Dire Dawa

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Dire Dawa
ድሬ ዳዋ (am)
Dire Dawa
Dire Dawa
Administration
Pays Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie
Région Dire Dawa
Provinces historique Hararghe
Zone administrative Dire Dawa
Woreda Dire Dawa
Maire
Mandat
Ibrahim Hussen
5
Démographie
Population 607 321 hab. (2008)
Densité 501 hab./km2
Population de l'agglomération 1 274 869 hab. (2008)
Géographie
Coordonnées 9° 35′ 31″ nord, 41° 51′ 35″ est
Superficie 121 300 ha = 1 213 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Éthiopie

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Dire Dawa

Géolocalisation sur la carte : Éthiopie

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Dire Dawa

Dire Dawa (ድሬ ዳዋ (Deré Dawa)[1], écrit parfois Diré Daoua dans des textes français[2],[3]), est une « ville fédérale » d'Éthiopie, la seconde agglomération du pays par le nombre d'habitants.

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville est située dans l'est de l'Éthiopie, à 500 km de la capitale Addis-Abeba, à 150 km de la frontière djiboutienne et à 130 km de la frontière somalienne. Elle se trouve à 1 220 m d'altitude, et est traversée par la rivière Dechatu.

Démographie[modifier | modifier le code]

Dire Dawa compte plus de 600 000 habitants recensés en 2008 et près de 1 300 000 sur l'ensemble de l'agglomération. En 1994, elle avait 296 000 habitants.

Selon l'institut éthiopien de statistiques (CSA), 22 % de la population est sans emploi en 2006[4].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Créée par les Français, c'est la seule ville d'Éthiopie dont la structure urbaine semble présenter les caractéristiques paradigmatiques d'une cité coloniale[5], avec un espace urbain ségrégué entre une « ville européenne » – Gezira – et un « village indigène » – Magala –, séparés par l’oued Dechatu[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Photo historique du chemin de fer franco-éthiopien à Dire Dawa.

La ville de Dire Dawa est créée par la compagnie impériale du chemin de fer franco-éthiopien lorsque la ligne parvient aux pieds de la montagne de Harar en décembre 1902[7]. L'endroit a d'abord été appelé Addis Harar, avant de devenir Dire Dawa ou Diré Daoua.

Dire Dawa est le terminus de la ligne ferroviaire en provenance de Djibouti jusqu'en 1912, date à laquelle la ligne est prolongée progressivement jusqu'à Addis Abeba qui est atteint en 1917. C'est là que furent installés les ateliers de réparation et d'entretien du chemin de fer, ce qui explique la présence d'une industrie et d'ouvriers qualifiés très tôt.

À l'origine, la ville est gérée par la compagnie ferroviaire, qui aménage l'espace, fixe des règles d'urbanisme, installe une alimentation en eau et prélève les impôts[8],[6]. Une administration éthiopienne se met petit à petit en place après la Première Guerre mondiale. Entre 1936 et 1941, la ville est administrée par les Italiens, puis par les Britanniques jusqu'en 1946[9].

Ce passé francophone explique que près de 3 000 Français y résidaient jusqu'en 1974. Le président djiboutien Ismail Omar Guelleh, dont les parents travaillaient eux-mêmes pour la compagnie ferroviaire, y est né en 1947.

Après la chute du Derg en 1991, et la mise en œuvre d'un « fédéralisme ethnique » en Éthiopie, Dire Dawa a été incluse dans l'État Oromyaa, puis elle est devenue une « ville fédérale » en 1996, sans doute en lien avec la diversité des « nationalités » qui s'y trouvent[10].

En 2006, le trafic ferroviaire est définitivement interrompu en direction d'Addis Abeba. Dire Dawa redevient ainsi le terminus du chemin de fer djibouto-éthiopien qui ne va plus qu'à Dewele, à la frontière entre les deux pays[11].

En 2016, cette ligne métrique unique est remplacée par une nouvelle ligne d'Addis-Abeba à Djibouti à double voies normales électrifiée construite avec l'aide de la Chine. L'ancienne gare construite en centre-ville par les français est remplacée par une nouvelle infrastructure située à environ 10 km au nord-ouest à Melka Jebdu (9° 37′ 46″ N, 41° 46′ 16″ E)[12].

Éducation[modifier | modifier le code]

La Dire Dawa University a été fondée en 2006.

Transports[modifier | modifier le code]

Dire Dawa Railway Station

La ville est reliée par le transport aérien avec l’Aéroport international d'Aba Tenna Dejazmach Yilma.

La ligne d'Addis-Abeba à Djibouti a également une station de train dans la ville.

Lieux de culte[modifier | modifier le code]

Parmi les lieux de culte, il y a principalement des églises et des temples chrétiens : Église orthodoxe éthiopienne, Église évangélique éthiopienne Mekane Yesus (Fédération luthérienne mondiale), Kale Heywet Word of Life Church, Église catholique éthiopienne (Église catholique), Full Gospel Believers Church[13]. Il y a aussi des mosquées musulmanes.

Autorité traditionnelle[modifier | modifier le code]

Depuis la nuit des temps, le souverain de la confédération des Issas l’Ougas Moustapha Mohamed Ibrahim vit et réside a Dire Dawa. Il est le 19e Ougas de la communauté Issa et a l'instar de ce prédécesseur il réside dans la ville de Dire Dawa. Son autorité traditionnelle s’exerce sur tous ses sujets qu’ils soient en Éthiopie, a Djibouti ou en Somalie. Il dispose du pouvoir coutumier pour protéger et sauvegarder les modes de vie et les règles de cette communauté.

Personnalités nées à Dire Dawa[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir la bibliographie.
  2. « Informations pratiques », sur le site web de l'Ambassade de France en Éthiopie, (consulté le 16 août 2014) : « Alliance éthio-française de Dire Daoua »
  3. Par exemple : Tholomier (Robert), À Djibouti, avec les Afars et les Issas, Cagnes-sur-mer, auto-édité (sous le pseudonyme de Robert Saint-Véran), 1977, p. 37.
  4. Bezuneh Tamru, 2012, p. 361.
  5. Helène Blais, «Reconfigurations territoriales et histoires urbaines. L’emprise spatiale des sociétés coloniales», in Pierre Singaravélou, dir., Les empires coloniaux, Paris, Point, 2013, p. 169-214, discute ce paradigme rêvé qui n'a jamais été appliqué.
  6. a et b Shiferaw Bekele, 1986.
  7. Britannica, Dire Dawa, britannica.com, USA, consulté le 20 juillet 2019
  8. Imbert-Vier (Simon), Tracer des frontières à Djibouti. Des territoires et des hommes aux XIXe et XXe siècles, Paris, Karthala, 2011, p. 115-117.
  9. Getahun Mesfin Haile, «Yä-Ingiliz Gizé or British Paramountcy in Dire Dawa (Ethiopia), 1941–1946: Notes toward a History», Northeast African Studies, vol. 9, no 2, 2002, p. 47-82.
  10. Osmond, 2005
  11. Emeline Wuilbercq, « Des contrôleurs chinois dans le nouveau train éthiopien », sur lemonde.fr, (consulté le 5 novembre 2016)
  12. Emilienne Malfatto et Emeline Wuilbercq, « En Ethiopie, dernier train français pour le désert avant les convois chinois », sur lemonde.fr, (consulté le 5 novembre 2016)
  13. J. Gordon Melton, Martin Baumann, ‘‘Religions of the World: A Comprehensive Encyclopedia of Beliefs and Practices’’, ABC-CLIO, USA, 2010, p. 1004-1007

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Bezunesh Tamru, Villes et territoires en Éthiopie, Paris, L'Harmattan, 2012, 439 p.
  • Fontaine (Hugues), Un Train en Afrique. African Train. Addis Abeba, Centre français des études éhiopiennes, Shama Books, 2012 (ISBN 978-9994486717). [1].
  • Osmond (Thomas), « Jeux de pouvoir et référents identitaires. Quel statut institutionnel pour Dire Dawa? », Politique africaine, no 99, octobre 2005, p. 63-82, en ligne.
  • Shiferaw Bekele, «The jewels of the railway. Dire Dawa, 1902 to 1926», in Symposium on the Centenary of Addis Abeba, Addis Abeba, 1986, vol. 2, p. 131-166.