Abbaye du mont Saint-Éloi

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abbaye du mont Saint-Éloi
Image de l'abbaye du mont Saint-Éloi
Image de l'abbaye du mont Saint-Éloi

Ordre Règle de saint Augustin
Fondation XIe siècle
Fermeture XVIIIe siècle
Style(s) dominant(s) roman et classique
Protection  Inscrit MH (1929, 1946)[1]
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Pas-de-Calais
Commune Mont-Saint-Éloi
Coordonnées 50° 20′ 58″ nord, 2° 41′ 37″ est

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
abbaye du mont Saint-Éloi

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abbaye du mont Saint-Éloi

L’abbaye du mont Saint-Éloi, fondée par saint Vindicien, détruite à la suite de sa vente comme bien national en 1793, abritait une communauté de chanoines réguliers de la Règle de saint Augustin exerçant une importante activité littéraire. Les tours encore présentes sur le site étaient la façade de l'église de l'abbaye reconstruite au XVIIIe siècle puis démolie au début du XIXe siècle et lors de la Première Guerre mondiale.

Localisation[modifier | modifier le code]

L'abbaye est située dans la commune actuelle de Mont-Saint-Éloi, à l'ouest d'Arras via RD 341, sur un point haut qui domine la campagne environnante et offre un point de vue magnifique en direction d'Arras.

Origine de l'abbaye[modifier | modifier le code]

C'est à l'origine pour protéger les reliques de saint Vindicien qu'une église est créée en 930 apr. J.-C. à l'endroit où, selon l'histoire locale, saint Éloi serait venu prier trois siècles auparavant. Elle devient avec le temps une très importante abbaye augustine. Pendant toute la période médiévale, l'abbaye n'est formée que de simples constructions médiévales et de l'église, centre d'intérêt du village.

L'architecture monumentale qui a transformé le petit village de Saint-Éloi en une abbaye puissante et réputée n'est apparue que durant le XVIIIe siècle. En effet entre 1733 et 1765 un ensemble d'architecture de style classique vient remplacer les constructions médiévales alors présentes et pour le moins vétustes : c'est de cette période que datent les deux tours qui surplombent encore aujourd'hui le village.

L'abbaye alors à son apogée[réf. nécessaire] va être fermée en 1792 et vendue comme bien national ; les bâtiments sont alors démolis afin de récupérer les matériaux de construction. L'intervention de l'État et du Département en 1836 permet le sauvetage in-extremis des tours de la façade qui sont, alors, toujours dans leur état d'origine.

Les vestiges de l'abbaye surplombant le village vue depuis les Pierres Levées d'Acq.

Les tours ainsi conservées ne furent cependant pas encore protégées et, avec la Grande Guerre, le mont Saint-Eloi fut un des points stratégiques pour la défense d'Arras et de la ligne de front alors toute proche. Point d'observation privilégié par les troupes françaises, le site fut donc aussi une cible évidente pour les Allemands qui bombardèrent sans relâche la colline entre 1914 et 1915. Les tours alors au centre des bombardements furent de nouveaux abîmées pour prendre leur aspect actuel.

Après près d'un siècle de paix et leur classement en 1921 aux monuments historiques, les tours sont cédées en 2008 intégralement au département du Pas-de-Calais qui en devient le seul propriétaire. Une campagne de restauration ainsi que quelques travaux d'archéologie y ont été menés récemment.

Les derniers vestiges de l'abbaye[modifier | modifier le code]

Les ruines de l'abbaye du mont Saint-Éloi.

De l'abbaye elle-même, il ne reste aujourd'hui que les deux tours de la façade ouest. Ces tours comptaient à l'origine cinq étages, atteignant une hauteur de 53 mètres.

L'abbaye ayant servi de point d'observation durant la Première Guerre mondiale, elle subit des bombardements qui détruisirent le dernier étage, ramenant la hauteur de l'édifice à 44 mètres.

Si les deux premiers étages sont construits en grès, les deux suivants sont en « pierre blanche », c'est-à-dire en craie, abondante dans la région.

La corniche séparant les deux tours est restaurée en 1990.

D'autres traces de l'abbaye subsistent aujourd'hui :

  • l'abreuvoir en grès devant les tours,
  • une partie du porche d'entrée de l'abbaye (sur la place),
  • le mur d'enceinte (visible en empruntant la route qui fait le tour de l'abbaye),
  • quelques bâtiments de la ferme de l'abbaye,
  • les prairies en terrasses modelées par les chanoines de l'abbaye au XVIIIe siècle.

Chronologie[modifier | modifier le code]

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L'histoire de l'abbaye du mont Saint-Éloi nous est contée, pour partie, dans la chronique rédigée en 1786 par Dom Wartel, chanoine de l'abbaye. Certains éléments nous parviennent aussi à travers la biographie rédigée par saint Ouen sur la vie de saint Éloi.

  • VIIe siècle : La création de l'abbaye reste un sujet de légende. Selon celle-ci, saint Éloi, évêque de Noyon et de Tournai, venait sur cette colline pour se retirer et prier. Il fonda un oratoire où se rendirent par la suite de nombreux ermites (anachorètes). L'évêque de Cambrai et d'Arras, saint Vindicien, disciple de saint Éloi, demanda à être inhumé sur ce lieu. On considère aujourd'hui que le fondateur de l'abbaye est saint Vindicien.
  • 880-881 : Les établissements religieux de la région souffrirent énormément du raid normand qui eut lieu à cette époque et dévasta Arras et Thérouanne. Le monastère fut abandonné durant de nombreuses décennies.
  • 929 : Le tombeau de saint Vincidien est retrouvé par un écolier (peut-être dans le bois d'Écoivres). Ayant commis quelque irrévérence, l'enfant perd la vue, qui lui est rendue après s'être recommandé au protecteur du lieu. L'évêque Fulbert fait alors ériger sur le mont une basilique dédiée aux apôtres Pierre et Paul, et abritant les reliques de saint Vindicien.
Vestiges de la façade intérieure de l'abbaye.
  • 1004 : Les troupes de Richard II, duc de Normandie, traversent l'Atrébatie pour rejoindre celles du roi de France, Robert le Pieux. Des déserteurs envisagent de se rendre à la basilique pour en piller les richesses. Les moines les repoussent dans un premier temps, mais l'affaire se termine par un bain de sang. Richard émet un décret imposant la restitution des biens à la communauté.
  • 1068 : Dans le cadre de la réforme de l'Église initiée par le pape Grégoire VII au XIe siècle, la communauté religieuse devient une abbaye de chanoines réguliers. Liébert, évêque de Cambrai et d'Arras, place les chanoines sous la direction d'un abbé et les astreint à suivre la règle de saint Augustin.
  • XIe – XVIIIe siècles : 46 abbés se succèdent à la tête de cette puissante abbaye qui devient un lieu de pouvoir dont le rayonnement s'étend à l'ensemble de l'Artois.
  • 1140 : L'abbé Hugues élève les murs de l'enclos de l'abbaye.
  • 1208-1221 ? : L'église est rebâtie selon un style gothique par l'abbé Désiré auquel succède en 1219 l'abbé Richard. Elle durera 529 ans.
  • 1477 : Louis XI y installe son armée lors du siège d'Arras.
  • 1654 : Le Grand Condé y installe son quartier général puis en est délogé par Turenne.
  • 1750 : L'abbé Roussel fait démolir l'église pour la reconstruire dans un style classique. On découvre à cette occasion que par endroit, le bâtiment précédent n'avait pas trois pieds de fondation.
  • 1786 : Rédaction des chroniques de l'abbaye du mont Saint-Éloi par dom Wartel, chanoine de l'abbaye.
  • 1789 : La Révolution française impose la fermeture de toutes les abbayes. Le dernier abbé du mont Saint-Éloi sera guillotiné deux ans plus tard. En 1793, les bâtiments de l'église sont démantelés et transformés en carrière de pierre.
  • 1836 : Afin d'éviter la destruction des derniers vestiges de l'abbaye, l'État et le département rachètent les deux tours de la façade occidentale.
  • 1914-1918 : Des tirs d'artilleries prennent pour cible les tours, utilisées comme poste d'observation. Ces tirs détruisent en 1915 le dernier étage.
  • 1921 : Classement au titre des monuments historiques.
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Liste des abbés[2][modifier | modifier le code]

  • 1068-1108 : Jean Ier
  • 1108-1129 : Richard Ier
  • 1129-1151 : Hugues
  • 1151-1153 : (vacance)
  • 1153-1164 : Raoul
  • 1164-1165 : Wicard
  • 1165-1165 : Wirenfrid
  • 1165-1181 : Eustache
  • 1181-1193 : Jean II
  • 1193-1195 : Grégoire
  • 1195-1197 : Reinauld
  • 1197-1208 : Asson de Coupigny
  • 1208-1219 : Didier
  • 1219-1238 : Richard II
  • 1238-1248 : Simon de Neufville
  • 1248-1275 : Jean III de Barastre
  • 1275-1291 : Étienne du Fermont
  • 1291-1309 : Servais de Guez
  • 1309-1334 : Bernard du Pont
  • 1334-1350 : Nicolas Ier de Duisans
  • 1350-1363 : Michel Ier Coulon
  • 1363-1364 : Jacques de Sailly
  • 1364-1388 : Nicolas II de Noyelette
  • 1388-1424 : Michel II d’Alennes
  • 1424-1452 : Jean IV Bullot
  • 1452-1486 : Jean V Pingrelem
  • 1486-1520 : Antoine de Coupigny
  • 1520-1542 : Jean VI de Feucy
  • 1542-1543 : David Hay
  • 1543-1571 : Guillaume Ruelle
  • 1571-1574 : Jean VII Malpeau
  • 1574-1587 : Georges Bellot
  • 1587-1591 : Louis Ripper
  • 1591-1624 : Adrien Duquesnoy
  • 1624-1625 : André Ier Le Vaillant
  • 1625-1639 : François Doresmieux
  • 1639-1651 : Jérôme de Warlincourt
  • 1651-1660 : Pierre Ier Busquet
  • 1660-1685 : Pierre II Leroy
  • 1685-1714 : Cardinal César d'Estrées
  • 1714-1728 : Kilien de La Coeuillerie
  • 1728-1732 : Dominique Toursel
  • 1732-1753 : Vindicien Roussel
  • 1753-1776 : Martin Lefebvre
  • 1776-1786 : Alexandre Doresmieux
  • 1786-1788 : André II Beugin
  • 1788-1792 : Augustin Laignel

Prieurés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice no PA00107961, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastique
  3. a et b Tableau général numérique par fonds des archives départementales antérieures à 1790,Impr. Nationale, 1848,[1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Adolphe de Cardevacque, L ́ Abbaye du Mont-Saint-Eloi (1068-1792), Alphonse Brissy, , 244 p. (lire en ligne). 
  • Laurence Baudoux-Rousseau, Hugues Dewerdt, Matthieu Fontaine, Le décor peint du refuge de l'abbaye augustine du Mont Saint-Éloi à Arras (fin XV-début XVIe siècle) dans In Situ revues du patrimoine 2013. Texte en ligne

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]