Alando

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Alando
Alando
Vue de l'ancien couvent d'Alando.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Collectivité territoriale unique Corse
Circonscription départementale Haute-Corse
Arrondissement Corte
Canton Golo-Morosaglia
Intercommunalité Communauté de communes di E tre pieve : Boziu, Mercoriu e Rogna
Maire
Mandat
Guy Mamelli
2014-2020
Code postal 20250
Code commune 2B005
Démographie
Gentilé Alandais
Population
municipale
38 hab. (2015 en augmentation de 35,71 % par rapport à 2010)
Densité 12 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 18′ 26″ nord, 9° 17′ 28″ est
Altitude Min. 480 m
Max. 1 040 m
Superficie 3,05 km2
Localisation

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Alando est une commune située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Alando est une commune du Bozio ; elle fait partie du canton de Bustanico qui compte vingt-quatre communes. Alando se situe dans le « territoire de vie » du Centre Corse (Centru di Corsica) du parc naturel régional de Corse dont elle est adhérente.

Communes limitrophes
Rose des vents Sermano Bustanico Bustanico Rose des vents
Sermano N Alzi
O    Alando    E
S
Favalello Sant'Andréa-di-Bozio Sant'Andréa-di-Bozio

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Alando est une commune de l'intérieur de l'île, de l'En-Deçà-des-Monts ou « Corse schisteuse » au nord-est de la Corse, sans façade maritime. Elle est située dans la partie occidentale du San Petrone, au sud-ouest de la Castagniccia, C'est l'une des plus petites communes de la collectivité territoriale de Corse (342e sur 349), et la 218e sur les 225 communes du département de la Haute-Corse.

Son territoire est composé de vallons (ceux des ruisseaux Erenzina, Onago, Canapale, Pasquale) et d'arêtes de moyennes montagnes qui ont pour nom Ombarscia, Pediloso et Capponaccio. Le village d'Alando est lui-même bâti à 745 m d'altitude, sur une arête partant de Punta di Caselacciu (1 146 m ), « à cheval » entre Bustanico et Alzi), à mi-chemin entre ce sommet et Favalello.

Ses limites territoriales sont formées, depuis le NO, par une ligne reliant sur près de 400 mètres au lieu-dit Padulella, le ruisseau de Vallo Rosso au ruisseau d'Erinzina, se poursuivant vers l'est en franchissant la crête de Pediloso à son sommet (786 m) sur le ruisseau de Canapale, remontant le cours de celui-ci jusqu'à sa source pour rejoindre ensuite la ligne de crête de Capponaccio, au plus haut point de la commune (altitude 1 040 m). De là, la ligne se dirige vers le sud, passant à l'est de l'ancien couvent d'Alando pour rejoindre le ruisseau de Pasquale et suivre son cours jusqu'à l'extrémité sud de la commune, à environ 700 m à l'est de Favalello. Enfin, la ligne repart au nord, rejoignant la rivière de l'Ore, remonte son cours puis celui de Vallo Rosso jusqu'au NO de la commune.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Climat et végétation[modifier | modifier le code]

La commune est verte, boisée de chênes verts et de châtaigniers. À l'alentour du village, on aperçoit encore les stigmates du dernier incendie qui a détruit de nombreux châtaigniers.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Accès routiers[modifier | modifier le code]

La commune n'est traversée que par la petite route D 39 qui la relie directement à Bustanico (chef-lieu de canton) et Favalello, les deux villages les plus proches. Au couvent se situe la jonction de la D 19 avec la D 339, route qui mène sur la commune de Sant'Andréa-di-Bozio et permet de rejoindre la Costa Serena.

Transports[modifier | modifier le code]

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Le village d'Alando est bâti à la même hauteur que les autres villages du Bozio. On le remarque depuis l'autre versant de la vallée du Tavignano, depuis le Venacais par exemple.
Les maisons aux façades austères sont anciennes, construites en schiste, moellon et ardoise. Beaucoup sont à l'état d'abandon, ruinées. La faible population se répartit entre le village et le petit hameau du couvent. Les terres présentent de nombreuses terrasses de culture qui ne sont plus cultivées depuis longtemps.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom en corse de la commune est Àlandu.

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sambucucciu d'Alandu.

Alando est la patrie de Sambucucciu d'Alandu, un personnage important de l'histoire de la Corse dont on ne sait pas grand chose. Il a vécu au XIVe siècle et possédait un château fort aujourd'hui disparu. Ce personnage énigmatique, a été le fondateur de l'organisation de la Corse de « l'En-deçà des monts », affranchie de la féodalité avec une propriété foncière collective, un mouvement populaire dit "La Terre de la Commune". En 1358 il dirigea une révolte populaire qui chassa de leur fief les seigneurs qui sont remplacés par des « Caporali ». De nombreux châteaux seigneuriaux sont détruits sauf 6 dont Nonza et San Colombano qui protégeaient le commerce maritime du Cap Corse. Le peuple réuni dans les églises s'administre et les communes émancipées s'unissent en une confédération de la Terra del Comune opposée à la Terra dei Signori où les seigneurs retrouvent vite leurs fiefs, et au Cap corse[1].
Il passa un accord avec le doge de Gênes, Simone Boccanegra, pour avoir sa protection moyennant un impôt de 20 sous par famille. En 1366, Sambucucciu faisait partie des six conseillers qui assistaient le gouverneur génois dans l’île[2]. Il meurt de la peste en 1370[3].

Sambucucciu d'Alandu, son neveu, fut nommé lieutenant du peuple en 1466 par les habitants de « l'En-delà-des-Monts ». il démissionna quelque temps après.

Au XVIe siècle la piève de Bozio comptait vers 1520 environ 2 000 habitants. Les lieux habités étaient la Rebia, Arbitro, lo Pè de la Corte, la Casella, li Alzi, Arando, lo Pogio, Bostanico, Cormano, lo Castello, lo Favalello[2].

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Au XVIIIe siècle, avec la Révolution, les pieves prennent en 1790 le nom de canton. La pieve de Bozio devient en 1790 le canton de Sermano[2].

Les 13 et 14 juillet 1755, une consulte se tient au couvent Sant'Antone di a Casabianca. Pascal Paoli est élu général en chef de la révolte avec pleins pouvoirs militaires, politiques et économiques. Mariu Emanuellu Matra qui était à la tête d'un parti important dans les pieve de Fiumorbu, Castellu, Rogna, Alisgiani, Serra et Verde, aspirait également au généralat. Écarté par la consulte, Mariu Emanuellu Matra s'était fait proclamer général à Alisgiani le 10 août 1755, et combat Paoli.
Le 27 mars 1757, Pascal Paoli, accompagné de peu de troupes, est surpris dans le Bozio par Matra. Il se réfugie dans le couvent d'Alandu. Le 28 mars, alors que les hommes de Matra forcent l'entrée du couvent, Clemente Paoli arrive au secours de son frère et oblige les assaillants à se retirer. Mariu Emanuellu Matra est tué[4].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1954 (???) le canton de Sermano est constitué avec les communes de Alando, Alzi, Bustanico, Castellare di Mercurio, Favalello, Mazzola, Sant'Andréa-di-Bozio, Santa Lucia di Mercurio, Sermano et Tralonca.

A l'automne 1948, le canton de Sermano existait déjà.

La Brigade de Gendarmerie du canton de Sermano était implantée à Alando. Elle était commandée par le Maréchal-des-Logis Chef Louis GRANDIN. Quatre gendarmes complétaient l'effectif.

Il existait aussi une classe unique confiée par alternance à l'un des époux POGGI. Au-dessous était l'écurie de l'âne de M. le Maire (M. DEFENDINI) et, contiguë à l'école, une chapelle avec une seule cloche.

Sur la place, se trouvait un grand four à pain utilisé à tour de rôle par les familles du village. A cette époque, le village comptait 40 habitants (y compris les 5 gendarmes et leurs familles).

La route de Corte n'était qu'une piste que les gros orages coupaient régulièrement.
Entre 1971 et 1973 de nouveaux cantons sont créés. Le canton de Bustanico est créé avec la fusion imposée des anciens cantons de Piedicorte di Gaggio, San Lorenzo et Sermano.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
    Dominique MONTI    
    Clément DEFENDINI    
  mars 2001 Don Cesar BERNARDI    
mars 2001 mars 2014 Jean DEFENDINI DVG  
mars 2014 en cours Guy MAMELLI DVD Salarié du secteur médical

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[6].

En 2015, la commune comptait 38 habitants[Note 1], en augmentation de 35,71 % par rapport à 2010 (France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
85129123126138149189176212
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
161152133134141135152165185
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
1781551151081261001029050
1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014 2015
514238152324283138
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Monument aux morts
  • Statue de Sambucucciu d'Alandu œuvre du sculpteur corse Noël Bonardi. La statue en granit rose pèse 18 tonnes. Elle est haute de 6 mètres, comme la statue du « Christ Roi » du col de Vergio du même artiste. Elle a été inaugurée le 18 août 1994. Elle se situe à la sortie Nord du village, en bordure de la route D 215.
  • Ancien village au lieu-dit a Tozza (gros rocher) puisqu'il est niché en haut d'un belvedère.

Couvent Saint-François de Bozio[modifier | modifier le code]

Clocher de l'église conventuelle.
Couvent d'Alando.

Cet ancien couvent franciscain a été bâti en 1525 à 765 m d’altitude. Il se situe à la jonction des routes D 15 et D 215. Le couvent lui-même est ruiné. Seule en état, l'église conventuelle est devenue paroissiale au XVIIIe siècle.

Le bâtiment conventuel (propriété d'une personne privée) et l'église (propriété de la commune) sont inscrits Monuments historiques par arrêté du 24 janvier 1995[9].

L'église abrite un tableau Sainte parenté et son cadre, toile peinte à l'huile du XVIIe siècle. Cette œuvre est inscrite Monument historique par arrêté du 15 septembre 2005[10].

Cet édifice religieux a été le théâtre d'un combat historique en 1757. Pascal Paoli, attaqué par son adversaire Mariu Emanuellu Matra, se réfugie dans le couvent. Il sera dégagé par l'arrivée de son frère Clemente Paoli.

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Parc naturel régional[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parc naturel régional de Corse.

Alando est une commune adhérente au Parc naturel régional de Corse, dans son « territoire de vie » appelé Centru di Corsica[11].

ZNIEFF[modifier | modifier le code]

Châtaigneraies et bois des versants Sud et Ouest du massif du San Petrone

Alando est concernée par une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de 2e génération, nommée « Châtaigneraies et bois des versants Sud et Ouest du massif du San Petrone », reprise sous la fiche ZNIEFF940004202. Cette zone, d'une superficie de 5 782 ha, est composée de bois de châtaigniers, de forêts méditerranéennes de peupliers, d'ormes et de frênes, de forêts de chêne verts et de landes épineuses[12].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sambucucciu d'Alandu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Alerius Tardy in Fascinant Cap Corse 1994
  2. a b et c ADECEC - CORSE : Eléments pour un dictionnaire des noms propres
  3. Cronica di A CORSICA Orsu Ghjuvanni Caporossi
  4. La grande révolte des Corses contre Gênes 1729-1769 d'Antoine Dominique Monti - ADECEC. 1979
  5. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  9. Notice no PA00135317, base Mérimée, ministère français de la Culture
  10. Notice no PM2B000746, base Palissy, ministère français de la Culture
  11. [1] Le Parc naturel régional de Corse sur le site de l'INPN
  12. ZNIEFF 940004202 - Châtaigneraies et bois des versants Sud et Ouest du massif du San Petrone sur le site de l’INPN.
  13. Bigornu, Ferraghiu 1991, Teresa Mazzoni

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [2] La grande révolte des Corses contre Gênes 1729-1769, chronologie recueillie par Antoine-Dominique Monti ADECEC 1979

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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