Travailleur du sexe

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Travailleur du sexe (en anglais : sex worker) est une expression générique utilisée à l'échelle internationale pour désigner les métiers ou pratiques qui mettent en scène une prestation sexuelle qui, dans la majorité des cas, est un service rendu en échange d'une compensation monétaire[1].

Dans certains cas, on peut entendre cette expression comme un euphémisme pour prostituée. Mais une actrice ou un acteur pornographique peuvent se considérer comme travailleur du sexe, estimant vendre un service et non pas leurs corps.

Histoire du concept[modifier | modifier le code]

L'expression « travailleur du sexe » (sex worker) est employée pour la première fois, en 1980 par l'ex-prostituée militante et artiste Carol Leigh. L'expression « travailleur du sexe » s'est depuis largement propagée, y compris dans des publications universitaires, utilisée entre autres par les ONG, par les syndicats professionnels, ainsi que par les agences gouvernementales et intergouvernementales, telles que l'Organisation mondiale de la santé, ou lors des conférences contre le sida.

Cette expression est utilisée :

  • d'une part, par les partisans de la reconnaissance des prostitués masculins ou féminins en tant que travailleurs reconnus comme tels, ayant notamment les mêmes droits et les mêmes garanties sociales[2] ;
  • d'autre part, pour parler de tout travailleur de l'industrie du sexe, tels les acteurs et actrices pornographiques, les mannequins pour les magazines ou pour les sites internet spécialisés dans le nu, les danseurs et les danseuses pratiquant le strip-tease, ou encore les opérateurs employés dans la téléphonie érotique, cette liste n'étant pas exhaustive.

L'expression, ou ce qu'elle désigne, est cependant fermement critiquée, notamment en France[3], par les personnes opposées au commerce et à l'industrie du sexe, principalement sous la forme de la prostitution. Cette opposition peut revêtir différentes motivations : sociales, religieuses, morales, économiques. Elle réunit certains politiciens, souvent de partis conservateurs, certains militants issus de mouvements féministes anti-prostitution, ainsi que les tenants d'un discours résolument abolitionniste de la prostitution.

Militant parfois en groupes de pressions, ces personnes considèrent la prostitution comme une infraction, voire comme un crime, et analysent le « travail du sexe » comme une légitimation de l'activité prostitutionnelle.

Travailleurs du sexe dans le monde[modifier | modifier le code]

Dans certains pays comme les États-Unis, des efforts ont été faits pour donner plus de reconnaissance et de droits aux travailleurs du sexe. C'est dans ce pays que naît l'expression sex work inventée par la militante californienne Carol Leigh, alias Scarlot Harlot[4], lors d’un spectacle artistique. Elle-même prostituée, elle souhaitait employer un nouveau terme qui soit moins stigmatisant et qui permette plus de solidarité entre des personnes exerçant des métiers liés au sexe.

En Europe se distinguent surtout les « pays réglementaristes » tels l'Allemagne, l'Autriche, les Pays-Bas, qui optent depuis de nombreuses années pour un encadrement juridico-sanitaire de l'ensemble des professions de l'industrie du sexe, incluant les activités dites de prostitution.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Morgane Merteuil, « Le travail du sexe contre le travail »[5], Période, septembre 2014
  • (en) Weitzer, Ronald. 1991. « Prostitutes' Rights in the United States », Sociological Quarterly, v. 32, n° 1, pp. 23–41
  • (en) Doezema, J. 1998. Global Sex Workers (New York/London: Routledge Press)
  • (en) Weitzer, Ronald. 2000. Sex For Sale: Prostitution, Pornography, and the Sex Industry (New York: Routledge Press)
  • « Travailleuse, travailleur du sexe » par Françoise Guillemaut in Dictionnaire de la pornographie (s/d Philippe Di Folco), PUF, 2005, p. 501-502 (ISBN 978-2-130-5441-42) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Weitzer, Ronald. 2009. « Sociology of Sex Work »[6], Annual Review of Sociology, v. 35
  • Leuthereau-Morel, Noël. 2013. « Travail sexuel et droits sociaux en France et ailleurs »[7], Metis, correspondances européennes du travail

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tabet P., « Du don au tarif, les relations sexuelles impliquant une compensation », Les Temps modernes, 1987, no 490.
  2. « Décriminalisez entièrement le travail du sexe » par Thierry Schaffauser, travailleur du sexe, élu représentant syndical du Syndicat du travail sexuel (Strass), lemonde.fr, consulté le 7 janvier 2011.
  3. Françoise Guillemaut, « Travailleuse, travailleur du sexe » in Dictionnaire de la pornographie, PUF, 2005, p. 501-502.
  4. Voir sur bayswan.org.
  5. Voir sur revueperiode.net.
  6. Voir sur arjournals.annualreviews.org
  7. Voir sur metiseurope.eu.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Articles généraux[modifier | modifier le code]

Associations de défense des travailleurs du sexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]