Barthélémy-François Chardigny

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Barthélémy-François Chardigny
Biographie
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
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Barthélémy-François Chardigny, né le à Rouen et mort le à Paris, est un sculpteur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Barthélémy-François Chardigny est le fils d'un marbrier de Rouen et devient l'élève d'Augustin Pajou à l'École des beaux-arts de Paris. En 1782, il obtient le 1er grand prix de Rome avec La Parabole du Bon Samaritain.

Il travaille à Toulon pour le décor de l’église Saint-Louis, mais sa commande est annulée. Après son séjour à Rome, il se fixe à Aix-en-Provence. Il installe son atelier dans l'ancienne chapelle désaffectée du couvent des pères de la Merci, au no 34 de la rue Cardinale[1]. Toujours en relation avec la ville de Toulon, il obtient une nouvelle commande mais ne respecte pas les délais imposés. Il livre cependant deux statues : La Religion (disparue pendant la Révolution) et La Vierge écrasant le serpent conservé dans la chapelle de l’hôpital maritime de Saint-Mandrier.

À Aix, il obtient les commandes de quatre statues (Henri IV, Louis XVI, Charles III de Provence et le Roi René) pour décorer le nouveau palais de justice dessiné par Claude Nicolas Ledoux. En 1790, une décision de la Législative arrête les travaux et Chardigny brise les moulages, sauf ceux d'Henri IV et du Roi René (musée Granet)[1]. La statue d’Henri IV a échappé de peu à la destruction lors de la Révolution. Chardigny détruit le visage du roi laissant ainsi croire qu’il s’agissait d’un simple gentilhomme. Il restaure la tête de la statue sous le Premier Empire.

Il s’impose comme l’un des sculpteurs attitrés de la Révolution en Provence. Selon l'historien Michel Vovelle, son engagement révolutionnaire et sa présence à Aix-en-Provence de 1784 à 1794 laisseraient penser qu’il est l’auteur du Monument à Joseph Sec d'Aix-en-Provence[2].

En 1795, Barthélémy-François Chardigny s’installe à Marseille et obtient en 1796 la commande d’une statue de La Paix pour l’hôtel de ville. Grâce à l’appui du préfet Charles Delacroix, dont il devient le sculpteur favori, il obtient de nombreuses commandes. Afin d'honorer l'héroïsme des Marseillais durant la peste de 1720, le préfet Delacroix inaugure le une fontaine installée place Estrangin-Pastré : cette Colonne de la peste est un monument composé d'une colonne provenant des cryptes de l'abbaye Saint-Victor surmontée du Génie de l'Immortalité sculpté par Chardigny. Ce monument est transféré, en 1839, place Félix-Baret puis, en 1865, au jardin de la bibliothèque où il est toujours en place[3]. Chardigny figure le Génie de l'immortalité sous la forme d'un enfant joufflu relevant d'une main le flambeau de la vie presque éteinte et couronnant de l'autre le nom des héros qui se dévouèrent lors de l'épidémie de peste de 1720. Leurs noms sont inscrits sur le piédestal[4]. L'original de cette statue est conservé au musée des beaux-arts de Marseille.

La fontaine sculptée par Dominique Fossati et implantée sur la place du Général-de-Gaulle (ex place de la Tour) en 1778, est ornée en 1802 à la demande de Delacroix de deux bas-reliefs sculptés par Chardigny : ils représentent La Pêche et La Cueillette des olives. Cet édifice appelée parfois « fontaine du commerce » sera déplacée en 1825 à l'intersection du boulevard Gambetta et du boulevard d'Athènes, puis au centre de la place des Capucines. Les deux bas-reliefs de Chardigny seront exposés au musée des beaux-arts à Marseille[5],[6].

En 1807, le sculpteur demeure au 3, rue Haxo à Marseille[7]. En 1808, il est accusé d’avoir détourné de l’argent alors qu’il était chargé de la comptabilité de convois militaires en 1800. Sommé de s’expliquer devant la cour criminelle de la Seine, il quitte Marseille et son atelier est placé sous scellés jusqu’en juin 1809. Ses affaires réglées, il travaille au palais du Louvre où il taille deux bas-reliefs pour l’escalier nord. Il meurt le d’une chute de son échafaudage au Louvre.


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Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Marseille, musée des beaux-arts :
    • Le Mariage samnite, Salon de Marseille de l'an XI, plâtre[8] ;
    • Le Génie de l'immortalité, statue en marbre ;
    • La Cueillette des olives, bas-relief en marbre ;
    • La Pêche, bas-relief en marbre ;
    • Napoléon Ier, buste en marbre ;
    • Saint Roch, modèle en plâtre pour le fronton du bureau de la santé à Marseille.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b André Bouyala d'Arnaud, Évocation du vieil Aix-en-Provence, Éd. de Minuit, 1964, p. 225.
  2. Michel Vovelle, L’irresistible ascension de Joseph Sec, bougeois d’Aix, Aix-en-Provence, Édisud, 1975, p. 44 (ISBN 2-85744-008-1).
  3. Adrien Blés, Dictionnaire historique des rues de Marseille, Marseille, Éd. Jeanne Laffitte, 1989, p. 144 (ISBN 2-86276-195-8).
  4. Augustin Fabre, Les rues de Marseille, 5 volumes, tome IV, Marseille, édition Camoin, 1869, p. 205.
  5. Augustin Fabre, op. cit., tome III, p. 167-168.
  6. André Bouyala d’Arnaud, Évocation du vieux Marseille, Paris, Les éditions de minuit, 1961, p. 234.
  7. Julie Pellizzone, Souvenirs (1787-1815), présentés par Pierre et Hélène Échinard et Georges Reynaud, Éd. Indigo, Publications de l’université de Provence, 2001, p. 141 (ISBN 2-907883-93-3).
  8. Bruno Wuillequiey, Denise Jasmin, Luc Georget, Bénédicte Ottinger, Florence Dagousset et Gilles Mihière, Régis Bertrand, Marseille au XIXe siècle, rêves et triomphes, Musées de Marseille (16 novembre 1991-15 février 1992), p. 240, (ISBN 2-7118-2487-X).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Alauzen et Laurent Noet, Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence-Alpes-Côte d'Azur, Marseille, Jeanne Laffitte, (1re éd. 1986), 473 p. (ISBN 9782862764412, OCLC 920790818, notice BnF no FRBNF40961988), p. 112-117.
  • Adrien Blès, Dictionnaire historique des rues de Marseille : Mémoire de Marseille, Marseille, Jeanne Laffitte, , 441 p., 32 × 22 cm (ISBN 2-86276-195-8, OCLC 21443673, notice BnF no FRBNF35056428), p. 96.
  • Jean Chélini (dir.), Félix Reynaud (dir.) et Madeleine Villard (dir.), Dictionnaire des marseillais, Marseille, Académie de Marseille - Édisud, , 368 p., 24 × 17 cm (ISBN 2-7449-0254-3, OCLC 52159149, notice BnF no FRBNF37715787), p. 93.
  • Étienne Parrocel, Annales de la peinture. Discours et fragments, Marseille, , 356 p. (notice BnF no FRBNF31061684, lire en ligne), p. 205-215.

Liens externes[modifier | modifier le code]