Hôtel de ville de Marseille

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Hôtel de ville de Marseille
Hôtel de Ville de Marseille janvier 2017.jpg

Hôtel de ville

Présentation
Type
Architecte
Gaspard Puget
Jean-Baptiste Méolans
Construction
Statut patrimonial
Géographie
Pays
Région
Département
commune
Accès et transport
Métro
Localisation
Coordonnées
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L’hôtel de ville de Marseille, situé quai du port dans le 2e arrondissement, est un immeuble du XVIIe siècle.

Historique[modifier | modifier le code]

L’édifice de dimension modeste date de 1653. Sur proposition du premier consul, Gaspard de Villages, le conseil municipal décide, le , de construire un nouvel hôtel de ville. La commission chargée des travaux fut d’avis de construire le nouveau bâtiment sur l’emplacement de l’ancien. L’évêque, Étienne de Puget bénit la première pierre le .

Jean-Baptiste Méolans, aidé de l’ingénieur Enéas Bilondelle, est chargé de la réalisation des plans. Mais le manque de financement et les troubles de l’année 1660 avec l’occupation de la ville par les troupes de Louis XIV, empêchent l’œuvre de dépasser le stade des fondations.

En 1666, Gaspard Puget, frère de Pierre Puget, reprend le projet. Les sculpteurs François et Mathieu Pourtal (ou Portal), Martinet, Levaquery et Martin Grosfils travaillent aux ornements de la façade. Pierre Puget ne réalise en 1673 que l’écusson placé au-dessus de la porte principale. L’écusson original se trouve actuellement au musée des Beaux-Arts tandis qu’une copie a été placée sur la façade. L’hôtel de ville fut effectivement occupé fin septembre 1673, soit près de 20 ans après la pose de la première pierre.

Un projet de reconstruction de l'hôtel de ville avec place royale en l'honneur de Louis XV fut élaboré entre 1748 et 1752 par l'architecte Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, dit aussi Mansart de Lévy, dernier des Mansart (1711-1778). Il fut abandonné au profit de son projet de reconstruction de l'Hôtel-Dieu de Marseille situé derrière. L'architecte avait été missionné sur place par le roi en 1752. Non consigné dans le fameux recueil de Pierre Patte, "Monuments érigés en France à la gloire de Louis XV" en 1769, ce projet d'hôtel de ville et de place royale, méconnu des historiens de l'art, a été identifié en 1994 et publié en 1996.

Pendant la Révolution, lorsque Marseille était appelée en janvier/février 1794 ville sans nom, l’hôtel de ville, soupçonné d’avoir été le repaire des fédéralistes, échappa de justesse à la démolition.

En 1914, l’architecte Clastrier changea les toitures d’ardoise à la Mansart, ce qui modifia l’aspect général. Ces anciennes toitures sont bien visibles sur les gravures ou tableaux du XVIIIe siècle [1].L’hôtel de ville est un des rares bâtiments à avoir survécu à la destruction du quartier sous l’occupation allemande en 1943.

L'édifice est classé monuments historique par arrêté du [2].

En 1996, un projet d'extension du bâtiment est lancé qui comprend aussi l'aménagement des abords du bâtiment. Le concours est remporté par l'architecte Franck Hammoutène en 1999 et les travaux s'achèvent en 2006. Sont ainsi aménagés 8 300 m2 d'espaces à l'intérieur du bâtiment comprenant notamment une nouvelle salle de délibération de la municipalité, des salles de commissions et un espace muséal. Au-dessus de ces nouvelles salles, un nouvel espace public est entièrement réaménagé sur 20 000 m2 entre le Vieux Port et l'hôtel-dieu créant la plus vaste esplanade de la ville[3].

Description[modifier | modifier le code]

Hôtel de ville, galerie d'accès au 1er étage

Cet hôtel de ville présente une singularité toute particulière : il ne possède pas d’escalier d’accès du rez-de-chaussée au 1er étage. En effet, pour accéder au 1er étage, il faut passer par l’immeuble situé derrière l’hôtel de ville, les deux bâtiments étant reliés par un pont. L'ouvrage originel, en bois, fut remplacé par une galerie en pierre, œuvre remarquable de l’architecte Esprit-Joseph Brun qui réalisa ce chef-d’œuvre de la taille de pierre de 1782 à 1786. Cette particularité s’explique par la réservation exclusive du rez-de-chaussée à la « loge » des marchands. C’est pour cela que la rue séparant les deux bâtiments s’appelle rue de la loge.

Cet édifice occupe une place particulière dans l’art provençal baroque à cause de son inspiration génoise comme l’a montré Jean-Jacques Gloton. La façade principale comporte deux ailes symétriques surmontées de frontons triangulaires, au premier étage un vaste balcon soutenu par des colonnes et des pilastres couronnés d’acanthes. Les fenêtres du premier étage sont surmontées de frontons curvilignes et triangulaires. Au rez-de-chaussée se trouve la porte principale encadrée de fenêtres surmontées de cartouches au cadre compliqué. Ce bâtiment forme un ensemble harmonieux qui ne mérite pas la sévère appréciation formulée par le préfet Christophe de Villeneuve-Bargemon dans la Statistique des Bouches-du-Rhône : « Cet édifice est lourd, on n’en peut louer ni le style, ni la sculpture. »[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arnaud Ramière de Fortanier, Illustration du vieux Marseille, Aubanel, Avignon, 1981, pages 44 et 45
  2. Notice no PA00081354, base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. « 1 bâtiment, 1 architecte, Franck Hammoutène et l'extension de l'hôtel de ville de Marseille », sur Pavillon de l'Arsenal (consulté le 24 mai 2010)
  4. M. le comte de Villeneuve, Statistique des Bouches-du-Rhône avec atlas dédiée au roi, chez Antoine Ricard, imprimeur du roi et de la préfecture, Marseille, 4 volumes, 1821, 1824, 1826, 1829, tome 2 page 481

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Cachau : "L'hôtel de ville de Marseille, vicissitudes de l'aménagement urbain sous Louis XV", Hôtels de ville. architecture publique à la Renaissance, sous la direction d'Alain Salamagne, Presses universitaires de Rennes et Tours, 2015, p. 319-344 (Lire en ligne).
  • Philippe Cachau : "Un projet inédit de place royale et d’hôtel de ville à Marseille par Mansart de Sagonne (1752)", Société française d'archéologie, Bulletin Monumental, 1996, no 154-1, p. 129-147 (Lire en ligne).
  • Régis Bertrand, Lucien Tirone : Le guide de Marseille, édition la Manufacture, Besançon, 1991, (ISBN 2-7377-0276-3)p. 199-200.
  • André Bouyala d'Arnaud : Évocation du vieux Marseille, les éditions de Minuit, Paris, 1961, p. 97-98.
  • Jean-Lucien Bonillo, La Reconstruction à Marseille 1940-1960. Architectures et projets urbains, éditions Imbernon, Marseille, 2008, 196 p. EAN 9782951639669

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]