Aksoum

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Aksoum
አክሱም
Obélisques d'Aksoum
Obélisques d'Aksoum
Administration
Pays Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie
Région Tigré
Zone Mehakelegnaw
Démographie
Population 49 523 hab. (est. 2007)
Géographie
Coordonnées 14° 08′ nord, 38° 43′ est
Altitude 2 130 m
Localisation

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Aksoum

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Aksoum

Aksoum ou Axoum (አክሱም, Aksum) est une ville septentrionale d'Éthiopie, dans la province du Tigré. C'est l'un des centres religieux de l'Église éthiopienne orthodoxe.

Aksoum a été le centre de l'empire aksoumite entre le Ier et le VIe siècle de notre ère. Le site archéologique où se trouvent les obélisques d'Aksoum a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1980. Dans les alentours de la ville se trouvent de nombreux autres sites datés de cette période antique.

Aksoum possède un aéroport (code AITA : AXU).

Historique[modifier | modifier le code]

Le royaume d'Aksoum et d'autres politiques en 565

Aksoum était le centre de la puissance commerciale marine connue sous le nom du Royaume axoumite, qui a précédé les premières mentions dans les écrits romains antiques. Autour de 356 apr. J.-C, son chef a été converti au christianisme par Frumentius. Plus tard, sous le règne de Kaleb, Axoum était un quasi-allié de Byzance contre l'Empire perse sassanide qui avait adopté le zoroastrisme. Le record historique n'est pas clair, avec d'anciens registres paroissiaux les sources primaires contemporaines.

On croit qu'il a commencé un long déclin lent après le 7ème siècle, dû en partie aux Perses et finalement aux Arabes contestant les anciennes routes commerciales de la mer Rouge. Finalement Axoum a été coupé de ses principaux marchés à Alexandrie, Byzance et l'Europe du Sud et sa part du commerce a été capturé par les commerçants arabes de l'époque. Le royaume d'Axoum a finalement été détruit par Gudit, et, éventuellement, quelques-uns des habitants de Axoum ont été forcés au sud et leur civilisation a diminué. De même que la puissance du royaume a diminué il en fut de même de l'influence de la ville, que l'on croit avoir perdu de la population dans le déclin, semblable à Rome et d'autres villes détournées de l'écoulement des événements mondiaux du royaume. Le dernier roi (nominal) connu à régner a été couronné au 10ème siècle, mais l'influence du royaume et le pouvoir a pris fin bien avant.

Son déclin dans la population et le commerce a contribué alors au déplacement de la puissance du centre de l'empire éthiopien du Sud vers la région Agaw comme il avançait à l'intérieur. La ville d'Aksoum était le siège administratif d'un empire couvrant 1 million de miles carrés. Finalement, le nom alternatif (Éthiopie) a été adoptée par la région centrale, et par la suite, l'état moderne actuel.[1]

La ville contemporaine[modifier | modifier le code]

La ville d'Aksoum compte aujourd'hui environ 50 000 habitants.

Un site archéologique exceptionnel[modifier | modifier le code]

Les obélisques[modifier | modifier le code]

La stèle d'Ezana, un des obélisques d'Aksoum.
Proche-Orient vers l'an 600.

Les grandes stèles aksoumites, marquent selon les archéologues l'emplacement des tombeaux des souverains de l'empire aksoumite. Ils figurent parmi les plus grands monolithes façonnés par l'homme. Le plus grand d'entre eux mesurait 33 mètres de haut, mais s'est peut être écroulé lors de son installation. Le plus grand encore en place de nos jours mesure 23m.[2]

De nombreux tombeaux ont été fouillés, certains ont été pillés, d’autres épargnés. Leur contenu est conservé dans les musées archéologiques d’Aksoum et d’Addis-Abeba.

L'un des obélisques d'Aksoum a été emmené en 1937 en Italie, après l'occupation de l'Éthiopie par les armées de Mussolini. Il a été érigé non loin du Circus Maximus, à Rome, devant le bâtiment qui abritait le ministère de l'Afrique italienne jusqu'en 1945 et qui est devenu en 1951 le siège de la FAO.

Dès 1947, l'Italie s'est engagée à le restituer, mais cette restitution n'a finalement lieu qu'en 2005. Transporté en trois morceaux, le monolithe démembré a retrouvé son emplacement à Aksoum en août 2008.

Lors de la préparation de l'aire qui l'accueille désormais, d'importantes découvertes archéologiques ont été faites. Selon les experts[Lesquels ?], il s’agit d’une nécropole royale de différentes dynasties pré-chrétiennes, qui se prolonge bien au-delà des limites actuelles de la zone archéologique. Des fouilles pourraient permettre la mise au jour d'éléments d’un intérêt historique majeur.

Les sites des alentours[modifier | modifier le code]

Cité antique de May Hedja[modifier | modifier le code]

C'est le lieu des célèbres obélisques situé en bordure de la ville. La zone comporte principalement des tombeaux et des stèles. De différentes tailles, monolithiques, quadrangulaires, parfois sculptées, les stèles sont taillées dans de la néphélinite à tingaïte, une roche gris-bleu ou autres basaltes. Ces roches proviennent de la carrière de Gobedra distante de 5 km.

L'une des stèles funéraires du site de May Hedja

Deux cents stèles et obélisques ont été mis au jour.

  • Le plus imposant - qui gît brisé en morceaux - représente une maison de 13 étages, sculptée sur ses quatre faces. Longue de 33 m, sa base mesure 3,80 m par 2,35 m. Son poids est estimé à 600 t.
  • L'obélisque de 26 m restitué par l'Italie est le second par la taille.
  • Le 3e est la stèle du roi Ezana avec 24 m. Haute de neuf étages, elle est sculpté sur trois côtés.
  • Au pieds de ces monolithes, la dalle de Néfas Mucha "le lieu du vent" (poids estimé à 350 t) est le plafond d'une salle souterraine, sans doute un tombeau.

En face de May Hedja, l'église moderne Sainte-Marie-de-Sion et le monastère sont regroupés dans une enceinte qui contient également des piliers et douze sièges de pierre ; le Ménagésha, lieu du couronnement royal et des conseils et assemblées de justice. S'y trouvent également les ruines de la basilique initiale de Maryam Sion, premier édifice chrétien éthiopien érigée vers 321, sous le règne d'Ezana.

La structure surnommée "monastère" ou chapelle, édifiée sous Fasilidas en 1662, restaurée sous Menelik, est interdite aux femmes. Elle est décorée de peintures et renferme le trésor : couronnes impériales, vêtements royaux et religieux, croix et tambours. Dans une cache secrète dormirait l'Arche d'alliance qui contient les Tables de la Loi, jamais exposées mais dont l'existence n'est mise en doute par aucun croyant de l'église orthodoxe éthiopienne.

Ruines de Dongour (ou Dungur)[modifier | modifier le code]

Au sud-ouest de la ville se trouvent les vestiges du palais du roi Caleb (VIe siècle). Le site offre une multitudes de petites salles qui entourent la partie principale composée de sept pièces et d'un escalier monumental. En 2008, des archéologues allemands ont découvert, sous ce palais, les vestiges d'un autre palais qu'ils ont présenté comme étant celui de la Reine de Saba.

Stèles de Gudit[modifier | modifier le code]

De l'autre côté de la route en face de Dongour, se trouve un enchevêtrement d'obélisques. Cette nécropole dite de Gudit (ou Yodit) légendaire reine païenne ou juive, a été examinée en 1994. Des traces de chambres funéraires, des morceaux de poteries, des restes humains et des lames de métal y ont été exhumés.

Réservoir de May Shum[modifier | modifier le code]

Au nord-est d'Aksoum une piste conduit aux tombes supposées des rois Caleb et Gabra Masqal. Elle longe d'abord un grand réservoir - la citerne de May Shum. Ce bain légendaire de la reine de Saba est un baptistère pour les fidèles d'Aksoum lors de la fête de Timqet. Plus loin, une cabane protège la pierre d'Ezana, gravée d'inscriptions trilingues en sabéen, guèze et grec. Les tombeaux des 2 rois, situés plus haut sur le plateau, sont gravés de croix, de flèches, d'éléphants. Deux lourds sarcophages y sont entreposés.

Zone Nord[modifier | modifier le code]

Un pic rocheux est surmonté de l'église Saint-Pantéléon, construite au VIe siècle en l'honneur de l'un des Neuf Saints.

Une place privilégiée dans le christianisme éthiopien[modifier | modifier le code]

Fidèles à l'église d'Aksum Maryam Seyon

D'après la tradition éthiopienne relatée dans le Kebra Nagast (Käbrä Nägäst, ከብረ ነገሥት, livre de la Gloire des Rois) qui fonde la mythologie politique de la dynastie salomonide à partir du XVe siècle, l'Arche d'alliance aurait été volée par Ménélik Ier, fils du roi Salomon et de la reine de Saba. Si le texte du Kebra Nagast ne mentionne jamais Aksoum[3], par contre, les traditions éthiopiennes assimilent depuis au moins le XVIe siècle l'endroit où repose l'Arche d'Alliance à l'église d'Aksum Maryam Seyon. Elle s'y trouverait toujours.

Certains souverains éthiopiens tels Zar'a Ya'eqob (1434-68) ou Sarsa Dengel (1563-97) ont établi une cérémonie du sacre – distincte de la cérémonie du couronnement - à Aksoum, afin de tisser un lien fort entre les rituels du pouvoir royal et Aksoum.

Ainsi, dans l'enceinte de l'église, des vestiges de la cité antique ont été ré-utilisés, transformés en « trônes » sur lesquels siégeaient les officiers de la cour royale pendant ces cérémonies.

Aksoum demeure aujourd'hui encore un centre identitaire de l'Éthiopie, particulièrement pour les Tigréens.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. G. Mokhtar, UNESCO General History of Africa, Vol. II, Abridged Edition (Berkeley: University of Aksum Press, 1990), pp. 215-35. (ISBN 0-85255-092-8)
  2. http://whc.unesco.org/fr/list/15/
  3. http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00542693/fr/

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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