Alain Deneault

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Alain Deneault
Alain Deneault.jpg
Alain Deneault au salon du livre de Trois-Rivières (2018).
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Université Paris-VIII (doctorat) (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
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Directeur de thèse

Alain Deneault, né le en Outaouais, est un philosophe québécois, docteur en philosophie de l'université Paris-VIII en 2004[1],[2] et directeur de programme au Collège international de philosophie à Paris.

Il est régulièrement invité comme spécialiste à des émissions pour parler d'affaires publiques ou d'actualités.

Il voit aujourd'hui toujours le Canada comme un pays colonisateur divisé en trois catégories : les colonisateurs que sont les grandes entreprises transnationales minières, pétrolières et céréalières, les colons que sont les classes moyennes et les colonisés[3].

Parcours[modifier | modifier le code]

Thème principal de recherche[modifier | modifier le code]

Étudiant les activités douteuses de certaines sociétés minières en Afrique, en Amérique latine et en Europe de l'Est, Alain Deneault montre que ces pratiques sont permises par un système législatif et financier qui a fait du Canada un refuge pour les compagnies minières du monde entier[4]. Cette dénonciation rejoint celle de diverses ONG, notamment KAIROS.

Le procès Barrick Gold et Banro[modifier | modifier le code]

L'essai Noir Canada : Pillage, corruption et criminalité en Afrique, publié en 2008 par Alain Deneault, Delphine Abadie et William Sacher, fait état d’allégations troublantes à partir de très nombreuses sources publiques (rapports de l'ONU, dépositions faites auprès d'assemblées législatives, rapports d'ONG, livres, documentaires, etc.) au sujet des agissements de compagnies minières canadiennes à l’étranger[5]. Dès sa publication, l'ouvrage fait l'objet de poursuites en diffamation intentées par les deux sociétés minières impliquées, qui réclament 11 000 000 $CA d'indemnités.

Au bout de trois ans de procédure, les auteurs et les éditions Écosociété parviennent à un règlement hors cours avec la société minière Barrick Gold[6]. L’ouvrage est retiré de la circulation. Dans la déclaration publique accompagnant le règlement hors cour, Barrick déclare avoir présenté des documents « indiquant qu’elle n’avait pas été impliquée dans les conflits au Congo » bien qu'elle ait acquis une concession d'exploration de 82 000 km2 auprès des régimes de Joseph Mobutu puis de Laurent-Désiré Kabila[7]. Comme ils l'ont fait dans l'introduction du livre, l'auteur et les chercheurs de Noir Canada ont réitéré la nécessité d'en appeler à la création, au Canada, d’une commission indépendante enquêtant sur la présence controversée d’intérêts miniers canadiens à l’étranger.

L'affaire a toutefois secoué le public québécois et est à l'origine de la loi 9 (loi modifiant le code de procédure civile pour prévenir l'utilisation abusive des tribunaux et favoriser le respect de la liberté d'expression et la participation des citoyens au débat public)[8]. Elle a aussi inspiré le film documentaire Le Prix des mots, du réalisateur Julien Fréchette, qui montre l'impact de cette poursuite sur la vie personnelle des auteurs[9].

Publications[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Le Prix des mots, documentaire de Julien Fréchette, coproduction de MC2 Communication Média et de l’ONF, sorti le 8 février 2012
  • Intervenant dans le documentaire La Possibilité d'être humain de Thierry Kruger et Pablo Girault, produit par Brut Productions, sorti en février 2013
  • Intervenant dans le documentaire canadien Le Prix à payer (titre original : The Price We Pay), réalisé par Harold Crooks et sorti en 2014

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paradis sous terre : comment le Canada est devenu une plaque tournante pour l'industrie minière mondiale, Alain Deneault, Rue de l'échiquier - 1cosociété, 2012.
  2. SUDOC 084310324
  3. Benito Perez, « Le Canada est toujours une colonie », sur Le Courrier, .
  4. Le Monde diplomatique, septembre 2013, L’industrie minière reine du Canada.
  5. Huffington Post, 8 février 2013, Jean Philippe Angers, « Un documentaire suit Alain Deneault dans la saga judiciaire de Noir Canada ».
  6. « Affaire Noir Canada : Écosociété et Barrick Gold règlent à l'amiable », Radio Canada, 19 octobre 2011.
  7. Canoë, 19 octobre 2010, « Noir Canada toujours publié, mais sur le web ».
  8. Voir l'entrée Poursuite stratégique contre la mobilisation publique.
  9. Le Devoir, 30 janvier 2013, Seuls contre un géant

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]