Akira (film d'animation)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Akira
Image illustrative de l'article Akira (film d'animation)
Logo du film
Akira アキラ
Genre Animation
Science-fiction cyberpunk
Film d'animation japonais
Réalisateur
Scénariste
Studio d’animation Tokyo Movie Shinsha
Compositeur
Licence (fr) Dybex
Précédemment : Manga Vidéo
Durée 124 minutes
Sortie

Akira (アキラ?) est un film d'animation cyberpunk post-apocalyptique japonais de 1988, de Katsuhiro Ōtomo, adapté du manga éponyme. Son budget de production de 1,1 milliard de yens[1] (9 millions US$)[2] en fait à cette époque le film d'animation le plus cher de l'histoire.

Se déroulant dans une dystopie en 2019, Akira raconte l'histoire de Shōtarō Kaneda, le chef d'une bande de jeunes motards, dont l'ami d'enfance, Tetsuo Shima, acquiert d'incroyables pouvoirs télékinésiques après un accident de moto, menaçant progressivement tout un complexe militaire et la rébellion de la métropole futuriste tentaculaire de Néo-Tokyo. Alors que la majeure partie de l'esthétique et du caractère des personnages sont adaptés directement du manga, l'intrigue diffère considérablement et exclut une grande partie de la dernière moitié de l'histoire. La bande originale, qui s'inspire fortement de la musique traditionnelle gamelan indonésienne ainsi que de la musique japonaise, est composée par Shōji Yamashiro (en) et jouée par le collectif Geinoh Yamashirogumi.

Akira sort au Japon le , distribuée par la Tōhō, mais ses recettes ne couvrent cependant pas son budget. Il sort l'année suivante aux États-Unis grâce à Streamline Pictures, l'un des premiers distributeurs d'animation japonaise. Il gagne progressivement le statut de film culte après diverses sorties en salles et en VHS, et totalise en définitive plus de 80 millions US$ de recettes. Il est largement considéré par les critiques comme l'un des plus grands films d'animation et de science-fiction jamais réalisés, ainsi qu'une référence dans l'animation japonaise[3],[4],[5],[6],[7]. C'est aussi un film phare du genre cyberpunk, en particulier du sous-genre du cyberpunk japonais (en) ainsi que de l'animation pour adultes. Le film a eu un impact significatif sur la culture populaire mondiale, ouvrant la voie à l'explosion des anime et de la culture populaire japonaise dans le monde occidental, et reste toujours une influence dans l'animation, la bande dessinée, le cinéma, la musique, la télévision et les jeux vidéo.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le , Tokyo est détruite.

Trente-et-un ans plus tard, après la Troisième Guerre mondiale, en 2019, Neo-Tokyo est une mégapole corrompue et sillonnée par des bandes de jeunes motards désœuvrés et drogués. Une nuit, l'un d'eux, Tetsuo, a un accident en essayant d'éviter ce qui semble être d'abord un jeune garçon mais qui a un visage de vieillard. Il est capturé par l'armée et fait l'objet de nombreux tests dans le cadre d'un projet militaire secret visant à repérer et à former des êtres possédant des prédispositions à des pouvoirs psychiques (télépathie, téléportation, télékinésie…).

Tetsuo finit par s'enfuir. Mais lorsque ses amis, dont leur chef Kaneda, le découvrent, il est devenu violent et imprévisible.

En parallèle, se nouent des intrigues politiques. Dans la rue et dans les alcôves du pouvoir, le nom d'Akira circule. Sauveur messianique pour certains groupes religieux, il est de toute évidence lié au projet militaire auquel Tetsuo a été mêlé malgré lui. L'armée essaye par tous les moyens de continuer le projet en espérant percer le secret de la puissance d'Akira et de la maîtriser pour s'en servir par la suite. De leur côté, les politiques ne voient pas l'intérêt de continuer à allouer du budget à un projet de plus de trente ans qui n'a jamais rien rapporté. Enfin, un mouvement révolutionnaire veut renverser le pouvoir en utilisant le phénomène Akira à des fins politiques.

Tetsuo gagne peu à peu en puissance, et lorsqu'il apprend qu'Akira aurait un pouvoir plus grand que lui et qu'il pourrait être responsable de ses maux de tête, il décide d'aller le trouver. Il passe sans difficulté les barrages mis en place par l'armée pour l'en empêcher, et finit par découvrir Akira, un ensemble d'organes disparates disposés dans différents tubes transparents.

Hors du laboratoire, Tetsuo n'a plus accès aux médicaments qui lui permettent de contrôler son pouvoir. Il est dépassé par son pouvoir, et finit par disparaître avec Akira et les autres sujets d'expériences. Les dégâts infligés à la ville à la suite de cette disparition sont considérables : inondations, immeubles écroulés…

Différences avec le manga[modifier | modifier le code]

L'histoire du film est fondamentalement la même que celle du manga, mais il existe de nombreuses différences mineures qui contribuent à faire du film une sorte de « deuxième version » de l'histoire. On y voit notamment des personnages-clé du manga changer de rôle ou tout simplement disparaître lors du passage au film, par exemple lady Miyako, Chiyoko, le lieutenant Yamada et même Akira dans une certaine mesure. La seconde partie du manga est entièrement absente du film car elle était encore en cours de publication au Japon quand il a été produit. C'est pourquoi, les aboutissants n'étant plus les mêmes, le personnage d'Akira connait dans le film un destin radicalement différent.

D'ailleurs, il semblerait que ce soit le réalisateur Alejandro Jodorowsky qui aurait trouvé la fin du film, selon ce qu'il décrit dans une interview : « Il (Ōtomo) me dit qu’il est bloqué sur Akira, qu’il ne trouve pas la fin. Je suis saoul, je lui raconte une fin délirante que j’invente en même temps que je la raconte, je dessine tout sur une nappe et je la lui offre. Le lendemain, je ne me souviens de rien. Un jour, je reçois une lettre de lui où il me remercie de lui avoir donné la fin d’Akira[8]. »

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Légende : Doublage de 1991 + en italique doublage de 2011 pour la sortie DVD et Blu-ray.[9]

Production[modifier | modifier le code]

Katsuhiro Otomo était au départ peu intéressé par l'idée d'une adaptation d'Akira. Toutefois, lorsqu'il eut l'occasion de mettre en œuvre son premier travail pour le cinéma, il accepta d'adapter Akira en film d'animation, à condition d'avoir le contrôle total sur le projet. Le comité constitué pour le film débloqua un budget record de 1,1 milliard de yens (environ 9,5 millions d'euros) pour la production.

Le studio Tokyo Movie Shinsha s'est chargé de l'animation. Le film est notable pour son animation très fluide et stylisée, alors que les dessins animés japonais, à l'époque, utilisaient une forme d'animation limitée, afin de réduire les coûts.

Akira est sans doute le plus grand anime jamais réalisé et aujourd'hui encore il représente toujours l'apothéose de la technique d'animation sur cellulo. Les 783 scènes du film ont nécessité plus de 150 000 dessins celluloïds, soit à peu près 1000 fois plus qu'un animé conventionnel et une palette de 327 couleurs a été utilisée[10]. Certaines scènes, comme celles montrant l'aura que conserve le docteur Onishi, ont été animées en image de synthèse.

Sortie[modifier | modifier le code]

La compagnie Toho sort le film le 16 juillet 1988 au Japon, puis en 1989 aux États-Unis, ou il connaîtra une sortie limitée sous sa version doublée en anglais par Streamline Pictures. En France, il sort le 8 mai 1991 via le distributeur UGC, à l'époque où la culture japonaise y souffre encore d'un manque notable de considération. Toutefois, le film réalisera un peu plus de 100 000 entrées, dont 40 000 en région parisienne.

Le film ressortira en 2001 aux États-Unis, lorsque Pioneer commande une nouvelle version anglaise, plus fidèle au script original.

À ce jour, le film a rapporté 6,35 milliards de yens au Japon, soit environ 55 millions d'euros.

Bande originale du film[modifier | modifier le code]

La musique est composée et interprétée par le collectif Geinoh Yamashirogumi. Elle mêle sonorités japonaises, chœur, musique traditionnelle balinaise avec l'utilisation d'un gamelan et musique classique. Otomo avait choisi Yamashiro comme compositeur pour sa capacité à créer des architectures musicales et pour la qualité rythmique de ses compositions[11].

Anime comics[modifier | modifier le code]

Une version papier Anime Comics reprenant les images du film est sortie en 2000 au Japon et en 2004 en France.

  • cinq volumes
  • environ 155 pages par volume
  • format poche
  • sens de lecture : original (de droite à gauche)
  • éditeur : Kana

Récompenses[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Après avoir acquis les droits au début des années 90, THQ entreprit de faire de nouvelles versions en jeux vidéo. Des versions sur Super Nintendo, Megadrive, Game Gear et Mega-CD furent évoquées[12].

Akira est adapté sur Mega Drive par Black Pearl Software, filiale de THQ, mais le jeu est annulé en 1993. Un prototype du jeu fait surface sur Internet le [13].

Le film connaît une adaptation sur NES en 1988 par Taito. Toutefois, le jeu ne fut distribué qu'au Japon[14]. Il s'agit davantage d'une sorte de nouvelle graphique dans laquelle le joueur doit faire des choix. L'émulation a permis à certains passionnés de le traduire en anglais bien des années après sa sortie initiale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Akira: The Story Behind The Film », Empire,‎ (lire en ligne[archive du ], consulté le )
  2. « Official exchange rate (LCU per US$, period average) (Japan) » [archive du ], Banque mondiale, (consulté le )
  3. « Akira as #1 anime movie. » [archive du ], Movie Cricket (consulté le )
  4. « Ten best anime movies of all time. » [archive du ], Screen Junkies (consulté le )
  5. Phelim O'Neill, « Akira: No 22 best sci-fi and fantasy film of all time » [archive du ], sur The Guardian, (consulté le )
  6. « Akira » [archive du ], sur Top 50 Science Fiction Films, Film4, (consulté le )
  7. Matt Barone, « 27. Akira (1988) » [archive du ], sur The 50 Best Sci-Fi Movies, (consulté le )
  8. « Alejandro Jodorowsky », Vice,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. Akira : un Blu-ray à vitesse HyperSonic sur DVDFr.com.
  10. Adrien Gombeaud, Dictionnaire du cinéma asiatique, Nouveau monde, , 640 p. (ISBN 978-2-84736-359-3), Akira page 20 et 21 (par Jasper Sharp)
  11. Michelle Leblanc et Colin Odell, Akira, BFI, Palgrave Macmillan, (ISBN 9781844578085 et 1844578089, OCLC 881859392, lire en ligne), p. 67
  12. Player One no 44 p. 55.
  13. Clementoss, « Akira : un prototype du jeu Mega Drive annulé a été découvert », sur Jeuxvideo.com, (consulté le ).
  14. « Jeu vidéo Akira - Nintendo - NES », sur manga-news.com (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]