Sophisme du vrai Écossais

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Aucun bon écossais)
Aller à : navigation, rechercher

Le sophisme du vrai Écossais ou aucun vrai Écossais (en anglais No true Scotsman) est un procédé rhétorique fallacieux utilisé pour réaffirmer une généralisation qui a pourtant été réfutée, en niant la validité du contre-exemple. Il affirme que le contre-exemple donné est invalide car il n'appartient pas vraiment à la catégorie que l'on cherchait à généraliser[1]. Cela peut se limiter au seul contre-exemple en question, auquel cas l'argument n'est pas nécessairement incorrect : il est possible que le contre-exemple ne soit effectivement pas valide. Mais dans des cas plus extrêmes le procédé peut être utilisé pour écarter d'office tout contre-exemple imaginable à l'énoncé.

Le procédé est fallacieux car il modifie la définition des termes de l'énoncé de manière arbitraire. Le terme « vrai » et ses équivalents impliquent que l'on juge de l'appartenance ou non à la catégorie en fonction de critères ou d'une définition qui ne sont pas explicités. Dans le meilleur des cas, il y a confusion entre les interlocuteurs sur la définition des termes. S'ils l'étaient, il deviendrait apparent que l'énoncé est une tautologie, infalsifiable et n'apprenant rien sur rien.

Personne A: « Tous les Écossais sont roux. »
Personne B: « Mon oncle Angus, qui est Écossais, n'est pas roux. »
Personne A: « Tous les vrais Écossais sont roux. »

La définition sous-entendue est qu'un « vrai Écossais » est (au moins) un Écossais qui est roux.

Origine du terme[modifier | modifier le code]

L'expression est attribuée au philosophe britannique Antony Flew[2]. En 1975, il écrit dans son livre Thinking About Thinking :

Imaginez Hamish McDonald, un Écossais, assis avec son Glasgow Morning Herald et repérant un article qui titre « Le maniaque sexuel de Brighton (Angleterre) frappe encore ». Hamish est choqué et déclare : « Aucun Écossais ne ferait une chose pareille ! ». Le lendemain il s'assoit à nouveau pour lire le Glasgow Morning Herald ; mais cette fois, il trouve un article sur un homme d'Aberdeen (Écosse) dont les actes font passer celui de Brighton pour un enfant de chœur. Ce fait prouve que Hamish avait tort, mais va-t-il l'admettre ? Probablement pas. Cette fois-ci il dit : « Aucun vrai Écossais ne ferait une chose pareille ! ».

Notes et références[modifier | modifier le code]