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Province d'Antsiranana

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Province d'Antsiranana
Province d'Antsiranana
Localisation de la province à Madagascar
Noms
Nom Malgache Faritanin'Antsiranana
Administration
Pays Drapeau de Madagascar Madagascar
Capitale Antsiranana
Régions Diana, Sava
Préfectures Antsiranana, Nosy Be, Sambava
Districts 9
Communes 141
Gouverneur Vacant
Commissaire général Vacant
Conseil provincial Conseil provincial d'Antsiranana
Sénateurs Avizara Mino Seramila (IRMAR)
Eddie Serge Fernand (IRMAR)
Nombre de députés 13
Date de création 1956
ISO 3166-2 D
Démographie
Population 2 013 734 hab. (2023)
Densité 46 hab./km2
Géographie
Altitude Min. 0 m
Max. 2 876 m
Superficie 43 406 km2

La province d'Antsiranana, ou province de Diego Suarez, est l'une des six provinces de Madagascar. Elle a une superficie de 43 406 km2 et une population de 2 013 734 habitants (2023). Sa capitale est Antsiranana.

Baie d'Antsiranana

La province est établie à l'extrémité nord de l'île, nichée dans une région tropicale montagneuse, caractérisée par une topographie accidentée entre la côte et une zone de haute altitude.

Origines précoloniale

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La région d'Antsiranana a une histoire riche qui remonte à l'époque précoloniale. Les premiers habitants de Madagascar étaient des populations d'origine austronésienne, qui ont migré vers l'île il y a environ 2 000 ans. Ces populations ont formé des communautés distinctes avec leurs propres traditions et modes de vie.

Arrivée des Européens

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Au XVIe siècle, des explorateurs européens, notamment les Portugais, les Français et les Anglais, ont commencé à découvrir Madagascar. La région d'Antsiranana était stratégiquement importante en raison de son port naturel, aujourd'hui connu sous le nom de baie d'Antsiranana. Les Européens ont établi des postes de commerce dans la région, mais Madagascar a maintenu une relative indépendance jusqu'au XIXe siècle.

Colonisation française

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À la fin du XIXe siècle, la France a cherché à étendre son influence sur Madagascar. En 1885, Madagascar est devenue une colonie française. La région d'Antsiranana a joué un rôle important dans la colonisation en raison de son importance stratégique. La ville d'Antsiranana (anciennement Diégo-Suarez) était un port crucial pour la marine française.

La Seconde Guerre mondiale

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Pendant la Seconde Guerre mondiale, la région d'Antsiranana a été le théâtre de combats entre les forces françaises et britanniques. En 1942, les Britanniques ont occupé Diégo-Suarez pour empêcher les forces de Vichy de l'utiliser comme base navale.

Création de la province

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Le 11 novembre 1956, la province d'Antsiranana a été créée par un vote final à bulletin secret de l'Assemble nationale par 19 voix pour et 13 contre, en dépit de l'opposition des provinces de Tamatave et de Majunga qui se voyaient amputées des portions septentrionales de leurs territoires respectifs au profit de la nouvelle entité[1].

Période post-indépendance (1960-2007)

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À l'indépendance en 1960, Madagascar conserva dans un premier temps les structures territoriales coloniales. La province d'Antsiranana fut gardée comme subdivision administrative majeure au même titre que les autres provinces coloniales.

Elle était alors scindée en trois préfectures : Diego-Suarez au nord, Antalaha à l'est et Nosy Be à l'ouest[2].

Lors de la crise politique de 2002, la province d'Antsiranana fut la première à faire sécession : le gouverneur Jean Robert Gara, proche du président sortant Didier Ratsiraka refusant de reconnaitre la victoire de son rival Marc Ravalomanana, proclama sa province "État souverain" le [3],[4]. Par la suite, quatre des six autres gouverneurs provinciaux[N 1] s'associèrent à la province d'Antsiranana au sein d'un accord visant à maintenir le blocus d'Antananarivo, privant ainsi la capitale des importations de pétrole et de nourriture, et créant une Confédération sécessionniste. Toamasina est alors désignée comme l'éphémère nouvelle capitale du pays[5],[6].

Réforme de 2007

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En 2007, sous la présidence de Marc Ravalomanana, une vaste réforme territoriale aboutit à la dissolution des provinces. La province d'Antsiranana fut scindée en deux nouvelles régions :

  1. Diana (incluant la capitale)
  2. Sava

Cette réforme marqua une interruption de la province d'Antsiranana en tant qu'entité administrative.

Restauration

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À la suite du référendum constitutionnel du 19 novembre 2010 et de l'adoption de la constitution de la IVe République, les provinces sont rétablies sur le fondement de son Titre V, Sous-titre II, chapitre 3, portant organisation des provinces.

Administration

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La province compte deux régions (faritra) et neuf districts (fivondronana):

RégionPréfecture DistrictsChef-lieu de districtNombre de communes
DianaAntsiranana 1AmbanjaAmbanja18
2 AmbilobeAmbilobe15
5 Antsiranana II23
6 Antsiranana IAntsiranana1
7 Nosy Be1
SavaSambava
3 AndapaAndapa17
4 AntalahaAntalaha14
8 SambavaSambava25
9 VohemarVohemar19

Les transports dans la province d'Antsiranana se fait principalement par voie marine, routière et aérienne et est marquée par une absence du transport ferroviaire.

Transport ferroviaire

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Quelques chemins de fer industriels d'intérêt local à écartement de 600 mm ont fonctionné pour le transport de produits agricoles ou de carrière vers le port le plus proche dans la province jusqu'à l'indépendance en 1960.

Carte poste illustrée vers 1900 représentant le départ de la voiture postale au départ de Diego Suarez pour le Camp d'Ambre.
  • À Antsiranana : trois lignes ont été construites. Dès 1889, Paul Locamus, qui avait quitté la Nouvelle-Calédonie après y avoir conduit plusieurs affaires économiques et éditoriales contestables[7] obtient du gouvernement français la possibilité d'installer une immense usine de conserves de viande pour l'armée française. Il crée la société de la Graineterie Française et s'installe à Antongombato, près d'Anamakia[8] (Diego Suarez était une colonie française, alors que Madagascar ne l'était pas encore). En 1890, une ligne de km est construite pour relier la conserverie à Anamakia ; mais la mauvaise gestion de ce projet démesuré et les tracasseries administratives conduisent l'entreprise à la faillite au bout de trois ans[9]. Cette conserverie sera reprise par la compagnie coloniale française d'élevage et d'alimentation de Madagascar et fonctionnera jusqu'au moins 1960. À la même époque, vers 1890, une ligne de 13 km est construite, à des fins militaires, pour relier le port de Diego-Suarez (ou Antsirane) au fortin de Mahatsinjarivo[10]. Vers 1900, une autre ligne, construite également par les militaires, relie Diego Suarez à La Fontaine Tunisienne à 10 km. La ligne est prolongée de 13 km en 1904 jusqu'à Sakaramy. Bien qu’appartenant à l'armée, elle assure un service ouvert aux voyageurs, aux marchandises et au courrier postal. Construite initialement sans ballast, la traction s'effectuait dans le sens de la montée par des chevaux pour les convois de voyageurs, par des bœufs pour les convois de marchandises et dans le sens de la descente par gravité[11]. Un projet de rejoindre les installations militaires du Camp d'Ambre à Joffreville ne sera jamais réalisé[12].
  • Nosy Be : deux lignes ont fonctionné pour acheminer la canne à sucre vers l'usine sucrière de Dzamandzar. La première vers le nord à Lokiabé (environ km), l'autre vers le sud et ensuite l'est vers Djabalabé (environ 10 km). Cette deuxième ligne disposait d'un court embranchement de km de Pasavada vers le quai du Port du Cratère, destiné à l'expédition de la production. Les dates d'ouverture et de fermeture ne sont pas indiquées[12],[13].

Transport routier

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Routes nationales desservant la province d'Antsiranana
RN Villes traversées Longueur

(km)

Groupe
N 3b SambavaAndapa 106 T
N 5a AmbilobeSambavaAntalahaMarofinaritra 414 S
N 6 AmbondromamyAntsohihyAntsiranana 713 P
N 30 MadirofoloAnkify 17 S
N 30a AndoanyAndilana (Nosy Be) 28 S
N 31 AntsohihyBealanana 129 T
N 32 AntsohihyMandritsara 200 S
N 53 AntalahaAérodrome d'Antsirabato 15 T
N 57 Andoany – Aéroport de Fascene (Île Nosy Be) 11
N 59a AndroronaVohémar 4 T
N 59b AntsirananaRamena 19 T
Sources[14]:

Transport aérien

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La province d'Antsiranana compte sept aérodromes et deux aéroports, dont celui de Nosy Be, le second aéroport le plus important du pays.

Liste des aéroports de la province d'Antananarivo
Aéroport Code OACI Code IATA Long. Piste (m) Alt. (m)
Aérodrome d'Ambilobe FMNE AMB
Aérodrome d'Ampampamena FMNJ IVA
Aérodrome d'Andapa FMND ZWA
Aérodrome d'Arrachart FMNA DIE
Base aéronavale d'Antsiranana

(Andrakaka)

FMNK
Aérodrome d'Antsirabato FMNH ANM
Aéroport de Doany DOA
Aéroport international de Nosy-Be-Fascene FMNN NOS
Aérodrome de Sambava FMNS SVB
Aérodrome de Vohémar FMNV VOH

Enseignement supérieur

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Université d'Antsiranana

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Bibliothèque universitaire Antsiranana.

L’Université d'Antsiranana (UNA), fondée en 1976, propose plusieurs écoles et facultés et délivre des diplômes allant de la licence au doctorat.

Pour les niveaux licence et master[15], on compte :

  • l'École supérieure polytechnique d'Antsiranana (ESPA)
ENSET
  • l'École normale supérieure de l'Enseignement technique (ENSET)
  • la Faculté des Sciences (FS)
  • la Faculté des Lettres et des Sciences humaines (FLSH)
  • la Faculté de Médecine (FM)
  • la Faculté des Droits, d'Économie, de Gestion et des Sciences politiques (DEGSP)
  • l'Institut Supérieur en Administration d'Entreprises (ISAE)
  • l'École supérieure en Agronomie et environnement de Diego (ESAED)

L'université compte également deux Écoles doctorales thématiques (EDT) :

  • EDT ENRE (Énergies Renouvelables et Environnement)
  • EDT LALICE DM (Langues Littérature et Civilisations Étrangères – Dynamique de la Modernité).

Institut Supérieur de technologie d'Antsiranana

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L'Institut supérieur de technologie d'Antsiranana est un établissement public d'enseignement et de recherche, ouvert en 1992, formant les techniciens supérieurs (bac+2) en techniciens supérieurs spécialisés (grade licence) et les ingénieurs (grade master).

Au sein de la Direction de Génie Industriel (DGI), il y a, pour l'obtention du Diplôme de Technicien Supérieur :

  • MEEM : Maintenance en Équipements Électromecaniques
  • MEFT : Maintenance en Équipements Frigorifiques et Thermiques
  • GTR : Génie des Télécommunications et des Réseaux
  • TECHNA : Technologie Navale
  • TIM : Technologie de l'Information et Multimédia

Pour l'obtention du Diplôme des Techniciens Supérieurs Spécialisés :

  • SERA : Système à Énergies Renouvelables et Alternatives
  • ADR : Administration des Réseaux
  • IRM : Ingénierie des Réseaux Mobiles

Pour l'obtention du Master :

  • TAM : Techniques Avancées de Maintenance
  • NTE : Nouvelles Technologies de l'Électricité
  • ICE : Ingénierie des Communications Électroniques

Au sein de la Direction des Managements de Commerce et Service (DGMCS), il existe les filières suivantes :

  • Diplôme de Technicien Supérieur :
    • COM : Commerce
    • TBA : Technique Bancaire et Assurance
    • TGH : Tourisme et Gestion Hôtelière
    • GFC : Gestion Financière et Comptable
  • Diplôme des Techniciens Supérieurs Spécialisés :
    • LBA-CGC : Licence en Banque et Assurance – option Conseiller Gestionnaire de Clientèle
    • TCI : Transit et Commerce International
    • CCA : Comptabilité Contrôle et Audit
    • TGH-DPT : Tourisme et Gestion Hôtelière –option Développement des Produits Touristiques
  • Master :
    • MEO : Management des Entreprises et des Organisations
    • IF : Ingénierie Financière

À Antsiranana, il existe également de nombreux instituts indépendants : ISNM, ESTIME, ISISFA, ISPDR, ISA.

Notes et références

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  1. Gouverneurs des provinces de Fianarantsoa, de Mahajanga, de Toamasina, et de Toliara

Références

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  1. Iss Heridiny, « Histoire : La jeune province d’Antsiranana fête ses 70 ans cette année », Midi Madagasikara, (lire en ligne)
  2. « Code officiel géographique » Accès libre [PDF], sur cèpes.org
  3. « Une province fait sécession », sur Le Nouvel Obs, (consulté le )
  4. Christiane Rafidinarivo Rakotolahy, « Stratégies territoriales de la crise malgache », Politique africaine, vol. 86, no 2, , p. 138–151 (ISSN 0244-7827, DOI 10.3917/polaf.086.0138, lire en ligne, consulté le )
  5. Richard Cornwell, « Madagascar: Stumbling at the First Hurdle? », Africa Portal, no ISS Paper 68, (lire en ligne).
  6. Richard Marcus, « Political Change in Madagascar: Populist democracy or neopatrimonialism by another name? », Institute for Security Studies, no ISS Paper 89, , p. 5 (lire en ligne).
  7. Georges N. Coquilha, « Locamus, Paul. », sur gnc.jimdo.com (consulté le ).
  8. Suzanne Reutt, « Histoire : Paul Locamus, un personnage hors du commun », sur latribune.cyber-diego.com, La Tribune de Diego et du Nord de Madagascar, (consulté le ).
  9. « Usine Locamus, à Antogobato, près Diégo-Suarez Abattoir et conserverie de viande Création de la Graineteie française » [PDF], sur entreprises-coloniales.fr/, (consulté le ).
  10. Suzanne Reutt, « Histoire : A toute vapeur dans la campagne : les locos de Diego Suarez (1) », sur latribune.cyber-diego.com, La Tribune de Diego et du Nord de Madagascar, (consulté le ).
  11. Suzanne Reutt, « Histoire : A toute vapeur dans la campagne : les locos de Diego Suarez (2) », sur latribune.cyber-diego.com, La Tribune de Diego et du Nord de Madagascar, (consulté le ).
  12. 1 2 (en) Rob Dickinson, « Industrial Heritage in Madagascar, 2012 Part 1 », (consulté le ).
  13. Georges Kling, Sur les pistes de l'ïle rouge, Paris, Éditions du Scorpion, coll. « Alternance », , 254 p., p. 153.
  14. « DECRET N° 99-776 Portant refonte du classement des Routes Nationales », sur arm.mg, Ministère des travaux publics (consulté le )
  15. « Focus sur les universités et écoles supérieures à Antsiranana – Orientations et Opportunités », (consulté le ).