Production domestique

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La production domestique comprend tout le travail à domicile (travail domestique) qui pourrait être accompli par autrui (ménage, entretien du linge, couture, jardinage, bricolage, éducation des enfants, soins aux animaux domestiques, soins à des parents, malades, handicapés ou personnes âgées, etc.)[1].

En comptabilité nationale, ce travail - non-rémunéré - correspond à la production domestique (on parle aussi d’activités domestiques, et parfois travail domestique, mais cette notion peut aussi désigner le travail rémunéré fait dans la sphère domestique) effectuée à l’intérieur des ménages.

Selon l'Insee en 2012 , les Français (françaises surtout) ont consacré en 2010 en moyenne trois heures par jour à des tâches domestiques (cuisine, ménage, courses et soins aux enfants, etc.), soit environ 60 milliards d'heures. Cette activité si elle était valorisée au niveau du Smic, équivaudrait au tiers de la richesse produite en France [2] .

Mesure du temps consacré aux tâches domestiques[modifier | modifier le code]

Le paradoxe est que ces prestations mal connues participent pourtant de façon concrète et directe au bien-être de la population et n'apparaissent pas dans la mesure de la richesse nationale produite (PIB).

L'Insee s'est donc attaché à déterminer -comme le suggère le Rapport Stiglitz- la valeur de ce travail de service non rémunéré. Le résultat est édifiant :

Périmètre 1 : Si l'on s'en tient au périmètre-cœur des activités domestiques (cuisine, ménage, soins des enfants, entretien du linge, gestion familiale), chaque français y consacre deux heures et sept minutes par jour, soit quinze heures par semaine ;
Périmètre 2 : Ce chiffre grimpe à trois heures par jour et vingt et une heures par semaine si l'on y ajoute les courses, le jardinage, le bricolage, et les jeux avec les enfants ;
Périmètre 3 : Si l'on considère également le fait de se déplacer en voiture ou de promener un animal, le total s'élève à quatre heures par jour.

Ainsi pour l'année 2010, selon le périmètre de définition retenu, ces activités représentent entre 42 et 77 milliards d'heures de travail domestique, soit davantage que les 38 milliards d'heures rémunérées sur la même période. Comme le note l'INSEE : « Le temps de travail domestique est donc au minimum égal au temps de travail rémunéré ».

En valorisant ces volumes d'heures au niveau du SMIC horaire (6,95 euros de l'heure au 1er janvier 2010) cela représente 292 milliards d'euros soit 15 % du PNB (si l'on s'en tient au cœur du travail domestique). Pour l'INSEE, cela est équivalent à « l'ordre de grandeur de la part de la valeur ajoutée de l'industrie manufacturière en France (13 %) ».

Si l'on retient le périmètre 2, ce chiffre peut atteindre le Tiers du PIB français.

On notera également que ces valeurs sont des moyennes : Les durées consacrées aux tâches domestiques sont éminemment variables selon l'âge et le sexe, le fait de vivre en couple et le nombre d'enfants par ménage :

Les mères de famille en couple réalisent en moyenne 34 heures de travail domestique par semaine contre 17 pour les hommes ;
Le temps hebdomadaire moyen passé aux tâches domestiques par ces mères est comparable au temps moyen de travail rémunéré d'un homme dans la même situation (33 heures).

Le travail domestique rémunéré[modifier | modifier le code]

Une convention (nº 189 de l'OIT)[3] définit le «travail domestique» effectué par un travailleur ou une travaillleuse domestique au sein d'un ou plusieurs ménages dans le cadre d'une relation de travail[4]. Le terme couvre un ensemble de tâches et services qui varient de pays à pays et selon l’âge, le sexe, l’origine ethnique et le statut migratoire des travailleurs concernés, ainsi que selon le contexte culturel et économique dans lequel ils travaillent[4].

La Convention nº 189 de l'OIT se fonde sur une caractéristique commune et distinctive : le fait que les travailleurs domestiques sont employés par des ménages privés tiers et qu’ils leur fournissent des services[4].

le travail domestique des enfants[modifier | modifier le code]

Dans la notion général de «travail domestique des enfants» défini par l'OIT comme le travail domestique réalisé chez un tiers ou un employeur par des enfants (sous de l’âge minimum applicable) on distingue des situation admissibles, et des situations non-admissibles (de formes non-dangereuses de travail à plein-temps jusqu'à des formes dangereuses et parfois des situations proche de l’esclavage[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Économie et Statistique, 2005, p. 23
  2. Insee, publiée le 22 novembre 2012
  3. Convention nº 189 de l'OIT
  4. a, b, c et d Travail des enfants et travail domestique, OIT, consulté le 04 nov 2017

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]