Aldfrith de Northumbrie

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Aldfrith
Le symbole animalier ornant la monnaie d'Aldfrith
Le symbole animalier ornant la monnaie d'Aldfrith
Titre
Roi de Northumbrie
– 704/705
Prédécesseur Ecgfrith
Successeur Contestation entre Osred et Eadwulf
Biographie
Date de décès 14 décembre 704/705
Lieu de décès Driffield (Yorkshire de l'Est)
Père Oswiu
Mère Fín
Conjoint Cuthburh (en)
Enfants Osred
Offa
Osric ?
Osana (en)?

Aldfrith, (mort le 14 décembre 704 ou 705), appelé parfois Aldfrid, Aldfridus en latin, ou Flann Fína mac Ossu en irlandais, fut roi de Northumbrie du 20 mai 685 jusqu'à sa mort. Des écrivains anciens, comme Bède, Alcuin et Eddius (en), l'ont décrit comme un homme d'une grande érudition, et quelques-unes de ses œuvres, ainsi que des lettres qui lui furent adressées, ont été conservées. Son règne fut relativement paisible, troublé seulement par des disputes avec l'évêque Wilfrid d'York, un personnage majeur de l'Église northumbrienne naissante.

Fils d'Oswiu de Northumbrie et d'une princesse irlandaise nommée Fín, sa date de naissance est inconnue. Son père Oswiu devint plus tard roi de Northumbrie. Lorsque Oswiu mourut en 670, son fils, Ecgfrith, lui succéda. Aldfrith étant plus jeune, il fut éduqué de façon à devenir homme d'église, et c'est ainsi qu'il acquit son érudition. Mais, lorsque Ecgfrith fut tué en 685 à la bataille de Nechtansmere, Aldfrith fut rappelé en Northumbrie, vraisemblablement depuis l'île d'Iona, dans les Hébrides, pour être couronné roi.

Dans son compte-rendu du règne d'Aldfrith, écrit au début du VIIIe siècle, Bède rapporte qu'« avec beaucoup de compétence, il remit en état un royaume saccagé, à l'intérieur toutefois de frontières plus petites »[1]. Son règne, qui vit la production d'ouvrages d'art hiberno-saxon (en), tels que les Évangiles de Lindisfarne et le Codex Amiatinus, a souvent été considéré comme le début de l'âge d'or northumbrien.

Contexte : les îles Britanniques à la fin du VIIe siècle[modifier | modifier le code]

L'Irlande à l'époque d'Aldfrith

Vers l'an 600, la majeure partie de l'actuelle Angleterre se trouve entre les mains des Anglo-Saxons, un ensemble de peuples germaniques (Angles, Saxons et Jutes, entre autres) venus du continent. Les deux royaumes anglo-saxons les plus septentrionaux sont la Bernicie, entre le Forth et la Tees, et le Deira, entre la Tees et l'Humber. Ces deux royaumes sont unis sous un seul souverain vers 605, lorsque le roi Æthelfrith de Bernicie soumet le Deira à son autorité. Son royaume prend le nom de Northumbrie, en référence à sa position au nord de l'Humber[2].

Edwin, le successeur d'Æthelfrith, est issu de la lignée des rois de Deira. Après son arrivée au pouvoir, en 616, il bannit les fils de son prédécesseur. Oswald et Oswiu, deux des fils d'Æthelfrith, séjournent alors un temps au Dal Riada, un royaume gaélique qui s'étend sur le nord-est de l'Irlande et le sud-ouest de l'Écosse. Oswiu est encore un enfant à cette époque, et il grandit dans un environnement irlandais[3]. Il parle couramment le vieil irlandais[4] et pourrait avoir épousé une princesse de la dynastie Uí Néill, vraisemblablement Fín, la fille ou la petite-fille de l'Ard ri Érenn Colmán Rímid[5]. Aldfrith est issu de cette union, mais sa date de naissance est inconnue[6],[7]. Par sa mère, il serait apparenté au sage Cenn Fáelad mac Aillila (en) et à l'évêque Finan de Lindisfarne[5],[8],[9]. En accord avec le droit irlandais, c'est à la famille de Fín, les descendants d'Eógan mac Néill (en), de prendre en charge l'éducation d'Aldfrith[6]. Du côté northumbrien, en revanche, l'Église ne considère pas l'union des parents d'Aldfrith comme un mariage légitime, et il est décrit comme le fils d'une concubine (nothus, du grec νοθος « bâtard ») dans certaines sources[10].

La mort d'Edwin, en 633, permet à Oswald et Oswiu de rentrer en Northumbrie, où ils se succèdent sur le trône. D'après Bède le Vénérable, leur pouvoir s'étend au-delà des frontières de leur royaume : Oswiu exerce sa suzeraineté sur les Anglo-Saxons, les Pictes, les Gaels du Dal Riada, et plusieurs royaumes bretons du nord-ouest de l'Angleterre et du sud de l'Écosse[11]. L'avènement de Wulfhere de Mercie, en 658, met un terme à la domination sans partage d'Oswiu, mais ce dernier reste roi de Northumbrie jusqu'à sa mort, en 670. Ecgfrith, son successeur, est l'un des fils de sa deuxième femme Eanflæd. Il ne parvient pas à rétablir l'autorité exercée par son père sur les royaumes du Sud, en particulier la Mercie dont le roi Æthelred, frère de Wulfhere, lui inflige une défaite cinglante sur la Trent en 679[12],[13].

Bien qu'il ait été marié à deux reprises, Ecgfrith n'a pas d'enfants[14]. Ses deux frères sont morts avant lui : Alhfrith n'est plus mentionné après 664, et Ælfwine trouve la mort durant la bataille de la Trent en 679[15]. Cette succession difficile pourrait expliquer pourquoi, en 684, il envoie une armée en Irlande. Les troupes northumbriennes, commandées par un certain Berht, ravagent la plaine de Brega, détruisant plusieurs églises et emportent des otages avec elles. Il est possible que cette incursion ait eu pour but de décourager d'éventuels partisans des revendications d'Aldfrith sur le trône de Northumbrie[16]. Ce n'est pas la seule raison envisageable : des motifs religieux ont également pu peser dans la balance[17]. La Vie de Cuthbert de Bède le Vénérable rapporte une conversation entre Cuthbert et l'abbesse Ælfflæd de Whitby (en), fille d'Oswiu, dans laquelle Cuthbert prédit la mort d'Ecgfrith et l'avènement d'Aldfrith[18],[19].

La Northumbrie d'Aldfrith[modifier | modifier le code]

La Northumbrie et ses voisins sous le règne d'Aldfrith.

Ecgfrith est tué en 685 en affrontant son cousin le roi des Pictes Bridei mac Bili à la bataille de Dunnichen[20]. Paraphrasant Virgile, Bède écrit qu'après la mort d'Ecgfrith, « les espoirs et les forces du royaume anglais commencèrent à vaciller et à retomber encore plus bas[21] ». La Northumbrie ne retrouve jamais la domination des Midlands perdue en 679, ni celle sur le nord de l'île perdue en 685. Elle reste néanmoins l'un des royaumes les plus puissants des îles Britanniques jusqu'à l'âge des Vikings[22],[23].

Bénéficiant du prestige de sa dynastie, Aldfrith succède à Ecgfrith sans heurt, malgré l'existence probable de rivaux pour le trône[24]. Il est possible qu'il ait reçu le soutien de ses voisins pictes et gaels : un érudit paisible comme Aldfrith représente une menace moindre pour eux qu'un va-t'en-guerre potentiel du calibre d'un Oswiu ou d'un Ecgfrith[25]. Effectivement, hormis une bataille avec les Pictes en 697 ou 698 durant laquelle Berht trouve la mort, aucun affrontement n'est rapporté sous le règne d'Aldfrith[26],[27].

Le royaume d'Aldfrith s'étend sur la Bernicie et le Deira, mais ces deux régions conservent des identités distinctes[28]. Le cœur de la Bernicie se situe autour de l'actuelle frontière anglo-écossaise, avec les centres royaux et religieux de Lindisfarne, Hexham, Bamburgh et Yeavering. Son autorité couvre une bonne partie du sud-est de l'Écosse, même après la mort d'Aldfrith : Coldingham et Melrose sont d'importants centres religieux, et Dunbar constitue peut-être un centre du pouvoir royal[29]. La situation dans le sud-ouest de l'Écosse et le nord-ouest de l'Angleterre est moins bien connue, mais un évêché est fondé à Whithorn quelques décennies après la mort d'Aldfrith. En ce qui concerne le Deira, les lieux de pouvoir majeur semblent être York, Catterick, Ripon et Whitby[30],[31].

Au sud, la frontière entre la Northumbrie et la Mercie traverse l'Angleterre d'est en ouest, suivant le Humber, l'Ouse et la Don jusqu'à la Mersey. Certaines découvertes archéologiques, comme le Roman Rig (en) près de Sheffield, semblent indiquer qu'il s'agit d'une frontière fortifiée, avec d'importants ouvrages en terre édifiés en retrait. Le Nico Ditch (en), au sud de Manchester, pourrait constituer un autre exemple de fortification, à moins qu'il s'agisse d'une simple délimitation non défendue[32],[33]. La situation est moins claire dans le nord du royaume. Il semble que le pouvoir y soit exercé par des sous-rois, dont certains appartiennent peut-être à des dynasties britanniques autochtones[32]. Le général Berht pourrait appartenir à l'une de ces familles[34],[35].

Relations avec l'Église[modifier | modifier le code]

Avec le roi, la famille royale et les principaux nobles, l'Église était une puissance majeure en Northumbrie. Les ecclésiastiques n'étaient pas seulement des personnages possédant une autorité spirituelle, ils étaient aussi d'importants propriétaires fonciers. Ils contrôlaient également le commerce, qui, dans un pays dénué de villes, était centré autour des principales églises et des monastères. L'évêché de Lindisfarne était tenu par Cuthbert au moment de l'accession d'Aldfrith. Son successeur fut Eadberht (en), éduqué en Irlande, qui allait devenir plus tard l'Abbé d'Iona et mettre fin à la controverse de Pâques. Puis ce fut Eadfrith (en), créateur des Évangiles de Lindisfarne qui leur succéda. Parfois les évêques de Lindisfarne tenaient aussi le siège épiscopal de Hexham, mais durant le règne d'Aldfrith, il fut tenu par Jean de Beverley, un élève et le protégé de Théodore de Tarse, l'archevêque de Cantorbéry. En 685, l'évêché de York était tenu par Bosa. En 687, Wilfrid l'obtint, mais il se retira en 691, Bosa retournant à York. L'éphémère évêché d'Abercorn, créé pour l'évêque Trumwine (en), disparut après la mort d'Ecgfrith, et le premier évêque connu de Whithorn fut nommé pendant le règne de Ceolwulf. D'importants monastères existèrent à Whitby. Les abbés connus de Monkwearmouth-Jarrow, où Bède était moine, et de Ripon, appartenaient souvent à la famille royale du Deira[36].

Aldfrith semble avoir eu le soutien des principaux ecclésiastiques, plus particulièrement de sa demi-sœur, Ælfflæd, et de l'éminemment respecté évêque Cuthbert[37]. On sait qu'il reçut le sacrement de confirmation des mains d'Aldhelm, qui fut plus tard l'évêque de Sherborne, au sud-ouest du royaume anglo-saxon du Wessex. Aldhelm avait reçu aussi une éducation irlandaise, mais en Grande-Bretagne, à Malmesbury, dans le Wiltshire. La correspondance entre eux a subsisté, et Aldhelm envoya à Aldfrith son traité de numérologie sur le chiffre sept, intitulé Epistola ad Acircium[38]. Aldfrith possédait également un manuscrit de cosmographie, qu'il avait acheté, selon Bède, à l'abbé Ceolfrith de Monkwearmouth-Jarrow, en échange d'un domaine évalué à huit hides[39],[40]. Aldfrith était un ami intime d'Adomnan, Abbé d'Iona depuis 679, et il est possible qu'ils aient étudié ensemble[41]. Dans les années 680, Aldfrith rencontra deux fois Adoman, venu demander la libération des prisonniers irlandais capturés lors de l'expédition de Berht en 684. Ils furent libérés, et Adoman présenta à Aldfrith une copie de son traité De locis Sanctis (en) (Des lieux saints), qui est une description des lieux de pèlerinage en Terre sainte, et à Alexandrie et Constantinople. Bède rapporte qu'Aldfrith fit circuler l'œuvre d'Adoman pour que d'autres pussent la lire[42].

Bède décrit Aldfrith comme un érudit, et son intérêt pour l'étude le distingue des rois guerriers anglo-saxons précédents, comme Penda. Des sources irlandaises le qualifient de sapiens, un mot latin signifiant « sage », s'appliquant à un érudit qui n'est généralement pas associé à une église particulière. Il sous-entend un niveau de connaissances et de sagesse qui amena l'historien Peter Hunter Blair à comparer Aldfrith à l'idéal platonicien du roi-philosophe[43]. Bède précise que l'Église au temps d'Aldfrith était moins sujette à contrôler les monastères, une pratique qu'il situe après la mort d'Aldfrith[44].

Cependant, les rapports d'Aldfrith avec l'Église ne furent pas toujours paisibles. Il hérita d'Ecgfrith une relation mouvementée avec Wilfrid, un personnage majeur de l'Église de l'époque. Wilfrid, évêque d'York, avait été exilé par Ecgfrith pour avoir aidé à persuader sa femme, Etheldrède, de rester saintement chaste. En 686, à la demande pressante de l'archevêque Théodore, Aldfrith permit à Wilfrid de revenir[45],[46]. Les relations d'Aldfrith avec Wilfrid furent tumultueuses. L'hostilité entre eux était due en partie à l'allégeance d'Aldfrith à l'Église celtique, une conséquence de son éducation en exil[47]. Une raison plus significative de ces dissensions était l'opposition de Wilfrid à la division, faite par Théodore en 677, de son immense diocèse de Northumbrie. Quand Wilfrid revint d'exil, la réconciliation avec Aldfrith ne comprenait pas le soutien d'Aldfrith aux tentatives de Wilfrid de récupérer son autorité épiscopale sur la totalité du nord[48]. En 691 ou 692, leurs divergences étaient devenues irrémédiables. L'hagiographe de Wilfrid écrit[49] :

« Pendant un certain temps, tout était paisible entre le sage roi Aldfrith et notre saint évêque, et on ne pouvait imaginer de circonstances plus heureuses. Puis le dépit s'enflait à nouveau, et la situation se dégradait. Et ils continuèrent ainsi pendant des années, tantôt amis, tantôt ennemis, jusqu'à ce que finalement leur querelle arrive au point de rupture et que le roi bannisse Wilfrid de Northumbrie. »

Wilfrid passa son exil en Mercie, où il apprécia le constant soutien du roi Æthelred. En 702 ou 703, Aldfrith convoqua un concile à Austerfield, à la frontière sud de la Northumbrie, auquel assistèrent Bertwald, Archevêque de Cantorbéry et de nombreux évêques. La question du retour de Wilfrid fut vivement débattue, puis rejetée par les évêques. Selon Stephen de Ripon, le roi Aldfrith proposa d'utiliser son armée afin de forcer Wilfrid à accepter cette décision, mais les évêques lui rappelèrent qu'il avait promis à Wilfrid un sauf-conduit[50]. Après être retourné en Mercie, Wilfrid fut excommunié par des évêques qui lui étaient défavorables. Il réagit en faisant le voyage à Rome, où il interjeta appel au pape Jean VI. Celui-ci lui remit des lettres pour Aldfrith, ordonnant que Wilfrid fût rétabli dans ses fonctions[51]. Aldfrith refusa ces lettres, et Wilfrid resta en disgrâce[52].

L'âge d'or de la Northumbrie[modifier | modifier le code]

Esdras dans le Codex Amiatinus, une bible enluminée créée à Wearmouth-Jarrow pendant le règne d'Aldfrith.

Le règne d'Aldfrith marque le début d'un âge d'or northumbrien qui dure jusqu'à la fin du VIIIe siècle. Cette période, qui voit l'épanouissement de l'art hiberno-saxon (en) en Northumbrie, est illustrée par la rédaction des Évangiles de Lindisfarne (qui datent peut-être du règne d'Aldfrith), l'œuvre de Bède et les premières missions anglo-saxonnes vers le continent[53],[54].

Les Évangiles de Lindisfarne sont vraisemblablement l'œuvre d'Eadfrith (en), évêque de Lindisfarne après 698. D'autres manuscrits enluminés datent du règne d'Aldfrith, en particulier ceux réalisés par le « calligraphe de Durham-Echternach », un scribe actif vers la fin du VIIe siècle qui est l'auteur des Évangiles de Durham et des Évangiles d'Echternach, ces derniers étant parfois considérés comme d'origine irlandaise[55],[56],[57]. Le Codex Amiatinus est produit à Monkwearmouth-Jarrow sous les ordres de l'abbé Ceolfrid, probablement pendant la décennie qui suit la mort d'Aldfrith[58],[59]. Les Évangiles de Lichfield pourraient également avoir un lien avec la Northumbrie, mais ce n'est pas certain[60].

Il subsiste deux objets d'orfèvrerie importants fabriqués en Northumbrie à cette période. Le bijou de Ripon (en), découvert en 1977 dans l'enceinte de la cathédrale de Ripon, est difficile à dater, mais sa magnificence et le lieu de sa découverte laissent supposer un lien avec l'évêque Wilfrid, qui est responsable du riche ameublement de l'église[61]. La croix pectorale de l'évêque Cuthbert est quant à elle enterrée avec lui sous le règne d'Aldfrith, soit au moment de sa mort en 687, soit lors de sa deuxième inhumation en 698. Elle se trouve actuellement à la cathédrale de Durham[62].

L'époque d'Aldfrith a laissé peu de traces architecturales. Il est vraisemblable que les hautes croix de Bewcastle, Ruthwell et Hexham datent d'une à deux générations après la mort d'Aldfrith[63],[64],[65]. La petite église d'Escomb (en), dans le comté de Durham (fin du VIIe siècle, est la mieux conservée pour cette période en Northumbrie. La chapelle en ruine d'Heysham, qui surplombe la baie de Morecambe, dans le Lancashire, est sans doute un peu plus tardive[66].

Sceat d'Aldfrith.

Les premières pièces de monnaie northumbriennes pourraient avoir été frappées sous le règne d'Aldfrith. C'est à cette époque qu'apparaissent les sceattas, des pièces en argent qui remplacent le lourd thrymsa en or, peu pratique[67],[68]. Fait exceptionnel pour l'époque, les monnaies d'Aldfrith portent son nom plutôt que celui des monnayeurs qui les ont frappées. Il est écrit en onciale irlandaise. La plupart de ses pièces ont pour dessin un quadrupède à la queue dressée, apparemment un lion[69].

Héritiers, mort et succession[modifier | modifier le code]

Aldfrith est marié avec Cuthburh (en), la sœur du roi Ine de Wessex, l'un des plus puissants monarques anglo-saxons. D'après la Chronique anglo-saxonne, Cuthburh se sépare d'Aldfrith et fonde une abbaye à Wimborne Minster, dont elle devient l'abbesse. Aldfrith est le père d'au moins deux fils, Osred et Offa, mais on ignore si Cuthburh est leur mère[70]. Osred, né vers 696 ou 697, devient roi de Northumbrie après la mort de son père. Offa, quant à lui, ne monte jamais sur le trône. En 750, il est arraché à l'église de Lindisfarne et exécuté sur ordre du roi Eadberht[71],[72]. Osric, roi de 718 à 729, pourrait être le fils d'Aldfrith, ou bien celui de son demi-frère Alhfrith[73],[74]. Au XIIIe siècle, le chroniqueur Giraud de Barri relate l'histoire d'une sainte Osana (en), sœur d'Osred, qui serait donc la fille d'Aldfrith, une idée qui n'est pas jugée valide par la plupart des historiens modernes[75].

Aldfrith serait tombé malade quelque temps avant sa mort, survenue un 14 décembre, en 704 d'après les annales irlandaises ou en 705 d'après Bède[70]. La Chronique anglo-saxonne précise qu'il est mort à Driffield, dans le Yorkshire de l'Est. Sa succession est contestée entre un certain Eadwulf, qui reçoit initialement le soutien de l'évêque Wilfrid, et les partisans d'Osred, le jeune fils d'Aldfrith, apparemment menés par Beornhæth (en), un parent de Berht[76].

Certaines annales irlandaises glosent le nom d'Aldfrith en « Flann Fína mac Ossu ». Il subsiste une anthologie de littérature sapientiale (en) attribuée à Flann Fína, le Briathra Flainn Fhina Maic Ossu, mais c'est un texte en moyen irlandais qui ne peut pas dater d'avant le Xe siècle[77].

Références[modifier | modifier le code]

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  2. Hunter Blair 1977, p. 42-45.
  3. Holdsworth 2014, p. 356.
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  7. Williams 1999, p. 18.
  8. Cramp 2004.
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  10. Yorke 2006, p. 226-227.
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  12. Fraser 2006, p. 119-120.
  13. Kirby 1992, p. 119-120.
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  15. Kirby 1992, p. 96, 103.
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  17. Charles-Edwards 2000, p. 429-438.
  18. Kirby 1992, p. 106.
  19. Fraser 2006, p. 138-139.
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  21. Bède le Vénérable 1991, IV, 26.
  22. Campbell 2000, p. 88.
  23. Kirby 1992, p. 142-143.
  24. Kirby 1992, p. 106, 144.
  25. Kirby 1992, p. 144.
  26. Kirby 1992, p. 142.
  27. Bède le Vénérable 1991, V, 24.
  28. Holdsworth 2014.
  29. Alcock 2003, p. 214-217.
  30. Hunter Blair 1977, p. 37-49, 145.
  31. Higham 1993, p. 4-5.
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  34. Kirby 1992, p. 100.
  35. Yorke 1990, p. 92, 171.
  36. Blair, Introduction, pp. 132–141.
  37. Yorke, Conversion, pp 226–227.
  38. Lapidge, "Aldfrith"; Lapidge, "Aldhelm"; Blair, Northumbria, p. 53; Mayr-Harting, p. 195.
  39. Soit une superficie comprise entre 50 et 100 hectares, dépendant de la fertilité du sol.
  40. Blair, World of Bede, pp. 184–185; Bede, Life of the Abbots of Wearmouth and Jarrow, c. 15.
  41. Grimmer, §25, note 60.
  42. Blair, World of Bede, pp. 185–186; Yorke, Conversion, pp. 17–18; Bede, Ecclesiastical History, Book V, Chapters 15–17.
  43. L'usage du terme « sapiens » est discuté par Charles-Edwards, pp. 264–271. Blair, Northumbria, p. 53–54, décrit Aldfrith comme « un homme peut-être pas si éloigné de l'idéal platonicien du roi-philosophe » et comme « le premier et le plus grand des érudits de Northumbrie ».
  44. Bede, "Letter to Egbert", in Sherley-Price, Bede, p. 346.
  45. Bede, Ecclesiastical History, Book V, Chapitre 19.
  46. Life of Wilfrid, Chapitres 43–44.
  47. Blair, Introduction, p. 137.
  48. Stenton, Anglo-Saxon England, p. 143.
  49. Stephen of Ripon, Life of Wilfrid, Chapter 45.
  50. Stephen of Ripon, Life of Wilfrid, Chapitres 46–48.
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Sources primaires[modifier | modifier le code]

Sources secondaires[modifier | modifier le code]

  • (en) Leslie Alcock, Kings and warriors, craftsmen and priests in Northern Britain, AD 550-850, Edinburgh Scotland, Society of Antiquaries of Scotland, (ISBN 0-9039-0324-5).
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