Alcide (1743)

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Alcide
Image illustrative de l'article Alcide (1743)
La capture de l’Alcide et du Lys dans les parages de Louisbourg

Type vaisseau de ligne
Histoire
A servi dans Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Quille posée [1]
Lancement
Équipage
Équipage 640 à 650 hommes[2]
Caractéristiques techniques
Longueur 45,42 m
Maître-bau 12,20 m
Tirant d'eau 5,79 m
Déplacement 1 100 t
Propulsion voile
Caractéristiques militaires
Armement 64 canons

L'Alcide était un vaisseau à deux ponts portant 64 canons, construit par Blaise Olivier à Brest en 1741-42, et lancé en 1743. C'était un bâtiment moyennement artillé mis sur cale selon les normes définies dans les années 1730-1740 par les constructeurs français pour obtenir un bon rapport coût/manœuvrabilité/armement afin de pouvoir tenir tête à la marine anglaise qui disposait de beaucoup plus de navires[3] depuis la fin des guerres de Louis XIV.

La perte du vaisseau au large de Terre Neuve[modifier | modifier le code]

Ce vaisseau était commandé par le capitaine Hocquart de Blincourt lors de la campagne canadienne dans la flotte de Bullion de Montlouet en mai 1755, elle-même placée sous les ordres de Dubois de La Motte. L’Alcide faisait partie des 17 bâtiments armés en flûte que comptait les 20 vaisseaux de l'escadre. Il ne portait qu'une partie de son artillerie pour laisser la place aux 3 000 hommes de troupes convoyés vers le Canada. Le 8 juin, il fut capturé avec le Lys le long de la côte de Terreneuve par la flotte britannique du vice-amiral Boscawen qui avait reçu l'ordre d'intercepter le convoi français[4],[1].

Comme la France et l'Angleterre étaient encore officiellement en paix, le bâtiment, qui avait été séparé du reste de l'escadre par le brouillard en compagnie du Lys et du Dauphin royal, se laissa approcher par les vaisseaux anglais. « Sommes-nous en paix ? » demanda par porte-voix le commandant de l’Alcide au HMS Dunkirk (60 canons). « La paix, la paix » répondit le commandant anglais avant d'ordonner de tirer[5]. Malgré sa faible artillerie, (une vingtaine de pièces), l’Alcide opposa une longue résistance aux cinq vaisseaux anglais accrochés sur ses flancs[6]. Il fut ensuite intégré à la Navy. Le Lys partageait le même sort, mais le troisième bâtiment, le Dauphin royal avait réussi à s'enfuir, ce qui réduisait fortement le succès de cette interception anglaise puisque 18 bâtiments sur 20 étaient passés[7].

En février 1759, l’Alcide partit d'Angleterre pour faire partie de l'expédition contre la ville de Québec. Le 21 avril, la flotte se rendit à Louisbourg, mais le port était bloqué par de la glace, alors ils continuèrent jusqu'à Halifax. La flotte reprit le chemin vers Louisbourg en mai. Entre le 1er juin et le 6, les vaisseaux quittèrent le port de Louisbourg pour Québec. Le 23 juin, Saunders rencontra la flotte de Durell à l'île aux Coudres. Le 26 juin, la flotte britannique entière encra au point sud de l'île d'Orléans, quelques kilomètres plus loin que Québec sans perdre en navire. La ville se rendit le 18 septembre. À la fin d'octobre, le vice-amiral Saunders quitta l'estuaire du Saint-Laurent avec sa flotte pour la Grande-Bretagne. Il laissa derrière lui le capitaine Colville avec un petit escadron incluant l'Alcide.

Il fut retiré de la Royal Navy en 1772.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Dans Vaisseaux de ligne français de 1682 à 1780, « 3. du troisième rang », Ronald Deschênes donne 1751-52 comme année de construction.
  2. Le ratio habituel, sur tous les types de vaisseau de guerre au XVIIIème siècle est d'en moyenne 10 hommes par canon, quelle que soit la fonction de chacun à bord. C'est ainsi qu'un 100 canons emporte 1 000 hommes d'équipage, un 80 canons 800 hommes, un 74 canons 740, un 64 canons 640, etc... L'état-major est en sus. Cet effectif réglementaire peut cependant varier considérablement en cas d'épidémie, de perte au combat ou de manque de matelots à l'embarquement. Acerra et Zysberg 1997, p. 220.
  3. Meyer et Acerra 1994, p. 90-91.
  4. Dictionnaire de la flotte de guerre française, Jean-Michel Roche.
  5. Anecdote rapportée par Lucien Bély, Les Relation internationales aux XVIIe et XVIIIe siècles, collection Thémis, Presses universitaires de France, 1991, p. 521.
  6. Georges Lacour-Gayet, La Marine militaire de la France sous le règne de Louis XV, Honoré Champion éditeur, 1902, p. 239-240.
  7. L'Alcide est l'un des 37 vaisseaux perdus par la France pendant la guerre de Sept Ans. Dans le détail : 18 vaisseaux pris par l'ennemi ; 19 vaisseaux brûlés ou perdus par naufrage. Vergé-Franceschi 2002, p. 1327.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]