Île d'Orléans

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Île d'Orléans
Vue satellite de l'île d'Orléans
Vue satellite de l'île d'Orléans
Géographie
Pays Drapeau du Canada Canada
Localisation Fleuve Saint-Laurent
Coordonnées 46° 55′ 06″ N, 70° 58′ 35″ O
Superficie 193 km2
Géologie Île fluviale
Administration
Province Québec
Région administrative Capitale-Nationale
Municipalité régionale de comté L'Île-d'Orléans
Démographie
Population 6 711 hab. (2011)
Densité 34,8 hab./km2
Gentilé Orléanais
Autres informations

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(Voir situation sur carte : Canada)
Île d'Orléans
Île d'Orléans

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Île d'Orléans
Île d'Orléans
Île au Canada

L'île d'Orléans est une île du fleuve Saint-Laurent située près de Québec[1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'île d'Orléans portera plusieurs noms au cours de son l'histoire. Avant la colonisation française, l'île est fréquentée, voire même habitée, par des autochtones. Les Algonquins surnomment l'île « Minigo »[2],[3]. Ce nom serait une déformation du mot algonquin « Ouindigo » qui signifie « ensorcelé »[4].

En 1535, lors du second voyage de Jacques Cartier, celui-ci donne à l'île le nom « d'isle de Bacchus » en raison des nombreuses vignes sauvages qui poussent naturellement[3]. Toutefois, étant soucieux « d'immortaliser le nom et la mémoire des rois et princes de France », Cartier change le nom quelque mois plus tard pour « Isle d'Orléans » en l'honneur d'Henri II, duc d'Orléans[2].

Cette appellation reste inchangée jusqu'en 1651. Les Hurons, attaqués dans leur territoire par les Iroquois viennent se réfugier à Québec sous la protection des Français. Ils s'établissent la même année à la pointe sud-ouest de l'île et y construisent un fort à proximité du lieu connu aujourd'hui sous le nom de l'Anse du Fort[5]. Les Hurons surnomment l'endroit « Île Sainte-Marie », en hommage à la patronne de leur mission en Huronie dans la Baie Géorgienne. Cependant, au mois de mai 1656, les Iroquois les surprennent dans leur refuge et les déciment presque tous. Le nom « d'Île Sainte-Marie » disparaît donc avec le massacre des Hurons[5].

Le 6 avril 1676, l'île, qui est devenue la propriété de monsieur François Berthelot, est érigée en comté par le roi Louis XIV, qui décrète que l'île d'Orléans serait dorénavant appelée: « Isle et Comté de Saint-Laurent »[6]. Ce changement de nom devient officiel et le demeure jusqu'en 1770. Néanmoins, pour les habitants de l'île et de la région, le nom du territoire est toujours « Orléans », comme le mentionne Sieur Gilbert Boucaut de Godefus dans ses écrits: « L'isle et comté de Saint-Laurent, qui était appelée l'isle d'Orléans et qui l'est encore par la plus grande partie des habitants de cette isle et du voisinage...»[7].

En 1792, lors de la première réunion de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada, l'île est officiellement nommée « Comté de l'île d'Orléans »[7].

Description[modifier | modifier le code]

Paysage rural de l'île d'Orléans

Longue de 34 km et large de 8 km, elle compte environ 6 900 habitants, répartis dans 6 villages. L'été, avec la venue des vacanciers ainsi que des travailleurs saisonniers, la population double. L'île reste toutefois un lieu fortement agricole avec de nombreuses cultures (pommes de terre, fraises, pommes, légumes, vignes, petits fruits, produits de l'érable[8]...) et une partie forestière au milieu.

Le pont de l'île d'Orléans, qui la relie à Québec, fut inauguré le [9].

On y découvre des maisons en pierre héritées du Régime français au XVIIIe siècle et l'église Saint-Pierre, la plus ancienne du pays (1717), très prisée par le cinéma[10].

Géographie[modifier | modifier le code]

La municipalité régionale de comté de L'Île-d'Orléans englobe l'île et les six municipalités qui la composent sont :

Municipalités limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Fleuve Saint-Laurent
Château-Richer
Fleuve Saint-Laurent
Beaupré
Fleuve Saint-Laurent
Grosse Île
Rose des vents
Fleuve Saint-Laurent
L'Ange-Gardien
N Fleuve Saint-Laurent
Berthier-sur-Mer
O    Île d'Orléans    E
S
Fleuve Saint-Laurent
Québec
Fleuve Saint-Laurent
Saint-Michel-de-Bellechasse
Fleuve Saint-Laurent
Saint-Vallier

Climat[modifier | modifier le code]

Relevé météorologique de l'Île d'Orléans (période : 1971-2000)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −15,8 −14,5 −8,5 −0,8 6,1 11,6 14,4 13,7 8,5 2,9 −3,1 −11,8 0,2
Température moyenne (°C) −11,4 −9,8 −4 3,4 11,1 16,8 19,6 18,6 13,1 6,8 0,2 −7,9 4,7
Température maximale moyenne (°C) −7 −5,1 0,6 7,6 16 21,9 24,8 23,5 17,5 10,7 3,5 −4 9,2
Record de froid (°C)
date du record
−33
1981
−32,2
1973
−32
1989
−18
1982
−7,2
1974
1,7
1976
3,9
1979
3,5
1982
−3,5
1980
−8,3
1976
−20,6
1978
−31
1993
Record de chaleur (°C)
date du record
10
1986
9,5
1981
17,5
1987
29
1990
32,2
1977
34,5
1988
35
1983
33,9
1975
31
1983
29
1983
18,5
1989
12,5
1982
Précipitations (mm) 63,7 50,3 70,4 90,9 118 107,6 128,7 114 127,3 111,5 99,6 79,6 1 161,7
Source : Environnement Canada[11]
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
−7
−15,8
63,7
 
 
 
−5,1
−14,5
50,3
 
 
 
0,6
−8,5
70,4
 
 
 
7,6
−0,8
90,9
 
 
 
16
6,1
118
 
 
 
21,9
11,6
107,6
 
 
 
24,8
14,4
128,7
 
 
 
23,5
13,7
114
 
 
 
17,5
8,5
127,3
 
 
 
10,7
2,9
111,5
 
 
 
3,5
−3,1
99,6
 
 
 
−4
−11,8
79,6
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Flore et faune sauvages[modifier | modifier le code]

Flore[modifier | modifier le code]

Faune[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

C'est Jacques Cartier qui, en 1535, à la vue de cette île verdoyante, la surnomme « île de Bacchus », en raison des vignes sauvages qui y poussent. Mais bien avant l'arrivée des Européens, les Amérindiens désignaient l'île par le mot algonquin « Ouindigo » qui signifie « coin ensorcelé ». Au fil des ans, l'île cumula une série de noms différents. Son nom définitif, soit île d'Orléans, on le doit (encore) à Jacques Cartier qui, le , la rebaptisa ainsi en l'honneur du duc d'Orléans, fils du roi de France, François Ier.

Au début de la colonisation, les colons appelés à peupler l'île sont pour la plupart originaires de la Normandie et du Poitou.

L'île d'Orléans est l'un des plus anciens lieux de peuplement de la Nouvelle-France. La seigneurie de l'Île-d'Orléans fut concédée à Jacques Castillon par la compagnie de la Nouvelle-France en 1636 et Sainte-Famille fut fondée en 1661 sous l'administration du gouvernement de Québec[12],[13]. On trouve d'ailleurs sur l'île de nombreuses fermes ainsi qu'une importante concentration de maisons de pierres datant du régime français. Plus de 600 bâtiments sont reconnus par le gouvernement du Québec, comme ayant une grande valeur patrimoniale, dont la plus ancienne église rurale de la Nouvelle-France (Saint-Pierre).

Le recensement de 1685 dénombra 1 205 insulaires et 917 têtes de bétail.

En 1759, l'île, après avoir été complètement évacuée de ses habitants avant l'arrivée de la flotte de la Royal Navy, sera occupée par les Anglais, mais il ne persiste aujourd'hui que peu de traces de leur passage. L'île est quand même ravagée par les troupes britanniques. Lors de la mise à sac de l'île par les troupes de James Wolfe, à l'été 1759, seulement trois habitations sur un total de 350 furent épargnées. Les habitations épargnées furent le manoir Mauvide-Genest et la maison Drouin. L'église de Saint-Pierre-de-l'Île-d'Orléans et le presbytère ont servi d'hôpital militaire et de quartier général à l'armée de Wolfe.

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie de l'île d'Orléans est principalement basée sur l'agriculture ( pommes de terre, fraises, pommes, légumes, vignes, petits fruits, produits de l'érable…), une viticulture notable — quelques petits domaines produisent des vins locaux blancs et rouges, la production de cidre et l'élevage. Le tourisme est aussi une activité importante de l'île notamment en raison des résidences secondaires des habitants de la ville de Québec, qui possèdent de très jolies maisons sur le pourtour de celle-ci.

Personnalités et lieux[modifier | modifier le code]

L'île dans l'art et la culture[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Référence des coordonnées de l'Île d'Orléans sur le site Commission de toponymie Québec
  2. a et b Pierre-Georges Roy, Noms géographiques de la Province de Québec, Québec, Département des Terres et Forêts, , 344 p. (lire en ligne), p. 200-201
  3. a et b André Thevet, Le grand Insulaire et pilotage d'André THEVET, Angoumoisin, cosmographe du Roy, dans lequel sont contenus plusieurs plants d'isles habitées et deshabitées et description d'icelles., , 466 p. (lire en ligne), p. 200
  4. Joseph-Camille Pouliot, La grande aventure de Jacques Cartier: Épave bi-centenaire découverte au Cap des Rosiers en 1908, Québec, Documentation québécoise, , 328 p. (lire en ligne), p. 68
  5. a et b Jean Poirier, Toponymie de l'île d'Orléans, Québec, Fondation Minigo, , 137 p., p. 14
  6. Gérard Godbout, Aperçu général sur l'île d'Orléans, p. 14
  7. a et b Gérard Godbout, Aperçu général sur l'île d'Orléans, p. 2
  8. cld.iledorleans.com
  9. Pont de l'île Orléans sur le site Structurae.
  10. GEO N°404 d'octobre 2012 p. 106
  11. « Graphique des températures et des précipitations pour les normales climatiques au Canada de 1971 à 2000 ST JEAN (IO) », Environnement Canada, 1971-2000 (consulté le 22 mai 2017).
  12. « Seigneurie de l'Île-d'Orléans », sur Commission de toponymie du Québec (consulté le 30 avril 2017)
  13. Sainte-Famillesur le site Commission de toponymie Québec

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Linda Arsenault et Sonia Landry (dir.), Les producteurs toqués de l'île d'Orléans. Farmers in Chef Hats, Éditions L. A. Communication, Québec, 2007 (ISBN 9782980972102)
  • Louis-Édouard Bois, L'île d'Orléans: notes sur son étendue, ses premiers établissements, sa population, les mœurs de ses habitants, ses productions, A. Coté & Cie., 1895, 148 p.
  • Hélène Bourque, Donald Dion et Brigitte Ostiguy, L’île d’Orléans, un enchantement, Éditions du Chien Rouge, Québec, 1999, 48 p. (ISBN 9782922627008)
  • André Gaulin, et Norbert Latulippe, L’île d’Orléans, microcosme du Québec, Association québécoise des professeurs de français, Québec, 1984, 137 p.
  • Collectif, « Dossier île d’Orléans : Le goût de l’île », Continuité, n° 73, été 1997, p. 17-51.
  • Martin Fournier, Jean Mauvide : de chirurgien à seigneur de l’île d’Orléans au XVIIIe siècle, Éditions du Septentrion, Québec, 2004, 187 p. (ISBN 9782894483800)
  • David Karel, « Le chantre de l’île d’Orléans » dans Horatio Walker, Musée du Québec/Fides, Québec/Montréal, 1986, p. 5-117.
  • Félix Leclerc, Le Fou de l’île, Bibliothèque québécoise, Québec, 1988 (1re éd. Denoël, 1958), 182 p. (ISBN 2894060149)
  • Jean Poirier, La Toponymie historique et actuelle de l'Île d'Orléans, Fondation Minigo, 1985, 137 p. (d'après une thèse de 1961)
  • Pierre Georges Roy, L'Île D'Orléans, L. A. Proulx, 1928, 505 p.
  • Louis-Philippe Turcotte, Histoire de l'île d'Orléans, Atelier typographique du Canadien, 1867, 164 p. [lire en ligne]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • L'île d'Orléans, reliquaire d'histoire, film muet réalisé par Albert Tessier, 1939, 12' 35
  • Les oiseaux blancs de l'île d'Orléans, documentaire de Diane Létourneau, Office national du film du Canada, 1977, 29' 44
  • Le fromage à l'île d'Orléans, documentaire de Léo Plamondon, Office national du film du Canada, Société Radio-Canada, 1978, 26' 47

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]