embarquement des avions de combat (Dassault Rafale) qui opèrent sur la BAN de Landivisiau et le porte avions nucléaire Charles de Gaulle.

L'appellation « Lann-Bihoué » est d'origine bretonne et trouve ses racines dans la toponymie rurale du pays de Lorient.

Le premier terme, lann, fait référence à la lande, un paysage de bruyères et d'ajoncs typique du climat océanique, mais revêt également une dimension sociale forte en désignant historiquement des terres communes non cultivées utilisées pour la litière ou le pâturage des animaux.

Le second terme, Bihoué, provient du nom d'un ancien chef de territoire ou propriétaire local, dont les mentions écrites les plus anciennes remontent au XIVe siècle.

Au fil des siècles, le patronyme a connu diverses variations orthographiques (Bevoy, Bezvoay, Bezoay ou Bihouay) tout en conservant une prononciation identique.

C'est lors de la création de l'aéroport civil dans les années 1930 sur ces anciennes landes, situées dans la trève de Bihoué sur la commune de Quéven, que le site a définitivement hérité de ce nom de « Lann-Bihoué »[5].

L'histoire de l'aviation maritime lorientaise commence en 1912, avec la création du premier comité d'aviation qui organise des manifestations en faveur de l'aviation maritime.

Base d'aéronautique navale de Lann-Bihoué dans les années 1950.
Base d'aéronautique navale de Lann-Bihoué en 1953 (aujourd'hui seuil de piste 02, aéroport civil, aéro-club, terminal militaire...)

À la suite du succès de ces manifestations, le Ministre de la Marine promet de donner le nom de "Ville de Lorient" à l'un des 12 hydroplanes qui seront commandés en avril 1914.

Au cours du premier conflit mondial, pour surveiller le trafic maritime, les mouvements de sous-marins et la présence de mines, les côtes françaises sont divisées en secteurs de défense et le centre aéro-maritime de Lorient (CAML), mettant en œuvre des hydravions et des ballons captifs est créé en avril 1917, sur la rive gauche du Scorff, au lieu-dit de la "Pointe du Malheur".

En juin 1917, le CAML fait partie des « patrouilles aériennes de la Loire » et assure la surveillance du secteur allant de la pointe de Penmarc'h à l'embouchure de la Loire. Il est dissous en décembre 1920 et son personnel est affecté au CAM Brest.

Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale

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De 1920 à 1925, l'activité aéronautique reprend à Lorient en été, lors des exercices généraux mettant en œuvre les escadres de la Méditerranée, du Nord, les hydravions d'Hourtin, de Brest et de Cherbourg.

À compter du , Lorient devient « une simple base d'exercice », assurant l'entraînement des pilotes.

En 1933, la chambre de commerce cherche à implanter un terrain d'aviation dans le Morbihan.

Les débuts de l'aviation à terre à Lann Bihoué remontent à 1938. À l'époque, un aéro-club utilise une petite plate-forme à la croisée des deux pistes actuelles. Le nom de la base provient du hameau de Bihoué qui se situait à cet endroit. Bihoué, ou Bezehoi, vient du breton Bezvhoed signifiant la « Boulaie ».

Ne pouvant assumer les dépenses de l'aérodrome, la chambre de commerce vend en 1939 42 hectares à la Marine pour l'aéronautique navale. Le projet de base aéronavale est interrompu par l'armistice de 1940.

Dès leur arrivée en 1940, les Allemands s'intéressent au site et entreprennent de relancer le projet en l'élargissant considérablement à 1 200 hectares sur les communes de Guidel, Ploemeur et Quéven. À partir de mars 1941, ils débutent la construction d'une importante base comprenant deux pistes de 2 000 mètres, des parkings très dispersés, de nombreux abris et hangars dont certains existent toujours.

À fin 1941, la base, qui s'appelle alors Kerlin-Bastard, accueille des Messerschmitt Bf 109, Heinkel He 111, Focke-Wulf Fw 200, Junkers Ju 88, Bücker Bü 131 et Fieseler Fi 156. Ses missions étaient la protection des sous-marins de la Kriegsmarine entrant et sortant de la base sous-marine de Lorient, le flux logistique avec l'Allemagne, les relèves d'équipages des U-Boote et l'attaque des convois alliés au large de l'Irlande.

En juin 1942 la base compte une centaine d'avions. À la suite du débarquement allié, l'activité aérienne décline. Les troupes allemandes sur place freinent l'avancée des troupes alliées vers Lorient et compromettent la libération du secteur en créant une poche de défense pendant 9 mois jusqu'à la fin des hostilités[6].

Le , les 16 000 soldats allemands toujours sur place se rendent.

Après la Seconde Guerre mondiale

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L'Armée de l'air française prend possession du terrain et entreprend sa remise en état.

À partir de 1951, l’escadrille 1S et la flottille 10F de patrouille maritime y stationnent, avec des Avro Lancaster. En août 1953, la flottille 25F s’installa également sur le site du «Poullo».

À partir du , la flottille 24F quitte l'Indochine pour rejoindre la BAN de Lann-Bihoué, où elle effectue des missions de surveillance du littoral Atlantique.

L’escadrille 56 S rapatriée d’Agadir en 1960 s’installe d’abord à Lorient avant de rejoindre Nîmes en 1964[7].

Lockheed SP-2H Neptune de la 25F en 1973
Breguet 1150 Atlantic de la 23F en 1983

À partir de 1964, la base de Lann-Bihoué acquiert le statut de base principale de l’aviation de patrouille anti-sous-marine et anti-surface de la façade atlantique, fonction assurée par la BAN Nîmes-Garons pour la façade méditerranéenne.

De 1964 à 1968, les flottilles 12F et 14F opèrent sur F-8E(FN) Crusader depuis la base.

Après 1970, une escadrille, la 2S, et quatre flottilles sont stationnées à Lann-Bihoué : la 4F, sur Breguet Alizé, les 23F et 24F, sur Breguet Atlantic, et la 25F sur Lockheed Neptune.

La fermeture de la BAN Nîmes-Garons en 2011 conduit au format actuel de Lann-Bihoué : une importante plate-forme d’où évoluent cinq flottilles, dont l’une est attachée au Groupe Aérien Embarqué, la 4F et ses Grumman E-2C Hawkeye.

La 24F, équipée de Falcon 50M, se consacre aux missions de surveillance et de secours maritime. Deux flottilles sont centrées sur la patrouille maritime, les 21F et 23F en Atlantique 2 ou ATL2[8].

En 2014 sur 35 000 mouvements par an, 33 % sont effectués par les aéronefs militaires, 38 % d’aéroclubs, 15 % sont des transporteurs civils et 10 % par d’autres opérateurs (Douanes, Sécurité civile).

En 2023, la BAN de Lann-Bihoué est l’une des plus grandes bases aériennes de France[9],[10] et une des plus grandes d’Europe[11] en superficie. Elle emploie 2 000 personnes, dont 350 civils, et utilise 30 aéronefs. Elle s’étend sur 800 hectares répartis entre les communes de Ploemeur, Quéven et Guidel pour une circonférence de 21 km. Sa piste principale 07/25 de catégorie C, longue de 2 400 m, est partagée avec l'aéroport civil de Lorient-Bretagne-Sud, ouverte au trafic national et international commercial. Il s'y trouve également une piste secondaire 02/20 de 1 670 m[12],[8].

En 2025, les avions de la base de Lann-Bihoué ont cumulé 12 000 heures de vols, 900 jours de déploiements pour les Atlantiques 2 et les Falcon 50, ainsi qu’un déploiement de 140 jours en mer sur le Charles-de-Gaulle pour les Hawkeye[13].

Les unités présentes actuellement sur la BAN

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Grumman E-2C Hawkeye de la marine française
Falcon 50 de la 24F en 2010.
Futur Falcon 2000 Albatros de la 24F.

Flottille 4F (- et depuis )

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Flottille de guet aérien embarqué, équipée en 1960 du Breguet Br.1050 Alizé ( - ) , elle se dote d' E2-C Hawkeye en 2000[14]. Missions : à partir d’un porte-avions, assurer la sûreté d’une force navale contre les menaces aériennes et de surface grâce aux capacités du Hawkeye dans la détection, l’identification lointaine, le contrôle et le guidage des avions d’interception. Courant 2027, la 4F sera donné du nouvelle E-2D Advanced Hawkeye[15].

Flottille 21F (- et à partir de l'été 2011)

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Flottille de patrouille maritime[16] et 23F (depuis )[17], équipées d'Atlantique 2. Missions : renseignement en mer et établissement de la situation tactique au profit d'une force navale, lutte anti-sous-marine et anti-surface, missions de service public.

Également équipée des avions suivants:

Flottille 24F (-, - et depuis )

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Flottille de surveillance maritime[20], équipée de Falcon 50M. Missions : surveillance maritime, lutte contre le narco-trafic, recherche et sauvetage en mer[21]. Equipée des avions suivants:

Flottille 28F (à partir de l'été 2010)

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Flottille de soutien aux forces[23], équipée d'Embraer EMB 121 Xingu. Missions : mise en condition opérationnelle des flottilles de l’aviation embarquée et de la patrouille maritime, soutien logistique des états-majors et des unités.

Les unités anciennement présentes sur la BAN

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Crusader de la 14F.

Les flottilles basées à la BAN sont plus particulièrement chargées de la patrouille maritime et du sauvetage en mer au moyen d'Atlantique 2 et de Falcon 50M ainsi que des bimoteurs de guet aérien embarqués E-2 Hawkeye lorsqu'ils ne se trouvent pas sur le porte-avions Charles de Gaulle.

S'y trouve également des bimoteurs Embraer EMB-121 Xingu.

La Flottille 24F, par exemple, a évidemment exploité plusieurs types d'avions au cours de son histoire.

En 2010 et 2011, à la suite de la fermeture programmée de la BAN Nîmes-Garons, les flottilles 21F et 28F gagnent la BAN Lann-Bihoué, tout comme un certain nombre d'autres entités basées à Nîmes (CENTEX PATSIMAR, École du Personnel Volant)[24].

La BAN Lann-Bihoué comprend une compagnie de fusiliers marins, chargés de la protection et de la surveillance du site[25].

Les chiffres de la BAN de Lann-Bihoué

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  • 2 000 personnes y travaillent dont 350 personnels civils[26],
  • 14 000 heures de vols par an,
  • 800 hectares sur 22 km de périmètre,
  • 250 000 m² de bâtiments,
  • 30 avions basés[27],
  • 2 pistes croisées et enrobées de 2 403 mètres et 1 670 mètres (construites en 1941, refaites en 1989 puis rénovées en 2014 et 2020)[28].

Blasons des Flottilles présentes

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L'Atelier industriel de l'aéronautique (AIA) de Bretagne

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Logo de l'AIA-SIAé.

L'Atelier industriel de l'aéronautique (AIA) de Bretagne est une entité du Service industriel de l'aéronautique (SIAé), l'organisme militaire rattaché à l’Armée de l’air, chargé de la maintenance des aéronefs des forces armées françaises (Air, Terre, Mer) qui emploie 690 personnels civils et militaires[29],[30].

L'AIA de Bretagne est projeté au plus près des forces navales grâce à trois antennes régionales implantées sur les bases d'aéronautique navale de Lann-Bihoué, la BAN Landivisiau (Finistère) et celle de Lanvéoc-Poulmic (Finistère)[29].

Son action s'articule autour de quatre missions principales[29] :

  • La maintenance des aéronefs : la réalisation des réparations préventives et curatives programmées.
  • Le soutien opérationnel de proximité : une assistance technique directe aux flottilles, représentant environ 150 interventions mensuelles en s'appuyant sur sa réactivité géographique.
  • La formation professionnelle : l'instruction et le perfectionnement des marins spécialisés dans le domaine de l'aéronautique.
  • L'expertise technique : un rôle de conseil et d'ingénierie au profit des instances de l'aéronautique militaire.

Les locaux de Lann-Bihoué comptent un hangar de 2 740 m² capable de recevoir un ATL2 (ou son successeur à l’horizon 2030 comme l'Airbus A321 MPA), 1 130 m² d’ateliers spécialisés pour les services avions et équipements, un magasin logistique et 1 500 m² de bureaux dont la direction de l'AIA de Bretagne qui dispose de plus de 300 personnels (2020)[31].

Le bagad de Lann-Bihoué

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Logo 2024 du Bagad de Lann-Bihoué.

Ambassadeur prestigieux de la Marine nationale, le bagad de Lann-Bihoué est une formation de musique bretonne unique au sein des armées françaises.

Créé en 1952 sur la base d'aéronautique navale éponyme, près de Lorient, l'ensemble a su perdurer malgré deux menaces de dissolution en 1969 et 2000.

Depuis 2001, il s'est professionnalisé, remplaçant ses anciens conscrits par trente sonneurs engagés sous contrat.

Véritable vecteur d'influence culturelle, le bagad représente la France et la Marine lors de grandes cérémonies nationales et internationales, se produisant régulièrement devant des chefs d’État.

Son répertoire, riche de 90 minutes, est entièrement écrit et arrangé par ses membres, qui y intègrent leurs spécificités stylistiques et leurs terroirs de prédilection. Fort d'une quinzaine d'albums produits en soixante ans, il collabore fréquemment avec des artistes de renom, contribuant ainsi au rayonnement et à la modernisation de la musique celtique bien au-delà des frontières de la Bretagne.

La chanson Le Bagad de Lann-Bihoué est sortie en 1978 sur l'album Toto 30 ans, rien que du malheur..., cette chanson emblématique est le fruit de la collaboration entre Alain Souchon (paroles) et Laurent Voulzy (musique). À travers une mélodie empreinte de nostalgie, elle brosse le portrait mélancolique d'un homme aux prises avec ses espoirs déçus. Le protagoniste y exprime son regret face à une vie ordinaire, loin des rêves de gloire et du prestige qu'il associait à l'image éclatante du célèbre ensemble de la Marine nationale. La chanson a contribué à faire connaître le bagad de Lann-Bihoué partout en France[32].

Le groupe s'est produit devant le Général de Gaulle, les présidents Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand, la reine Élisabeth II, le couple princier de Monaco[33] et le pape Jean-Paul II en 1996 à la base de Lann-Bihoué[34].

Aviation Défense Service (AVdef)

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Logo de AVdef.

AVdef (Acronyme de Aviation Défense Service) est une société créée en 1989 où le siège social est basé sur l'aéroport de Nîmes-Garons.

Cette entreprise possède aussi une base secondaire à Lorient sur la base aéronavale de Lorient-Lann Bihoué.

Son rôle est d'effectuer des missions au profit des armées notamment le remorquage de cibles, la plastron radar, la simulation de menace aérienne ou l'entrainement au ravitaillement en vol.

AvDef est également au service des industriels (vols d'essais, photo/vidéo systèmes aéroportés etc).

La maintenance des aéronefs est également faite par AvDef. Elle possède des Falcon 20, Cessna F406 et Jetstream 41.

Les deux Jetstream 41 (F-HAVD et F-HAVF) modifiés pour permettre la formation de l’ensemble du personnel navigant non pilote de l’aéronautique navale sont basés à Lann-Bihoué[35].

La Brigade de surveillance aéromaritime des douanes de Lann-Bihoué

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Insigne de la BSAM de Lann-Bihoué.

La surveillance aéromaritime douanière se structure à partir du début des années 1960. Après la mise à disposition par la Marine nationale d’un hélicoptère Alouette II, la Douane aéromaritime s’équipe progressivement de façon autonome : les quatre avions bimoteurs Dornier Do 28 sont remplacés par des Cessna 404 Titan alors que l’hélicoptère Alouette est remplacé par des hélicoptères Ecureuil mono-moteur puis bi-turbine[36].

La BSAM (Brigade de surveillance aéromaritime) de Lann-Bihoué est née en 1970, d'abord équipée de Dornier Do-28 (le 1er immatriculé est F-ZBBL). En 1975, un Rockwell Aerocommander AC 685 (F-ZBBU) vient compléter le potentiel et l’effectif douanier spécialisé est porté à 12 agents.

En mars 1977, le premier Cessna F404 Titan arrive (F-ZBBZ) puis l'Alouette est remplacée par l'AS 350B Ecureuil (F-ZBDS) venant de la BSA de Saint Mandrier (Toulon)[37].

A compter de 1980, de nouveaux Cessna F404 Titan renforcent et modernisent le dispositif (n°448 F-ZBDU suivi du n°640 F-ZBDW) qui compte désormais 19 agents. L'Aerocommander 685 F-ZBBU est réformé.

En 1988, les Cessna F406 de surveillance maritime "Surmar" sont mis en service et à la fin des années 1990, un avion spécialisé de détection des pollutions maritimes “Polmar III” (Cessna F406 doté de capacités d’identification nocturne)[38].

En 1989, une équipe de maintenance est créée avec 7 techniciens au sol.

La base douanière héberge également la cellule d’instruction d'avions de la Douane (CIAD) qui obtient sa licence DGAC le 23 mars 2000.

Le mardi 4 janvier 2005, à 11h20, au cours d’un vol d’instruction du CIAD sur Cessna F-406 immatriculé F-ZBBB, à l’issue d’un exercice de coupure du moteur droit consécutive à une simulation de baisse de pression d’huile, des flammes apparaissent en sortie des tuyères lors de la tentative de rallumage. Sur ordre du pilote instructeur, le pilote à l’instruction interrompt la séquence de redémarrage. Les flammes disparaissent après quelques secondes. Le retour à la base de Lann-Bihoué et l’atterrissage sont effectués en vol monomoteur. Le BEA Défense est saisi et conclu à un incident d'origine technique (conception du fonctionnement d'un système de l'avion)[39].

En 2010, la BSAM de Lann-Bihoué compte 8 pilotes, 11 navigants techniques, 7 techniciens au sol et 1 secrétaire[40].

Dès les années 2010, La BSAM passe à des avions pressurisés de type Beeachcraft King-Air 350ER.

En 2017, elle dispose de 2 avions SURMAR et 1 avion POLMAR[41]. Le dernier F406 a été retiré le 30 novembre 2018[42].

Au 1er septembre 2022, les Garde-Côtes disposent d'un seul appareil Beechcraft 350ER King Air[43].

Le 18 octobre 2022, en condition de visibilité réduite à Lorient, le contrôle aérien de la BAN autorise simultanément l’inspection de piste par le véhicule « Starter » et le décollage d’un Super King Air immatriculé F-ZBGM de la BSAM de Lann-Bihoué en 07/25. Percevant trop tardivement le défaut de coordination, les contrôleurs ne peuvent empêcher le véhicule « Starter » d’engager la piste en service devant l’avion, alors que celui-ci a atteint les 100 kt. L’équipage du Super King Air aperçoit suffisamment tôt le véhicule pour réussir un freinage d’urgence. Les membres d’équipage sont indemnes et l’appareil est intact[44].

La Brigade de surveillance aéromaritime des Douanes de Lann-Bihoué est une unité de la Direction nationale garde côtes des douanes de la Direction générale des douanes et des droits indirects.

Base Hélicoptère de la Sécurité civile « Dragon 56 »

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Insigne Dragon 56 de la Sécurité Civile de Lann-Bihoué.

C’est le 19 Juin 1957 que la Protection Civile crée le groupement d’hélicoptères qui sera sous la responsabilité du Ministère de l’Intérieur, installé sur l'héliport d'Issy Les Moulineaux.

Le 25 novembre 1957, le groupement d’hélicoptères de la Protection Civile crée la base de Lorient pour le secours en mer sur le site de la Base Aéronavale de Lann-Bihoué. C’est la première base, avec celle de Grenoble crée en juillet par la « Protection Civile ». Elle dispose alors d'un hélicoptère Bell 47 G2[45] avec une civière extérieure[46], nom de bapteme « Lieutenant-Colonel Curie ». Le centre est dirigé par le lieutenant des Sapeurs Pompiers de Paris Valler qui est également pilote avec le Gardien de la Paix CRS Robert, épaulés de deux mécaniciens, le Sergent des Pompiers de Paris Macé et le Gardien de la Paix CRS Le Berger[47]. L'hélicoptère intervient aussi bien sur le Morbihan que sur le Finistère (Ouessant, île de Sein...)[47].

Les locaux de la Protection civile se trouve alors au sein de la flottille 24F au lieu dit Kerambars sur la commune de Guidel[47].

Etrangement, l’hélicoptère Dragon 56 assure aussi une mission postale en hiver avec l'Ile de Sein, suite à une convention avec la Poste pour acheminer le courrier le mercredi, jour de relâche du bateau en basse saison[46].

En 1959, la base de Lorient ouvre un détachement à Quimper (Finistère). Ce détachement est armé jusqu'en 1962, par un BELL 47 G2, la base de Quimper (Dragon 29) ouvrant de façon autonome en 1963[48].

Le 24 janvier 1960, deux membres de la protection civile de la base hélicoptère de Lorient, Jacques Dumas (Pilote) et le Sous-Brigadier de police Raoul Le Berger (mécanicien), détachés de la Sûreté nationale pour être mis à disposition de la Protection civile, procèdent au sauvetage de quatre marins, dont le chalutier « La Souriante » avait fait naufrage face à la barre d’Etel couché sur un banc de sable, à bord du Bell 47 G2 (N°157 F-BILH). Le mat du bateau vient toucher le rotor de l'hélicoptère. Les deux membres disparaissent à jamais dans les violents rouleaux, morts en service commandé, le 1er accident mortel d’un équipage Protection civile en mission[49],[50].

En 1962, l’Alouette II SE 3130 remplace le BELL 47 G2[49].

En 1967, la base de Lorient dispose d'une Alouette II immatriculée F-ZBAB. Elle a effectué 314 missions cette années là dont 220 pour le transport d'urgence de malades ou blessés, en majorité des îliens (Groix, Belle-Ile, Houat ou Hoëdic principalement ainsi que la presqu'île de Quiberon) [51],[52].

En 1969, l'Alouette de Lorient effectue 370 opérations classant une nouvelle fois, Lorient au premier rang des sections héliportées de la Protection Civile[53].

Le 16 février 1970, l'hélicoptère Alouette II immatriculée F-ZBAB de la Base de Lann-Bihoué effectue un poser dur près de Mesnil-Garnier (50) suite à une panne de turbine faisant deux blessés, le pilote le capitaine de Police Jean Le Gac et le brigadier-chef Roger Bory, le mécanicien[54].

En 1976, l’hélicoptère Alouette III F-ZBBO arme la base de la Sécurité civile de Lann-Bihoué[55].

En 1977, la base est reconstruite à Queven[56] sur un terrain concédé par la Marine nationale à l’extérieur de l’enceinte de la Base Aéronavale[57] (en bout de piste 02/20).

Le vendredi 28 janvier 1977, l’hélicoptère de la base de Lorient appelé pour effectuer une évacuation sanitaire à Belle-Île-en- Mer, s’abîme en mer. Le pilote est sauvé mais le corps de l’adjudant-chef ÉLUARD de la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris, mécanicien naviguant, n’a jamais été retrouvé[58],[59].

Au milieu des années 1980, la base dispose de deux appareils: une Alouette III SA 316 et un Dauphin SA 365 qui ont effectué 590 missions en 1984, totalisant 629 heures de vol, et 577 missions en 1985 totalisant 530 heures de vol[60].

Le Dauphin F-ZBEV N°5043 de Lorient est parti au Havre en novembre 2003.

En 2005, l’État a donné les crédits nécessaires pour médicaliser l’hélicoptère. Dragon 56 est médicalisé sur la base des 2 mois l’été (juillet & août) prioritairement par une équipe SMUR de Vannes (pour maintenir la couverture SMUR départementale) ou par une équipe de pompiers (SDIS 56) du Service de Santé et de Secours Médical (SSSM 56) selon un planning préétabli, et certains week-ends en avant saison (mai-juin) et en arrière-saison (septembre) par une équipe du SSM 56[61].

Après les hélicoptères « Alouette », « Dauphin » ou « Écureuil », le centre est "armée", d'un Eurocopter EC145 géré par 4 pilotes et 4 mécaniciens opérateurs de bord[62].

La base de Lorient est donc la plus vieille hélistation Sécurité civile maritime de France[63],[64].

Dragon 56 est disponible 24/24h, 7j/7, susceptible d'intervenir partout en France, en premier jet sur le département du Morbihan, puis dans la zone de Défense Ouest[65] avec pour mission principale, le secours et sauvetage à personne en milieu périlleux[52].

En 2025, Dragon 56 a secouru 393 personnes (265 personnes en 2024)[66].

Actuellement, la base de Lorient est armé avec l'Airbus Hélicopters H145 (EC145) immatriculé F-ZBPL.

Notes et références

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  1. « Force de l'Aéronautique navale | Ministère des Armées et des Anciens combattants », sur www.defense.gouv.fr,
  2. « Base d'aéronautique navale de Lann-Bihoué », sur www.defense.gouv.fr (consulté le )
  3. Olivier Cléro., « DÉCRYPTAGE. Elle fête ses 80 ans en 2026 : à quoi sert la base de Lann-Bihoué ? », sur Ouest France,
  4. « Flottilles et escadrilles de l’aéronautique navale – ANMAM »
  5. Stéphanie Le Bailly, « Bien plus ancien que les 80 ans de la Base d’aéronautique navale : d’où vient le nom Lann-Bihoué ? », Le Télégramme, (lire en ligne).
  6. https://www.queven.com/wp-content/uploads/2020/06/Lave-Base-Aeronavale-de-Lann-Bihoue.pdf
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Articles connexes

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Liens externes

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